Le 21 décembre 1981, une soirée de soutien à la Pologne se tient à l'Opéra Garnier de Paris, à laquelle participe notamment Michel Piccoli et Romy Schneider. Romy lit un poème sur scène. Le 13 décembre, le général Wojciech Jaruzelski avait déclaré la loi martiale entraînant l'internement de la plupart des leaders du syndicat indépendant Solidarność (Solidarité), dirigé par Lech Wałęsa et qui regroupait plusieurs millions d'ouvriers soutenus par les intellectuels réformateurs.
Une interview de Romy Schneider est diffusée dans l'émission Page Cinéma du 28 décembre 1962, où Romy évoque avec tendresse et admiration son travail avec Luchino Visconti, à l'occasion de la promotion du film Le Procès.
Romy Schneider:Oui, mais je savais très bien que c'était un risque et aussi avec l'aide de quelqu'un d'autre et attendre, attendre, attendre... d'attendre un meilleure moment et la chance de faire ce que j'avais envie de faire et ce que je devrais faire
Romy Schneider: Visconti est mon professeur, le meilleur que je pourrais avoir et... il m'a tout appris. Tout ce que je sais, maintenant, enfin pas tout, mais tout ce que je sais faire et ce que je peux faire maintenant, c'est grâce à Visconti, ce qu'il m'a appris sur scène.
Journaliste: Comment s'y prend-t-il pour faire donner à quelqu'un le meilleur de lui-même ?
Romy Schneider: Ben... il vous tire tout ce que vous avez dans le ventre, comme on dit en français! Et il vous demande tout.Et il faut le faire et si tu ne le fais pas, alors bonsoir !
Une interview de Romy Schneider est diffusée dans un reportage intitulé Qui êtes vous Claude Sautet ? le 11 février 1971, pour la sortie du film "Max et les ferrailleurs". Romy évoque notamment sa rencontre avec Claude Sautet, mais aussi le tournage du film "Max et les ferrailleurs" et de son rôle de prostituée (Lily), puis elle répond à des questions plus personnelles (amour de la vie, goûts artistiques, l'émancipation des femmes à laquelle elle n'adhère pas...)
(captures extraites du reportage "Un Jour Un Destin")
(captures extraites du documentaire "Romy de tout son coeur")
(captures extraites du documentaire "Romy Schneider, A fleur de peau")
Journaliste: Romy Schneider, qui êtes-vous ?
Romy Schneider: Ah ça, pffff, je ne sais pas !
Journaliste: Etes-vous une femme comblée ? Professionnellement, affectivement ?
Romy Schneider: Oui, enfin... on veut toujours plus !
Romy Schneider: Claude Sautet est venu pendant que je doublais La Piscine, sans rien me dire, je ne savais pas, il était... dans le noir, derrière dans un studio, en train de m'observer. Claude Sautet m'a dit une fois qu'on vit constamment avec la peur au ventre; et ça, c'est une phrase merveilleuse quand on pense à Claude Sautet, c'est tellement juste et ça, c'est lui. Il peut avoir, je ne sais pas, combien de succès extraordinaire, il vivra toujours avec la peur au ventre. Moi aussi.
(captures extraites du reportage "Un Jour Un Destin")
Journaliste: Avez-vous choisi votre vie ou est-ce que ce sont les circonstances qui ont été déterminantes ?
Romy Schneider: Est-ce qu'on peut choisir sa vie ?! Je ne le crois pas !
C'est pendant le tournage du film "Le combat dans l'île" que Romy Schneider accorde une interview à France Roche le 4 novembre 1961 au bord de l'Eure dans un moulin.
Journaliste: Romy, il y a deux ans et demie, quand nous nous sommes rencontrées pour la première fois, vous ne saviez pas un mot de français; vous étiez pour nous autres "Sissi", c'est à dire le symbole de la petite princesse en sucre rose pour roman de bibliothèque de gare; et vous étiez fiancée avec Alain Delon, et on se disait 'ça durera bien un mois et demie, le temps de faire la publicité de leur film'. Et puis, deux ans et demie ont passé, vous parlez très bien le français, vous êtes devenue une véritable actrice dramatique, vous l'avez prouvé cet hiver au théâtre, et vous êtes toujours très sérieusement fiancée à Alain Delon. Comment ça a commencé ?
Romy Schneider: Oui, en effet, il y a deux ans, il y a même plus que deux ans, que je me suis aperçue, je me suis rendue compte que Sissi, c'était bien gentil, j'ai fait trois film, je ne voulais même plus faire le troisième; on m'a dit 'fais-le', finalement, je l'ai fait quand même. Mais, j'en avais marre... je savais que c'est bien gentil, c'est charmant, mais pas plus que ça; ça rapporte peut être beaucoup d'argent aux producteurs et à moi aussi, mais... c'est pas c'que je veux, c'est pas... Et là, je me suis arrêtée, je savais que ça va pas comme ça!
Journaliste: Vous vous êtes dit 'je ne suis plus une poupée je suis en train de devenir une femme'.
Romy Schneider: Oui. Oui et non, j'étais plus une petite fille, plus une petite poupée et sucrée, comme vous dîtes, mais non plus, pas encore une femme. Et on ne sait pas, c'était un moment où... entre les deux, c'est très difficile, on ne sait pas toujours très bien qu'est-ce qu'il faut faire maintenant ?! J'étais bien seule parce que tout le monde que j'avais autour de moi étaient bien pour ça, parce que à cause...
Journaliste: Vous êtes une folle !
Romy Schneider: D'abord ça et 'tu te fous de l'argent!' comme ça, des phrases!
Journaliste: Tu es devenue célèbre comme ça et il faut rester comme ça.
Romy Schneider: Voilà, voilà. Mais je savais très bien que je ne voulais plus. Je ne voulais plus faire ces choses ou bien je m'arrête complètement s'il y a... si je ne suis plus capable de faire autre chose, si j'étais sûre que je suis capable, mais s'il y a personne qui a confiance en moi, qui... qui... qui sent comme moi que, que tu peux faire autre chose, qu'il me donne autre chose, qu'il me propose autre chose, alors bon, je m'arrête.
Journaliste: Pendant cette longue patience, que pensiez-vous ?
Romy Schneider: Mais je pensais surtout qu'il faut que je trouve quelqu'un qui est ni mon mari, ni ma famille, qui est en dehors de tout ça et qui me dis ce qu'il faut faire, qui me sorte de cette situation, de ce 'je ne sais pas quoi faire' et qui me donne confiance en moi-même, que j'avais perdu. Et... et je l'ai trouvé. C'est Visconti.
Journaliste: Vous allez être quoi maintenant ?
Romy Schneider: Une vrai comédienne !
Journaliste: Qu'est ce qu'elle fait une vrai comédienne ?
Romy Schneider: Elle fait... elle fait du théâtre, ce que je fais. Je ne veux pas dire que je suis une vrai comédienne, mais elle continue dans ce genre que j'ai commencé maintenant.