08/03/1958, Soirée
1958, Allemagne
1955s, Berlin - Maison d'édition de presse
Romy Schneider et son beau-père Hans-Herbert Blatzheim rencontrent l'éditeur de presse Kurt Neven Dumont et son fils Alfred Neven Dumont dans leurs bureaux de presse situés sur Breite Straße à Berlin - vers 1955
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1956 - EP "Romy Schneider", Espagne
Marie Claire, Septembre 1958
1957, Portraits pour "Monpti" - séance cheveux relevés
Portraits studio de Romy Schneider en 1957
Portraits publicitaires pour Monpti
Session Cheveux relevés
- en gilet rouge -
- en veste col à fourrure -
- en veste marron -
- Noir et Blanc -
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13/01/1958, Départ d'Allemagne pour les USA
Le 13 janvier 1958, à l'aéroport de Munich, Romy Schneider et sa mère Magda Schneider embrassent Wolgang Dieter, le frère de Romy, avant de s'envoler pour les USA. Après avoir entassé 13 valises dans l'avion qui décolle de Munich-Riem, Romy et sa mère vont rester trois semaines aux Etats-Unis (deux semaines à New York et une semaine à Hollywood) pour promouvoir la version en langue anglaise de son film "Les Jeunes Années d'une Reine" (The Story Of Vicky) qui sera distribué simultanément dans 400 salles.
> Magda, Wolfy et Romy
aéroport de Munich-Riem
- captures -
Romy Schneider dans l'avion avec son beau-père Hans Herbert Blatzheim, sa mère Magda Schneider, et Leo Horster, le représentant de Disney en Allemagne qui va accompagner Romy et sa mère pendant tout leur voyage aux USA. Hans Herbert reste en Allemagne.
Photographies de Kurt Schraudenbach.
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14/01 au 25/01/1958, New York
Romy Schneider et sa mère Magda Schneider restent à New York pendant douze jours, où elles logent au très prestigieux Plaza Hotel. Il s'agit du premier voyage sur le continent américain pour Romy. Le rythme effréné des interviews, shows télévisés, poses pour les photographes, dîners et soirées de gala la fatiguent beaucoup, mais elle est poussée par une énergie folle et n'en reste pas moins émerveillée par la ville. Romy et sa mère sont prises en charge par les studios Disney et accompagnées par Léo Horster, le correspondant et représentant de Disney en Allemagne, qui fait office d'attaché de presse. Après la côte Est, elles s'envoleront pour Los Angeles.
Romy racontera: "Après 5 jours passés à New York, je m'étais déjà prêtée à 6 prestations télévisées et j'avais donné 14 interviews. Ensuite, j'ai renoncé à compter ! Ce qui m'a laissé la plus forte impression ? Ce que j'ai trouvé le plus intéressant, fut la grandiose représentation du fameux succés de Broadway "My Fair Lady", le Bal de l'Opéra de Vienne, et celle du "Chevalier à la Rose" au Metropolitan Opera. Cela dit, je n'ai apprécié que très modérément la publicité faite autour de ma personne."
Journal de voyage de Romy Schneider*:
Mardi 14 janvier
- 6h30: arrivée à l'aéroport Idlewild -
Je suis en Amérique, c'est incroyable ! Exactement à 6h30, heure de New York, nous atterrissons tous les trois: Mammi, Léo Horster et moi, avec la SAS, sur l'aéroport d'Idlewild. Il fait terriblement froid, et le vent nous souffle aux oreilles. Je ne suis pas très bien réveillée, mais ça ne fait rien, je suis en Amérique ! Je me sens un peu excitée. A peine descendons-nous de l'avion, que déjà cinq photographes sont là. L'un d'eux se précipite sur moi et dit: "Je suis Dennis, je suis votre ami, et je vous suivrai partout." C'est Dennis Stock, un photographe américain connu, m'explique Léo. Ensuite, tous les photographes crient: "Les jambes, s'il vous plaît !" Je dois relever ma robe... par ce froid ! Mais je trouve ça amusant. Lynn Farnol et Charles Levis sont également là, comme représentant de Disney. Alors que nous arrivons dans le bâtiment de l'aéroport, une chaleur terrible nous saisit, et il me faut une heure, que nous passons à attendre, que nos 13 bagages soient contrôlés, pour que je me sente à mon aise. Nous allons ensuite à l'hôtel Plaza.
Je n'ai encore jamais rien vu de semblable. Ce n'est pas un hôtel, c'est une ville ! Mammi et moi avons les chambres 1632, 1634 et 1636. Elles sont superbes. Je mets une demie-heure pour aller de mon appartement à celui de Mammi. Et il y a des fleurs partout. De Walt Disney, de Paul Kohner, de Daddy et de nombreux autres. A 9h arrive le premier reporter, et à 10h un jeune homme avec un appareil photo. Il se présente: Horst Buccholz. Je pense que c'est une plaisanterie ! Mais il s'appelle réellement ainsi et il est photographe à l'Associated Press.
A 15h30 a lieu mon premier show télévisé. Pour être honnête, je tremble un peu... mais finalement, ça se passe très bien. Ensuite, arrivent de nouveau cinq photographes de l'International News Service et le correspondant local du Stern. Après, nous flânons un peu à travers New York, ça glisse. Dans la rue, on voit autant de manteaux de vison que d'imperméables chez nous.
Mercredi 15 janvier
Je dois me lever à 5h30. Et je n'ai pas le droit d'être fatiguée, je me rend à ma première interview pour la télévision. Elle a lieu à 7h00 mais je dois y être 20 minutes plus tôt pour le maquillage. Toutefois, je préfère me préparer moi-même; les gens de la télévision sont très gentils, ils me laissent tout faire comme je le désire. A 7h20, j'interviens 4 minutes, et à 9h48. Mon anglais est déjà un peu meilleur. On doit cependant faire très attention. Les questions pleuvent et il faut y répondre avec exactitude.
A 11 heures, nous devons être chez Peter Von Zahn; il fait avec nous une interview radiodiffusée qui passera le soir même en Allemagne sur la radio du Nord-Ouest. J'éspère que Daddy l'entendra.
A midi, encore des journalistes. J'ai juste le temps de jeter un coup d'oeil au miroir et de me laver les mains. Puis, nous déjeunons avec le représentant de l'United Press, Jack Gaver.
Une demie-heure de repos dans ma chambre avant la reprise. Dormir une heure serait merveilleux. Mais je ne suis pas venue en Amérique pour dormir ! Rouge à lèvres, poudre, mascara, passons à la prochaine interview ! Mammi m'aide magnifiquement pour tout. Elle n'est pas aussi fatiguée que moi. Je la trouve éblouissante.
A 15 heures, nous sommes à la rédaction du Ladies Home Journal; je dois à nouveau montrer mes jambes et afficher mon plus rayonnant sourire. Après, j'ai envie de voir quelques boutiques, et non plus de répéter que je tournerais volontiers en Amérique. Nous allons donc faire un peu de shopping. Les photographes sont toujours derrière nous. Chez Bergdorf-Goodman, je vois un ravissant tailleur bleu pas tellement cher: 68 dollars. Il me va à merveille. Je le garde sur moi.
A 16h45, rendez-vous avec Paul V. Beckly du Herald Tribune. Il est charmant il ne me demande pas grand chose de plus que les autres journalistes. Mon anglais s'améliore. Cependant, je suis souvent obligée de demander "Speak slowly please". Après cette dernière interview, je suis K.O. Epuisée. Si l'Empereur de Chine venait me demander une interview, je le ferais attendre. Maintenant, Romy a besoin de repos.
Léo et Mammi sont adorables. Ils appellent un taxi et nous retournons au Plaza. Ces chauffeurs de taxi sont aussi pour moi une énigme ! Comment arrivent-ils à conduire dans ces embouteillages ? A côté de la 5ème avenue, le Stachus de Munich à 5 heures est un vrai cimetière ! C'est tout dire...
Jeudi 16 janvier
Lever à nouveau au chant du coq. Bien que je doute qu'il y ait des coqs dans cette mer d'immeubles. Mammi reste se reposer. Je suis heureuse de pouvoir laisser mes affaires, de ne pas être obligée de tout ranger. Greta s'en occupe. Léo a engagé pour Mammi et moi une vraie femme de chambre, qui est remarquable. Tout se trouve toujours à sa place. Et ce n'est pas facile avec tout ce que nous transportons !
Léo et moi allons à une interview télévisée après le petit déjeuner. A 8 heures du matin, je dois mettre une robe du soir, mais qu'importe ! A l'écran, on ne peut pas voir que c'est le matin ! A 10 heures, retour à l'hôtel. Un saut sous la douche, se changer rapidement. Fred Hift du Variety nous attend déjà.
11h30, enregistrement d'une bande pour une station de radio allemande. L'interview, avec moi et Mammi, doit être diffusée le dimanche suivant. Mammi parle remarquablement anglais. Mais nous avons encore toutes les deux un peu l'accent viennois ! Prochaine étape du programme: interview et lunch avec Mike Mackay de Newsweek à l'hôtel Algonquin.
15h30 exactement, à la minute près, émission de radio pour Monitor RCA.
16h30: interview avec M. Bald pour le grand syndicat Nana.
18h30: dîner au très exclusif Club 21.
20h40: My Fair Lady. Fantastique ! Malheureusement, mes yeux se ferment.
Il est tard, plus de minuit, quand je tombe enfin dans mon lit. Je suis morte ! Demain, je dois aller chez le coiffeur. On m'a tellement coiffée pour les diverses interviews -que j'ai les cheveux complètement abîmés. On dirait des queues de rats !
Vendredi 17 janvier
- Photographies de Peter Basch (voir la Séance) -
- De Rockfeller à Broadway pour se rendre à Sardi's
pour donner une interview - photo de Dennis Stock -
- En route pour le Waldorf Astoria: en cadillac,
sur Times Square - photos de Dennis Stock -
- Soirée au Bal de l'Opéra Viennois au Waldorf Astoria -
> Romy danse avec le photographe Dennis Stock
Enfin dormi suffisamment. Maintenant, 2 heures chez le célèbre coiffeur Antoine de chez Saks. Je me sens renaître. Ensuite, Mammi et moi avec Léo Horster allons au théâtre Translux. Avec M. Richard Brandt, propriétaire du théâtre, et M. Léo Samuels, directeur de la Société de Distribution Buena Vista-Disney, je dois signer un contrat pour la première de Les Jeunes Années d'une Reine, qui doit démarrer ici sous le titre The Story of Vicky, dans les immeubles Translux des 52è et 85è rues, à proximité du quartier allemand. Ensuite, vite chez Sardi's. Un restaurant superbe ! Irène Thirer du New York Post déjeune avec nous. Elle me recommande de goûter un cracker avec du ketchup. Flac ! Il y en a aussi sur mon tailleur clair ! Mais le serveur, qui parle couramment allemand, arrive tout de suite avec de l'eau chaude et une serviette. A peine ai-je avalé la dernière bouchée, que je suis de nouveau dans un taxi; je me rends à une séance assez fatigante: pendant 3 heures, je fais des photos au Ladies Home Journal.
Peter Basch s'efforce de tirer la meilleure image de ma modeste personne. J'ai l'impression que mon sourire se fige dans mes efforts pour être "glamourous". Et il répète toujours: "more legs !" C'est l'Amérique.
A 17 heures, je suis enfin de retour à l'hôtel; 2 heures de repos sont prévues au planning. Dehors, la circulation sur la 5è avenue fait rage.
A 19 heures, Greta m'apporte une merveilleuse robe blanche de soirée. Pour la première fois de ma vie, je vais à un bal en Amérique: le bal de l'Opéra Viennois. Avec deux limousines Cadillac gigantesques, nous nous rendons au Waldorf Astoria.
A la porte, le Consul Général d'Autriche, M. Schiller, nous attend; il nous remet le programme de la soirée. Dans le hall, trône une grande photo de moi en Reine Victoria. Les invités sont incroyablement élégants et je danse beaucoup.
Il est plus de minuit quand je m'écroule enfin sur mon lit. J'ai horriblement mal aux pieds... et je crois que j'ai un peu trop bu.
Samedi 18 janvier
- Photographies de Peter Basch
Mammi doit se reposer un peu, aujourd'hui. Je vais seule à 11h30 chez Peter Basch. De nouveau 4 heures de photos.
18h15, M. Farnol vient nous chercher pour nous emmener dîner au restaurant nouvellement ouvert du Forum. Ensuite, c'est le Metropolitan Opera. Le père de Karlheinz Böhm, le Professeur Karl Böhm, dirige la représentation du Chevalier à la Rose. Je suis enthousiasmée. A l'entracte, champagne au foyer.
Ensuite, nous allons à El Morocco. Mammi a de la chance, elle peut aller enfin dormir, alors que je dois encore accompagner M. Farnol et Léo Horster à une interview radiodiffusée pour le Barry Gray Show. Je suis terriblement nerveuse. Car ce n'est pas un studio bien tranquille, mais une salle de théâtre; des milliers de spectateurs sont là quand on vous amène jusqu'à l'avant de la scène.
Dimanche 19 janvier
- 20h, show télé: Ed Sullivan Show
photos de Dennis Stock -
Je me suis réveillée tard, même très tard. Presque à 13 heures ! Aujourd'hui, seulement deux impératifs au programme: repos et une conversation avec Daddy à Cologne.
A 14 heures, Mammi, Léo et moi nous rendons en taxi, par le West-Side Drive Way, à la pointe sud de Manhattan, la Battery. De là, un ferry-boat nous fait traverser le port vers Staten Island. La vue de New York que l'on a du port est indescriptible. C'est tellement beau !
Peu avant 16 heures, nous sommes de retour à l'hôtel. La voix de Daddy au téléphone est aussi claire que s'il parlait dans la pièce voisine. Ensuite, sieste pendant 2 heures. Nous l'avons bien méritée ! Mais finalement, je ne terminerai pas la journée sans être de nouveau dérangée. De 20h à 21h, je suis assaillie de questions par des journalistes du Ed Sullivan Show. Cette fois, je dois me comporter particulièrement bien: 40 millions de spectateurs voient cette émission en direct.
Après le spectacle, à 22 heures, nous grimpons au sommet de l'Empire State Building. C'est une nuit froide et claire; nous voyons plus bas des millions de lumières multicolores, et les navires dans le port. Mammi s'étonne de mon silence. Je suis tout simplement incapable de parler. C'est trop merveilleux. Léo dit qu'il n'a rien vu de semblable depuis dix ans. Il habite cependant aux Etats-Unis depuis une éternité. Maintenant, je pourrai aller dormir, mais je ne suis plus fatiguée du tout. J'entraîne Mammi et Léo au Rendez-Vous, un joli petit restaurant français qui fait partie du Plaza. Nous nous installons avec René Bittel, dont nous avons fait la connaissance ici il y a quelques jours. Il est gentil, il est beau, et il danse divinement la valse viennoise. Il s'adresse tantôt à Mammi, tantôt à moi, pendant que Léo commande plusieurs bouteilles de veuve Cliquot.
Lundi 20 janvier
Aujourd'hui, je vais voir pour la première fois la version américaine des Jeunes Années d'une Reine; c'est la présentation à la presse. Je suis stupéfaite de constater à quel point, chez Disney, ils ont synchronisé les voix américaines de Mammi et moi. On croirait réellement qu'il s'agit de nous. Léo Horster raconte qu'il a cherché ces voix pendant des mois.
L'après-midi, il y a déjà des critiques sur le film dans différentes journaux. Les articles du Motion Picture Herald, du Motion Picture Daily et de Variety sont excellents. En ce qui concerne le Motion Picture Daily, le voici exactement: "Il y a beaucoup à dire sur Romy. Elle tourne quatre films par an; cette jeune fille de talent, âgée de 19 ans, a déjà joué dans dix grands films à succès. C'est la descendante d'une longues lignée de célèbres acteurs. Le film The Story of Vicky sera sûrement un grand succès en Amérique." Je suis très heureuse de ces quelques phrases.
A midi, je dois me changer à nouveau. A 13h, nous sommes invités par le Consul Général d'Autriche à New York, Eduard Schiller, à l'hôtel Park Lane. L'ambassadeur autrichien auprès des Nations Unies, le Dr Franz Matsch, le professeur Karl Böhm et sa femme sont également présents. C'est un peu guindé mais très agréable.
A 15h15, nous partons pour le Daily News, le plus grand quotidien d'Amérique. Je fais aujourd'hui la connaissance du reporter le plus fou de New York, Jimmy Jemail, que l'on appelle "le photographe qui pose des questions". La journaliste Loretta King, que nous connaissons déjà, est là aussi.
A 16h30, première interview avec Fred Hift, correspondant du Nouveau Film à Wiesbaden, et en même temps, reporter à Variety. Pour ce soir, nous avons un superbe projet: nous allons voir Time Remembered, avec Helen Hayes. Auparavant, nous dînons avec son fils, James MacArthur, au restaurant Brussels. Et ensuite, la pièce avec Helen Hayes. Un événement ! C'est une actrice formidable !
Après la représentation, nous nous rendons avec elle et son fils au Witney's, pour prendre un verre. Puis nous rentrons à l'hôtel. Je vais repenser à la représentation. Quand j'éteins la lumière, il est presque 1 heure. Demain, j'irai au lit plus tôt, je me le promets. Et je me demande ce qu'en dira notre Léo !
Mardi 21 janvier
A peine Mammi et moi avions-nous terminé notre petit-déjeuner, que déjà un homme avec bloc et crayon se trouvait devant la porte. Et j'avais auparavant reçu de nombreux coup de fil. Des jeunes gens et jeunes filles qui se présentent simplement par ces mots "Romy, ici un admirateur." Cela me fait toujours rire d'entendre ça. Le reporter est un certain Dr Robert Prick, du journal new-yorkais de langue allemande Staatzeitung. Chic ! je peux à nouveau parler allemand avec un reporter autant que je le désire. Le Dr Prick est charmant, et on ne remarque pas du tout sa façon de "tirer les vers du nez" à quelqu'un.
Maintenant, j'ai encore envie de voir les boutiques. Mammi et moi allons faire une heure de shopping. Il y a des choses tellement magnifiques ! Mais c'est un peu trop bariolé pour mon goût. Et les femmes ici sont déjà maquillées à l'heure du déjeuner comme chez nous en soirée. Elles sont belles, sophistiquées, couvertes de bijoux et de fourrures.
Nous sommes convoqués à 14h au bureau new-yorkais de Disney. David Berger me fait enregistrer une bande magnétique pour l'émission de radio, La Voix de l'Amérique, qui est diffusée en Allemagne. On nous montre ensuite les grandes photos et l'annonce que la Societé Disney a sorti pour notre voyage en Amérique. Je vois alors, sur une photo géante à peu près cinq fois plus grande que nature, un visage de moi tout autre que celui que je connais d'après les films et les photos. Je ne me reconnais pas du tout, avec les cheveux fous rejetés en arrière et les yeux fermés. Pour cette photo, on a rédigé une légende: "L'actrice la plus excitante de l'année 1958." Eh bien, je ne sais pas... Mais l'Amérique est bien le pays des superlatifs.
A 16h, nous dégustons des shrimps: c'est ce qu'il y a de meilleur au Oak Room de l'hôtel Plaza. Après une bonne douche, Greta nous habille et nous allons à un cocktail chez M. Lynn Farnol. Il reçoit chez lui les plus importants représentants de la presse de New York. C'est la première fois que je me retrouve dans une habitation privée américaine. Tout est clair. Il y a beaucoup de bois, et la vue, à travers les larges baies, sur le coeur de la ville, est tout simplement magnifique. Les journalistes m'assaillent encore de questions. Ma plus grande joie est de les entendre me dire très sincèrement que mon anglais est formidable.
Mercredi 22 janvier
Hourrah ! Un spectacle télévisé est annulé au dernier moment. Je peux dormir autant que je veux ! Mammi et moi n'avons besoin que d'être à midi chez Sardi's pour déjeuner avec Alice Hugues, du King Feature Syndikat. Lorsqu'elle s'en va, elle est remplacée aussitôt par Harry Milliken, reporter de l'United Press. Mon anglais coule facilement; cette nuit, j'ai même rêvé en anglais.
14 heures. De nouveau au studio, chez Peter Basch. Il nous montre les premières photos de l'autre jour. Elles sont remarquables, mais ça m'a coûté beaucoup de peine et de sueur. Cependant, l'immobilité a payé. Je me reconnais à peine sur ces magnifiques photos en couleur !
Jusqu'au prochain point du programme, 2 heures de repors dans la chambre, puis Greta se présente à nouveau. "C'est l'heure, Miss Romy." Nous nous faisons monter une collation.
A 21h15, nous sommes invités par le directeur du Radio City Music Hall, M. Russell Downing, dans son gigantesque théâtre. Nous voyons d'abord le programme de Noël, ensuite le film Sayonara avec Marlon Brando. Mammi doit me secouer deux fois avant que je m'aperçoive que le film est terminé. "Tu es vraiment plongée dans tes pensées ma petite fille", dit-elle en riant. Léo nous conduit ensuite à travers le gigantesque immeuble , nous marchons pendant des heures et pourtant, nous n'avons rien vu.
Je me glisse enfin, mortellement fatiguée, dans mon lit.
Jeudi 23 janvier
Sincèrement, je ne suis pas encore tout à fait réveillée quand Greta frappe à 9 heures. Aujourd'hui, studio du Sunday News. En 1h30, 34 photos en couleur sont prises, et ce n'est pas si dramatique. Tout se passe vite, sans heurts, et les gens sont si aimables que le temps file.
A 13h, déjeuner avec M. John McDonald de Life Magazine au Rockfeller Center Lunch Club, tout là-haut, au 65è étage. J'arrive à peine à manger, je regarde constamment en bas.
De 14h30 à 16h30, interview avec Ben Somoroff, le photographe de Look Magazine. Je dois revêtir un costume de l'époque victorienne, une somptueuse robe de mariée. C'est assez fatiguant, mais finalement, on en vient à bout. Pendant ce temps, Mammi se promène en ville; dommage, j'irai si volontiers avec elle faire des achats !
Le soir, à 19h30, nous sommes invitées chez le Consul d'Allemagne, le Dr Reifferscheidt, dans sa résidence privée.
A 23h, nous sommes de retour; mes yeux se ferment tout seuls. Durant la soirée, Mammi n'a pas arrêté de me faire des signes avec une boîte d'allumettes... j'aurai dû mettre des allumettes pour empêcher mes yeux de se fermer constamment.
Vendredi 24 janvier
- 10h: Conférence de presse au Plaza -
- 22h, show télé: Greenwich Village Party -
Aujourd'hui encore, nous sommes en représentation. A 10h, conférence de presse pour les journalistes allemands et européens à New York. Nous avons conviés tous les clients du 1er étage de l'hôtel. A 11h, encore une journaliste, la représentante du Journal Américain. Elle renvoie Mammi et Léo car ça l'agace de ne pas être seule avec moi. Elle m'interroge ensuite sur le mode humoristique. Je ne suis pas impressionnée par son charme.
A 12h, je suis délivrée. Il n'est que temps, car nous sommes attendues pour le spectacle de télévision Joe Franklin. Joe Franklin est rayonnant. Il ne cesse de poser des questions amusantes. J'en arrive à me sentir devant la caméra aussi à l'aise qu'à la maison.
Ensuite, en vitesse chez le coiffeur; nous devons nous faire belles pour Hollywood. Car il ne nous reste plus que deux jours avant de quitter New York. Je suis toute excitée. Comment cela se passera-t-il à Hollywood ? Les gens là-bas seront-ils aussi amicaux qu'à New York ?
Mais ce soir, à 22h, je dois encore une fois me montrer. J'apparais pour la dernière fois à New York sur l'écran de télévision dans la Greenwich Village Party. Quand la caméra se met en route, je suis parfaitement calme, tout marche à merveille. Et demain, nous n'avons presque rien. Enfin, pouvoir dormir à satiété !...
Samedi 25 janvier
Dormi presque 11 heures. Je ne pouvais plus me réveiller. Au déjeuner, Mammi et moi rencontrons Curt Riess. Il nous raconte des choses prodigieusement intéressantes sur l'Amérique. Ensuite, de nouveau une brève promenade à travers la ville. Il y a maintenant 12 jours que je suis à New York, mais je n'ai pas encore vu la 1000ème partie de cette ville fantastique. Léo explique sans cesse, et à chaque fois, je suis étonnée. Le soir, grand dîner de gala au Leone's Restaurant. Ensuite, vite au lit ! Demain, c'est le grand jour; demain, nous nous envolons pour Los Angeles.
Dimanche 26 janvier
Le salon à l'arrière, dans l'avion de la SAS, est réservé pour nous. A dix heures, nous décollons de l'aéroport d'Idlewild. Le confort dans l'avion est fantastique ! Avec un bar et tous les raffinements ! (...)
- Autres photos non datées -
Photographies de Dennis Stock
> Au Plaza Hotel - Empire Room
> Au Plaza Hotel - programme de la journée
> Au Rockfeller Center, à une station de radio
> Au Rockfeller Center, vue de la cathédrale St Patrick
- captures - interview de Magda et Romy -
*source: livre Le Journal de Romy Schneider, Moi Romy, de Renate Seydel, 1989.
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