France Dimanche Hors Série "Destins Brisés le Best Of" volume 28 pays magazine: France paru le 25 juillet 2018 prix: 5,90 Euros. article de 12 pages reprise de l'article du France Dimanche Hors Série 11/11/2016
Polka n° 42 pays: France paru le 14 juin 2018 prix: 6,90 € article:Trois Jours à Quiberon
“3 jours à Quiberon”: Romy Schneider, un photographe et la Bretagne par Baptiste Etchegaray [article en ligne surPolka Magazine]
Mars 1981. Romy Schneider, fatiguée et fragile, part se reposer en Bretagne. Un photographe, Robert Lebeck, et un journaliste allemands la retrouvent. Ces quelques jours, un an avant sa mort, sont devenus un film: “3 jours à Quiberon”, d’Emily Atef, sort en salles aujourd'hui.
Romy intrépide, enjambant les rochers en bottines. Romy tendre, enlaçant un vieux poète dans un bar à une heure avancée de la nuit. Romy hilare, à genoux sur la moquette de sa chambre d’hôtel. Romy espiègle, en peignoir dans ses draps blancs. Romy grave, cigarette à la main et yeux dans le vague.
Derrière l’objectif, un photographe ami qui réalise là l’un de ses plus beaux coups: une plongée pendant trois jours à huis clos avec une Romy Schneider sans fard venue se reposer en thalasso à Quiberon, loin du tumulte du monde.
Ces saisissantes images noir et blanc signées Robert Lebeck, photoreporter célèbre outre-Rhin pour avoir couvert l’enterrement de Bobby Kennedy en 1968 ou la parenthèse militaire d’Elvis Presley, ont été réalisées en mars-avril 1981 et publiées dans le magazine “Stern”, équivalent de “Life” en Allemagne.
Les confidences d’une star
Elles accompagnaient l’interview-vérité donnée par Romy Schneider à un jeune journaliste avide de citations fortes, Michael Jürgs, introduit par Lebeck dans son hôtel breton. Romy, star mondiale, s’y confiait comme jamais. De son envie de se débarrasser de l’image de Sissi qui lui collait toujours à la peau à ses regrets de mère trop absente, elle y révélait son rapport douloureux à la célébrité. C’était quelques mois avant la mort accidentelle de son fils, un an avant qu’elle ne soit retrouvée sans vie par son compagnon.
Cet instant suspendu dans la vie de l’actrice est raconté aujourd’hui dans un film dont le titre a été soufflé par Robert Lebeck peu avant sa disparition en 2014: “3 jours à Quiberon”. Une production allemande réalisée par une Franco-Iranienne qui a grandi à Berlin, Emily Atef.
Cette admiratrice de Romy Schneider ne se serait pas lancée dans l’aventure si elle n’avait pas découvert les quelque 580 photos prises par Lebeck lors de ce séjour, conservées par sa veuve, Cordula Lebeck, et pour la plupart jamais sorties de leurs boîtes hormis la vingtaine publiée en 1981.
“Ces images sont tellement touchantes, s’enthousiasme Emily Atef. On n’y voit pas l’icône, la star, mais la femme. Brute, sans masque, sans filtre, comme dans l’interview.” Parmi elles, une série immortalisant une nuit d’ivresse joyeuse dans un rade de la presqu’île, séquence centrale du film, qui scelle la complicité entre Romy et le duo de journalistes.
Des amants passagers
D’autres clichés, au contraire, révèlent la détresse de la comédienne, aux prises avec différentes addictions, dont les médicaments. Certains trahissent même le lien qui unit Romy Schneider et Robert Lebeck, ceux-ci échangeant quelques gestes de tendresse alors que le Nikon du photographe a atterri entre les mains de l’intervieweur.
Ils sont alors un peu plus qu’amis, des amants passagers. Ils se sont rencontrés cinq ans plus tôt, en 1976, sur le tournage de “Portrait de groupe avec dame”, d’Aleksandar Petrovic, auquel Lebeck a consacré un reportage photo.
“Robert était très charismatique, son sourire lui a ouvert toutes les portes”, confie sans amertume Cordula, avec qui il était déjà marié à l’époque. Romy Schneider tombe instantanément sous le charme de “Lebo”, ou “Le Beau”, comme elle surnomme son nouveau confident, avec qui elle passe une nuit entière à refaire le monde en marge du tournage. Elle aime sa franchise. “Normalement, tu ressembles à une souris grise, mais devant la caméra tu es comme une reine”, lui glisse-t-il.
La réalisatrice du film a pu rencontrer Lebeck plusieurs fois avant sa mort. Elle lui a même chipé pour le tournage la veste kaki qu’il ne quittait pas à Quiberon. Ses photos ont inspiré le chef opérateur, qui a cherché à recréer les noir et blanc contrastés. Elles ont aussi été longuement scrutées par Marie Bäumer, la comédienne du film, dont la ressemblance avec Schneider est saisisante.
Comme en 1981
“Dans mon esprit, la fiction et les photos se confondent, je ne sais plus ce que je regarde”, s’amuse Cordula Lebeck. D’autant que l’hôtel de thalasso à Quiberon où est descendue Romy il y a trente-sept ans n’a pas beaucoup changé. “Le chef cuisinier était déjà là à l’époque et se souvenait de cet épisode! s’exclame Emily Atef. Avec l’effet du noir et blanc, on avait vraiment l’impression d’être là-bas en 1981.”
Lors d’une séance photo sur les rochers de la plage, Romy Schneider se fracture la cheville et doit annuler son prochain tournage. Robert Lebeck la retrouve quelques jours plus tard alitée, le pied plâtré, dans son appartement de l’avenue Bugeaud à Paris, jouant avec sa fille, Sarah, 4 ans.
Il ne l’a jamais vue aussi détendue, sereine. Elle relit un stylo à la main la longue interview à paraître dans “Stern”, ne retire aucun de ses propos ou presque. Il tourne autour du lit avec son appareil. Ces quelques images de Romy Schneider en paix, reposée derrière les rideaux tirés, resteront parmi ses préférées.
“3 jours à Quiberon”, d’Emily Atef, avec Marie Bäumer, Charly Hübner et Denis Lavant. Durée: 1h56.
19h le dimanche: Une histoire française Romy Schneider par Daniel Biasini
Emission/ chaîne: 19h le dimanche / France 2 Date de diffusion: 13 mai 2018 Durée: 20 min Pays: France Interview de Daniel Biasini par Laurent Delahousse
Laurent Delahousse: Un témoignage, maintenant. Depuis des années, il refusait les interviews, observant, sans réagir, les dizaines de livres, de documentaires, consacrés à celle avec qui il a partagé près de dix années de sa vie: Daniel Biasini a été le mari de Romy Schneider, il est le père de leur fille, Sarah, devenue comédienne. C'est un film, qui sortira dans quelques semaines, qui le pousse à s'exprimer aujourd'hui. A ses yeux, trop de mensonges, trop de fantasmes sur les tourments, les blessures de l'actrice. Alors, où est la vérité ? Qui la détient ?
Laurent Delahousse: Bonjour Daniel Biasini.
Daniel Biasini: Bonjour Laurent.
Laurent Delahousse: Merci d'avoir accepté cet entretien. Cela fait des années que vous ne vous exprimez pas. Pourquoi aujourd'hui, parler ou reparler de Romy ?
Daniel Biasini: C'est assez simple: c'est parce qu'un film va sortir et ça m'ennuyait que ce film sorte sans que je rétablisse la vérité.
Extrait de la bande annonce du film "Trois jours à Quiberon" Laurent Delahousse: Ce film s'appelle "Trois jours à Quiberon", c'est un film qui sortira dans quelques jours et qui revient sur un épisode particulier de la vie de Romy Schneider. Est-ce que vous avez le sentiment que depuis toutes ces années, depuis sa disparition, il y a eu trop de fantasmes, trop d'interprétations, trop de contrevérités, selon vous ?
Daniel Biasini: Simplement, si vous voulez... on se polarise toujours sur la dernière année qui a été tragique. Et on oublie les 9 ou 10 années passées à Paris, qui ont été pour elle dix années merveilleuses.
Laurent Delahousse: Tourmentées, aussi ?
Daniel Biasini: Non, absolument pas ! Non, non, non ! C'est ce que tout le monde croit, mais c'est faux !
Laurent Delahousse: On va revenir sur tout ça, sur ces mensonges ou ces contrevérités. Cela fait combien d'années que vous n'êtes pas passé dans cette rue ? Car on arrive devant "L'Orangerie" à Paris, un restaurant que vous connaissez bien. C'est celui de Jean-Claude Brialy. Cela fait combien de temps que vous n'êtes pas venus ici ?
Daniel Biasini: Près de 30 ans maintenant.
Laurent Delahousse: Vous veniez ici avec elle, dîner ?
Daniel Biasini: Oh oui, très très souvent; on venait pratiquement deux fois par semaine.
Laurent Delahousse: Vous allez même célébrer vos noces ici, en 1975, dans ce restaurant.
Daniel Biasini: Absolument, oui, tout à fait. Enfin, c'était une journée aussi bien particulière, parce que nous nous sommes mariés à Berlin le matin, et nous avons repris l'avion de Berlin pour venir ici et donc on a passé, terminé notre mariage ici.
Laurent Delahousse: On va revenir sur toutes ces questions. ici, on va rentrer dans ce restaurant. Vous savez qu'on y projette encore des films de Romy ?
Daniel Biasini: C'est ce que j'ai appris, oui !
Laurent Delahousse: On va découvrir tout cela. Alors, Daniel Biasini, revenons d'abord sur votre rencontre. Vous avez 22 ans, vous étiez étudiant, et pour un petit job d'intérim, vous allez devenir l'assistant particulier de Romy Schneider.
Daniel Biasini: Tout à fait.
Laurent Delahousse: C'était pour quelques mois normalement.
Daniel Biasini: Oui, absolument.
Laurent Delahousse: Elle arrive à Paris, elle a quitté finalement l'Allemagne, elle vient avec David. Vous lui trouvez d'abord un appartement, vous vous occupez un peu de l'intendance ?
Daniel Biasini: Oui, absolument, c'est à dire quand elle arrive à Paris, elle vient en fait de terminer "César et Rosalie". Extrait de César et Rosalie Elle doit repartir pour l'Italie. Donc, à un moment donné, je me retrouve seul avec son fils David.
Laurent Delahousse: Vous avez quoi, 22 ans ? et elle en a ?
Daniel Biasini: 33...
Laurent Delahousse: Vous êtes le seul homme qui, quand il rencontre Romy Schneider, au départ, vous disiez, vous n'êtes pas tombé tout de suite amoureux d'elle. Il n'y a pas eu de coup de foudre ?
Daniel Biasini: Non, il n'y avait pas eu de coup de foudre. Il y avait simplement, au fil du temps, une grande amitié, dans la mesure où je m'occupais de David parce qu'elle n'était pas là. Et donc, ça crée des liens, obligatoirement.
Laurent Delahousse: Jusqu'au jour où les choses basculent. Vous êtes à Saint-Tropez, vous dînez avec elle, ensuite vous partez en bateau et là, vous n'êtes plus simplement l'intendant, le conseiller, l'ami ?
Daniel Biasini: Oui, mais alors on s'amuse, en fait. On ne se prend pas au sérieux, ni elle, ni moi, d'ailleurs, à cette époque-là. On ne cherchait même pas à savoir si ça allait se prolonger ou si ça allait casser.
Laurent Delahousse: Enfin, il y a quelque chose qui allait le prolonger, et aussi une rencontre et un moment étonnant. C'est dans une cabine téléphonique que vous allez apprendre que vous allez être papa. Elle passe un coup de téléphone pour répondre à un film que lui proposait Luchino Visconti, et vous êtes derrière et vous entendez qu'elle dit "je ne pourrai pas faire le film parce que je suis enceinte".
Daniel Biasini: Oui, tout à fait. C'était très très drôle, ça se passe dans le port à Calvi, c'est à ce moment là que ça se produit, oui.
Laurent Delahousse: Qu'est ce que vous vous dîtes ? Je vais avoir un enfant avec Romy Schneider ?
Daniel Biasini: Là, on tombe dans un autre registre de vie qui est celui de devenir père, de s'engager. Et qui plus est, Romy, quand elle tombe enceinte, me dit: "je veux me marier". Alors qu'il n'était pas question pour moi de chercher à me marier ni avoir un enfant avec Romy.
Laurent Delahousse: A quoi ressemblait la vie commune avec Romy Schneider ?
Daniel Biasini: Cela ressemble à un quotidien qui est assez ordinaire, en fait. Il ne faut pas s'imaginer des choses... Le quotidien avec elle était un quotidien presque ordinaire, dans la mesure où on avait les enfants, la maison à Ramatuelle. Il y avait un agenda qui était assez strict et à l'intérieur de cet agenda et dans notre vie intime, on était plutôt cool.
Laurent Delahousse: Vous revendiquez le fait qu'on a gardé de Romy Schneider le drame et qu'on n'a pas gardé le rire, le sourire.
Daniel Biasini: Oui, voilà ! Et qui ont duré quand même plus longtemps que le drame. Moi, je ne suis pas là pour revendiquer la paternité du bonheur de Romy. Ce que je veux mettre en exergue, c'est de dire que dans cette courte vie, il y a eu 9 années où j'ai vu une femme s'épanouir dans son plus bel âge, déjà, la trentaine. Où la vie était un bouillonnement permanent d'émotions, de passions, de liberté. Où j'ai vu une femme s'épanouir dans le bonheur d'avoir un enfant. Et j'ai vu également cette femme s'épanouir dans un métier qui la comblait. Extrait des Choses de la Vie
Laurent Delahousse: Avait-elle peur, à ces moments de la vie, de ne plus être aimée par le public ? Est-ce que c'est une question qu'elle abordait ?
Daniel Biasini: Non, non, non... La peur de vieillir et surtout, par rapport au cinéma, la peur de ne plus pouvoir interpréter des rôles de femmes qu'elle avait jusque-là interprétés.
Laurent Delahousse: Elle avait peur de ne plus être l'héroïne de "La Piscine" éternellement ?
Daniel Biasini: En quelque sorte. Extrait de La Piscine
Extrait d'une interview de Romy Schneider - 29 juin 1974 - Vous avez conscience d'être très belle ? - Ah non, avec la gueule que j'ai, oh, écoutez, vous exagérez ! - Il y a des films, vous êtes merveilleusement bien photographiée ! - Oui, et c'est le chef opérateur, monsieur ! Ce n'est pas moi ! - Mais cela ne vous arrive pas de vous mettre devant une glace et de vous dire... - Non, je ne fais plus ça, ça m'emmerde ! Je ne veux plus me regarder. - Vous n'avez pas l'impression d'être de mauvaise foi en ne voulant pas reconnaître que vous êtes une femme très belle ? - Mais non ! Je suis photogénique, mon père a toujours dit que je suis photogénique, c'est tout, "t'as de la chance, t'es photogénique" !
Laurent Delahousse: Est-ce qu'avec vous, elle évoquait ses tourments, ses blessures; celles de son passé, ses ruptures avec son pays ? Elle n'a pas eu une vie comme les autres, Romy Schneider !
Daniel Biasini: Oui, mais il ne faut pas exagérer quand même...
Laurent Delahousse: Pour que les téléspectateurs comprennent: Romy Schneider naît à Vienne, va vivre son enfance à Berchtesgaden, sa mère va être une actrice qui va collaborer au régime nazi. Est-ce que les blessures de ce passé là, de cette histoire-là, elle les a évoquées avec vous?
Daniel Biasini: Oui, tout à fait, mais je retirerais le terme de collaborationniste pour Magda, parce que ça, c'est totalement faux.
Laurent Delahousse: C'était une actrice qui était référencée comme participant au régime nazi... Elle allait rendre visite à Hitler à Berchtesgaden, elle le reconnaissait elle-même...
Daniel Biasini: Oui, c'est vrai ! Et on en a parlé avec Magda. Et nous sommes montés au Nig d'Aigle avec Magda et Romy, ensemble.
Laurent Delahousse: Et elles en ont parlé, de cette époque ?
Daniel Biasini: Absolument, et j'étais là, nous étions trois ! Magda regrettait toute cette période. Elle mettait en avant quelque chose qui est assez compréhensif aussi, c'est à dire ou vous acceptiez de rester en Allemagne et vous acceptiez le régime, mais sans collaborer...
Laurent Delahousse: Ou vous étiez Magda Schneider ou vous étiez Marlène Dietrich ?
Daniel Biasini: Voilà, il y a un peu de ça mais Magda Schneider n'était pas non plus Marlene Dietrich ! Il n'y avait pas de blessure de Romy qui aurait cogité un passé et qui se serait heurtée à tout ça... Il y avait chez elle, ce que beaucoup d'Allemands ont eu à une certaine époque, surtout dans sa génération, c'est cette forme de culpabilité par rapport à ce que son pays avait fait. Mais de blessures... je n'irai pas jusque là.
Laurent Delahousse: Je voudrais revenir sur des citations d'autres hommes de la vie de Romy Schneider. Alain Delon: "On a été aussi explosifs l'un que l'autre".
Daniel Biasini: Oui, sûrement...
Laurent Delahousse: Claude Sautet: "Tourmentée, pure, violente et orgueilleuse." Yves Montand: "Elle était excessive et bouleversante." Vous, vous diriez quoi ?
Daniel Biasini: Passionnée et ne pouvant vivre que dans un bouillonnement d'émotions.
Extrait de L'Important, c'est d'aimer Daniel Biasini: On ne peut pas aller au maximum comme ça sans en subir les conséquences, puisque pendant le tournage du film, à un moment donné, un jour, elle n'a pas pu se lever. Et donc, elle est partie en cure de repos pendant une huitaine de jours, à l'hôpital américain.
Laurent Delahousse: Elle était fatiguée, usée, déprimée ?
Daniel Biasini: Pas déprimée ! Mais non, pas déprimée.
Laurent Delahousse: Donc vous refusez l'idée qu'elle était dans une fatigue psychologique, elle était juste dans une fatigue physique ?
Daniel Biasini: Absolument, tout à fait. C'est ce que les médecins ont dit.
Laurent Delahousse: Donc, toutes les autres interprétations qui disaient qu'elle était tombée dans une forme de dépression, c'est quelque chose que vous refusez ?
Daniel Biasini: Ce n'est pas quelque chose que je refuse en soi, c'est quelque chose qui n'est pas LA vérité !
Laurent Delahousse: Romy Schneider va vivre l'enfer en juillet 81: la tragédie de la perte d'un enfant, David. Elle vivra ce deuil impossible, et aussi la traque, encore une fois, des paparazzis. Un enfer absolu ? Ils chercheront à tout voir, à tout savoir, jusqu'au pire.
Daniel Biasini: Jusqu'au pire avec cette photo d'un paparazzi prise à la morgue, où on voit David allongé. C'est terrible !
Extrait interview Michel Drucker - 10 avril 1982 Romy Schneider: Qu'on me laisse enfin tranquille. Si vous saviez ce que certains soit disant photographes sont capables de faire, je pense que le public a le droit de le savoir... Qu'on se déguise en infirmier pour photographier un enfant mort... Qu'il y a une certaine presse qui achète et publie à la Une comme on dit... Où est la morale ? Où est le tact ?
Laurent Delahousse: Il y a ce film qui sort prochainement au cinéma "Trois Jours à Quiberon", que vous avez vu. Vous dîtes que vous n'êtes pas resté jusqu'à la fin. Pour quelles raisons ?
Daniel Biasini: Parce qu'à un moment donné, c'était à vomir ! Ce film, qui est présenté comme un biopic est en réalité un faux biopic. On insinue déjà dans le film qu'elle part à Quiberon, alors qu'elle y partait chaque année, spécialement en cure de désintoxication pour soigner de soi-disantes addictions que sont les médicaments, l'alcool; donc ce qui fait un peu beaucoup !
Extrait de la bande annonce du film "Trois jours à Quiberon"
Laurent Delahousse: Elle prenanit des médicaments ?
Daniel Biasini: Non. Elle prenait des médicaments comme vous, comme moi, comme tout à chacun peut prendre des médicaments.
Laurent Delahousse: Elle avait un rapportà l'alcool qui était selon vous normal, excessif ?
Daniel Biasini: Normal, mais plus que normal ! Ecoutez, en dix ans -je l'ai fréquenté quand même plus de dix ans, quand je dis fréquenté ce n'est pas un terme affectif- je ne l'ai jamais vu ivre de ma vie ! Jamais ! A cette période relatée dans le film, Romy n'avait aucune addiction aux médicaments, comme elle n'en n'a jamais eu ! Voilà... est-ce que je suis assez clair ou est-ce que je dois en rajouter ?
Laurent Delahousse: Non... Moins d'un an après la mort de David, quelques mois après justement tout ça, Romy va mourir. Pendant des années, il y a eu des fantasmes, des rumeurs sur la fin de vie de Romy Schneider. D'abord, quand vous avez appris ça, vous vous êtes dit quoi, qu'est ce qui s'est passé pour vous, dans votre fort intérieur ?
Daniel Biasini: Moi, imméditament, je me suis dit que le coeur avait lâché. Parce que nous étions à peine à un an de la mort de David. Et comme je l'ai expliqué encore une nouvelle fois, je veux dire que... je pardonne tout à Romy durant cette année, à partir de la mort de David. Je lui pardonne ses excès, non pas d'alcool, mais ses excès de médicaments, qui ne sont pas vraiment des médicaments, mais qui sont quelque chose où vous vous levez le matin, et vous vous dîtes "qu'est ce que je peux prendre pour être en forme ?"
Laurent Delahousse: Excusez-moi, je ne comprend pas... ça veut dire qu'elle prenait des médicaments, des remontants, des choses pour être en forme, des vitamines, des choses plus fortes que ça, je ne sais pas... ?
Daniel Biasini: Oui, voilà, tout à fait ! Mais écoutez, moi, je n'étais pas présent à ce moment là, mais quoiqu'elle ait pris, je lui pardonne. Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. Mais le coeur a lâché parce que le coeur souffrait trop; voilà, c'est tout...
Laurent Delahousse: Le procureur de la République, le substitut, n'a pas voulu faire d'autopsie. Parce qu'il ne voulait pas toucher au coeur de Romy.
Daniel Biasini: Oui, mais enfin, s'il aurait voulu en faire une, je n'aurais pas été contre non plus, mais si vous voulez, je n'en ressentais pas la nécessité, mais maintenant que peut être pour le public, il aurait fallu en faire une mais cela ne sert à rien...
Laurent Delahousse: Qu'est ce qui vous reste après toutes ces années, au-delà bien évidemment de Sarah, de ces années avec Romy Schneider ?
Daniel Biasini: Il me reste beaucoup d'années de joie, je ne retiens que ça si vous voulez. Et c'est vrai que pour le public, on cherche la tragédie, toute cette épreuve que Romy a traversé cette dernière année, et moi je ne garde si vous voulez que ces neuf merveilleuses années que j'ai passées avec elle.
Laurent Delahousse: Merci Daniel Biasini de nous avoir accordé cet entretien.
Daniel Biasini: Je vous en prie, cela m'a fait plaisir.
L'actrice allemande Diane Kruger est actuellement en promotion pour la sortie de son premier film allemand "In the Fade". Dans l'émission "Entrée Libre" du 21 janvier 2018 (sur France 5), elle donne une interview où elle évoque Romy Schneider:
A 24 ans, elle entre au cours Florent pour devenir actrice, à l'instar de son idole, Romy Schneider, qu'elle a découverte petite dans "Sissi l'impératrice". Diane Kruger: C'est les films que l'on voit à chaque Noël à la télé, en Allemagne. J'ai grandi avec elle. Elle me faisait rêver. J'adorais sa tête. J'ai surtout découvert qu'elle avait fait acrrière ici, que les Français ont aimé qu'elle soit allemande. Ils aimaient bien son accent. Je me suis dit "C'est peut être le pays où je pourrais essayer de faire ça."
L'actrice Isabelle Carré était l'invité de Catherine Ceylac dans son émission "Thé ou Café" du 27 janvier 2018 sur France 2. Extrait de l'interview:
Catherine Ceylac: Vous racontez que lorsque vous êtes dans un hôpital psychiatrique à 14 ans, vous voyez "Une femme à sa fenêtre" avec Romy Schneider, et c'est un déclic... Isabelle Carré: Je la vois dans des émotions magnifiques, ce don qu'elle avait de se donner elle-même d'une façon tellement sincère et puissante... Je me suis reconnue dans cette fragilité, moi qui étais une adolescente peut être un peu plus fragile que la normale, et je me suis dit qu'il y avait peut être moyen d'en faire quelque chose.
Paris Match Hors Série n°26 pays: France paru le 10 janvier 2018 prix: 6,95 Euros article: entièrement consacré à Alain Delon, contient 9 pages avec Romy