Autour du film La Banquière
La banquière
Secrets de tournage ...
... et anecdotes
Inspiré d'une histoire vraie
Le film s'inspire de la vie de Marthe Hanau, qui fit scandale dans les années 30 pour avoir affiché son anticonformisme et son homosexualité, mais surtout pour avoir lutté contre le capitalisme en favorisant l'épargne populaire.
Marthe Hanau (1886 - 1935), surnommée « la banquière des années folles », était une femme d'affaires qui fut impliquée dans un important scandale financier. Cette "self-made woman", fille de petits commerçants, promet aux petits épargnants des rendements bien supérieurs à ceux versés par les banques à la fin des années 20. Les banques traditionnelles lui déclarent la guerre, et elle finit par être arrêtée pour escroquerie. Elle se suicide en prison en 1935. Romy Schneider interprète donc 'la banquière' mais sous le nom de Emma Eckhert dans le film.
Le choix de Romy Schneider
Après l'avoir déjà dirigé dans "Le Trio Infernal" en 1973, Francis Girod choisit à nouveau Romy Schneider pour incarner l'héroïne de "La Banquière", le réalisateur racontera: "J'avais envie de faire la synthèse entre la vraie Marthe Hanau et Romy Schneider. Toutes les grandes figures mythologiques partent d'une réalité, mais elles sont sublimées par l'art. A partir du personnage réel, je voulais créer un mythe. Car c'est évident: il y a nombre de points communs entre Emma Eckhert et Romy Schneider. Une façon de vivre debout, une volonté d'aller jusqu'au bout des choses, un perfectionnisme obessionnel, une volonté de se donner complètement à ce qu'elle fait, une force de caractère exemplaire."
Romy Schneider accepte tout de suite ("Oui, je suis fidèle, parfois". dit-elle) et comme à son habitude, s'investit dans le personnage: "J'ai fait énormément de recherches et j'ai beaucoup lu sur Marthe Hanau, j'ai beaucoup écouté des gens qui m'en ont parlé. Finalement, on fait un choix, et on est seul à le faire, quand on est face à la caméra, et il ne faut pas écouter tout le monde, ni croire tout le monde. Vous n'imaginez pas le torrent de choses stupides ou fausses qui ont été écrites sur Marthe Hanau... C'est son humanité avant tout. Plus exactement, le côté humain de cette bonne femme qui voulait, pas à tout prix... si, à tout prix, mais pas à n'importe quel prix - vous voyez ? - s'en sortir".
Le personnage est marqué par un caractère ambitieux, volontaire, dynamique et conquérante: "C'est tout ça à la fois, dit Romy. J'éspère, en tout cas, être arrivée à restituer tout ça. Avec la solitude en plus... Vu les rôles que je choisis et qu'on me propose, je suis toujours plus seule que le metteur en scène ne le croit. Je ne peux pas parler pour mes camarades ou les autres acteurs, mais c'est ainsi que je fonctionne. Je travaille en étant toujours très proche du metteur scène, j'en ai profondément besoin, mais il y a un moment où l'on est seul."
Romy Schneider: une actrice difficile
Le tournage ne sera pas de tout repos pour l'équipe du film. En effet, Romy Schneider va s'avérer être capricieuse, acariâtre, irrascible et même parfois odieuse avec l'entourage. Elle reste enfermée des heures dans sa loge, arrive en retard sur le plateau. Elle se terre dans sa loge pour pleurer, suffoquer, submergée par une immense angoisse indescriptible. Mais ce caratère détestable cache en réalité des souffrances: d'abord, une peur de jouer devant les autres; à un journaliste, elle confie: "Je me réveille le matin et je me dis: 'Aujourd'hui, tu ne t'énerveras pas, tu n'emmerderas personne!' J'arrive décidée sur le plateau et c'est raté! Je tremble de peur. Insupportable pour moi-même et pour les autres." ensuite, l'obsession de son apparence, sa peur de vieillir; à un photographe présent sur le plateau, elle dit: "Alors, elle est encore photographiable la vieille conne ?" Mais elle donne aussi la réplique à Jean-Louis Trintignant, un ancien amant et partenaire de cinéma avec qui elle a déjà tourné deux films (Le Combat dans l'île en 1961 et Le Train en 1973) et qu'elle n'a pas revu depuis: le temps passé depuis ces années la mine, surtout le regard que l'acteur va porter sur elle. Seul Jean-Claude Brialy, très proche ami de Romy depuis son arrivée en France en 1958, parvient à la raisonner, la calmer, la rappeler à son devoir de conscience professionnelle.
Film nommé mais non primé
Le film a été nommé dans 4 catégories à la cérémonie des César de 1981: "Meilleure photographie" pour Bernard Zitzermann, "Meilleur son" pour Jean-Pierre Ruh, "Meilleurs décors" pour Jean-Jacques Caziot et "Meilleur montage" pour Geneviève Winding; mais le film ne remportera aucun prix, c'est "Le Dernier Métro" de François Truffaut qui va tout rafler (avec 10 prix).
> sources:
. Livre Romy Schneider, de Françoise Arnould et Françoise Gerber
. Livre Romy Schneider de Sophie Guillou




































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