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4 mai 2017

Décès de Victor Lanoux

Victor Lanoux, célèbre pour son rôle dans « Louis la brocante », est mort
04/05/2017 |
en ligne sur lemonde.fr

L’acteur, âgé de 80 ans, avait joué dans une cinquantaine de films, dont le diptyque d’Yves Robert, « Un éléphant ça trompe énormément » et « Nous irons tous au paradis ».

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Victor Lanoux sur le tournage du film « Louisiane »,
de Philippe de Broca, en 1983.

La longue fin de carrière de Victor Lanoux est placée sous le signe de la confortable routine du samedi soir à la télévision. Le personnage de Louis la brocante, qu’il a incarné de 1998 à 2014, a fait du comédien et dramaturge, mort jeudi 4 mai (2017) à l’hôpital de Royan à 80 ans, une figure plus que familière, familiale pour les téléspectateurs. Sans forcer son talent, Victor Lanoux était devenu un oncle bienveillant, au risque d’occulter un parcours aventureux qui avait fait de cet ancien parachutiste une figure – aussi bien en tant qu’acteur qu’auteur – du théâtre parisien des années 1960, et l’interprète sensible de nombre de films marquants de la décennie suivante.

Victor Lanoux est né Victor Robert Nataf, le 18 juin 1936, à Paris, d’un père juif tunisien et d’une mère normande. A sept ans, il est caché dans la Creuse, jusqu’à la Libération, c’est là qu’il prend le nom de Lanoux. Elève turbulent, il finit par s’engager dans les parachutistes en pleine guerre d’Algérie, une expérience qu’il a relatée dans son livre de souvenirs, Deux heures à tuer au bord de la piscine, paru en 2014 (Le Cherche Midi).

De machiniste à acteur

Avant de partir, il a eu le temps d’entrevoir le monde du cinéma, en tant que machiniste, aux studios de Boulogne, où il a travaillé sur le plateau de Jean Delannoy, qui dirigeait Anthony Quinn et Gina Lollobrigida dans Notre-Dame de Paris. Convaincu de pouvoir faire l’acteur, il monte dès 1961 un numéro de cabaret avec Pierre Richard. Il travaille avec Roger Planchon, Georges Wilson (il est le Laerte du Hamlet interprété par Pierre Vaneck, à Avignon, en 1965) et joue dans Arturo Ui, toujours sous la direction de Wilson, au TNP en 1960. En 1973, il crée sa première pièce en tant qu’auteur, Le Tourniquet. Suivront Le Péril bleu ou Méfiez-vous des autobus (1974), La Ritournelle (1989), qui lui vaut une nomination au Molière de l’auteur et Drame au concert (1994).

Dans le même temps, Victor Lanoux a fait ses débuts au cinéma. C’est René Allio qui lui donne son premier rôle marquant, dans La Vieille Dame indigne, au côté de Sylvie, en 1965. Il tient ensuite des seconds rôles dans L’Affaire Dominici, de Claude Bernard-Aubert (1972), ou Adieu Poulet, de Pierre Granier-Deferre (1975), dans lequel il tient le rôle d’un politicien corrompu, personnage récurrent du cinéma politique français de cette période de la Ve République. Lanoux sera l’une des figures de ce courant, collaborant avec Yves Boisset (Dupont Lajoie, 1975), Alain Jessua (Les Chiens, 1979). Il incarne aussi un patron assassin dans Un si joli village, d’Etienne Périer, en 1979. Le critique Jean de Baroncelli le trouve « éclatant de force et de vitalité ».

Comédies sentimentales

Mais ce sont les comédies sentimentales qui vont assurer sa renommée. Il est le partenaire de Marie-Christine Barrault dans Cousin Cousine, de Jean-Charles Tacchella en 1975. Le film remporte un succès national et international et lui vaut une nomination au César du meilleur acteur (la même année, il est nommé dans la catégorie second rôle masculin pour Adieu Poulet). Victor Lanoux intègre ensuite, aux côtés de Jean Rochefort, Guy Bedos et Claude Brasseur, le quatuor de mâles à la dérive des films d’Yves Robert, Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977). Il y est Bouly, version colérique et naïve du mâle français à la fin des Trente Glorieuses.

La carrière cinématographique de Victor Lanoux s’arrête en 2001, avec une apparition dans Reines d’un jour, de Marion Vernoux. Auparavant, il a souvent été policier, pour Alain Bonnot (Une sale affaire, 1980), Pierre Lary (La Revanche, 1980) ou Michel Vianey (Un dimanche de flic, 1984). Il ne croise que rarement les grands metteurs en scène : Samuel Fuller pour Les Voleurs de la nuit (1984, il y est encore policier) ou André Téchiné pour Le Lieu du crime (1986).

L’essentiel de sa carrière se passe sur le petit écran, où il joue dans les séries Le Clan et Renseignements généraux avant de s’établir brocanteur. Victime d’un malaise sur le tournage de Louis la brocante en 2007, Victor Lanoux avait subi une intervention qui l’avait laissé paraplégique. Il a raconté cet épisode et la rééducation qui a suivi et lui a permis de tourner les derniers épisodes de la série, diffusée sur France 3, dans Laissez flotter les rubans, paru en 2009 (Le Cherche Midi).

Au moment de la création de sa deuxième pièce en tant qu’auteur, Le Péril bleu, en 1973, il expliquait à Colette Godard dans les colonnes du Monde : « Je ne conçois pas le comique sans l’arrière-plan de la mort… Je ne conçois rien sans cette conscience. La mort est un clown blanc dont nous sommes les augustes. »

Victor Lanoux en quelques dates

18 juin 1936
Naissance à Paris (sous le nom de Victor Robert Nataf)

1961
Monte un numéro de cabaret avec Pierre Richard

1965
Premire rôle marquant dans La Vieille Dame indigne, de René Allio

1973
Première pièce en tant qu’auteur, Le Tourniquet

1975
Double nomination aux Césars dans les catégories meilleur acteur pour Cousin Cousine, de Jean-Charles Tacchella, et meilleur second rôle masculin pour Adieu Poulet, de Pierre Granier-Deferre

1976-1977
Joue aux côtés de Jean Rochefort, Guy Bedos et Claude Brasseur dans les deux films d’Yves Robert, Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis

1998-2014
Incarne Louis Roman dans la série télévisée Louis la brocante

4 mai 2017
Mort à Royan


Victor Lanoux donne la réplique à Romy Schneider
dans "Une Femme à sa Fenêtre", de Pierre Granier Deferre, 1976.

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11 octobre 2016

L’homme de télévision Pierre Tchernia est mort

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 L’homme de télévision Pierre Tchernia est mort
08.10.2016 | Par Macha Sérypublié -
en ligne sur lemonde.fr

 pierre-tchernia-est-photographie-lors-de-la_50175bb7a2cabd90a800711443874ea4 

Il fut « Monsieur cinéma » et « L’Ami public nº 1 ». Le titre de cette émission seyait bien à son large sourire et son caractère jovial. Le réalisateur et journaliste Pierre Tchernia est mort à l’âge de 88 ans, a annoncé son agent samedi 8 octobre 2016.

Retracer sa carrière, c’est parcourir soixante ans d’histoire de la télévision, de la Radiodiffusion française (RDF) à la télévision numérique terrestre (TNT). Comme trois autres Pierre – Desgraupes, Dumayet, Sabbagh –, Tchernia fit partie des pionniers de ce nouveau média qui s’invitait timidement dans les foyers français ; ceux qui, à Cognacq-Jay, associèrent leur nom aux premiers journaux télévisés en 1949 et multiplièrent les émissions comme auteur, réalisateur et animateur.

Passion pour le 7e art

Pas encore une industrie, tout juste un artisanat. Le jeune cinéphile touche-à-tout s’amusa à inventer en images comment instruire avec légèreté, distraire avec gaîté. Il interpréta des sketchs et anima des jeux pour petits et grands. Il aimait son métier, précisément pour la diversité et la liberté qu’il lui procurait.

Fils d’un ouvrier ukrainien immigré en France, Pierre Tcherniakowski était le dernier d’une fratrie de quatre enfants. Il a grandi à Courbevoie et s’est découvert précocement une passion pour le 7e art au cinéma de son quartier. Il était âgé de douze ans, en 1940, lorsqu’il fut bouleversé par La Chevauchée fantastique de John Ford.

Après son baccalauréat, il s’inscrivit donc à l’Ecole technique des métiers du cinéma et de la photographie. Il obtint une note éliminatoire en sensitométrie mais parvint à intégrer, en deuxième année, l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC, actuellement la Femis). Sa promotion comptait Claude Sautet et Alexandre Tarta.

De la radio à la télévision

En 1947, Pierre Tchernia fit ses débuts radiophoniques au Club d’essai, dirigé par Jean Tardieu. Pour l’avoir écouté dans « Un mauvais quart d’heure à passer », Pierre Sabbagh à la recherche de collaborateurs, le recruta pour le journal télévisé. Il s’agissait de commenter des images muettes, en 16 mm, pour quelques milliers de téléspectateurs. Le jeune reporter couvrit les Salons de l’auto et des arts ménagers. Il célébra l’arrivée du printemps et la Saint-Valentin.

Durant les quinze premières années qu’il passa à la télévision, soit jusqu’à l’apparition de la deuxième chaîne, Pierre Tchernia se démultiplia : micro-trottoir, magazines de santé, émissions de variétés. Lorsque le direct fut inventé, il réalisa, à partir de 1956, des grands reportages d’un puits de mine à Lens (Pas-de-Calais), chez un paysan, en haut d’un phare, dans l’express Paris-Lille. « De la pure télévision », « la télévision dont on avait envie », disait-il. Il anima également la toute première émission en couleur, « Arc-en-ciel », consacré à un régiment de parachutistes.

Il collabora ensuite à « L’Arroseur arrosé », à « Cinq colonnes à la “une” ». Il remplaça Jean Nohain à « 36 chandelles » et succéda, en 1965, à Gilles Margaritis à « La Piste aux étoiles ».

«  Nous étions des instituteurs souriants »

La même année, il conçut avec ses compères, Robert Rocca et Jacques Grello, la première émission d’actualités satirique. Dans « La Boîte à sel », apparurent les jeunes Poiret et Serrault, Raymond Devos et Philippe Noiret. C’était le dimanche à l’heure du déjeuner en direct des Buttes-Chaumont. Trop impertinent pour le ministère de l’information de l’époque qui exigea de lire les textes à l’avance. L’équipe refusa et décida d’arrêter plutôt que de se plier à la censure.

Période d’audace et d’enthousiasme : « Ce fut une époque assez extraordinaire car tout le monde était accro : le public pour voir, nous pour donner à voir. Tous enfants de l’école communale de la IIIe République, nous étions des instituteurs souriants », écrit-il dans ses mémoires publiées en 2003.

Avec lui, on découvrit les joies du cirque, les productions de Walt Disney, la série télévisée Zorro. Pierre Tchernia aimait Tex Avery et les feux d’artifice, le music-hall et les bons mots. « On ne peut, fût-ce en forçant sa vilaine nature, ne pas aimer Pierre Tchernia car c’est un homme – que dis-je, c’est un homme, c’est un enfant –, un enfant dont le passe-temps consiste avant tout à nous faire partager ses plaisirs, ses goûts, ses amitiés », écrivait le dialoguiste Henri Jeanson dans l’Aurore le 24 décembre 1968. Il ajoutait : « De l’enfant il a la candeur, les illusions et les rêves. Il croit encore au Père Noël. Pour y croire, il lui suffit de se regarder dans sa glace. »

Amour du grand et du petit écran

Il sut rendre contagieux son amour du cinéma et ce dès 1949, grâce à la série d’émissions « Les Rois de la nuit ». Autre émission, créée à l’initiative du dirigeant du Centre national de la cinématographie (CNC) pour remédier à la désaffection des spectateurs, il anima durant plus de vingt ans « Monsieur cinéma » (1966-1988), qui mêlait extraits de films, interviews et jeux.

Sur son plateau défilèrent tous les acteurs et metteurs en scène français. Juste retour des choses : l’émission apparaît dans une scène de La Nuit américaine de François Truffaut. Lui succéderont « Jeudi cinéma » et « Mardi cinéma ».

« J’appartiens à cette génération qui a fait de la télévision parce que le cinéma ne nous ouvrait pas ses portes. Et en faisant de la télévision, nous ne savions pas que nous allions faire du mal à ce cinéma que nous aimions tant. (…) La télé lui a volé suffisamment de spectateurs pour qu’on tente de lui en rendre un peu », racontera Pierre Tchernia en mai 1987.

Comme Patrick Brion, Claude-Jean-Philippe, Alain Bévérini et Henry Chapier, il parvint à concilier son amour du grand et du petit écran, assurant la promotion du premier par le second. Il présenta le Festival de Cannes et la cérémonie des Césars pendant plusieurs années.

« Magic Tchernia »

Très populaire auprès des téléspectateurs, Pierre Tchernia érigea l’amitié en vertu cardinale. Il s’honora de l’affection de Lino Ventura et de René Goscinny qui caricatura sa silhouette d’imperator d’1,87 mètre dans cinq albums d’Astérix.

Pour son ami, l’homme de troupe des Branquignols et cinéaste Robert Dhéry, Tchernia écrivit les scénarios de La Belle Américaine et d’Allez France ! Passé à la réalisation, cet amoureux du cinéma fit tourner son vieux complice de cabaret, Michel Serrault, dans ses quatre longs-métrages, des comédies sociales au ton bienveillant.

Ces histoires de double ou de dédoublement déréglées par le burlesque, ces conflits domestiques réunissant la fine fleur du cinéma français, rencontrèrent un joli succès. Dans Le Monde, Jean de Baroncelli qualifia Le Viager de « film noir teinté en rose ». Pour le petit écran, Pierre Tchernia signa des adaptations réussies de Marcel Aymé, un de ses auteurs de prédilection.

A partir des années 1980, il ne reconnaissait plus la télévision qu’il avait tant aimée. L’obsession de l’audimat l’enlaidissait. Trop d’argent. Pas assez de direct. Pierre Tchernia détestait le zapping. « Le plus beau programme, c’est le Tour de France », estimait-il.

Les jeunes générations découvrirent cet homme affable qui avait bercé l’enfance de leurs parents grâce aux « Enfants de la télé » sur TF1 où, à partir de 1994, il présentait des archives du petit écran. Une deuxième jeunesse s’offrit à ce doyen respecté que l’animateur Arthur surnommait « Magic Tchernia ».

En 2002, celui-ci renoua avec ses débuts d’acteur en interprétant le rôle du centurion et narrateur Caius Gaspachoandalus dans Astérix et Obélix, mission Cléopâtre d’Alain Chabat. Le légionnaire portait beau son quintal. Pierre Tchernia s’était retiré en 2006.

Dates
1928 : Naissance le 29 janvier à Paris
1948 : Il débute à la télévision dans « Le Cabaret de la plume d’autruche »
1966 : Début de l’émission « Monsieur cinéma »
1972 : Il réalise pour le cinéma Le Viager
1974 : Il réalise Les Gaspards
1979 : Réalisation de La gueule de l’autre
1988 : Réalisation de Bonjour l’angoisse
1994 : Début de sa participation à l’émission « Les Enfants de la télé » sur TF1, jusqu’en 2006


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Pierre Tchernia a côtoyé Romy Schneider à diverses reprises dans les années 1970: il l'a interviewée en 1970 et en 1974; et il était présent à la remise du prix de "L'Archange du Cinéma" en 1975.

12 juillet 2016

Décès de Jacques Rouffio

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 Le réalisateur Jacques Rouffio est mort
publié le 9 juillet 2016

en ligne
sur lemonde.fr

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Le réalisateur Jacques Rouffio, qui aura marqué les années 1970-1980 avec La Passante du Sans-Souci, Le Sucre ou encore Sept Morts sur ordonnance, est décédé vendredi 8 juillet à 87 ans à Paris, ont annoncé ses enfants dans un communiqué. La ministre de la culture, Audrey Azoulay, a salué samedi un cinéaste qui « choisissait des sujets difficiles » et « dénonçait les travers de son époque, (...) portant un regard lucide et amusé sur notre société ».

Né en août 1928 à Marseille, le réalisateur et scénariste avait commencé comme assistant du réalisateur Jean Delannoy, en 1953, sur le film La Route de Napoléon. Il avait tourné de nombreux films comme assistant, notamment les « Gorille » de Bernard Borderie, et assisté Gilles Grangier ou Jean-Pierre Mocky.

Mais c’est en 1967 qu’il réalise son premier long-métrage, L’Horizon, qui traite de la révolte des soldats en 1917. Il s’attaquera ensuite, « avec un certain sens de la cruauté et de la bouffonnerie, à deux autres tabous de la société française », décrivent ses enfants : le monde médical avec Sept morts sur ordonnance (1976) et la spéculation boursière avec Le Sucre (1978), qui relate une affaire d’escroquerie à partir de la bulle spéculative sur le prix du sucre. En 1982, il réalisa La Passante du Sans-Souci, le dernier film de Romy Schneider.

« Dénoncer, subtilement et sans peur de taper »

Parmi ses acteurs fétiches, Gérard Depardieu, Jean Carmet et surtout Michel Piccoli. Il dirigera aussi Jacques Dutronc, Isabelle Adjani et Serge Reggiani dans Violette et François (1977). Son dernier long-métrage de cinéma aura été L’Orchestre rouge, sorti en 1989.

Jacques Rouffio travailla aussi beaucoup pour la télévision, son dernier téléfilm étant adapté d’une nouvelle de Maupassant, Miss Harriet, en 2007. « Ses films resteront », a réagi Gilles Jacob, l’ancien président du Festival de Cannes, pour qui « il dénonçait, à la fois subtilement et sans peur de taper ».

« “Le Sucre” était une dénonciation des magouilles financières, on se croirait aujourd’hui ! “Sept Morts sur ordonnance”, c’était la dénonciation de la médecine malhonnête, cette volonté de faire de l’argent dans une clinique comme dans un commerce. (...) On pense à un certain cinéma de Bertrand Tavernier, cette école française qui, comme le faisait le cinéma américain, dénonce les turpitudes et les magouilles. Avec une jubilation salutaire. »

M. Jacob assure « [revoir] encore certaines scènes fameuses du Sucre, avec Hanin, Carmet, Depardieu... Et puis Charles Vanel dans Sept Morts sur ordonnance ». Avec Rouffio, c’était « la farandole de tous les grands acteurs français ».

18 février 2016

Décès d'Andrzej Zulawski

lefigarologoAndrzej Zulawski, mort d'un cinéaste ténébreux

Article publié le 17/02/2016
en ligne sur lefigaro.fr

DISPARITION - Le réalisateur polonais, écrivain et metteur en scène, et ex-mari de Sophie Marceau, s'est éteint dans la nuit de mardi 16 à mercredi 17 février -2016-, des suites d'un cancer. Il avait 75 ans.

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Son dernier film, Cosmos, s'inspirait du livre de son grand aîné polonais, Witold Gombrowicz. Un beau film, étrange, tout en scènes envoûtantes, inquiétantes. Une atmosphère puissante et onirique à la fois. Il avait situé l'action du film dans une maison superbe, au cœur d'un jardin luxuriant. Sabine Azéma, rousseur flamboyante, régnait sur une famille bien étrange.

C'était, avec Roman Polanski, l'un des plus français des artistes polonais. La France, il y avait eu des attaches dès l'enfance, y travailla, vécut longtemps auprès de Sophie Marceau. À partir du milieu des années 70, Andrzej Zulawski avait frappé le milieu du cinéma notamment avec L'Important c'est d'aimer (1975), Possession (1981), La Femme publique (1984), L'amour braque (1985), Mes nuits sont plus belles que vos jours (1989), d'après le roman de Raphaëlle Billetdoux, La Fidélité (2000).

Ses films sont marqués par une sauvagerie sentimentale, sexuelle, une fièvre qui saisit chacun. Le Bien, le Mal, il y croyait. En tout cas dans ses histoires. Elles ont toutes quelque chose de frénétique. La manière de filmer suit.

Les plus grands comédiens français se dépassent pour interpréter ses personnages: Romy Schneider, Jacques Dutronc (L'Important c'est d'aimer), Isabelle Adjani (Possession), Valérie Kapriski, Francis Huster, Lambert Wilson, Roger Dumas, Jean-Paul Farré (La Femme publique), Sophie Marceau, Tcheky Karyo, Jean-Marc Bory, Wladimir Yordanoff, Christiane Jean (L'Amour braque), et à nouveau Jacques Dutronc, Sophie Marceau, avec Valérie Lagranga (Mes nuits), Sophie Marceau encore avec Pascal Greggory, Guillaume Canet; Marina Hands, entre autres (La Fidélité) Sabine Azéma, Jean-François Balmer, Jonathan Genet (Cosmos).

Autant dire que cet homme de goût, qui était écrivain et metteur en scène de théâtre et d'opéra, aura été essentiel pour des comédiens qui, chaque fois qu'ils ont travaillé avec lui, se sont sentis transformés, aguerris. Ce n'était pas toujours facile. Mais c'est parce qu'il y avait en lui autant d'inquiétude et de doute que d'exigence, qu'il pesait parfois et s'emportait.

Né le 22 novembre 1940, Andrzej Zulawski était le fils d'un diplomate, lui-même écrivain, Miroslaw Zulawski. Il avait été attaché culturel à Paris, ambassadeur auprès de l'Unesco: le jeune Andrzej parle français, est en partie scolarisé en France, aime le pays, sa culture. Mais jamais il ne se séparera de ses racines polonaises.

C'est à Paris, à l'IDEHC (Institut des hautes études cinématographiques) qu'il se forme entre 1957 et 1959 avant de retrouver son pays natal et de devenir l'assistant d'Andrzej Wajda entre 1960 et 1966. Éternel étudiant, il est inscrit à l'université de Varsovie et à la Sorbonne. Il étudie la philosophie, mais aussi les sciences politiques. Il aura, jusqu'à la fin de sa vie, gardé ce goût de la découverte, de l'apprentissage. Il y avait en lui un intellectuel redoutablement rigoureux, renseigné sur le mouvement des idées, sur les idéaux des peuples.

Un jeune homme en colère

Il aura toujours écrit, en même temps qu'il aura toujours voulu lire, apprendre, découvrir. Dans ses jeunes années, il composait des poèmes, plus tard, il publiera des romans qui sont souvent inspirés de la réalité, reprennent des faits et les transfigurent au fil de pages souvent puissantes. Une grande partie de ses textes ont été traduits en français.

Andrzej Zulawski est un jeune homme en colère, lorsqu'il signe ses premiers films, en Pologne encore sous régime communiste. Mais il est aussi un homme amoureux de l'amour. Dès 1967, il signe un moyen-métrage pour la télévision polonaise: Le Chant de l'amour triomphant (il est primé à Los Angeles). Son premier long-métrage s'intitule La Troisième partie de la nuit. Il date de 1971. Ce film reçoit de nombreux prix dans des festivals. Il est très représentatif du monde étrange qu'aimait Zulawski. Un monde où les limites sont poreuses entre réel et imagination, entre présent et passé, entre bien et mal. Le scénario avait été écrit avec son père Miroslaw Zulawski et s'inspirait de son propre travail pendant la guerre alors qu'on cherchait des vaccins contre le typhus: on élevait alors des poux et il fallait du sang humain pour les nourrir. Qui se laissait dévorer, n'était pas déporté.... L'action se situe pendant la seconde guerre mondiale. Une étrange et terrible histoire dans laquelle la campagne, la forêt, jouent un rôle important.

Et, en découvrant Cosmos, il y a à peine quelques mois, on a retrouvé cette présence magique, peut-être hostile et pourtant rassurante de la nature. Et aussi de bizarres animaux...

C'est avec Le Diable en 1972 qu'Andrzej Zulawski impose sa manière, sa pensée, sa façon de filmer. L'action se situe en Pologne envahie par la Prusse, au 18e siècle. La guerre fait tant de ravages qu'un jeune homme devient fou et commet d'atroces crimes. Le film fut longtemps censuré en Pologne.

Depuis de longues années, Andrzej Zulawski ne tournait plus guère. Cosmos sonne comme un testament. Un retour au cœur de sa terre natale: la littérature polonaise avec Witold Gombowicz...


Andrzej Zulawski : de Marceau à Schneider, les femmes de sa vie
publié le 18/02/2016

en ligne
sur lefigaro.fr

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EN IMAGES - Le cinéaste polonais décédé dans la nuit du 16 au 17 février à 75 ans des suites d'un cancer a toujours su s'entourer d'actrices qui ont marqué leur époque.

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Lorsque l'on pense à Andrzej Zulawski, le nom de Sophie Marceau, sa compagne pendant 17 ans entre 1984 et 2001, vient immédiatement à l'esprit. Celle-ci a logiquement joué pour lui dans quatre films: L'Amour braque (1985) et Mes nuits sont plus belles que vos jours (1989), La Note bleue (1991), La Fidélité (2000) . Pourtant, le réalisateur polonais décédé dans la nuit du 16 au 17 février des suites d'un cancer à l'âge de 75 ans, a sublimé de bien nombreuses actrices à l'écran, avant elle.

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Parmi les films qui ont marqué son œuvre, on retrouve le long-métrage Possession (1981). César de la meilleure actrice et Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes, Isabelle Adjani y est plus que jamais sulfureuse dans ce drame, aux côtés de Sam Neill (Jurassic Park). En 2002, l'actrice française évoquait encore amèrement ce rôle dans les colonnes de Studio Magazine. «Je dois à la mystique d'Andrzej Zulawski de m'avoir révélé des choses que je ne voudrais jamais avoir découvertes. Possession, c'était un film infaisable. [...] Pourtant, je l'ai fait et ce qui s'est passé sur ce film m'a coûté tellement cher... Malgré tous les prix, tous les honneurs qui me sont revenus, jamais plus un traumatisme comme celui-là, même pas en cauchemar!»

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Toute aussi incontournable et torturée, Romy Schneider l'a été dans L'important c'est d'aimer, six ans avant. Déjà, Andrzej Zulawski offre à l'une de ses égéries un César de la meilleure actrice. C'est un nouveau sacre pour la comédienne alors âgée de 35 ans.

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Habitué à mettre en scène des femmes libres et volages, Andrzej Zulawski récidive en 1984 avec La Femme publique. Valérie Kaprisky devient l'une d'entre elles. Dans ce long-métrage, l'actrice rêve de cinéma et décroche un rôle dans une adaptation très particulière des Possédés de Dostoïevski. Pas de distinction pour Valérie Kaprisky, mais un film qui lui offre son premier grand succès, et lance sa carrière.

11 janvier 2016

Mort d'André Courrèges

LexpressStyles_logo   Mort d'André Courrèges: ce qu'il faut retenir de l'inventeur de la minijupe
publié le 8 janvier 2016
, par Laurène Saby
en ligne
sur lexpress.fr

 André Courrèges est décédé à l'âge de 92 ans. Il était atteint depuis plus de 30 ans de la maladie de Parkinson. Créateur futuriste et avant-gardiste des sixties, il a révolutionné l'univers de la haute couture dans les années 1960.

Le père de la minijupe est mort. André Courrèges, qui l'inventa jusqu'à en faire un des emblèmes des sixties, est décédé le 7 janvier 2016. "Le grand couturier français, connu pour avoir révolutionné l'univers de la haute couture dans les années 1960, s'est éteint hier soir, après un long combat de plus de trente ans contre la maladie de Parkinson", a déclaré la marque dans un communiqué.

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André Courrèges en 1997, lors de l'exposition de ces sculptures à l'Univers Courrèges.

John Schults/REUTERS

Frédéric Torloting et Jacques Bungert, les co-présidents du Groupe Courrèges, se sont également exprimés: "Toute sa vie, André Courrèges, avec Coqueline, n'a cessé d'avancer, d'inventer pour toujours devancer: un créateur visionnaire qui voyait déjà ce que serait le 21e siècle et qui croyait dans le Progrès. C'est ce qui rend si moderne Courrèges aujourd'hui. Nous pensons à sa famille dont nous sommes très proches."  

Sur Twitter, les hommages ont plu dès l'annonce.

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Son style

Optimiste, ludique et révolutionnaire: le style d'André Courrèges divise. Tandis que Coco Chanel décrète que "cet homme s'acharne à détruire la femme, à dissimuler ses formes, à la transformer en petite fille", Yves Saint Laurent avoue au contraire: "Je m'enlisais dans l'élégance traditionnelle, Courrèges m'en a sorti. Sa collection m'a stimulé." André Courrèges est inspiré par l'architecture, la science fiction et le sport. Alors que sa mère ne portait que du noir, le créateur fait du blanc sa marque de fabrique.

La femme qu'il habille est active et pressée, elle recherche des vêtements fonctionnels. Après avoir donné à la minijupe (popularisée par Mary Quant en Angleterre) ses lettres de noblesse, Courrèges s'attaque au pantalon. La silhouette qu'il dessine est faite de lignes droites. Les coupes sont sans plis ni pinces, les surpiqûres et les poches arrondies donnent du volume aux tenues.

La recherche sur les matières l'intéresse autant que la coupe: il utilise principalement le vinyle et le nylon. Les bottes plates, la minijupe trapèze, le blouson en vinyle, la robe jogging à capuche, les collants tricotés deux côtes et les lunettes à fentes demeurent ses pièces emblématiques. Enfin, Courrèges n'hésite pas à diversifier son activité: après le lancement de plusieurs parfums et du Café Blanc, des parapluies, du linge de maison, de la papeterie, mais aussi des montres, des appareils photos, des voitures, des scooters, des bicyclettes, des appartements et même des planches à voile seront signés Courrèges.

Son entourage

Sa femme Coqueline, sa "créativité complémentaire", reste indissociable de son travail. Dans les années 1970, il habille les femmes les plus élégantes de la planète: Jackie Kennedy, Romy Schneider, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve et Françoise Hardy popularisent ses tenues.  

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Même Claude Pompidou s'habille chez Courrèges. Le créateur s'entoure de grands noms et de jeunes talents: le photographe Richard Avedon réalise ses campagnes, et en 1994, Jean-Charles de Castelbajac travaille à ses côtés pour imaginer deux collections. Enfin, son envie de toujours regarder vers l'avenir le rapproche de Paco Rabanne et Pierre Cardin. 

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André Courrèges dans les années 1960. MAXPPP

Son parcours

André Courrèges naît à Pau, le 9 mars 1923. Le jeune homme, amateur de rugby et passionné de dessin, rêve d'intégrer une école d'Art. Il entreprend d'abord des études d'ingénieur à l'Ecole des Ponts et Chaussées, puis devient pilote aérien lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. A la Libération, il s'installe à Paris pour suivre des cours à l'école de la chambre syndicale de la couture.  

En 1950, le jeune André entre chez Cristobal Balenciaga. C'est dans les ateliers du styliste espagnol qu'il tombe amoureux de Coqueline Barrière, sa future épouse. En 1961, Courrèges s'émancipe et Emmanuel Ungaro lui succède chez Balenciaga. Le Béarnais ouvre sa première maison de couture, mais reste à ses débuts fortement influencé par son ancien mentor.

Le style Courrèges naît véritablement lors du défilé de 1965. Le créateur décide rapidement d'arrêter la Haute Couture pour se lancer dans le prêt-à-porter afin de démocratiser l'allure qu'il prône. Il lance le concept de "Couture Future" en 1967, et ouvre des boutiques de prêt-à-porter à Paris, Houston et New-York. Deux ans après la naissance de leur fille Marie en 1970, André et Coqueline Courrèges font construire leur propre usine à Pau. Elle emploie 300 ouvrières. La même année, le parfum Empreinte est lancé. André Courrèges est une star, célèbre des Etats-Unis au Japon.

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Le parfum Empreinte de Courrèges. Courtesy of Courrèges

En 1976 pourtant, le succès de Courrèges s'essouffle. Deux ans plus tard, la maison passe aux mains de la société japonaise Itokin. Le 8 janvier 1986, elle est exclue de la chambre syndicale de la couture. En 1993, André Courrèges la rachète à ses actionnaires, avant de confier la direction de la maison à sa femme. Malade, il se réfugie dans des projets personnels d'art et d'architecture. La maison Courrèges passe le cap du nouveau millénaire avec un défilé Haute Couture, le 22 janvier 2002. En 2011, elle est rachetée par Jacques Bungert et Frédéric Torloting qui s'emploient à réveiller la belle endormie. Deux ans plus tard, l'usine de Pau rouvre ses portes. La griffe veut croire à une seconde jeunesse.

Ce que vous ignoriez

En 1972, c'est André Courrèges qui réalise les vêtements officiels des Jeux Olympiques de Munich, vêtements portés par plus de 20.000 personnes lors de l'événement, des hôtesses d'accueil aux pompistes, en passant par les infirmières.

Ses citations

"Je ne suis pas seulement couturier, je m'occupe de la vie en général !"

"A l'instar de Le Corbusier, qui a fait pénétrer la lumière dans les maisons qu'il concevait, j'ai voulu faire entrer la lumière dans mes vêtements."

Ses héritiers

Aujourd'hui, il continue d'inspirer les plus grands. On retrouve notamment des références à son univers dans le travail de Marc Jacobs et Miuccia Prada. Le défilé Louis Vuitton automne-hiver 2014-2015 par Nicolas Ghesquière réinterprétait les coupes Sixties et le vinyle chers au créateur. Quant au jeune Simon Porte Jacquemus, ses créations aux volumes géométriques et aux couleurs pop entrent en résonnance avec le style Courrèges.

C'est toutefois désormais au duo créatif de Coperni formé par Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant que l'on pense lorsque l'on évoque André Courrèges. Depuis leur arrivée à la direction artistique en 2015 et un premier défilé acclamé en septembre dernier, Courrèges connaît un nouvel essor.

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Défilé Courrèges printemps-été 2016, en octobre dernier à Paris.
Photoshot/ABACA

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4 janvier 2016

Mort de Michel Galabru

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 Mort de Michel Galabru, figure du cinéma et du théâtre français
publié le 4 janvier 2016

en ligne
sur lemonde.fr

L’acteur Michel Galabru, figure du cinéma et du théâtre français, est mort à l’âge de 93 ans, lundi 4 janvier 2015. Les causes de sa mort n’ont pas été rendues publiques, sa famille a seulement déclaré qu’il est mort « dans son sommeil ».

Michel Galabru était encore sur scène récemment. Très affecté par la mort de son épouse, en août, et celle de son frère, en octobre 2014, il avait annulé jusqu’à la fin de janvier les deux spectacles dans lesquels il devait jouer. En novembre (2014), en raison d’une grande fatigue, il avait dû annuler les représentations de deux pièces, où il tenait l’affiche.

Né à Safi, au Maroc, en 1922, Michel Galabru entre à la Comédie-Française en 1950, où il joue les classiques du théâtre. Il quitte l’institution en 1958.

Près de deux cents films

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Il commence alors une carrière dans le théâtre, en faisant ses débuts dans Ma femme, ma vache et moi, de Jean Devaivre. Parmi ses principaux succès : La Claque d’André Roussin, L’entourloupe et Monsieur Amédée d’Alain Reynaud-Fourton, ou La Femme du boulanger de Marcel Pagnol. En 2008, il obtient le premier Molière de sa carrière, pour son rôle dans Les Chaussettes opus 124.

Au cinéma, le grand public le découvre au côté de Louis de Funès dans la saga « Le Gendarme », dont le premier opus, Le Gendarme de Saint-Tropez, paraît en 1964. Il y tient le rôle de l’adjudant Jérôme Gerber.

En 1977, il est récompensé par le César du meilleur acteur pour son rôle dans Le Juge et l’Assassin, de Bertrand Tavernier. Il tourne notamment avec Georges Lautner, Michel Audiard, Claude Zidi, Pierre Tchernia, Jean-Pierre Mocky, Luigi Comencini, Bertrand Blier ou Costa-Gavras. Quelques classiques, et beaucoup d’autre films que les critiques qualifieront de « navets ». Tout au long de sa carrière, Michel Galabru aura joué dans près de 200 films.

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> Michel Galabru était le partenaire de Romy dans "Portrait de groupe avec dame" et l'a accompagnée pour présenter le film au Festival de Cannes de 1977.
3 juillet 2014

Décès de Robert Lebeck

Le photographe Robert Lebeck est mort
article publié
le 17/06/2014,
par Dominique Poiret
en ligne
sur liberation.fr

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Le photographe lors de sa rétrospective au Martin Gropius Bau museum de Berlin, en 2008.
(Photo AFP)

 DÉCÈS
Figure du photojournalisme allemand de l'après-guerre, il fut notamment l'auteur de la célèbre photo montrant un Congolais se saisissant de l'épée du roi belge Baudoin, en 1960.

«Il faut toujours sourire et persister», disait Robert Lebeck. Grande figure emblématique du photojournalisme allemand de l’après-guerre, Robert Lebeck, né en 1929 à Berlin, y est mort le 14 juin 2014 à l’âge de 85 ans. Après des études d’ethnologie, il s'était tourné vers la photographie et fut pendant trente ans le photographe vedette du magazine allemand Stern, et quelque temps de Geo. Il s’est notamment rendu célèbre avec son reportage intitulé Afrika im Jahre Null (Afrique année zéro) en 1960.

Son cliché du voleur de l’épée du roi des Belges, à Léopoldville, actuelle Kinshasa, fit le tour du monde et lui servira longtemps de «carte de visite». 29 juin 1960 : le Congo fête son indépendance. Baudoin, alors roi des Belges, défile aux côtés de Joseph Kasavubu, premier président du pays, dans une voiture décapotable sous les vivats de la foule, lorsqu'un jeune homme en costume-cravate s’empare de son sabre. La scène sera immortalisée par Lebeck. «On ne devient jamais rien sans un peu de chance», expliquera-t-il à propos de cet événement.
Une histoire du XXe siècle

Son œuvre en noir et blanc retrace l’histoire de la deuxième moitié du XXe siècle. Sa manière de travailler «sur le vif» lui a notamment permis de gagner la confiance des personnalités dont il a réalisé le portrait (Alfred Hitchcock, Elvis Presley, Herbert von Karajan, Jayne Mansfield, Romy Schneider, Salman Rushdie…) et de dévoiler leur part d’humanité.

Pour son 80e anniversaire, en 2009, le Musée Martin Gropius Bau de Berlin, lui avait consacré une grande rétrospective qui commémorait ses cinquante ans de photographies, de 1955 à 2005. Robert Lebeck avait également reçu en 2007 le prix Henri Nannen pour l’ensemble de son œuvre.


Sur le blog
Romy Schneider photographiée par Lebeck:
robertlebeckromyschneider2
> l' Album Photo "par Robert Lebeck" ( clik ici )
> le tag 'robert lebeck'

1 juin 2014

Décès de Karlheinz Böhm

Karlheinz Böhm, le mari de Sissi est mort
article publié
le 30/05/2014,
en ligne sur lefigaro.fr

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L'acteur autrichien qui donnait la réplique à Romy Schneider dans le rôle l'Empereur François-Joseph d'Autriche s'est éteint à l'âge de 86 ans. Il fut également l'inquiétant Voyeur du film de Michael Powell

Il restera pour toujours l'éternel mari de Romy Schneider dans la trilogie Sissi. L'acteur autrichien Karlheinz Böhm, qui incarnait à merveilles le rôle de l'Empereur François-Joseph d'Autriche est décédé jeudi 29 mai 2014. Né en 1928 dans la ville allemande de Darmstadt (sud-ouest) d'une mère chanteuse d'opéra et d'un père chef d'orchestre mondialement connu, Karlheinz Böhm venait de souffler le 16 mars dernier ses 86 bougies.

Acteur en Allemagne, il est surtout connu pour son interprétation du rôle de l'Empereur François-Joseph d'Autriche dans Sissi. Après ce rôle de gendre idéal, il changera radicalement d'emploi pour se glisser dans la peau du terrible Voyeur, du Britannique Michael Powell. Inquiétant cousin de Norman Bates, son personnage de Mark Lewis est un jeune cameraman à l'enfance perturbée, qui traque et filme à la nuit tombée l'expression d'horreur sur le visage des femmes qui s'apprête à tuer. Ce rôle marquant finira par nuire à l'acteur et brisera en quelque sorte l'élan de sa carrière.

Dans les années 70, Böhm obtiendra également plusieurs rôles dans des films de l'Allemand Rainer Werner Fassbinder (dont Maman Küsters s'en va au ciel, en 1975).

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À la suite d'un voyage effectué en Afrique dans les années 1970, le comédien se lance dans l'humanitaire. En mai 1981, dans le grand show de la télévision allemande Wetten dass...? également diffusé en Suisse et en Autriche, il défie le public: «Je parie qu'il n'y a pas un tiers des téléspectateurs qui feraient don d'un Schilling, d'un Deutsch Mark ou d'un Franc suisse pour venir en aide aux populations du Sahel», région d'Afrique alors touchée par une grave crise de famine. L'opération est un succès. L'acteur réussira à collecter 1,2 million de Deutsch Mark. Naît ainsi, l'ONG Menschen für Menschen, association qu'il dirigera jusqu'en 2011. En 1983, Il abandonne sa carrière d'acteur, pour se consacrer pleinement à cette nouvelle structure.

Malade depuis plusieurs années, Karlheinz Böhm avait laissé la présidence de son ONG à sa femme Almaz qu'il avait rencontré en Afrique puis épousé en 1991. Il a été fait Grand chevalier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne en 2002 et son engagement humanitaire lui a valu le Prix Balzan en 2007.

20 décembre 2013

Décès de Peter O'Toole

Mort de Peter O'Toole, acteur de tous les excès 
Article publié
le 15/12/2013,
en ligne sur lemonde.fr

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Peter O'Toole, l'interprète magnétique de T. E. Lawrence
dans le film de David Lean, "Lawrence d'Arabie".

En 1962, le monde découvrait la silhouette dégingandée et pourtant grâcieuse, la blondeur et – surtout – le regard d'un bleu intense d'un acteur inconnu, si ce n'est des aficionados de la scène théâtrale britannique. Dans le rôle du colonel T. E. Lawrence, dit Lawrence d'Arabie, le jeune Peter O'Toole portait, quatre heures durant (avec l'aide d'Omar Sharif, Alec Guinness et quelques milliers de figurants) l'épopée réalisée par David Lean, produite par Sam Spiegel. Cinquante et un ans et huit nominations à l'Oscar plus tard, Peter O'Toole est mort, samedi 14 décembre 2013 à Londres à l'âge de 81 ans, des suites d'une longue maladie.

L'acteur n'avait jamais retrouvé les hauteurs vertigineuses qu'il avait atteintes avec ce premier grand rôle. Un esprit de contradiction poussé à l'extrême, une propension aux excès en tous genres ont fait couler des hectolitres d'encre sur cet Irlandais qui semblait correspondre en tous points aux stéréotypes fréquemment associés à son pays. Alcoolique, capable de passer en un clin d'œil de l'exaltation à la plus noire des dépressions, le personnage Peter O'Toole vaut presque tous les rôles qu'il a pu tenir : Henri II d'Angleterre (dans le Becket de Peter Glenville d'après Anouih, en 1964, puis dans Un lion en hiver, en 1968, d'Anthony Harvey, aux côtés de Katharine Hepburn), le professeur inhibé de Goodbye Mr Chips de Herbert Ross (1969) ou – plus proche de lui – l'intenable acteur de Où est passé mon idole ? (1982), joli film de Richard Benjamin. Chacun de ces rôles lui valurent une nomination à l'Oscar du meilleur acteur, pendant que, sur les scènes du West End ou de Broadway, il alternait fours et triomphes.

En 1980, son Macbeth, dirigé par Bryan Forbes à l'Old Vic, lui valut des critiques assassines. A la fin de la décennie, en 1989, il séduisait des mois durant la presse et le public londoniens dans Jeffrey Bernard Is Unwell de Keith Waterhouse, portrait d'un journaliste alcoolique. A plusieurs reprises, Peter O'Toole avait annoncé sa retraite, la dernière fois en 2012. On venait d'apprendre qu'il en était sorti pour tenir le rôle d'un notable romain dans une vie de la sainte chrétienne Catherine d'Alexandrie. Peut-être faut-il y voir l'équivalent cinématographique d'une indulgence.

ACTEUR SHAKESPEARIEN

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Peter O'Toole est né le 2 août 1932, dans le Connemara, terre catholique. Il a raconté que son père était un parieur invétéré, dont les fortunes et infortunes régissaient la vie de la famille O'Toole. Celle-ci s'est installée à Leeds, dans le Yorkshire, et, après avoir servi dans la marine, Peter O'Toole entre à la Royal Academy of Dramatic Art, où il a pour condisciples Albert Finney et Alan Bates. A la sortie de l'école, il entre à l'Old Vic de Bristol. Dans le répertoire contemporain comme dans le shakespearien, il attire tout de suite l'attention (lorsqu'il reprendra le rôle de Hamlet, en 1964 sous la direction de Laurence Olivier, nombre de critiques regretteront qu'il n'ait pas retrouvé la fièvre de sa première interprétation à Bristol). Après un passage par les scènes londoniennes et Stratford Upon Avon (il y joue Shylock dans Le Marchand de Venise), il trouve le chemin des studios de cinéma.

Alors qu'O'Toole n'a à son actif que trois seconds rôles, Sam Spiegel, qui avait approché Marlon Brando pour le rôle de T. E. Lawrence, se rend aux arguments de David Lean et l'embauche. Le tournage de Lawrence d'Arabie est interminable, consume presque deux années de la vie du jeune acteur. Il y gagne la gloire, et pas grand-chose d'autre, puisque la légende veut qu'il ait perdu la quasi-totalité de son cachet dans des casinos du Moyen-Orient en compagnie de son partenaire, Omar Sharif.

EXCÈS DE JEU

Suivent des rôles prestigieux dans Becket, dans Lord Jim, de Richard Brooks, d'après Joseph Conrad, mais les critiques et le public résistent de plus en plus aux excès du jeu de Peter O'Toole. De lui, Katharine Hepburn dira qu'il était trop « prodigue de son talent ». D'autant qu'il ne le dépense pas toujours en bonne compagnie. Sa filmographie est hétéroclite et l'on n'y trouve guère de grands réalisateurs. Et quand il tourne avec John Huston, c'est pour faire l'ange dans La Bible (1966), qui n'est pas vraiment considéré comme l'un des sommets de la carrière du cinéaste. Logiquement, en 1979, il est pris, en compagnie de son cadet Malcolm McDowell, dans l'une des catastrophes majeures de l'histoire du cinéma, le péplum pornographique Caligula, de Tinto Brass, produit par le fondateur du magazine Penthouse, Bob Guccione.

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En 2003, Peter O'Toole avait reçu un Oscar d'honneur récompensant l'ensemble de sa carrière.

L'apparition des franchises (Guerre des étoiles, Superman, Batman) si avides d'acteurs britanniques d'un certain âge ne lui profite guère, puisqu'il doit se contenter d'un second rôle dans Supergirl (1984). Ces dernières années, sa prestance et son physique tourmenté de vieillard qui a vécu trop longtemps lui ont valu de jouer des rois (Priam, dans Troie, de Wolfgang Petersen, en 2004) ou des papes (Paul III, dans la série Les Tudor). En 2003, après sept nominations infructueuses, l'académie hollywoodienne lui avait remis un Oscar pour l'ensemble de sa carrière, que Peter O'Toole avait envisagé de refuser, espérant encore décrocher une statuette de plein droit. Il n'avait pas tort, il est nommé en 2006 pour Venus, une comédie de Roger Michell écrite par Hanif Kureishi. Mais une fois de plus, l'Oscar lui échappe, ce qui lui permet d'obtenir le titre de l'acteur le plus souvent nommé sans avoir jamais gagné. Peter O'Toole a vécu selon ses propres règles.


> Peter O'Toole a donné la réplique à Romy Schneider en 1964 dans "What's new Pussycat" de Clive Donner.

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20 décembre 2013

Décès de France Roche

Mort de France Roche, « madame cinéma » d'Antenne 2 
Article publié
le 15/12/2013,
en ligne sur lemonde.fr

 

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France Roche, journaliste et critique de cinéma, notamment à la télévision au journal d'Antenne 2, est morte samedi 14 décembre 2013 à Paris à l'âge de 92 ans, a annoncé sa famille.

Après avoir tenu la page cinéma de France-Soir, elle a réalisé à la télévision des interviews d'acteurs célèbres comme Brigitte Bardot, Kirk Douglas, Pierre Brasseur, Jean Marais, Annie Girardot, Simone Signoret, Michel Piccoli, Jeanne Moreau.

Sur Antenne 2, France Roche était la spécialiste du cinéma, des spectacles et de la mode au journal télévisé (1969-1986). Elle a par la suite participé aux émissions « Sexy Folies » de Pascale Breugnot et « J'aime à la folie » sur le Festival d'Avignon . Michel Thoulouze et Pierre Lescure lui avaient demandé d'animer une émission sur Canal Jimmy (1991-2001) « T'as pas une idée ».

France Roche est l'auteur de plusieurs scénarios de films comme La Chasse à l'homme d'Edouard Molinaro (dialogues de Michel Audiard, 1964). Elle a tourné dans une quinzaine de films dans les années 1950.

Dans sa longue carrière, se trouvent également à son actif, outre des livres et des adaptions de pièces au théâtre, des documentaires où elle s'entretient avec Le Corbusier (1957) ou encore Woody Allen (1979).

Epouse du journaliste François Chalais, puis du producteur Gilbert de Goldschmidt, tous deux disparus, elle était encore active en 2012, année où elle a conçu et mis en images l'adaptation pour la télévision du spectacle joué et mis en scène par Arnaud Denis, Autour de la folie, rapporte sa famille.


> France Roche a interviewé plusieurs fois Romy Schneider pour la télévision: en 1961 pour le film "Le combat dans l'île"; en 1971 pour parler de "Max et les ferrailleurs; en 1973 sur le tournage du film "Le Train", et en 1975 pour le film "L'important c'est d'aimer".

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