Romy Schneider en images

romy schneider partez à la découverte de l'une des plus belles actrices à travers des photographies

15 août 2008

L'hommage de Tavernier à Romy dans Paris Match

LA MORT EN DIRECT
dans la presse

Paris Match -1/02/1980

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>> Source scan: Blog d'Emma Ceux que j'aime

Le metteur en scène Bertrand Tavernier:
"Romy Schneider - Elle est notre lumière"

Lyon, un dimanche de janvier. Il fait gris. Je viens bruquement de retrouver une lettre écrite par Romy Schneider dans l'aéroport de Roissy, juste avant l'arrivée à Glasgow. "Je serai ta Catherine, écrivait-elle. Je la serai tout le temps, jusqu'au bout; cela me fait peur, mais je le serai."
C'est vrai, Romy, tu as été Catherine... totalement. Sans concession!...
"Je la jouerai sans aucun apitoiement, sans aucun sentimentalisme; elle est trop fière pour cela", disait-elle dans cette lettre, "et j'éspère que tu m'aideras."
Je ne sais pas si je t'ai aidée. Mais le résultat est là, vibrant, tendre et bouleversant. Comme tu as été dans "Max et les ferrailleurs", Rosalie ou l'héroïne dans "L'Important c'est d'aimer", tu as été Catherine Mortenhoe, avec sa révolte, sa violence et sa générosité!... Nulle trace d'apitoiement, mais une approche profondément émotionelle et morale. Morale, voilà le mot qui semble caractériser le jeu de Romy Schneider. Tragédienne étonnante, elle ne fabrique pas l'émotion, ne la truque pas. Elle la recrée de très loin, de très profond, comme ces vagues immenses qui secouent la mer. Nulle astuce. Plutôt une immense générosité, se croyant incapable d'improviser, alors que brusquement, dans un moment vital, elle dynamise une scène d'une façon totalement surprenante, la projette en avant, la restitue de l'intérieur. Elle va tout de suite à l'essentiel. Tout ce qui est superficiel, livresque, théorique, disparaît de lui-même.
Ce jeu lyrique et ample me semble exiger des comparaisons musicales. Claude Sautet parle de Mozart à propos de Romy. Moi, j'ai envi d'évoquer Verdi ou Mahler. Dans un de ces moments rares, à la fin d'une journée de travail, un de ces moments d'émotion qui ustifient un tournage, mon ingénieur du son, un vrai futé, déclare à Romy que les acteurs étaient comme les mineurs de fond. Ils sont dans le noir, seuls. Il fait froid et c'est très profond. Et il faut qu'ils remontent le charbon. Et c'est un travail épuisant. Autour d'eux, c'est la nuit, la lumière paraît tellement lointaine. Et il ajoutait: "Avec tout le charbon que tu es train de remonter, on va pouvoir se chauffer plusieurs hivers."
Et là, j'en suis sûr, il avait raison. Et je ne vois pas de plus beau compliment à te faire. Si ... un: une phrase de Cocteau qui te convient tellement quand il disait: "L'Art, c'est mettre le mystère en pleine lumière."

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