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Romy Schneider en images
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NAVIGUATION
david
13 mai 2017

Reportage - Romy Schneider, les drames de sa vie

Une Star, Une Histoire:
Romy Schneider, les drames de sa vie

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Emission/ chaîne: 50 min Inside / TF1
Date de diffusion: 24 décembre 2016
Durée: 12 min 33 sec
Pays: France

Description: Romy Schneider, l’une des actrices préférées des Français, une femme libre dont la vie ressemble à un film. Princesse ingénue sous les traits de Sissi, femme sensuelle et glamour dans "La Piscine" aux côtés d'Alain Delon. Romy Schneider: une actrice sublime, consumée par ses rôles, une femme fragile et attachante, dont la vie fut jalonnée de drames.

Intervenants:
Catherine Schwaab: rédactrice en chef Paris Match
Bernard Pascuito: biographe
Guillaume Evin: biographe
Alain Terzian: producteur
Alain Page: écrivain et scénariste de "La Piscine"
Jean-Pierre Lavoignat: biographe
Louis Bozon: ami de Marlene Dietrich

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Retranscription:

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Romy Schneider: "Qu'on me laisse enfin tranquille. Si on sait, vous savez, ce que certains soit disant photographes sont capable de faire - je pense que le public a le droit de le savoir - qu'on se déguise en infirmier pour photographier un enfant mort, qu'il y a une certaine presse qui achète et qui publie à la "une" comme on dit, ou est la morale, ou est le tact ?"
Voix Off: Nous sommes le 10 avril 1982, dans l'émission Champs Elysées présentée par Michel Drucker. Le public découvre une Romy Schneider digne, mais en colère, qui s'exprime pour la première fois, dix mois après la disparition tragique de son fils David.
Catherine Schwaab: "Elle était détruite, et elle souhaitait qu'on lui foute la paix."
Jean-Pierre Lavoignat: "Elle a l'impression d'être totalement traquée et de ne pas s'appartenir même dans les drames les plus intimes."
Voix off: Un cri de détresse, le deuil impossible d'une mère pour son fils mort seulement à 14 ans. La tragédie de trop, qui scelle le destin de l'actrice, une femme épuisée qui disparaîtra un mois plus tard. Romy Schneider, une vie émaillée de drames pour celle qui a connu l'une des plus belles carrières du cinéma.

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Voix off: Quatorze ans plus tôt, ce 12 août 1968 à l'aéroport de Nice, les journalistes attendent Romy Schneider. Après son début de carrière triomphal avec Sissi, et la traversée du désert qui s'ensuit, à bientôt 30 ans, elle décide de reprendre en main son destin, et de faire son grand retour au cinéma.
Catherine Schwaab: Romy Schneider était en Allemagne, elle s'occupait de son fils et se morfondait un peu dans son pays.
Bernard Pascuito: Son mari de l'époque, l'acteur et metteur en scène allemand Harry Meyen, va refuser qu'elle tourne.
Guillaume Evin: Elle est un petit peu dans une prison dorée. C'est à dire qu'elle est "la femme de", ça ne lui suffit pas, elle aspire à retrouver la gloire, le frisson du tournage. Voilà, c'est une actrice en manque.
Voix off: Un retour sous les projecteurs mais surtout des retrouvailles avec Alain Delon. Dix ans plus tôt, c'est elle qui l'avait choisi comme partenaire alors qu'il était encore qu'un inconnu. Ils s'étaient aimés pendant cinq ans, avant qu'il ne la quitte. Et ironie de l'histoire, dix ans après leur rencontre, les rôles se sont inversés.
Alain Terzian: Alain est la star absolue du marché français, et Romy ne tournait plus beaucoup. Initialement, ils avaient pensé, ils avaient discuté avec Faye Dunaway, avec je crois Monica Vitti. Puis un jour Alain est arrivé, il avait dit voilà, en fait les conversations c'est bien, mais on va arrêter les conversations, ma partenaire sera Romy et personne d'autres sinon il n'y aura pas de film. 

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Journaliste: Vous êtes heureuse de retrouver Alain Delon ?
Romy: Très.
Journaliste: Très ! Alain Delon, vous m'avez dit tout à l'heure que vous étiez ému, vous aussi ?
Alain Delon: Oui... C'est normal, vous ne trouvez pas ?
Journaliste: Oui, bien sûr.
Alain Delon: Vous êtes vous-même ému en tenant ce micro.

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Voix Off: Des retrouvailles pour un tournage, celui d'un film mythique, La Piscine.
Bernard Pascuito: Il y a toute l'ambiance du film avec cette alchimie entre Romy et Alain. Ces scènes torrides.
Catherine Schwaab: C'est un film très sensuel qui nous a donné l'impression qu'entre eux, rien ne s'était jamais étient.
Alain Page: Il y a une espèce de contact physique, électrique, qui ne peut être apporté qu'avec des gens qui ont une intimité autre que celle qu'apporte les personnages.
Voix Off: Grâce à ce film, le public découvre une nouvelle image de Romy Schneider.
Catherine Schwaab: On était resté sur Romy Schneider en Sissi, les choucroutes, les robes à crinolines et à cerceaux, et voilà qu'elle joue dans un film moderne.
Bernard Pascuito: Tout le monde la voit pour la première fois dans un rôle de femme.
Jean-Pierre Lavoignat: C'est de ce moment là qu'une nouvelle page va s'ouvrir dans sa carrière et sans doute la plus belle, et en tout cas, celle qui fait que Romy Schneider est Romy Schneider encore aujourd'hui.

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Voix Off: Ce film fait de Romy Schneider l'actrice préférée des français. S'ouvre alors une période faste: bouleversante Clara, l'épouse assassinée de Philippe Noiret du "Vieux Fusil"; actrice fétiche de Claude Sautet dans "César et Rosalie" ou "Max et les ferrailleurs"; actrice perdue dans "L'important c'est d'aimer". C'est d'ailleurs avec ce film qu'elle reçoit le César de la meilleure actrice en 1976. La consécration à 37 ans.

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Romy Schneider: "Je suis très heureuse et très fière. Et j'ai envie de vous dire que je pense spécialement à un homme ce soir, qui m'a appris mon métier, qui était mon maître et mon très grand ami, il sera content pour moi, c'est Luchino Visconti. Merci."
Voix Off: Ce soir là, Romy Schneider semble épanouie. Pourtant derrière ce bonheur se cache une femme torturée.
Bernard Pascuito: Il faut savoir, il y a une joie formidable et puis en même temps, elle a ce César pour un film "L'important c'est d'aimer" qui a été une horreur, une abomination à tourner.
Catherine Schwaab: On la voit prostrée, cloîtrée dans sa loge, il faut souvent aller la chercher pour qu'elle vienne sur le plateau.
Jean-Pierre Lavoignat: Ses propres doutes, ses propres interrogations la rongent de plus en plus. Et on se demande si le cinéma pour elle est une sorte soit d'exutoire, soit d'exorcisme de ses propres angoisses, de ses propres doutes, de ses propres tristesses, de ses propres chagrins, ou au contraire, si il les alimente.

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Voix Off: Une fragilité accentuée par un drame personnel: en 1979, son ancien mari, Harry Meyen, le père de fils David, se suicide.
Bernard Pascuito: Après le suicide affreux de Harry Meyen qui s'est pendu, la presse allemande va se déchaîner en la rendant responsable de la mort d'Harry Meyen.
Guillaume Evin: On veut lui faire payer d'avoir laissé cet homme, de l'avoir livré à ses turpitudes. Romy va aussi être durement touchée, elle en voudra à son pays d'origine de la traquer.
Voix Off: Une blessure ouverte pour l'actrice qui, malgré sa douleur, continue de tourner. Elle tente aussi de reconstruire sa vie, avec son secrétaire particulier Daniel Biasini, avec qui elle a eu une fille, la petite Sarah. Mais c'est un nouvel échec. En 1980, le couple se sépare.
Bernard Pascuito: Sa vie est vraiment comme un film avec son lot de romantisme, de tragédie, de passion. Cela en fait un être de chair et de sang comme ne le sont pas d'autres stars.

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Voix Off: Pour surmonter cette nouvelle épreuve, Romy Schneider s'évade dans des paradis artificiels que lui fait parvenir son amie et ancienne étoile du cinéma mondial Marlène Dietrich, par le biais du célèbre animateur de radio Louis Bozon.
Louis Bozon: Marlene me demandait des milliers de choses. Et puis un jour, elle me dit "j'aimerai bien que vous alliez porter ça à Romy". C'était un paquet. Je portais ce paquet comme on pouvait porter des livres. Et c'était toujours Romy qui me recevait. C'était un livre qui était creusé par Marlène et dans ces livres, elle avait mis des amphétamines, des somnifères. C'est comme ça que j'ai su qu'elle était quelqu'un d'incontestablement malheureux.

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Voix Off: Et le pire est devant elle. Alors que l'actrice est déjà fragile, à 42 ans, elle doit affronter la mort tragique de son fils David, un enfant qu'elle adorait.
Catherine Schwaab: C'est un lien fusionnel, elle est folle de son fils, elle dit que c'est l'homme de sa vie, et vraiment, elle l'adorait, elle le gâtait, il était là sur les tournages souvent, et elle a véritablement vécu une passion pour son fils.
Voix Off: Le 5 juillet 1981, sa vie bascule. Ce jour là, David passe le week-end chez ses grands-parents à Saint Germain en Laye.
Bernard Pascuito: David était sorti, comme il le faisait évidemment régulièrement comme tous les jours, pour aller jouer au foot avec des copains et puis quand il revient à la propriété, le portail est fermé.
Catherine Schwaab: Il veut entrer dans la propriété et pour ne pas utiliser la sonnerie ou alerter ses grands-parents qui peut être font la sieste, il veut essayer de pénétrer dans la propriété en passant par dessus la barrière.
Guillaume Evin: Comme tous les jeunes de son âge, il est imprudent, il est insouciant. I escalade la grille.
Jean-Pierre Lavoignat: Et je ne sais pas ce qu'il se passe, son pied glisse et il s'empale sur la grille.
Catherine Schwaab: Romy Schneider court, vole à l'hôpital en apprenant que son fils a eu un accident et c'est à l'hôpital qu'elle apprend qu'il a succombé à sa blessure.
Voix Off: Et à l'horreur du drame va s'ajouter l'indécence. La traque incessante des paparazzis en quête du cliché sensationnel de la mère éplorée.
Catherine Schwaab: La presse entière se saisit de l'événement. On voulait lire sur son visage la souffrance.
Bernard Pascuito: L'enterrement de David, cela a donné lieu à des débordements inexcusables et inqualifiables.

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Voix Off: C'est le sens même de l'existence de Romy Schneider qui disparaît. Pour ne pas sombrer, elle s'accroche à un projet de film vital, commencé avant le drame: "La Passante du Sans-Souci".
Jean-Pierre Lavoignat: C'est Romy Schneider elle-même qui va pousser pour que le film se fasse. Comme si le film était une sorte de bouée de sauvetage.
Bernard Pascuito: Il faut absolument qu'elle tourne ce film sinon elle va mourir.
Voix Off: Seulement, au lieu de l'aider à faire son deuil, ce film ne fait que lui rappeler la mort de David.
Catherine Schwaab: Sur ce tournage, elle doit jouer en face d'un gamin qui doit jouer du violon. Le gamin a l'âge qu'aurait eu David et l'équipe technique entière est tétanisée à l'idée de devoir tourner cette scène qui va lui rappeler forcément son fils.
Bernard Pascuito: Le petit garçon se lève, prend le violon, commence à jouer et il y a le regard de la mère de fierté, émue, le regard se voile avec des larmes tellement elle est émue. Cette scène a été épouvantable à tourner parce que Romy n'y arrivait pas. Elle éclatait en sanglots et la maquillage partait, il fallait tout refaire et tout reprendre jusqu'au moment où elle s'est écriée: "Life ist Scheiße", "La vie c'est de la merde".
Voix Off: Romy Schneider se retrouvera très éprouvée du tournage de "La Passante du Sans Souci". Pourtant, lors de ce qui sera sa dernière interview, elle donne l'illusion d'aller mieux.

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Romy Schneider: "Je crois que je vais m'arrêter à l'âge ou au moment juste, quand je le décide. Je ne voudrais pas faire jusqu'à 80 ans ce métier. Ce métier que j'aime beaucoup, mais non ! Je voudrais être une mémé un jour à la campagne avec mes fruits, mes arbres et ma fille et vivre !"
Guillaume Evin: La vie reprend le dessus l'espace de quelques instants. Elle se remet à avoir des projets, on parle d'un nouveau film, peut être même avec Alain Delon.
Jean-Pierre Lavoignat: Après toute cette période quand même très agitée, et compliquée et tout ça, il y avait quand même une sorte d'apparente sérénité.
Voix Off: Mais le 29 mai 1982, au petit matin, moins d'un an après la mort de son fils, Romy Schneider est retrouvée inanimée à son domicile.
Jean-Pierre Lavoignat: Son coeur s'est arrêté, épuisé de trop de souffrance, de trop de chagrin, de trop d'excès.
Catherine Schwaab: Elle a expiré, fatiguée de vivre, tout simplement.
Voix Off: Ce jour là, Romy Schneider a succombé aux drames de sa vie mais elle reste pour les français, une actrice de légende.


- video-

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22 avril 2017

Destins Brisés 12/04/2017

2017-destins_brises-cover  Destins Brisés
n°3
pays: France
paru le 12 avril 2017
prix: 2,99 Euros
article: 1 page "Ils ont vécu le pire... Romy Schneider: Son fils empalé"

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> scan article
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29 mars 2016

Janvier 1971, Saint Moritz - Vacances d'Hiver

Romy Schneider en vacances en famille
à Saint Moritz - Suisse - en janvier 1971

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 Romy et son mari Harry Meyen
photographie de Daniel Angeli

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Romy et une amie
photographies de Gianni Girani

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 Romy avec son fils David et des amis
photographies de Gianni Girani

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 Romy avec Harry et des amis
dont Eliette Mouret, mannequin et peintre française
épouse du musicien Herbert Von Karajan
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copyright text by GinieLand. 

15 mars 2016

Romy Schneider: l'histoire de la dernière nuit, avant sa mort

main-logo   Romy Schneider: l'histoire de la dernière nuit, avant sa mort

Article publié le 06/09/2015
en ligne sur telestar.fr

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Le 6 septembre 2015, Arte diffuse "Le Mouton enragé", un drame fascinant réalisé, en 1974, par Michel Deville, avec Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider. Huit ans plus tard, l'actrice préférée des Français nous quittait. Flash-back...

Romy dort-elle ?
Il est 7h30, ce 29 mai 1982. Dans l'appartement parisien de la très chic rue Barbet-de-Jouy, Laurent Pétin s'éveille doucement. Contrairement aux autres matins, il ne trouve pas sa compagne Romy Schneider dans leur lit, à son côté. Alors, il se lève et la découvre dans le fauteuil du salon. Sa tête repose, inclinée. Il la croit endormie. Au point de ramener Romy, dans ses bras, et de l'allonger sur le lit. Deux heures s'écoulent avant que Laurent, cette fois pleinement réveillé, ne réalise l'impensable : Romy ne bouge pas. Romy ne respire plus. Paniqué, le jeune homme appelle les pompiers, puis les proches amis de la comédienne. Lorsque les secours arrivent, ils ne peuvent que constater le décès de la star. L'appartement de la rue Barbet-de-Jouy se remplit peu à peu. Michel Piccoli, partenaire préféré de Romy ; Jean-Claude Brialy, son "grand frère" qu'elle appelait 'papa' ; Claude Berri, présent lui aussi, ne peuvent masquer leur désarroi. Prévenu alors qu'il se trouve dans le sud-ouest, Alain Delon vient d'affréter un avion et ne va pas tarder. Chef de la section criminelle du parquet de Paris, Laurent Davenas fait son entrée. Que s'est-il passé pour que la comédienne chérie des Français quitte la scène et l'existence, à tout juste 43 ans ?

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Romy Schneider et Wendelin Werner
Romy Schneider et Wendelin Werner dans "La passante du sans souci". Une rencontre déchirante. Wendelin ressemblant étrangement à son fils David, qui venait de mourir, Romy ne se montra pas toujours aimable avec lui. Pour aussitôt le regretter ! L'adolescent, qui faisait l'acteur, est aujourd'hui un grand mathématicien.

Au chevet de son fils décédé, Romy hurle à la mort
La veille, au soir, Laurent et Romy ont dîné avec des amis, non loin de la rue Barbet-de-Jouy. L'actrice est en train de finir l'aménagement de sa maison à Boissy-sans-Avoir, en région parisienne, qu'elle vient d'acheter et dans laquelle elle compte vivre. Elle vient d'assister à la sortie de son dernier film, la Passante du Sans-Souci. Elle a des projets. Elle a surtout une fille de 4 ans, Sarah, fruit de sa relation avec son deuxième époux, Daniel Biasini. Les gens qui la voient ne cesse de s'inquiéter pour elle. Pour son équilibre. Quelques mois plus tôt, en juillet 1981, Romy a perdu son fils chéri, son petit homme : David. L'adolescent escaladait la grille de la maison des Biasini, à Saint-Germain-en-Laye. Il le faisait pour aller plus vite. Comme un jeu. Mais ce jour-là, son pied a glissé, et David s'est affaissé sur l'une des pointes de la grille. Il est mort quelques heures plus tard, l'artère fémorale perforée. Il avait 14 ans. A l'hôpital, Romy, sitôt accourue, a hurlé à la mort. Avant de s'effondrer. Depuis, elle survit. Essaie de se trouver des raisons de vivre. A commencer par Sarah. Mais Romy, qui boit depuis des années pour conjurer le trac et la dépression, se met à boire plus encore. Et absorbe, pour tenir, davantage de médicaments que de coutume.

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Un dernier verre, un dernier mot...
Cette nuit du 28 au 29 mai, Romy a laissé Laurent se coucher seul. "Ne m'attends pas", lui a-t-elle dit. C'est une tradition depuis quelques temps ; Romy a besoin, avant de s'endormir, de parler à David. Lequel est, plus que jamais, son ange. Elle s'est installée au bureau, dans le salon. S'est versé un nouveau verre de vin. A regardé les photos qui lui sont chères. David, bien sûr... puis, dans son ensemble blanc qu'elle n'a pas quitté depuis son retour du restaurant, l'actrice a commencé à écrire un mot à destination d'une journaliste qu'elle doit voir prochainement pour un reportage. Jusqu'à ce que sa main glisse lentement. Et que son cœur ne réponde plus...

Romy ne s'est pas suicidée
Lorsqu'on l'interrogera sur son refus d'autopsier Romy Schneider, Laurent Davenas répondra : "Ce corps, réduit par la démission de la vie à l'état de dépouille, je ne pouvais me résoudre à en faire une carcasse, palpée, manipulée (...) Je ne pouvais pas me résoudre à détruire le mythe en faisant de la star une simple mortelle, et j'ai pris la décision de délivrer le permis d'inhumer." Il ne s'agit pas seulement de sentimentalisme. En dépit du titre de France-Soir : "Romy s'est suicidée", la comédienne n'a vraisemblablement pas décidé de mettre fin à ses jours. Ce fut un accident. Dû à un corps, déjà fragilisé deux ans plus tôt par un cancer des reins. A trop d'alcool, de pilules et de larmes amères. A l'incapacité enfin à appréhender sereinement l'existence. Une existence dont la dimension dramatique s'était mise en conformité avec son état d'esprit.

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Sarah Biasini
Après la mort de sa maman quand elle avait 5 ans, Sarah Biasini a été élevée par sa famille paternelle. Mais l'ombre de Romy était bien présente au point que, devenue adulte, Sarah a marché sur ses traces. Mais de façon volontaire, solaire, et sans jamais chercher à se comparer à elle...

Romy Schneider n'était peut-être pas douée pour le bonheur. Mais c'est le malheur qui l'a tuée.

15 mars 2016

Romy Schneider : le jour où son fils, David, est mort tragiquement

main-logo   Romy Schneider : le jour où son fils, David, est mort tragiquement

Article publié le 02/11/2015
en ligne sur telestar.fr

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Romy Schneider et Alain Delon
Le 7 juillet 1981, jour des obsèques de David, Alain Delon protège au plus près Romy Schneider, son ex-fiancée demeurée son amie. Au point d'en venir aux mains avec certains paparazzis qui ne cessent de harceler la star dans son malheur.

Le 2 novembre 2015, France 3 rediffuse à 22h25 le documentaire Romy Schneider, à fleur de peau, consacré à l'héroïne de César et Rosalie. Une évocation qui revient sur les bonheurs et les drames de sa vie, dont le plus violent fut, probablement, la mort accidentelle de son fils David, âgé de 14 ans...

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 « Pourquoi tout cela me frappe-t-il ? David est tout ce que j'aime. J'ai enterré le père - J'ai enterré le fils - Je ne les ai JAMAIS quittés ni l'un ni l'autre ET MOI NON PLUS, ILS NE M'ONT JAMAIS QUITTÉE. »

Romy Schneider referme son journal. Celui auquel, depuis des années, elle confie ses pensées les plus intimes. Ce 7 juillet 1981, la comédienne a fait l'impensable. Elle a porté en terre la chair de sa chair. L'homme de sa vie. Son fils David. Elle qui croyait avoir surmonté en juin l'année la plus atroce qu'elle ait eu à affronter ! Mais l'existence n'est jamais avare en coups du sort, au point qu'elle s'imagine désormais maudite.

L'année des épreuves
En février, son divorce avec Daniel Biasini a été prononcé. Le père de Sarah, née en 1977, l'aura rendue heureuse un temps. Près de 5 ans. Puis les incertitudes sont revenues. Et, avec elles, les complications. Déstabilisée par cette séparation, Romy s'est remise à mélanger alcool et calmants.

Une cure s'en est suivie, en avril, à Quiberon. Lors d'une séance photos avec Robert Lebeck, l'actrice, en sautant d'un rocher à l'autre sur la plage, s'est brisé le pied gauche. Rentrant à Paris, plâtrée, elle a retrouvé son nouveau compagnon : le jeune producteur Laurent Pétin, ainsi que son projet de film avec Jacques Rouffio ; cette Passante du Sans-Souci, plusieurs fois ajourné. Mais il était dit que le malheur ne la lâcherait pas. A l'approche du premier jour de tournage, comme le rappelle son biographe David Lelait, Romy est prise de « violentes douleurs lui paralysant le dos et de migraines insoutenables la contraignant à l'obscurité totale. » Admise en urgence à l'hôpital américain de Neuilly, on lui diagnostique une tumeur cancéreuse sur le rein droit.

Le 23 mai, la star subit une ablation totale de son organe malade. Le réveil est douloureux. Cependant, Romy ne flanche toujours pas. Le film de Rouffio lui tient à cœur. D'autant qu'on lui a dit que les assureurs, inquiets de son état de santé, préféraient voir à sa place Hanna Schygulla. Inacceptable pour Schneider, soutenue par son metteur en scène. Par ailleurs, Romy a hâte de revoir sa petite Sarah, qui n'a que 4 ans. Et il lui faut, avant tout, se réconcilier avec son aîné, David.

Se réconcilier avec David...
Ce dernier n'a pas supporté sa séparation avec Biasini et le fait qu'elle ait retrouvé, presque aussitôt, un compagnon. L'adolescent, marqué par le suicide, en 1979, de son père, le dramaturge allemand Harry Meyen, avait fini par trouver en Daniel plus qu'un compagnon de jeu ; un second père. Aussi continue-t-il de lui rendre visite, ainsi qu'à ses propres parents, qu'il considère comme ses grands-parents et qui vivent à Saint-Germain-en-Laye.

Les retrouvailles avec David ont lieu, finalement, et c'est avec lui que Romy se rend aux Studios de Boulogne pour post-synchroniser son rôle dans Garde à vue, qui doit sortir en septembre. L'ado, déjà séducteur mais hyper-sensible, passionné par le métier de sa mère, se plaît à corriger les traces de son accent germanique. Ils redeviennent enfin complices. Romy espère que son fils va se rapprocher de Laurent et que tous vivront bientôt dans la maison de Boissy-sans-Avoir qu'elle vient d'acheter. Alors, elle fixe cette bonne entente, le 24 juin, devant l'objectif d'un photographe. Ultime bonheur, fugace et déchirant, entre une mère et son fils.

"Un cri strident, désespéré"
Dix jours plus tard, le 5 juillet, David rentre d'une balade à vélo avec des copains et s'apprête à pénétrer dans la propriété des Biasini à Saint-Germain. Pourquoi sonner afin que l'on ouvre le portail électrique ? Casse-cou, l'adolescent refait ce qu'il a accompli tant de fois. Il escalade le portail mais, prenant appui sur un fil de fer, son pied glisse et la pointe de la grille s'enfonce dans son abdomen, lui perforant l'artère fémorale. David parvient à se traîner jusqu'à la maison, où les Biasini, paniqués, n'ont que le temps de l'allonger par terre et d'appeler les secours. David, livide, se tient le ventre. Mais nul n'imagine que sa blessure puisse être mortelle... Tandis qu'il est conduit au bloc, Daniel appelle son ex-femme. Romy, qui réside chez les parents de Laurent Pétin, accourt à l'hôpital. Auprès de Daniel Biasini, la mère de David se ronge les sangs.
Jusqu'à l'apparition du chirurgien, qui lui glisse : « C'est fini, je suis vraiment navré. » Les témoins présents se souviendront d'un cri déchirant les couloirs de l'hôpital. « Strident, désespéré, le cri le plus terrible que j'entendis de ma vie », évoquera Biasini. Romy s'effondre. Pour la première fois, son cœur -celui d'une mère- cesse de battre.

Arrivera, ensuite, le vol des vautours -ces paparazzis qui se déguiseront en infirmiers pour photographier David à la morgue de l'hôpital. Des clichés que refusera de publier la presse française.

Suivront des obsèques inhumaines, où Alain Delon soutenant Romy manquera d'en venir aux mains avec les mêmes paparazzis.

Viendra, moins d'un an plus tard, l'exhumation du corps de David, transporté au petit cimetière campagnard de Boissy-sans-Avoir. Pour que sa dépouille repose auprès de celle de Romy Schneider, morte le 29 mai 1982.

Afin que mère et fils soient réunis. A jamais.

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7 juillet 2015

12/02/1979 Rome sur le tournage de "Clair de Femme"

Le 12 février 1979, dans la ville de Rome, Romy Schneider tourne le film "Clair de femme".
Photographies de Benjamin Auger
> voir les photographies Pendant Clair de Femme
 

> à l'hôtel, devant les photos de ses enfants
David et Sarah.
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> dans Rome
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11 avril 2014

30/03/1972 Sur le tournage de "Ludwig"

Romy Schneider, son fils David et le réalisateur Luchino Visconti le 30 mars 1972 sur le tournage du film "Ludwig" en Allemagne.

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5 avril 2014

1980 David

David, le fils de Romy Schneider et Harry Meyen,
vers 1980 - à Paris

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21 août 2012

Février 1969, Berlin - Romy en famille à Grunewald

Romy Schneider avec son mari Harry Meyen et leur fils David en février 1969 dans leur maison à Grünewald, au 22 Winkler Straße, quartier résidentiel de Berlin Ouest.
Reportage photographique de Claude Azoulay pour le magazine Paris Match (édition du 22/02/1969).


- Dans l'appartement -
Romy en ensemble rouge, avec Harry Meyen

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- Dans la cour -
Romy en ensemble rouge

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- Dans l'appartement -
Romy en pull rouge col chemisier, avec David

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- Dans l'appartement -
Romy en pull rouge col chemisier et veste

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- Dans l'appartement -
Romy en ensemble blanc, avec David

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- Dans un parc et un bois -
Romy en ensemble blanc et manteau de fourrure

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4 juin 2012

Romy Schneider. Nous l’avons tant aimée

pmlogoRomy Schneider. Nous l’avons tant aimée
le 30 mai 2012
en ligne sur
parismatch.com

pm-Romy-Schneider 

Il y a trente ans, l’actrice abandonnait la vie. Un livre hommage retrace sa carrière et des photos, parfois inédites, rendent plus cruelle son absence.

Retrouvez les plus belles photos de Romy Schneider dans Paris Match n°3284 du 26 avril au 2 mai 2012

C’est un homme éperdu de tristesse qui, rue Barbet-de-Jouy, marche à pas lents. Hagard, Michel Piccoli pousse la porte de l’immeuble où, hier matin, un samedi de Pentecôte, le cœur de son amie a cessé de battre, à l’âge de 43 ans. Blême, tenant 43 roses rouges à la main, Jean-Claude Brialy franchit à son tour le hall d’entrée. Alain Delon s’est déjà recueilli devant le cercueil ouvert. Romy porte une longue tunique noir et rouge, au corsage brodé de fleurs. Son visage est apaisé, comme si « une main de rêve avait effacé toutes les crispations et les angoisses », dira l’acteur. Le matin du 29 mai 1982, treize ans après la sortie de « La piscine », pompiers, docteurs, médecin légiste se sont ­relayés dans sa chambre. Convaincu qu’il s’agit d’un arrêt cardiaque, et « soucieux de ne pas envoyer Sissi à l’institut médico-légal », le procureur n’ordonne pas d’autopsie. Sarah Biasini, la fille de l’actrice, 4 ans, se souvient de cette agitation dont elle a retenu, avec son imagination d’enfant, « l’image d’une énorme araignée » penchée sur sa mère.

Les dernières années, comme l’araignée, la vie de Romy Schneider ne tenait qu’à un fil : son fils David. « Le seul être qui lui donnait la force de continuer », dit une amie. Les hommes ? Elle a poursuivi l’ombre de ceux qui lui parlaient d’amour, guettant toujours la trahison. Le cinéma ? Jouer la bouleverse et l’épuise. « Je ne peux plus supporter le trac et l’angoisse, déclare-t-elle pendant le tournage du “Vieux fusil”. L’appel du vide, vous savez ce que c’est ? Comment peut-on vivre en perpétuel état de vertige ? » Son engagement est total. « On lui demande pour une scène un rien de sensibilité, elle offre tout le désespoir du monde », dit Pierre Granier-Deferre. La présence de David fait disparaître ses fantômes. David est aussi un compagnon d’une maturité ­incroyable. A 13 ans, il est sixième assistant sur le plateau de « La mort en ­direct ». Il fait répéter des scènes à sa mère, la reprend pour corriger son accent. « Ils se parlaient comme deux adultes, c’était magnifique de les voir ensemble », se souvient ­Bertrand Tavernier. Un an plus tard, le 5 juillet 1981, l’adolescent décède à l’hôpital, une artère déchiquetée sur une grille qu’il escaladait chez ses grands-parents, pour ne pas les déranger.

« Mon enfant... mon enfant est mort », écrit Romy Schneider dans son journal. Jour et nuit, les amis se relaient auprès d’elle. Elle veut essayer sans David, elle va tenir dix mois. Romy Schneider est morte au combat. Avant le drame, elle a subi l’ablation du rein droit. Puis en novembre, en Allemagne, elle tourne endeuillée « La passante du sans-souci », son soixantième et dernier film, où elle joue avec un garçon du même âge que David. Parfois, tous les techniciens sont en larmes. Dans sa chambre d’hôtel, des photos de son fils, partout. Elle écoute en boucle « Le petit garçon » de Serge Reggiani. Après le tournage, repos aux Seychelles, avec son dernier compagnon et Sarah. Puis Paris, où elle erre d’un appartement à l’autre. Nouvelle coiffure, cheveux courts. « Je veux être belle, pour moi et dans ma vie privée ! » dit-elle à son coiffeur dans un éclat de rire. Elle pose pour « Vogue », arrive rayonnante au rendez-vous, mais c’est une politesse du désespoir : son ­regard mélancolique émeut tout le monde. En avril, elle achète Les Grands Prés, une maison de village près de Paris, bordée de saules pleureurs près desquels David reposera. « Je veux être une mémé à la campagne avec ma fille, mes fruits. Vivre ! » Mais elle confie le lendemain à son frère : « Je n’y arrive pas. »

La veille de son décès, coup de fil à son agent. Ils évoquent des projets. Elle félicite ensuite Costa-Gavras, Palme d’or à Cannes pour « Missing », puis lui parle d’une adaptation. Dîne avec des amis, mange peu mais plaisante. De retour rue ­Barbet-de-Jouy avec son compagnon, elle s’isole, comme chaque soir, munie de vin et de pilules. Elle rédige une lettre pour s’excuser de devoir reporter un rendez-vous, et la missive s’arrête sans qu’elle ait pu terminer le mot « faire ». Après le « i », le stylo trace une ligne qui va se perdre en bas de page. « Pourquoi dois-je payer si cher, tout payer si cher ? La vie tape si dur », répète-t-elle. Pierre Granier-Deferre évoquait « sa générosité extravagante, celle des gens culpabilisés par on ne sait quoi ». Même en vacances, resplendissante, Romy Schneider devient soudain triste, torturée. « C’était poignant à voir », se souvient Simone Duckstein, propriétaire de l’hôtel de La Ponche, à Saint-Tropez. Sur le tournage de « L’important c’est d’aimer », le réalisateur, Andrzej Zulawski, va découvrir l’un de ses fantômes, son traumatisme de l’Allemagne. Elevée non loin de la résidence de Hitler, à Berchtesgaden, où ­défilent la bonne société nazie, des intellectuels, des artistes. Ses ­parents, comédiens, sont célèbres. Sur un film amateur*, Magda ­Schneider est présentée au Führer par Eva Braun. Elle figure sur la liste des artistes exonérés d’impôts. A Zulawski, Romy parle d’une mère égocentrique, soupçonnée d’être la maîtresse de Goebbels, ministre de la Propagande. Un père volage, un beau-père qui la tripote. Bien plus tard, Romy épousera un metteur en scène juif, déporté à 17 ans. Choisira David et Sarah comme prénoms pour ses enfants. Priera dans les ­synagogues. Sera révoltée par l’attentat rue Copernic. Tournera à bout de forces « La passante », projet qu’elle a initié, l’histoire d’une Allemande qui résiste aux nazis. Et portera au cou, jusqu’au cercueil, l’étoile de David.

La vie de Romy ne tenait qu’à un fil, seul son fils David lui donnait la force de continuer...

Son beau-père la vole aussi, allègrement. Des sommes dont la bénéficiaire, Sissi, découvrira plus tard qu’elles ont été englouties dans de sombres affaires. A 15 ans, Romy Schneider ne se voit pas valser sous une crinoline pour l’éternité. « Sissi, c’était bien gentil, mais j’étais la seule, apparemment, à savoir que je ne lui ressemblais pas ! » Elle cède à sa mère pour tourner les deuxième et troisième épisodes, mais dit non pour un quatrième, malgré un cachet de 4 millions de marks. Elle a 18 ans. On la traite de folle, mûre pour l’asile. Romy a déjà entendu ce discours chez les bonnes sœurs, séchant les cours et décrivant dans son journal des fugues fictives. « Je vivrai à Paris, célèbre et aimée d’un beau garçon », écrivait-elle à 13 ans. Elle trouve d’abord Delon, 23 ans, « brusque et prétentieux ». Il revient d’Algérie, la considère comme une « bourgeoise gâtée de 20 ans ». En 1958, elle tourne « Christine » avec lui. Leur liaison est planétaire, insultée dans la presse allemande. Le couple vivra cinq ans ou, plutôt, survivra. La star, c’est Delon, sans cesse en tournage. Elle a besoin de stabilité. « Romy devait tout le temps sentir qu’on l’aimait, sans quoi elle pouvait aller au conflit pour provoquer la déclaration d’amour », dit Albina du Boisrouvray, son amie productrice. Elle confie sa solitude à Marlene Dietrich, qui vit à Paris et qui est, à ses yeux, l’anti-Magda Schneider. Le cinéma l’exténue, le théâtre la terrorise. En 1961, à un mois de la générale de « Dommage qu’elle soit une putain », mis en scène par Visconti et que Romy interprète avec Delon, une péritonite la conduit au bord de la tombe. Cocteau lui écrit à l’hôpital : « La France t’ordonne d’être en bonne santé. » C’est sanglée de bandages qu’elle monte sur scène et triomphe. Deux ans plus tard, en tournée en Avignon, on l’emmène se reposer en clinique. A 25 ans, sa force nerveuse s’est brisée. « Je n’ai pas de répit et je sais que je dévore ma propre vie », dit-elle. Le cinéaste Joseph Losey : « Romy ne nourrissait ­aucune illusion. Ses espoirs mêmes étaient désespérés. » C’est la séparation avec Delon. Un billet d’adieu posé près d’un bouquet de roses, « Je pars avec Nathalie », et une lettre de 12 pages qu’elle lit sans comprendre. Romy ne peut se résoudre à la rupture. C’est une jeune fille détruite qui traque Delon dans Paris, recouvrant son pare-brise de petits mots. Et puis un jour, elle demande à son chauffeur de tout brûler, photos et souvenirs de ce « bourgeois macho, ambitieux, qui veut avoir un jour un appartement plein de Renoir ».

Telle est Romy Schneider, « tourmentée, pure, violente, orgueilleuse », selon Claude Sautet. « Depuis mon enfance, j’ai confondu la vie avec le cinéma », confie-t-elle à son journal. Violée dans une scène du « Vieux fusil » tournée sans le son, elle hurle quand même, s’arrache les ongles et ressort de là couverte de blessures. « Elle peut devenir un cheval de course incontrôlable quand on dit “moteur”, a expliqué ­Michel ­Piccoli. C’est un tel état de survoltage qu’un rien peut provoquer un court-circuit, l’accabler ou la mettre hors d’elle. Jamais apaisée, elle n’a pas conscience d’être une extraordinaire comédienne. Elle veut toujours aller plus loin, jusqu’à refaire des prises parfaites. » Piccoli est le seul qui l’apaise. Ils se comprennent dans le silence. Le scénariste Georges Conchon : «Devant une caméra, il s’agissait pour elle de dépasser Romy Schneider, de l’effacer, de l’écraser. C’était sa grande affaire : qu’on aime la petite bonne femme, la vraie derrière la star. »

Ses scripts sont couverts d’annotations, elle est le personnage 24 heures sur 24. Si l’on modifie son texte, elle peut ­exploser. « Non, non, j’ai bossé ! Tout est là-dedans... c’est trop tard. » Elle sait qu’elle peut être insupportable. « Mon agressivité cache l’angoisse de ne pas donner le meilleur de moi-même. » Derrière la porte d’une loge de cinéma, c’est à une femme recroquevillée de peur qu’on vient parfois le demander. Toujours elle le donnera, mais ce sera pour le pire. « Dans la vie, je ne sais rien faire », juge-t-elle. Brialy : « Fière comme une amazone, fragile comme un miroir, elle ne savait pas tricher, et ses élans du cœur, violents ou contenus, l’emportaient tout entière. » Des périodes de naufrage nourries par les médicaments que Marlene Dietrich lui fait livrer, cachés dans des livres anciens. Staurodorm, Optalidon qu’elle mélange au champagne et au vin blanc. Conviant un jour quelqu’un à l’heure du thé, elle demande tout naturellement : « Vous ne voulez pas un petit Librium ? » Insomniaque, elle déambule dans Paris en attendant qu’agissent les cachets pour dormir. L’après-midi, elle en avale d’autres pour se réveiller. Sur le plateau de « L’important c’est d’aimer » – où elle joue une star tombée dans le X –, à midi elle n’est plus en état. Elle dort chez Zulawski et sa femme. Romy Schneider remporte avec ce film le César de la meilleure actrice, contre Adjani et Deneuve.

Jean-Pierre Lavoignat, « Romy », entretien avec Sarah Biasini, éd. Flammarion.

pm-Livre-Romy_inside_full_content_pm_v8  Trois ans plus tard, en 1979, « Une histoire simple », de ­Sautet, lui offre un second César. Le réalisateur la décrit comme l’absolu féminin. « Elle déstabilise le macho dans l’homme. En face d’elle, sur un plateau, souvent ils ne savent plus où se mettre. » Mais en prostituée, ouvrière, amoureuse ou aventurière, Romy Schneider est avant tout une femme qui magnétise : dans un restaurant où elle arrive non maquillée, personne ne la reconnaît mais, petit à petit, tous les regards convergent vers elle. Elle signe en 1973 le manifeste pour l’avortement, précisant qu’elle l’a pratiqué. Elle sera poursuivie par un tribunal de Hambourg et malmenée par la presse allemande, pour qui la voilà maintenant « putain ». Elle pose nue, indépendante, courageuse. « Mon image, je m’en fous. Je trimballe un miroir dans mon sac à main, alors ma gueule, je la connais ! » A côté de ça, effrayée, vulnérable, mélancolique : « Je suis une femme très malheureuse. » « S’il y a un dieu, c’est un très mauvais dieu. » Son inquiétude majeure : se réveiller totalement vide. Sarah cherche aujourd’hui à remplir ce vide, où se mélangent souvenirs, impressions et témoignages. Elle cherche aussi à se réapproprier sa mère alors que, dit-elle, « elle appartient à tout le monde ». A recréer du lien, enfin, « avec quelqu’un que tout le monde veut et que je voudrais garder pour moi ».

* «Un jour, un destin », rediffusion lundi 29 mai sur France 2.

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