Romy Schneider en images

romy schneider partez à la découverte de l'une des plus belles actrices à travers des photographies

12 novembre 2009

L'Enfer au JT de M6 de 19h45 du 11/11/2009

Journal Télévisé - M6 - 19h45 - Mercredi 11 novembre 2009

Source >> le JT est en vidéo sur le site news.fr.msn

jtm6_lenfer_01Il aura fallut près d'un demie siècle pour que les bobines d'un film de Henri-Georges Clouzot sortent d'un placard;
L'Enfer renaît aujourd'hui au cinéma dans un documentaire qui retrace son histoire maudite.
En tête d'affiche: Serge Reggiani et Romy Schneider, bouleversante.

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11 novembre 2009

L'Enfer: photos du film

>> Gallerie photos sur allocine

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Serge Bromberg: «C'est Romy Schneider comme on ne l'a jamais vue»

20min_logoSerge Bromberg: «C'est Romy Schneider comme on ne l'a jamais vue»

Propos receuillis par Sandrine Cochard
le 10.11.2009,
en ligne sur 20minutes.fr 

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INTERVIEW - Le producteur a réalisé le documentaire «L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot», qui sort mercredi...

C’est l’histoire d’un tournage maudit. En 1964, le cinéaste Henri-Georges Clouzot tourne L'Enfer, drame de la jalousie interprété par Romy Schneider et Serge Reggiani. Le film ne verra jamais le jour puisque son acteur principal, Serge Reggiani, quitte les plateaux et que son réalisateur meurt d’une crise cardiaque, après trois semaines de prises de vue. Quarante-cinq ans plus tard, le producteur Serge Bromberg réussit le tour de force de livrer un documentaire sur les coulisses de ce tournage cauchemardesque avec «L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot», qui sort mercredi, et un livre, Romy dans l’Enfer (éd. Albin Michel). Interview.

Pourquoi faire un documentaire sur ce film inachevé?

Tout a commencé comme un jeu. J’étais curieux de voir les images de ce tournage très mystérieux, que personne n’avait vues. J’étais convaincu qu’elles seraient banales tant le film était auréolé de légende. Lorsque je les ai vues, j’ai eu un choc: la réalité était plus grande que la légende. J’ai demandé à Inès Clouzot (la veuve du réalisateur disparu, ndlr) si je pouvais avoir les bandes. Je n’étais pas le premier à la solliciter mais elle avait toujours refusé. C’est grâce à un coup de théâtre – nous sommes restés coincés deux heures dans un ascenseur – qu’elle m’a finalement autorisé à les utiliser.

Dans quel état les avez-vous trouvées?
En très bon état. Les 185 boîtes de bobines avaient été très bien conservées, notamment au centre d’archives du CNC, où elles se trouvaient depuis 1974. Elles n’ont pas eu besoin de restauration, juste d’étalonnage (retouche des couleurs, ndlr). En tout, nous avions 15 heures de rushes, ce qui est très long pour un tournage de cette durée.

Qu’avez-vous ressenti en les voyant?
Un coup de poing dans la figure. Cela fait partie des images que l’on n’oublie pas. J’ai eu l’impression d’être comme un archéologue découvrant le sanctuaire inexploré d’un pharaon. Je crois sincèrement que L’Enfer aurait été le chef d’œuvre de Clouzot, sans doute le film de l’année 1964. On y découvre Romy Schneider comme on ne l’a jamais vue, sensuelle, incandescente. Il avait révélé une facette d’elle qu’on connaît moins.

Combien de temps avez-vous travaillé dessus?
Deux ans et demi. J’avais l’impression d’être face à un vaste puzzle sans savoir à quoi il allait ressembler. Il a fallu se laisser habiter par les images, puis leur trouver un sens car le son et les dialogues n’ont pas survécu aux années. Nous avons contacté des personnes qui lisent sur les lèvres mais elles n’ont pas compris les échanges.

Quel est le but de votre film?
Je le vois comme une enquête et non un documentaire. On sent l’ambiance qui devait régner sur le tournage à Garabit à l’époque. C’est un hommage à un grand film et à la quête d’absolu et de sincérité qui semblait habiter Henri-Georges Clouzot.


Quand un tournage vire au cauchemar

 le 10.11.2009,
en ligne sur 20minutes.fr 

L’Enfer
Infarctus et démesure
En 1964, le cinéaste Henri-Georges Clouzot tourne L'Enfer, drame de la jalousie interprété par Romy Schneider et Serge Reggiani. Techniciens et acteurs poussés à bout, gâchis financier, équipes inactives, tensions avec les acteurs... Henri-Georges Clouzot est indécis et prisonnier de son perfectionnisme. Le film ne verra jamais le jour puisque son acteur principal, Serge Reggiani, quitte les plateaux après une brouille avec Clouzot. Jean-Louis Trintignant est appelé à la rescousse mais le film reste inachevé: le réalisateur meurt d’une crise cardiaque, après trois semaines de prises de vue. Quarante-cinq ans plus tard, le producteur Serge Bromberg dépoussière les bandes du film et livre un documentaire sur les coulisses de ce tournage cauchemardesque avec «L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot»


« L'Enfer » et ses damnations

le 10.11.2009,
en ligne
sur 20minutes.fr 

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En 1964, Henri-Georges Clouzot tourne L'Enfer,

drame de la jalousie interprété par Romy Schneider et Serge Reggiani. Après trois semaines de prises de vue, toute l'équipe jette l'éponge. Quarante-cinq ans plus tard, Serge Bromberg persuade Inès, la veuve du réalisateur, de lui confier les quinze heures d'images mises en boîte. Plans magnétiques où Romy Schneider se révèle à l'apogée de sa sensualité, lecture d'extraits du scénario et témoignages de collaborateurs émaillent ce documentaire fascinant sur le naufrage d'une oeuvre qui aurait pu se révéler exceptionnelle.

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Les images inédites de «L'enfer» de Clouzot

20min_logoLes images inédites de «L'enfer» de Clouzot

Diaporama photos
le 10.11.2009,
en ligne sur 20minutes.fr 

diapo_enfer1C'est l'histoire d'un naufrage cinématographique devenu un documentaire magnifique. «L'enfer d'Henri-Georges Clouzot» sort ce mercredi 11 novembre dans les salles et dévoile les images incroyables d'un tournage inachevé.

diapo_enfer2Grâce à l'acharnement du producteur et restaurateur de films Serge Bromberg, on découvre 45 ans plus tard, les images inédites de «L'enfer», un film d'Henri-Georges Clouzot jamais terminé.

diapo_enfer3«L'enfer» raconte la dérive mentale d'un homme jaloux, Marcel (Serge Reggiani), marié à la jeune et belle Odette (Romy Schneider).

diapo_enfer4Si le quotidien du couple est tourné en noir et blanc, Clouzot décide de tourner en couleurs les fantasmes de Marcel à qui les soupçons d'infidélité de sa femme donnent des pulsions de meurtre.

diapo_enfer5En tout, 16 heures de films ont été tournées en 1964, toutes muettes. Des heures d'essais dans les Studios de Boulogne puis au pied du viaduc de Garabit (Cantal).

diapo_enfer6Durant les essais, Romy Schneider qui n'a alors que 25 ans, devient un véritable objet de fascination pour le cinéaste.

diapo_enfer7Pendant six mois, il la filme à huit clos, couverte de paillettes ou maquillée étrangement.

diapo_enfer8Et si son contrat précise qu'elle ne fera aucune scène dénudée, elle acceptera pourtant de tourner une séquence où elle est enchaînée totalement aux rails d'une voie ferrée.

diapo_enfer9Terrain d'expérimentation sans limites pour Clouzot, le film avait bénéficié d'un budget illimité de la part de la Colombia. Il coûtera finalement plus de cinq millions de francs, une somme énorme pour l'époque.

diapo_enfer10Perfectionniste à l'extrême, Clouzot n'en finit plus de multiplier les prises. En moins de trois semaines, il finit par exaspérer son équipe par ses exigences illimitées et se brouille avec son acteur principal, Serge Reggiani, qui quitte le tournage.

diapo_enfer11Mais c'est finalement l'infarctus de Clouzot qui marquera l'arrêt définitif du projet.

diapo_enfer12Un accident cardiaque dont les conditions restent imprécises. Parmi les récits, celui du  directeur de la photographie, William Lubtchansky: «Couzot était en train de tourner une scène sur une barque avec Romy Schneider et Dany Carrel. Les deux femmes devaient s'embrasser pendant des heures. Il faisait très chaud. Clouzot était derrière sa pipe. D'un seul coup, pleins de gens se sont précipités, et Clouzot a fait un infarctus.»

diapo_enfer13Parallèlement à la sortie en salles du documentaire paraît chez Albin Michel «Romy dans l'Enfer», un ouvrage rassemblant les images superbes et le récit de ce projet cinématographique énigmatique et insolite.

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"L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot" : regarder Romy et approcher 'L'Enfer'

lemondefr_logo"L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot" : regarder Romy et approcher 'L'Enfer'

article publié
le 10.11.2009,
en ligne sur lemonde.fr 

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Henri-Georges Clouzot et Romy Schneider dans le film documentaire français de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea, "L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot".

Il existait donc, dans quelque crypte de l'histoire du cinéma, des rubans de pellicule sauvés de L'Enfer, d'Henri-Georges Clouzot (1907-1977), ce projet fiévreux, délirant et inachevé, qui mettait Romy Schneider dans tous ses états ? Sacrée nouvelle. Un film de cauchemar, un drame charnel de la jalousie, fantasmé par un réalisateur diabolique, l'un des plus sombres du cinéma français (Le Corbeau, en 1943, Quai des Orfèvres, en 1947, Le Salaire de la peur, en 1953...), qui faillit d'ailleurs laisser sa peau sur ce tournage.

Quelques fragments de cet Enfer avaient été divulgués, en 2007, à l'Auditorium du Louvre (Le Monde du 27 novembre 2007), par Serge Bromberg, célèbre aventurier et restaurateur du cinéma perdu. Il y bâtissait déjà un récit de sa quête au moins aussi mythique que le film lui-même. L'archiviste, dans le rôle du preux chevalier, tente vainement de convaincre Inès Clouzot, la veuve du cinéaste, d'autoriser l'utilisation de ces rushes, avant qu'une panne d'ascenseur de quelques heures ne lui permette d'arracher, par des moyens qu'il passe sous silence, son consentement.

Avec le documentaire qu'il consacre aujourd'hui à l'histoire de ce film, la boucle est enfin bouclée, et si L'Enfer ne renaîtra pas pour autant de ses cendres, du moins peut-on en visiter les sulfureux vestiges et rêver indéfiniment à ce qu'il aurait pu devenir : poésie frénétique ou grandiloquent échec.

La genèse de ce film est d'abord celle d'un artiste qui traverse une phase de doute et de dépression : Clouzot a perdu sa première femme, Vera, en 1960, et il en est à un point de sa carrière où il n'a plus grand-chose à démontrer, tandis que se profile à l'horizon une vague nouvelle de jeunes gens qui s'apprêtent à révolutionner le cinéma français. Tandis qu'il se remarie en 1963 avec Inès de Gonzalès, cet homme de 56 ans veut aussi montrer qu'il peut encore frapper un grand coup esthétique.

Ce sera L'Enfer. Un film sur le démon de la jalousie, inspiré de sa relation avec son ex-femme, mais porté par le cinéma jusque dans ses confins extrêmes. Un film qui mettrait en scène un couple de jeunes mariés, pour mieux entrer dans la tête du personnage masculin et rendre par des expérimentations formelles très poussées la fantasmagorie délirante qui la peuple. Par chance, ou par malchance, Clouzot dispose du soutien inconditionnel de la major Columbia, qui lui donne carte blanche.

Rescapés du désastre

Clouzot tient déjà son couple vedette, Romy Schneider et Serge Reggiani. Il a également une idée de la structure du film, qui montrera le monde réel en noir et blanc et celui des fantasmes en couleurs. Installé à demeure dans une suite de l'Hôtel George-V, il se claquemure alors en studio et se lance dans une interminable série de recherches qui le mèneront très loin, tentant de trouver dans le mariage de l'art cinétique et de la musique électro-acoustique, mais aussi bien dans la mise à l'épreuve des limites morales et physiques de ses acteurs, un équivalent plastique à la folie de son personnage.

Trois mois plus tard, en juillet 1964, le tournage débute enfin dans le Cantal, au pied du viaduc de Garabit. 150 techniciens, trois équipes de tournage sont à pied d'oeuvre, sous la férule impitoyable d'un réalisateur insomniaque. Rien n'ira pourtant comme il se doit. Techniciens poussés à bout, gâchis financier, équipes inactives, tensions avec les acteurs... Le cinéaste, indécis, semble être devenu prisonnier de son perfectionnisme et de son ambition. Il se brouille avec Serge Reggiani, qui quitte le tournage pour l'hôpital. Appelé à la rescousse, Jean-Louis Trintignant n'a pas le temps de prendre ses marques, Clouzot étant lui-même victime d'un infarctus. Fin de partie.

Cette histoire, Bromberg nous la raconte en usant de trois sources. Les témoignages des rescapés de ce désastre, depuis l'assistant opérateur William Lubtanchsky jusqu'à l'actrice Catherine Allégret. Des fragments de dialogues originaux lus par les acteurs Jacques Gamblin et Bérénice Béjo. Enfin, et c'est assurément la partie la plus impressionnante, de nombreux extraits tirés des quinze heures de bouts d'essai et de rushes existants, dépourvus de son. Principal objet de l'expérience : Romy Schneider transformée en matière malléable à merci, surface de projection pulsionnelle à haute teneur érotique. Romy Schneider, telle que jamais on ne l'a vue : ligotée, dégradée, répulsive, fascinante, dominatrice, fragmentée, scintillante, hybridée, peinte de la tête aux pieds, captive d'un démiurge qui la soumet à ses plus folles visions.

Serge Bromberg a choisi de rester au plus près de cette histoire, ce dont il s'acquitte parfaitement. On ne lui contestera pas ce choix, quand bien même on pourrait regretter qu'il n'ait pas voulu élargir le cadre. On aurait aimé en savoir un peu plus sur le parcours de Clouzot, sa place dans le cinéma français, l'émergence de la Nouvelle Vague dans les années 1960, voire la filiation paradoxale de L'Enfer, qui fut tourné en 1994 par Claude Chabrol et emmené dans une tout autre direction.


Cinéma: les sorties de la semaine 

 le 10.11.2009,
en ligne sur lemonde.fr 

"L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot", documentaire français de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea

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En 1964, Henri-Georges Clouzot, au sommet de sa gloire, entreprend le tournage de L'Enfer, avec Romy Schneider. Trois semaines plus tard, tout s'arrête, après la crise cardiaque qui terrasse le réalisateur. Utilisant les prises du tournage et les fascinants essais réalisés avec Romy Schneider, L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot raconte un grand cauchemar de cinéma.

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"Ce qu'on a là, c'est l'état psychique d'un grand créateur, pas le film"

lemondefr_logo"Ce qu'on a là, c'est l'état psychique d'un grand créateur, pas le film"

Propos recueillis par Thomas Sotinel
article publié

le 10.11.2009,
en ligne sur lemonde.fr 

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Ruxandra Medrea et Serge Bromberg sur le tournage de leur film documentaire, "L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot", sorti en salles mercredi 11 novembre 2009.

Collectionneur d'incunables des premiers âges du cinéma, directeur artistique du Festival du film d'animation d'Annecy, la cinéphilie de Serge Bromberg l'avait jusqu'ici porté du côté de la vitalité première et des histoires oubliées du cinéma. Jusqu'à ce que ses pas le mènent jusqu'à L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot.

Comment avez-vous retrouvé le matériel ?
La voie royale, c'est de demander aux Archives du film, à Bois-d'Arcy. J'ai appelé, demandé s'ils savaient où étaient les bobines de L'Enfer. Ils m'ont répondu qu'ils les avaient. Fin de la recherche, elle avait duré une minute. La question était de savoir pourquoi personne n'avait pu les voir. Ce tournage s'est interrompu au bout d'une vingtaine de jours. On avait d'un côté une société d'assurances qui avait la plupart des droits, et de l'autre Henri-Georges Clouzot qui avait conservé les droits sur son scénario. Du coup, un juge a fait mettre les scellés sur ces bobines. Dix ans après le tournage, en 1974, le laboratoire LTC a fait transférer ces éléments aux Archives du film, où elles ont été classées non consultables et non communicables.

Je suis allé voir Mme Clouzot, qui m'a dit que par égard à la mémoire de son mari elle avait pris la décision de ne pas les montrer, sauf s'il se passait quelque chose de spécial avec quelqu'un. Elle m'a raccompagné jusqu'à l'ascenseur, et nous y sommes restés coincés pendant trois heures. On s'était dit tout ce qu'on pouvait dire sur Clouzot, donc on a fait connaissance, on s'est raconté nos vies. En sortant, elle m'a dit : "Disons qu'il s'est passé quelque chose."

Je suis allé voir la compagnie d'assurances, ça n'a été qu'une négociation banale. Ensuite je suis allé aux Archives. Comme il n'y avait eu que trois semaines de tournage, je croyais qu'il y aurait quarante boîtes, il y en avait 180 !

Quel était votre projet ?
Il n'y en avait pas. C'était : "Je vais voir des films que personne n'a vus." Le positif, le son et les prises de vues en français (on tournait chaque scène en français et en anglais) avaient disparu. Nous avons mis bout à bout ces petits bobineaux de négatifs et nous les avons passés en télécinéma : quinze heures. J'ai acquis la conviction que ces images avaient été faites pour le grand écran, et que leur destin était de finir sur le grand écran.

Comment s'est dégagée la forme du film ?
Le tournage a duré moins de trois semaines à Garabit pour des plans d'extérieur, d'exposition, et il était prévu de tourner les parties narratives en quatorze semaines aux studios de Boulogne. On a monté trois séquences et on a obtenu cinq minutes de film. On a tourné les témoins en studio. On a essayé de faire doubler Serge Reggiani et Romy Schneider, mais les gens qui tentaient de lire sur les lèvres n'y arrivaient pas, et pour cause, puisqu'on s'est aperçu que c'était la version anglaise.

Finalement le film manquait d'une dimension émotionnelle, on a commencé à chercher des acteurs qui reprendraient les rôles d'Odette et de Marcel. Jacques Gamblin et Bérénice Béjo ont accepté à la condition de jouer le scénario à la main, pour montrer qu'ils ne se prenaient pas pour Serge Reggiani et Romy Schneider.

Est-ce que "L'Enfer" aurait pu exister ?
J'ai soupçonné Clouzot d'avoir feint la crise cardiaque. Mais c'est faux, sa crise était la conséquence de tout ce qui s'était passé avant. Au bout de quatre mois d'essais et de trois semaines de tournage avorté, il est possible que Clouzot ait envisagé, puisqu'il disposait d'un budget illimité, qu'il recommencerait tout à zéro. Ce qu'on a là, c'est l'état psychique d'un grand créateur, ce n'est pas le film.

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08 novembre 2009

L'Enfer au JT France 2 de 20h du 7/11/2009

Journal Télévisé - France 2 - 20h00 - Samedi 7 novembre 2009

Source >> le JT est en VOD pendant 24 heures sur le site jt.france2.fr

lenfer_jt_sommaireElle est un mythe et son destin est toujours empreint d'un certain mystère... Romy Schneider réapparaît comme de manière fantômatique, et cela, grâce à un document qui sortira la semaine prochaine. Document qui nous fait découvrir un film maudit, inachevé et révolutionnaire pour l'époque dont les images n'avaient jamais été diffusées. Un film signé Henri-Georges Clouzot: L'enfer, c'est son nom, avait alors un visage, celui de Romy Schneider.

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07 novembre 2009

vidéo L'Enfer Romy

Extraits en noir et blanc des essais de Romy pour L'Enfer

       

Romy L'enfer 1964 - wideo
Extrait de scènes du film inachevé : L'enfer.
1964 De Henri George Clouzot
Mots-clés : romy schneider enfer 1964 clouzot extrait film
Video
de phil69

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Un chef-d'oeuvre inachevé ressuscite la beauté venimeuse de Romy Schneider

Un chef-d'oeuvre inachevé ressuscite la beauté venimeuse de Romy Schneider 

article publié par Marie-Claude Martin
le 06.11.2009,
en ligne sur lesquotidiennes.com  

En 1964, Henri-Georges Clouzot tourne L'Enfer qui devait révolutionner l’histoire du cinéma. Hélas, le tournage s’arrête net après trois semaines. Les bobines du film ont été retrouvées et remontées en documentaire qui raconte ce tournage épique.

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Il suffit de voir la bande annonce pour comprendre que s'il l'avait terminé, "L'Enfer" aurait révolutionné l'histoire du cinéma, autant par son érotisme que par ses effets spéciaux. Warholien avant Warhol, lynchien avant Lynch mais surtout du Clouzot paroxystique.

En 1964, Henri-Georges Clouzot a déjà signé quelques uns des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma français : «Le Corbeau», «L’assassin habite au 21», «Quai des Orfèvres » et «Le Salaire de la peur».

La jalousie pathologique

Il vient de sortir d’une violente dépression après sa rupture avec Vera, une des héroïnes des «Diaboliques», et veut aller plus loin, pousser le cinéma à ses dernières limites, mettre en images l’anxiété, le malaise et la douleur qui l’empêchent de dormir. Clouzot a trouvé le sentiment qui cristallise tous ses tourments: la jalousie.

Budget illimité
Au vu des premiers rushs qu’ils jugent «hypnotiques, incandescents, époustouflants», les producteurs de la Columbia vont prendre la décision rarissime d’allouer à Clouzot un budget illimité. La vie quotidienne sera tournée en noir et blanc, les fantasmes ­du mari s’inscriront en couleur.

Mieux, chaque fois qu’il imaginera que sa femme le trompe, avec un homme ou une femme, on verra sa douleur en caméra subjective, image déformée et psychédélique. Romy Schneider, 25 ans, sera l’héroïne, l’icône, de cette descente en enfer.

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Prête à tout
La star rentre des Etats-Unis  où elle vient de tourner sous la direction d’Otto Preminger. Pour Georges, elle est prête à tout. L'ex-Sissi est convaincue de tenir son Hitchcock. Serge Reggiani, 42 ans, lui donne la réplique.

Mais le tournage se révèle vite être un enfer. Il y a d’abord les essais qui vont durer plusieurs semaines et laissent tout le monde exsangue, Clouzot, perfectionniste, veut que chaque ton, chaque éclairage, chaque geste soit exactement tel qu’il se l’était imaginé.

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Pour ce faire, il a engagé les meilleurs techniciens et constitué trois équipes de tournage qui forment comme une armée. Il fait travailler Boulez sur la bande-son, utilise l’iconographie de l’art cinétique angoissant, multiplie les effets spéciaux, tente toutes les expériences.

Romy aussi est à la peine qui subit tous les supplices. Elle est enduite d’huile d’olive et recouverte de paillettes, grimée de fards multicolores, aveuglée en permanence par une roue géante, sur laquelle sont placés projecteurs et filtres de couleur, engueulée chajour parce qu'elle n'a pas perdu son accent allemand.

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Pire, elle acceptera de tourner nue, alors que son contrat habituel l’interdit, dans une scène d’un érotisme et d’une violence inouïs – elle est attachée sur des rails de chemin de fer –, qui ne figure même pas dans le scénario.

Insomnies
Mais Clouzot est certain d’inventer le cinéma de demain. Son exigence, son perfectionnisme, ses insomnies qui l’autorisent à réveiller n’importe qui au milieu de la nuit usent l’équipe. Le premier à craquer est Serge Reggiani. Il quitte le plateau.

Jean-Louis Trintignant est appelé à la rescousse pour quelques jours seulement. Trois semaines après le tournage, lors d'une scène torride entre Romy Schneider et Danny Carrel, Clouzot s'écroule d'un infarctus. Le tournage est arrêté.

Personne n’ira jusqu’au bout de «L’enfer», même pas Clouzot qui survit par miracle à l’accident cardiaque. Tout le monde oubliera ce tournage maudit.

Bobines retrouvées
lesquotidiennes4Mais c'était sans compter la persévérance d'un homme, Serge Bromberg, producteur et restaurateur de longs-métrages. L'année dernière, il exhume les 185 bobines de films invisibles depuis un demi-siècle, bloquées pour raisons juridiques et soigneusement conservées aux Archives françaises du film. Inès Clouzot, propriétaire des droits, les lui cède.

A partir de ces quinze heures d’images muettes, non montées, Bromberg a tenté de reconstituer l’histoire de cette œuvre énigmatique, qui a alimenté les fantasmes des cinéphiles. Le film sort le 11 novembre alors qu'un livre en a été tiré. Les Américains avaient les "Misfits", les Français ont désormais leur "Enfer".

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Dans les coulisses de «L'Enfer», film maudit de Clouzot

lefigarologoDans les coulisses de «L'Enfer»,
film maudit de Clouzot

article publié par Emmanuèle Frois
le 06.11.2009,
en ligne sur lefigaro.fr 

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  Serge Bromberg dévoile les mystères de cette œuvre inachevée, dans un ouvrage et un documentaire passionnants.

Les images inconnues de L’Enfer , film inachevé d’Henri-Georges Clouzot, voient enfin le jour grâce à la passion et l’acharnement d’un homme qui en a tiré un livre magnifique, Romy dans L’Enfer * et un documentaire palpitant, L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot ( sortie mercredi prochain, voir critique ). En 2005, Serge Bromberg, producteur et restaurateur de longs-métrages, exhume les 185 boîtes de films invisibles depuis un demi-siècle, « bloquées » pour raisons juridiques et soigneusement conservées aux Archives françaises du film. Seulement quinze heures d’images muettes, non montées, à partir desquelles Bromberg a tenté de reconstituer l’histoire de cette œuvre énigmatique, qui a alimenté les fantasmes des cinéphiles. L’Enfer , un tournage maudit interrompu au bout de trois semaines par l’infarctus de son réalisateur. Une aventure démesurée, dantesque, au budget illimité. Un rêve artistique qui a viré au cauchemar. « À trop vouloir s’approcher de la perfection formelle et de son rêve improbable, il s’y est brûlé les ailes », estime Serge Bromberg à propos de Clouzot.

Le réalisateur, à qui l’on doit notamment L’Assassin habite au 21, Le Salaire de la peur et Le Corbeau, n’a alors pas tourné depuis quatre ans. Il sort d’une dépression, s’est retiré à Tahiti où il a débuté l’écriture de L’Enfer qui devra, selon lui, révolutionner le cinéma. Il propose à Romy Schneider, 26 ans et à Serge Reggiani, 42 ans, d’en devenir les héros. Romy Schneider veut montrer que Sissi est loin. Clouzot, séduit, réécrit pour elle la version finale de ce drame de la jalousie. Marcel Prieur (Serge Reggiani), patron d’un petit hôtel de province se demande si Odette (Romy Schneider), sa femme, ne l’a pas odieusement, scandaleusement, trompé. « Point de preuves : seulement des présomptions, mais terribles », écrit Clouzot.
La folie s’empare de Marcel. Clouzot veut filmer le cerveau malade de son héros. Mettre la paranoïa en image devient son obsession. Et puisque les producteurs de la Columbia lui ont offert un budget illimité, il en profite pour expérimenter différents procédés. Il met au point avec Éric Duvivier – qui avait réalisé avec Henri Michaux Image du monde visionnaire, film illustrant des visions hallucinatoires sous mescaline – un système d’éclairage particulier, l’Héliophore. Il se passionne pour les effets cinétiques, et demande à Joel Stein et Jean-Pierre Yvaral de collaborer avec lui. Pendant six mois, Clouzot tourne les essais préparatoires de L’Enfer dans le huis clos des Studios de Boulogne. Romy Schneider devient objet de fascination. Il la filme, des heures durant, le visage recouvert de paillettes et d’huile d’olive, ou bien peint avec un maquillage multicolore. Elle n’a jamais été aussi belle. Hypnotique, incandescente, érotique, sensuelle, elle se prête à tous les fantasmes, à tous les désirs cinématographiques de Clouzot. Son contrat précise qu’elle ne fera aucune scène dénudée. Pourtant elle accepte de tourner nue la séquence où, enchaînée aux rails de la voie ferrée, un train fonce sur elle.

lenferlelivreLe tournage démarre en juillet 1964, à l’hôtel du Lac, au pied du viaduc de Garabit (Cantal). Clouzot est à la tête de trois équipes, véritable armée de cent cinquante techniciens. Mais le perfectionnisme du cinéaste, qui multiplie les prises, et le manque de coordination entre les troupes ralentissent considérablement le tournage. Tyrannique, insomniaque, il réveille ses techniciens pour parler du scénario, en réécrit les pages pour le lendemain. Les rapports avec Reggiani se détériorent. L’acteur, dépressif, est hospitalisé. On évoque la fièvre de Malte, transmise par le fromage de chèvre que Reggiani se fait livrer de Corse ! En fait, l’acteur n’a plus la force d’affronter le monstre sacré. Clouzot, usé, stressé, fait un infarctus. La production est temporairement interrompue. Les experts des assurances décident que le tournage ne reprendra jamais. L’Enfer aura coûté plus de 5 036 000 francs aux assurances. Clap de fin. Et début de la légende.

NOTRE AVIS

D’abord il y a ces images extraordinaires, hypnotiques, dévoilées après quarante-cinq années de sommeil. Cela tient déjà du miracle. Scènes en noir et blanc ou en couleur, toutes muettes. Avec Romy Schneider, belle à tomber, qui ondule en skis nautiques sur le lac artificiel de Garabit. Serge Reggiani qui court sur le viaduc, à bout de souffle, jusqu’à la déprime… Serge Bromberg a construit son passionnant documentaire à partir de ces rushs, ces petits fragments de pellicule retrouvés en insérant, dans un jeu de piste fort bien construit, les témoignages des survivants de ce tournage maudit et inachevé. Interviews, entre autres, de Costa Gavras assistant à la réalisation lors de la préparation du film, de Bernard Stora qui était stagiaire, de William Lubtchansky alors assistant opérateur… Ils nous font entrer au cœur même du travail de Clouzot, dans sa folie de perfection, dans ses obsessions, dans sa recherche permanente de nouvelles formes cinématographiques, à grand renfort d’effets spéciaux au rendu éblouissant. Pour faire le lien avec l’histoire du film, Bérénice Bejo et Jacques Gamblin lisent quelques scènes du scénario original, se mettant dans les pas de Schneider et Reggiani. Un scénario que la femme d’Henri-Georges Clouzot, Inès Clouzot, propriétaire des droits, n’avait encore jamais voulu donner. Elle n’a pas résisté à Serge Bromberg. Nous non plus.

* «Romy dans L'Enfer», texte de Serge Bromberg. Albin Michel-Lobster (25 €).

Posté par ginieland à 00:15 - film 1964 - L'Enfer - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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