19 août 2008
Les affiches de La mort en direct
Les Affiches Ciné, cartes lobby,
jaquettes dvd et vhs dans le monde
La mort en direct, un film risqué
Article du Ciné-Club Normale Sup'
(en ligne sur le site du COF - l'Association des élèves de l'Ecole Normale Supérieure)
En le replaçant dans son contexte, La Mort en Direct est un film courageux et novateur parce que risqué.
Film risqué par sa distribution tout d'abord. Si la réunion dans un même film de Romy Schneider, Harvey Keitel, Harry Dean Stanton et Max Van Sydow apparaît aujourd'hui comme un casting de stars extrêmement prestigieux, il était loin d'aller de soi à l'époque et relève plus du pari audacieux - mais réussi. Harvey Keitel par exemple était étiqueté « pas bankable » à Hollywood depuis son éviction fracassante du tournage d'Apocalypse Now de F.F. Coppola. Alors que ses éventuels producteurs américains et anglais lui conseillaient de choisir Richard Gere ou Robert De Niro comme vedette masculine, Tavernier insista pour prendre H. Keitel. Il avait été séduit par son côté gai et enfantin, son « lyrisme prolétarien à la John Garfield », et voulait lui offrir un rôle loin des personnages névrotiques qu'on lui avait confiés jusqu'à là. Cependant le fait qu'H. Keitel soit un fervent adepte de la «méthode» de l'Actor's Studio rendit la vie plutôt difficile à Tavernier et à son équipe. H. Keitel prépare très longuement ses scènes et accable le réalisateur de questions sur les motivations et la psychologie de son personnage. Il a parfois des exigences des plus farfelues, comme lorsqu'un matin il demande à la costumière de l'équipe de lui trouver un vêtement lui permettant tout à la fois d'aller au Claridge et dans les égouts. Finalement il sera habillé comme la veille avec simplement une cravate dans la poche lui permettant d'accéder au bar du Claridge, ce qui le satisfera parfaitement bien que cela soit tout à fait invisible à l'écran... Il pousse le perfectionnisme jusqu'à fréquenter une institution pour aveugles afin de préparer la dernière partie du film (où il perd la vue) ; ensuite il se filme pour s'assurer que ses gestes, ses attitudes sont crédibles. Au moment du tournage il lui faut de longues minutes de concentration jusqu'à entrer « en contact » avec le personnage, ce qui engendre de longs et pénibles temps d'attente pour l'équipe de tournage; puis, adepte de la répétition infinie et éternel insatisfait, il est capable de redemander des dizaines de fois la même prise, mettant de nouveau les nerfs de l'équipe à rude épreuve. Le choix de Romy Schneider n'était pas non plus la solution de facilité : malgré l'aura dont elle jouit auprès du public, elle souffre d'une réputation de star capricieuse, imprévisible, dépressive, alcoolique, constamment en retard sur les plateaux, etc. On conseille à Tavernier de choisir plutôt Jane Fonda, mais celle-là ne daigne même pas répondre à sa demande. Cependant sur les 40 jours de tournage de La Mort en Direct R. Schneider ne fut pas une seule fois en retard et ne provoqua pas un seul jour d'arrêt... Elle est même présente lorsqu'elle ne joue pas, aidant les machinos, invitant l'équipe à dîner : elle s'immerge dans ce film comme si elle avait cherché à y puiser un second souffle... En revanche son jeu naturaliste, spontané et généreux s'accorde difficilement avec l'intransigeance des principes d'Harvey Keitel, ce qui provoque plusieurs affrontements assez violents entre les deux acteurs. Tavernier dût intervenir à plusieurs reprises pour réconcilier les deux.
Film risqué aussi par sa localisation en Ecosse, à Glasgow plus précisément. Lorsque Tavernier explique aux compagnies anglaises et américaines susceptibles de le financer qu'il a eu un véritable coup de foudre pour Glasgow et que son architecture victorienne créerait un contraste parfait avec l'histoire de science fiction qu'il veut adapter, on le met fortement en garde contre les vandales écossais qui errent dans les rues désertées de Glasgow, le risque de vol de matériel, etc. En définitive le tournage se déroulera sans incidents aucun, l'équipe étant grandement impressionnée par l'hospitalité et la disponibilité de leurs hôtes écossais. De plus l'atmosphère du scénario s'accorde parfaitement avec le climat d'affaissement général, de tristesse résignée qui règne dans les rues de cette forteresse ouvrière du sud-ouest de l'Ecosse qui rumine sa splendeur passée. De façon plus anecdotique, l'équipe tombe sur un conducteur virtuose de grue de chantier qui le fait rivaliser avec les performances de vraies grues de cinéma et permet d'obtenir des plans très amples et très fluides « à la Delmer Daves » qu'affectionne Tavernier (notamment le plan d'ouverture dans le cimetière) En revanche le chef opérateur Pierre « Willy » Glenn a fort à faire avec les ciels tourmentés d'Ecosse dont les fréquentes montées/descentes de soleil engendre des variations de lumière importantes. Pour l'occasion, il met au point un système de filtre qui lui permet de tirer profit des demies teintes de vert, gris et noir que lui offre le paysage écossais.
Le scénario enfin fait toute la force du film. Co-écrit par Tavernier et David Rayfield - scénariste et dialoguiste fétiche de Sydney Pollack (Jérémiah Johnson, Les Trois Jours du Condor, ...) à partir du roman The Continuous Katherine Mortenhoe de David Compton, il entrecroise différents thèmes de façon très naturelle, à la manière des films noirs américains dont Tavernier est si friand. Il s'agit à la fois d'un film d'errance, un « road movie », d'un film d'amour et d'un film de science fiction assez éloigné des clichés du genre. Le traitement de cette science fiction par Tavernier se veut « orwellienne » dans le sens où il se situe dans un futur proche, sans architecture ni costumes futuristes (contrairement à ce qui se faisait dans les années 70). Si bien qu'aujourd'hui certains passages deviennent néo- réalistes, quasiment des scènes de la vie quotidienne alors qu'à l'époque, en 1979, on mettait en doute leur vraisemblance. Ce caractère prémonitoire se retrouve aussi dans la peinture de cette société, où, toutes les maladies ayant été guéries, la mort devient « la dernière pornographie », le rare spectacle excitant que la télé-réalité puisse encore fournir. Sans se sentir moralement concerné, libéré de tout sentiment de culpabilité, on se laisse aller au désir de surprendre l'intimité de l'autre jusque dans ses derniers instants. Cette fascination devant le spectacle de la mort n'est qu'une expression dégénérée d'une peur irrépressible de la mort que l'on cherche ainsi vainement à apprivoiser. Cette problématique correspond aussi à une réflexion sur le voyeurisme et la responsabilité du cinéaste : quelle attitude morale doit-on adopter pour capter une émotion, pour la voler, la fabriquer ...? Le public réserva au film un accueil mitigé à sa sortie en 1980, en partie déconcerté par l'image de femme malade, combative mais ravagée que donne Romy Schneider, loin de la femme solaire et désirable qu'elle était chez Claude Sautet. Au grand dam du réalisateur les distributeurs retireront la version originale anglaise au bout de quelques semaines. La critique quant à elle se montre bien plus enthousiaste, voyant dans La Mort en Direct l'oeuvre la plus ambitieuse et la plus personnelle de la carrière de Tavernier, « synthèse intelligente et efficace du classicisme français et hollywoodien ». Elu meilleur film français de l'année par la presse étrangère il reçoit même le prix Unifrance.
18 août 2008
Photos de La Mort en Direct
Photos du film La mort en direct
17 août 2008
Les interviews sur La Mort en Direct
LA MORT EN DIRECT
Les interviews
Harvey Keitel, Romy Schneider et Bertrand Tavernier
Bertrand Tavernier (le metteur en scène)
Romy est une authentique tragédienne; plutôt que de simuler des sentiments, elle les vit intensément, grâce à une discipline et à une morale inouïes. C'est un être qui se "libère" par le biais d'une force de persuasion dont la puissance va bien au-delà de la réalité.
Je ne vois pas quelle autre actrice aurait pu, mieux qu'elle, incarner Katherine. Seules les comédiennes européennes disposent d'une profondeur dramatique aussi inégalable. Romy s'auréole d'une espèce de métaphysique inexistante chez Jane Fonda aussi bien que chez les autres artistes américaines.
Romy m'a beaucoup apporté. Surtout par sa façon d'aborder les choses carrément, sans fausse pudeur, avec une sorte d'orgeuil et, surtout, sans s'apitoyer sur son sort. C'est bien grâce à elle que l'héroïne n'apparaît ni pleurnicharde, ni psychologiquement complexée. Je n'ai jamais vu quelqu'un jouer avec autant de détachement, de désintéressement, en même temps qu'avec autant de conviction et d'engagement physique et moral.
Harvey Keitel pratique son métier, à l'exemple de Brando et de Dean, selon la méthode de l'Actor's Studio: il se met dans l'ambiance, travaille soigneusement les attitudes de son personnage et ensuite, il improvise. Romy se jette férocement dans son rôle, dès le premier tour de manivelle et ne s'en détache plus jusqu'à la fin.
15 août 2008
L'hommage de Tavernier à Romy dans Paris Match
LA MORT EN DIRECT
dans la presse
Paris Match -1/02/1980


>> Source scan: Blog d'Emma Ceux que j'aime
Le metteur en scène Bertrand Tavernier:
"Romy Schneider - Elle est notre lumière"
Lyon, un dimanche de janvier. Il fait gris. Je viens bruquement de retrouver une lettre écrite par Romy Schneider dans l'aéroport de Roissy, juste avant l'arrivée à Glasgow. "Je serai ta Catherine, écrivait-elle. Je la serai tout le temps, jusqu'au bout; cela me fait peur, mais je le serai."
C'est vrai, Romy, tu as été Catherine... totalement. Sans concession!...
"Je la jouerai sans aucun apitoiement, sans aucun sentimentalisme; elle est trop fière pour cela", disait-elle dans cette lettre, "et j'éspère que tu m'aideras."
Je ne sais pas si je t'ai aidée. Mais le résultat est là, vibrant, tendre et bouleversant. Comme tu as été dans "Max et les ferrailleurs", Rosalie ou l'héroïne dans "L'Important c'est d'aimer", tu as été Catherine Mortenhoe, avec sa révolte, sa violence et sa générosité!... Nulle trace d'apitoiement, mais une approche profondément émotionelle et morale. Morale, voilà le mot qui semble caractériser le jeu de Romy Schneider. Tragédienne étonnante, elle ne fabrique pas l'émotion, ne la truque pas. Elle la recrée de très loin, de très profond, comme ces vagues immenses qui secouent la mer. Nulle astuce. Plutôt une immense générosité, se croyant incapable d'improviser, alors que brusquement, dans un moment vital, elle dynamise une scène d'une façon totalement surprenante, la projette en avant, la restitue de l'intérieur. Elle va tout de suite à l'essentiel. Tout ce qui est superficiel, livresque, théorique, disparaît de lui-même.
Ce jeu lyrique et ample me semble exiger des comparaisons musicales. Claude Sautet parle de Mozart à propos de Romy. Moi, j'ai envi d'évoquer Verdi ou Mahler. Dans un de ces moments rares, à la fin d'une journée de travail, un de ces moments d'émotion qui ustifient un tournage, mon ingénieur du son, un vrai futé, déclare à Romy que les acteurs étaient comme les mineurs de fond. Ils sont dans le noir, seuls. Il fait froid et c'est très profond. Et il faut qu'ils remontent le charbon. Et c'est un travail épuisant. Autour d'eux, c'est la nuit, la lumière paraît tellement lointaine. Et il ajoutait: "Avec tout le charbon que tu es train de remonter, on va pouvoir se chauffer plusieurs hivers."
Et là, j'en suis sûr, il avait raison. Et je ne vois pas de plus beau compliment à te faire. Si ... un: une phrase de Cocteau qui te convient tellement quand il disait: "L'Art, c'est mettre le mystère en pleine lumière."
Sur le tournage de La Mort en Direct
LA MORT EN DIRECT
Sur le tournage
Le réalisateur Bertrand Tavernier dirige ses acteurs Romy Schneider et Harvey Keitel dans La Mort en direct.
Le tournage s'est effectué à Glasgow, en Ecosse.
*** ci-dessous, photographies de George Pierre ***
Les critiques sur La Mort en Direct
LA MORT EN DIRECT
Les critiques
France-Soir - 1980
La flamme du film, c'est Romy Schneider, dont le jeu, la passion et le lyrisme dépassent l'analyse. C'est une très grande artiste dans l'un des plus beaux rôles.
Cosmopolitan -février 1980
Tavernier a trouvé le ton, ses acteurs aussi. Quand on sort de là, on n'est plus tout à fait le même, on en a tiré, comment dire, une morale ? Une philosophie ? On se dit qu'il faut vivre comme si on n'avait plus que deux mois devant soi. Preuve de l'efficacité de ce "thriller" sur le jeu avec la mort.
Tagesspiegel -11/06/1982
Dans "La Mort en direct" Romy incarne une femme malade: une romancière qui dans son travail se sert d'un ordinateur, et qui se voit condamnée à mort par la technique moderne. Une histoire utopique, en même temps qu'une fable angoissante qui essaie de nous mettre en garde contre l'impuissance de l'homme face à la puissance des mecanismes électroniques, mais également face à l'absence de compassion et la curiosité de nos contemporains. Le monde à l'intérieur duquel se joue ce drame est forcément froid et impersonnel.
Contrainte par une puissante chaîne de télévision, la malade accepte de laisser diffuser sa fin prochaine sur les écrans d'une émission populaire. Courses poursuites à travers les rues de Glasgow, puis dans les Highlands écossais, jusqu'au moment où les parties contractantes se retrouvent face à face. La force de persuasion des décors choisis par Bertrand Tavernier, l'anonymat d'une ville, la beauté virginale d'un paysage, concourent à renforcer la puissance évocatrice du sujet. Le film bénéficie en outre de la forte présence des protagonistes, en particulier Romy Schneider, calme, discrète, effacée, qui traduit magnifiquement dans ses attitudes, la rupture avec la vie et une espèce d'incroyable familiarité avec la mort.
04 avril 2008
La Mort en Direct caps 1
La Mort en Direct - captures du film 1ère partie
La Mort en Direct caps 2
La Mort en Direct - captures du film 2ème partie
>> Sources captures: Site RomyBilderseite
La Mort en Direct caps 3
La Mort en Direct - captures du film 3ème partie
>> Sources captures: Site RomyBilderseite
























































































































































