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31 décembre 2020

Décès de Claude Brasseur

L'acteur français Claude Brasseur est mort à l'âge de 84 ans le 22 décembre 2020. Issu d’une dynastie de comédiens, il a joué dans une centaine de films (il a reçu deux Césars) et de nombreuses pièces de théâtre.

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Biographie

Claude Brasseur est le fils de Pierre Brasseur et d'Odette Joyeux, et le père d'Alexandre Brasseur. Il est issu d'une dynastie de comédiens remontant à 1820.
Né à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le 15 juin 1936, il grandit entouré de têtes couronnées, Malraux, Jouvet, Sartre, Casarès… parmi lesquelles un ami de son père nommé Ernest Hemingway, qui est son parrain. Mais l’évocation de son enfance sera toujours douloureuse : ses parents ne s’occupent pas de lui. « Je n’ai aucun souvenir de ma vie avec eux et je dois dire que je m’en fous. » Ces parents égocentriques vont se séparer très vite, Odette Joyeux conservant un tel mauvais souvenir de Pierre Brasseur qu’elle en voudra à son fils d’adopter son nom pour sa carrière.
Placé en pension, il côtoie Philippe Noiret, Jean-Jacques Debout, et Jacques Mesrine. Peu porté sur les études, qu’il abandonne en classe de seconde, le gamin n’ose pas avouer qu’il a envie d’être acteur. Grâce à son père, le voilà journaliste à Paris Match, assistant du photographe Walter Carone. C’est en allant interviewer Elvire Popesco, vedette de comédies de boulevard, qu’il voit son destin basculer : « Tu ne peux pas rester journaliste avec un nom pareil, lui dit la comédienne. Il faut que tu sois acteur ! » Et celle qui vient d’acheter le Théâtre de Paris lui signe illico un contrat, pour qu’il interprète trois rôles en 1955 dans la pièce Judas de Marcel Pagnol, qu’elle s’apprête à monter : charpentier, apôtre et frère de Judas, avec fausse barbe. Sa performance lui vaut d'entrer au Conservatoire, où il côtoie entre autre Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort.
L'année suivante, il débute au cinéma et tourne avec les plus grands réalisateurs de l'époque, notamment Georges Franju, Marcel Carné et Jean Renoir, mais c'est la télévision qui lui offre ses premiers grands rôles: Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune de Jean Kerchbron et Sganarelle dans Dom Juan ou le Festin de pierre de Marcel Bluwal en 1965, et surtout François Vidocq dans Les Nouvelles Aventures de Vidocq de 1971 à 1973.

Il tourne aussi avec son père Pierre Brasseur dans Les Yeux sans visage, de Georges Franju en 1960, puis Lucky Jo, de Michel Deville en 1964, où le vrai père joue un père fictif. Dernière séquence clin d'oeil et tout en émotion dans Les Acteurs de Bertrand Blier en 2000 où Claude Brasseur joue son propre rôle: son téléphone sonne dans la rue, c’est Pierre Brasseur qui l’appelle, puis qui lui passe Bernard Blier; Claude refile son portable à son metteur en scène, Bertrand. Sur le plan affectif, les deux hommes se sont ratés, mais Claude respectera toujours la carrière de son géniteur : « Mon père est mort ? Je ne sais pas, je l’ai vu hier soir à la télé ! »

La consécration arrive dans les années 1970s: c'est dans Les Seins de glace de Georges Lautner en 1974 qu'il se fait véritablement un nom au cinéma puis il remporte deux Césars, qu'il prend avec humour (« Depuis le temps qu’on me dit de me faire un prénom ! ») et humilité (« La popularité n’est pas un critère de qualité »). Le premier, en 1977, honore son interprétation de l’un des quatre copains d’Un éléphant ça trompe énormément, d’Yves Robert : il n’a accepté le rôle qu’à condition de donner à cet homosexuel l’allure d’un hétérosexuel, de ne « pas jouer les grandes folles ». Le second, en 1980, consacre le succès de La Guerre des polices, de Robin Davis, où il est un commissaire traquant un ennemi public.
Il joue le père de Sophie Marceau dans La Boum (en 1980) et La Boum 2 (en 1982), avant d'être réunis en couple dans Descente aux enfers (en 1986) qui créé la polémique: des scènes très érotiques émaillent le film entre l'acteur de 50 ans et la jeune comédienne d'âgée de 20 ans. A Europe 1, Claude Brasseur expliquera: « Jouer le père de Sophie Marceau dans La Boum... puis son amant dans Descente aux enfers quatre ans plus tard, est un choix qui m'a coûté très cher. Ça n’a pas surpris, ça a choqué. Quand Descente aux enfers est sorti, il y a eu une profusion de courriers adressés à Gaumont, à Sophie et moi. C'est tout juste si on ne m’accusait pas d’inceste »

Ses rôles, il les choisit au feeling, sans jamais se poser « la question de la reconnaissance », et sans aucun plan de carrière. Il refusera ainsi le rôle porteur, finalement tenu par Philippe Léotard, dans La Balance, de Bob Swaim, parce qu’il vient de faire La Guerre des polices et ne veut pas se spécialiser dans le polar. Il arrête aussi de jouer Le Dîner de cons au théâtre en plein triomphe, afin d’honorer ses contrats de cinémas ; Francis Veber lui en voudra tellement qu’il s’opposera à ce qu’il reprenne son rôle dans le film (Thierry Lhermitte le remplacera).

Fidèle lecteur de L’Equipe, Claude Brasseur aurait pu embrasser une carrière de sportif. Tenté par le vélo au point de s’entraîner avec le futur vainqueur du Tour de France Stephen Roche, il a été deux fois champion de France de bobsleigh (victime en 1963 d’un grave accident un avant les Jeux olympiques d’Innsbruck), il remporte le Paris-Dakar en 1983 comme copilote de Jacky Ickx, et joue au football dans l’équipe folklorique des Polymusclés. Mais la tradition familiale va éloigner ce grand bourru des terrains sportifs.

Il épouse en première noce Peggy Roche le 27 mars 1961, une mannequin et journaliste de mode (qui deviendra après leur divorce la compagne de Françoise Sagan ; elle meurt en 1991), puis, en 1970, Michèle Cambon, sœur de l'homme politique Christian Cambon, avec qui il a un fils, Alexandre Brasseur.

En 1985, il joue avec Nathalie Baye dans Détective. Peut-être son rôle le plus touchant, intériorisé, blessé. Une épreuve. Car durant le tournage, Jean-Luc Godard (qui l'avait déjà dirigé en 1964 dans Bande à part et vantait les qualités de l'acteur) se conduit cette fois-ci mal avec lui, et l’humilie : « Mon pauvre Claude, lui dit-il, il y a vingt ans tu avais encore quelques qualités, maintenant t’as tout perdu. Il ne te reste plus rien du tout. » Godard enfonce le clou dans les Cahiers du cinéma : « Claude est un bon acteur mais surévalué, qui ne sait plus ce qu’il doit faire, qui ne fait que de mauvais films… » (n° 373, juin 1985). L’acteur a la dignité de réagir positivement : « Quand on se fait traîner dans la merde, on est secoué et ça nettoie. »

La popularité l'accompagne toujours dans les années 2000: il joue le policier Franck Keller de 2003 à 2007 dans la série télévisée du même nom sur TF1; son rôle de beauf dans les trois Camping (2006, 2010 et 2016) de Fabien Oteniente le fait connaître de la jeune génération; il donne la réplique sur scène à son fils Alexandre Brasseur dans la pièce de Sacha Guitry Mon père avait raison en 2007-2008, et son dernier rôle au cinéma se tient en 2018 dans Tout le monde debout de et avec Franck Dubosc.


Hommage presse:
Quotidiens nationaux et Hebdomadaires

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Claude Brasseur a donné la réplique à Romy Schneider à deux reprises: d'abord en 1978, dans Une Histoire Simple de Claude Sautet: il y interprétait son compagnon; puis en 1980 dans La Banquière de Francis Girod.

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Ils se sont croisés aussi à la Cérémonie des Césars en 1977 et au Festival de Cannes en 1978.

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25 juin 2020

Décès de Claus Biederstaed

L'acteur allemand Claus Biederstaed est mort à 91 ans le 18 juin 2020 pendant son sommeil.

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Biographie

Fils d'un conseiller pédagogique qui était chef d'orchestre et enseignait la musique et l'histoire de l'art, Claus naît à Stargard le 28 juin 1928. Il apprend la musique grâce à son père, jouant du piano et de l'orgue et chantant dans une chorale. A 16 ans, il part à la guerre en servant sur le front de l'Est, parvenant à s'échapper juste avant l'avancée des Russes: un conducteur de camion qui connaissait son grand-père l'a sauvé, tandis que tous ses camarades sont morts. Sa mère, croyant son fils unique mort, s'est suicidée en s'empoisonnant avec une capsule de cyanure; elle a été enterrée dans une fosse commune. De retour à Hambourg après la guerre, Claus rejoint son père et s'engage dans des études de médecine mais abandonne au bout d'un an pour prendre des cours de dramaturgie à la  "Deutsches Theater" de Hambourg. Il apprend aussi l'escrime, la gymnastique rythmique, les costumes, l'histoire littéraire, la linguistique.
Il se lance dans une carrière d'acteur d'abord au théâtre, se produisant sur les scènes de Hambourg, Berlin, Munich, Cologne puis au cinéma où il rencontre rapidement un vif succès dès son premier film "Die große Versuchung" pour lequel il remporte un prix de l'acteur le plus prometteur.
Il enchaîne les rôles, devient l'un des acteurs allemands les plus populaires de sa génération, tournant juqu'à cinq films par an, alternant mélodrames et comédies. Dans les années 1970, il fait régulièrement des apparitions à la télévision, dans les séries "Der Kommissar" (1969), "Le renard" (1977), "Inspecteur Derrick" (1974).

L'acteur, c'est aussi une voix connue en Allemagne: à partir des années 1960, il s'illustre dans le doublage des films allemands des acteurs Peter Falk, James Garner, Gregory Peck, Gene Hackman, Richard Harris, Yul Brynne, Paul Newman, Marlon Brando, Peter O Toole, Vittorio Gassman et Yves Montand. Il participe aussi à des pièces radiophoniques, des livres audio, se faisant le narrateur d'oeuvres littéraires, mais aussi en voix-off de publicités.

Il se lance tardivement (dans les années 1980s) sur la scène au théâtre, devenant metteur en scène, mais doit abandonner sa carrière quand on lui diagnotisque un cancer de la langue en 2008 qu'il parvient à vaincre après de nombreuses opérations au bout desquelles il subi une partie de l'ablation de sa langue. Marié deux fois, il a un fils qui fait carrière dans le montage en post-production cinématographique.
Claus décède le 18 juin 2020, dix jours avant de fêter ses 92 ans.


Claus Biederstaed a joué un rôle dans le début de la carrière de Romy Schneider. Il lui donne la réplique dans "Feu d'artifice" en 1954, permettant d'être le partenaire à qui elle donne son premier baiser de cinéma (à lire: les impressions de Romy  sur le tournage).

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1954, portrait publicitaire pour "Feu d'Artifice"

Ensemble et avec le reste de l'équipe, ils participent activement à la promotion lors de la sortie du film pour assister aux différentes première en Allemagne. Ils se retrouvent aussi dans les différents gala (FilmBall de Berlin et Festival du Film de Berlin en 1955, au FilmBall de Francfort en 1956...).

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mai 1955, festival du film de Berlin

Romy et Claus avaient ainsi lié amitié; il était invité à Mariengrund dans la famille de Romy.

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1954, à Mariengrund

En 1972, Claus double Yves Montand pour la version allemande du film "César et Rosalie".


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26 mai 2020

Décès de Jean-Loup Dabadie

Six jours après la disparition de Michel Piccoli, c'est une autre grande figure de la culture française qui vient de décéder: l'Académicien Jean-Loup Dabadie est mort à 81 ans le 24 mai 2020. Les circonstances de son décès n'ont pas été dévoilées par sa famille. Il sera inhumé dans le caveau familial de l'île de Ré, où il y possédait une maison.

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Biographie

jldabadie-1960s  Né le 27 septembre 1938 à Paris, il est le fils du parolier Marcel Dabadie (qui a écrit pour Maurice Chevalier, Jean Sablon, Julien Clerc, Les Frères Jacques), et de Maddalena Mennella. Il grandit chez ses grands-parents à Grenoble puis monte à Paris pour poursuivre ses études. Étudiant en lettres, il se passionne rapidement pour l’écriture: il publie son premier roman Les Yeux secs, à l'âge de 19 ans et enchaîne l'année suivante avec Les Dieux du foyer. Parallèlement, il démarre une carrière de journaliste grâce à Pierre Lazareff, dirigeant de Candide. Il collabore à la création de la revue Tel Quel, avec Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier, et il écrit des critiques de films et des reportages pour Arts.

Insatiable, il n'écrit pas que des romans ou pour des revues, mais se dirige aussi vers l'écriture pour la télévision, le cinéma, le théâtre, des sketchs pour des humoristes et devient parolier pour des chanteurs et chanteuses:

- Il rencontre Guy Bedos en 1962 avec qui il écrit, en compagnie de Jean-Christophe Averty, pour des émissions produites par Michèle Arnaud (Histoire de sourire et Les Raisins verts). Se liant d'amitié avec Bedos -il sera le parrain de son fils Nicolas Bedos-, il lui écrit plusieurs sketchs qui deviendront cultes: Bonne fête Paulette, Le boxeur, Monsieur Suzon, Un jeune homme de lettres, Dernier dans la première, La Drague (interprété sur scène par Guy Bedos et sa femme Sophie Daumier).
Il écrira aussi des sketches pour Sylvie Joly, Michel Leeb, Muriel Robin, Pierre Palmade, Jacques Villeret.

- Toujours dans les années 1960, il amorce une cacrière de scénariste et va collaborer avec les réalisatreurs français Claude Sautet (Vincent, François, Paul… et les autres, Les Choses de la vie, César et Rosalie, Max et les Ferrailleurs, Une histoire simple, Garçon !), Yves Robert (Clérambard, Salut l'artiste, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis, Courage fuyons), Claude Pinoteau (Le Silencieux, La Gifle, La Septième Cible), et François Truffaut (Une belle fille comme moi).

- Sa carrière est également marquée par le théâtre, où il signe quelques pièces comme La Famille écarlate (1967), et adapté en français plusieurs autres pièces Le Vison voyageur (1969), Madame Marguerite (1974) et Double mixte (1986).

- Il se lance aussi comme parolier et écrira les plus grandes chansons françaises (son répertoire compte plus de 300 chansons) collaborant plusieurs fois avec les mêmes artistes:
pour Serge Reggiani, il écrit Le Petit Garçon (1967), Et puis (1968), De quelles Amériques (1970), L'Italien (1971), Hôtel des voyageurs (1972), Les Mensonges d'un père à son fils (1972), Le Vieux Couple (1972), La Chanson de Paul (1975).
pour Régine, il écrit Il m'a laissé deux cigarettes (1968), L'Accident (1969), Les Filles de la rue d'Amérique (1970), Moi mes histoires (1978).
pour Michel Polnareff, il compose Tous les bateaux, tous les oiseaux et Ring a ding (en 1969), puis Dans la maison vide (1970), Holidays (1972), On ira tous au paradis (1972), Lettre à France (1977), Jour après jour, Nos mots d’amour.
pour Mireille Mathieu, les textes qu'il lui écrit rencontrent plus ou moins de succès: C’est la vie mais je t'aime (1970), Pour toi (1970), L'Homme qui sera mon homme (1971) et C'était dimanche (1972).
pour Claude François, il compose Je danse (1971) et Nina nana (1972).
pour Nicole Croisille, il écrit La Femme et l'Enfant (1977), David, et Au revoir et merci.
pour Jacques Dutronc, il écrit J'comprends pas (1975) et Mais surtout sentimentale (1975).
pour Julien Clerc, la collaboration sera prolifique, s'étalant sur plsuieurs décennies et se tendra vers une grande amitié; on lui doit les plus grands succès du chanteur, notamment: Le Cœur trop grand pour moi (1976), Ma préférence (1978), L'Assassin assassiné (1980), Femmes, je vous aime (1982), Je suis mal et Elle danse ailleurs (1997).
pour Robert Charlebois, il écrit Nuage no 9 (1979), Meurs pas (1982), Les chiffres parlent (1982).
pour Yves Montand, il lui écrit ses dernières chansons comme L'Addition et Valentin.
pour Sylvie Vartan, il compose Aimer (1981), Le Dimanche et encore (1983), Liberté (1990), Petit Bateau (1997).
pour Michel Sardou, il co-écrit Chanteur de jazz en 1985, L'Acteur (1987), Tous les bateaux s’envolent (1987), Féminin comme, Salut, Road book

Parmi les autres interprètes de chansons composées par Jean-Loup Dabadie à cette époque, figurent notamment: Marcel Amont (Dagobert, L’École), Michèle Arnaud (La Maison), Barbara (Marie-Chenevance, 1971), Dalida (Le Clan des Siciliens, 1970), Juliette Gréco (Ta jalousie, 1974), Marie Laforêt (La Ballade de Clérambard) et Dominique Walter (Les Années 1970, L’Enfant sur la montagne), Petula Clark (Dans la ville, en 1973), Johnny Hallyday (J'ai épousé une ombre, 1983), Alice Dona (L'Homme aux bras fermés, 1980), Sacha Distel (Donne-moi la main encore, 1982), Patrick Juvet (Rêves immoraux, Le Saturnien, 1982), Nicoletta (Un homme, 1981), Richard Cocciante (Être aimé, 1993), Elsa (Tout le temps, tout le temps, 1993).

Il écrit aussi pour les acteurs: on lui doit le texte non chanté Maintenant je sais pour Jean Gabin, la chanson d'Hélène pour Michel Piccoli et Romy Schneider (1969).

Il se présente à l'Académie française: il échoue en 1989 (il avait récolté que 13 voix), et il est enfin élu le 10 avril 2008 au fauteuil de Pierre Moinot (pour 14 voix sur 25). Grâce à sa contribution, l'Académie renoue avec le cinéma, qui n'y était guère représenté depuis le décès de René Clair en 1981.

Côté vie privée, Jean-Loup Dabadie s'est marié trois fois:
- le 15 avril 1964 avec Geneviève Dormann (fille de l'ancien ministre Maurice Dormann), avec qui il a une fille Clémentine, qui deviendra productrice de télévision.
- le 30 avril 1969 avec Marie Dabadie, ancienne administratrice de l'Académie Goncourt, avec qui il a 2 fils : Clément et Florent (Florent Dabadie est devenu présentateur et reporter de télévision et radio au Japon).
- Dans les années 1980, il est en couple avec la comédienne Julie Arnold.
- Le 19 décembre 1997, il se marrie avec Véronique Bachet, sa dernière et actuelle épouse.


Romy Schneider et Jean-Loup Dabadie ont collaboré ensemble à travers les films de Claude Sautet. Dabadie est en effet le scénariste et dialoguiste des Choses de la Vie (1969), film pour lequel il recevra le prix Louis Delluc, un prix prestigieux et sélectif qui récompense le "meilleur film de l'année"; Pour le film, il écrira la chanson Hélène interprétée par Michel Piccoli et Romy Schneider.
On lui doit aussi les scénarios de Max et les Ferrailleurs (1971), César et Rosalie (1972 - qui lui vaut le prix de l'Académie française Jean Le Duc), et Une Histoire Simple (1978, écrit pour Romy Schneider, dont il se remémora le contexte à lire ici)

17/02/1971: Première de Max et les Ferrailleurs
- Juliette Greco, Michel Piccoli, Romy, Claude Sautet
et Jean-Loup Dabadie (reflet dans le miroir)
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A une interview accordée à Paris Match en 1993 (à lire en intégralité sur le site de Paris Match), il déclare:
Parlez-moi des femmes... Lorsque vous désirez une femme, vous la voyez avec les yeux d'un homme ou d'un auteur ?
Ce n'est pas la même chose. Je peux adorer un soleil noir de Calder, qui est accroché dans mon salon, mais je ne vais pas le peindre pour autant. Quand j'écrivais pour Romy Schneider, il y avait cette glaise merveilleuse dans laquelle je pouvais façonner des personnages que j'inventais. Je peux être à la fois fou de désir pour une femme et précipité par ce désir dans un abîme de réflexions et d'indécision... De l'extérieur, j'ai un contact facile avec les gens. De l'intérieur, je suis verrouillé.

26/11/1978, Les Rendez-Vous du Dimanche
émission de télévision: Romy, Michel Drucker,
Jean-Loup Dabadie et Claude Sautet
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19 mai 2020

Décès de l'acteur Michel Piccoli

La triste nouvelle est tombée hier -18 mai 2020: Michel Piccoli, 94 ans, est décédé le 12 mai 2020. Il se trouvait à Saint-Philbert-sur-Risle, un village de l'Eure, où il possédait une propriété avec son épouse, Ludivine Clerc.
Le communiqué transmis par l'AFP a annoncé: "Michel Piccoli s'est éteint le 12 mai dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d'un accident cérébral".

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Il a tourné dans plus de 200 films et téléfilms, laissant une empreinte indélébile sur le cinéma français.
Réactions de quelques personnalités:
- Gilles Jacob: "On ne dirigeait pas Piccoli. On le filmait. C'était inutile de lui donner des indications de jeu. Le personnage qu'il interprétait le guidait. Il accueillait l'évidence des choses de la vie".
- Brigitte Bardot: "Il avait du talent, de l'humour, et il aimait mes fesses. Nous avons interprété Le Mépris, mais partagé une grande estime réciproque. Les derniers embruns de la Nouvelle vague l'ont emporté me laissant seule sur la plage abandonnée."


Hommages TV

- mardi 19/05/2020, à 20h40 sur OCS Géant: le film "Le Mépris" de Jean-Luc Godard suivi à 22h25 du film "La poudre d'escampette".
- mardi 19/05/2020, à 21h15 sur C8: le film "Espion, lève toi" de Yves Boisset.
- mardi 19/05/2020, à 23h15 sur France 2: le film "Vincent, François, Paul et les autres" de Claude Sautet.
- jeudi 21/05/2020, à 22h40 sur Paris Première: le film "Max et les ferailleurs" de Claude Sautet.
- dimanche 24/05/2020, à 20h55 sur arte: le film "Les choses de la vie" de Claude Sautet, suivi à 22h20 du documentaire "L'extravagant Mnsieur Piccoli".
- lundi 25/05/2020 à 20h55 sur France 5: le film "Une étrange affaire" de Pierre Granier-Deferre.

Hommage presse:
Quotidiens nationaux de ce 19 mai 2020
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Hebdomadaires
Paris Match, 20/05/20 - France Dimanche, 22/05/20 - Gala, 22/05/20
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Biographie

Piccoli_Harcourt_1945  Fils d'un violoniste et d'une pianiste, Michel Piccoli naît le 27 décembre 1925 à Paris. Ses parents décident d'avoir un deuxième enfant qui sera Michel, pour combler le manque de la parte du premier: sans la mort d'un frère aîné, jamais il n'aurait vu le jour. Il s'intéresse très tôt au métier de comédien, et commence par faire de la figuration à l'âge de 20 ans et obtenant quelques petits rôles au cinéma. Mais c'est principalement au théâtre qu'il s'illustre dans le début de sa carrière, avec les compagnies Renaud-Barrault et Grenier-Hussot ainsi qu'au Théâtre de Babylone. Dans les années 1950, il joue sur scène sous la direction des metteurs en scène Jacques Audiberti, Jean Vilar, Jean-Marie Serreau, Peter Brook, Luc Bondy, Patrice Chéreau ou encore André Engel. Il se fait remarquer au cinéma pour le rôle qu'il tient en 1954 dans le film à succès French Cancan de Jean Renoir et rencontre un fort succès par le biais du petit écran en tournant dans des téléfilms populaires (Sylvie et le fantôme, Tu ne m’échapperas jamais, L’Affaire Lacenaire).

Côté vie privé, il se marie en 1954 avec l'actrice Eléonore Hirt avec qui il a une fille, Anne-Cordélia Piccoli, avec qui il restera malheureusement en froid.
En 1966, il se marrie avec la chanteuse Juliette Gréco qui le quitte au bout de 10 ans et en 1978, il se remarrie une 3ème et dernière fois avec la scénariste Ludivine Clerc, avec qui il adopte deux enfants d'origine polonaise, Inord et Missia.
Devenu athé après un deuil familial, il tourne en 1956 avec le réalisateur Luis Buñuel, connu pour son anticléricalisme, et prend ironiquement le rôle d'un prêtre dans La Mort en ce jardin.

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Michel et Juliette dans leur appartement rue de Verneuil, Paris
juste après leur mariage éclair le 12 décembre 1966.

Il devra attendre les années 1960 pour enfin accéder à la consécration qui prendra toute sa mesure dans les années 1970.
C'est en donnant la réplique à Brigitte Bardot en 1963 dans Le Mépris de Jean-Luc Godard qu'il est révélé au grand public. La fameuse désormais célèbre scène où Brigitte Bardot, allongée nue, énumère en questionnement toutes les parties de son corps, terminant par: ""Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ?" en s'adressant à son partenaire Michel Piccoli, va faire de l'acteur quarantenaire le séducteur du cinéma français. Il va décrocher les plus grands rôles masculins de la décennie (des années 1970), donnant la réplique aux plus belles actrices (Bardot, Romy Schneider, Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart), et tournant sous la direction des plus grands cinéastes du monde: des français (René Clair, René Clément, Alain Resnais, Agnès Varda, Jacques Demy, Alain Cavalier, Michel Deville, Claude Sautet, Claude Chabrol, Louis Malle, Jacques Doillon, Jacques Rivette, Léos Carax, Bertrand Blier), des européens (Luis Buñuel, Costa-Gavras, Marco Ferreri, Alfred Hitchcock, Jerzy Skolimowski, Marco Bellocchio, Ettore Scola, Manoel de Oliveira, Otar Iosseliani, Theo Angelopoulos, Nanni Moretti) et internationaux (Youssef Chahine, Raoul Ruiz, Hiner Saleem).

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avec Brigitte Bardot dans "Le Mépris" de Jean-Luc Godard, 1963

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avec Françoise Dorléac dans "Les Demoiselles de Rochefort" de Jacques Demy, 1966

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avec Catherine Deneuve dans "La Chamade" d'Alain Cavalier, 1968

Il devient l'un des acteurs fétiches de plusieurs réalisateurs:
- Il tourne 7 films avec Marco Ferreri, (Dillinger est mort, Y'a bon les blancs, Touche pas à la femme blanche !, La Grande Bouffe)
- Il tourne 6 films avec Luis Buñuel (Le Journal d’une femme de chambre (1964), Belle de jour (1967), La Voie lactée (1969), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972), Le Fantôme de la liberté (1974) et Cet obscur objet du désir (1977))
- Il tourne 4 films avec Claude Sautet (Les Choses de la vie, Max et les Ferrailleurs, Mado et Vincent, François, Paul... et les autres).

Dans les années 1980, il tourne sous la direction de jeunes réalisateurs (Doillon, Carax), obtient le prix d'interprétation au festival de Cannes en 1980 (il fera d'ailleurs parti du jury en 2007). L'un de ses derniers grands rôles remarqués est celui du Pape en 2011 dans Habemus Papam de Nanni Moretti.


Romy Schneider et Michel Piccoli, c'est une grande histoire d'amour et d'amitié, faite de liens privés comme professionnels.
Ils tournent 6 films ensemble, échelonnés sur 16 années: La Voleuse (1966), Les choses de la vie (1969), Max et les ferrailleurs (1971), Le trio infernal (1973), Mado (1976), La passante du sans-souci (1982).

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On connaissait leur indéfectible lien d'amitié,comme le racontait notamment l'acteur dans une interview accordée L'Express en 2000 : "Je la désolennisais parce que ce n'était pas seulement une actrice magnifique, c'était une star. Je l'appelais 'la schleu'. Je lui disais : 'Tu es moche aujourd'hui, mal maquillée'. Ça la rassurait que je lui parle ainsi. Les gens sont si méfiants à l'égard de ces personnes d'exception." Romy se sentait à l'aise auprès de Michel; elle pouvait être elle-même et non pas une star.

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Mais c'est seulement en 2015 que Michel Piccoli dévoilera qu'il a vécu une histoire d'amour avec Romy. Dans J'ai vécu dans mes rêves, un livre d'entretien avec Gilles Jacob, il se rappele de cette romance sans dévoiler de détails sur la période durant laquelle ils se sont rapprochés: "Elle et moi avons eu la faiblesse de nous laisser aller à des gestes pas toujours honnêtes, mais cela n'a jamais détruit, comme on dit, la grande amitié que l'on avait l'un pour l'autre."

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1 novembre 2019

Le producteur Robert Evans est décécé

Robert Evans est mort : le producteur star du "Parrain" avait 89 ans
29/10/2019 |
en ligne sur purepeople.com

Il aura marqué le cinéma américain par son flair et ses frasques. Le charismatique producteur Robert Evans est mort le 26 octobre dernier. Il laisse derrière lui une illustre filmographie : "Le Parrain", "Chinatown", "Love Story"...

 

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Evans en 1974 chez lui à Berverly Hills

Hollywood vient de perdre un de ses piliers. Le 26 octobre 2019, le producteur de cinéma Robert Evans est mort à l'âge de 89 ans, dans sa demeure de Beverly Hills. Ses proches n'ont pas encore précisé les circonstances de son décès. Après des débuts d'acteur dans les années 1950, l'Américain s'était illustré en tant qu'audacieux producteur à la tête des studios Paramount Pictures, à seulement 36 ans, en soutenant des films devenus des grands classiques du cinéma américain.

 Rosemary's Baby de Roman Polanski en 1967, Love Story d'Arthur Hiller en 1970, Le Parrain de Francis Ford Coppola en 1972, Gatsby le Magnifique en 1974... Autant de longs métrages initiés par Robert Evans, qui a offert ses plus belles années à la Paramount. Tout en restant à la tête de ces studios, il a également produit d'autres films populaires en son nom : Chinatown avec Jack Nicholson en 1974, qui lui valu sa seule nomination aux Oscars, Urban Cowboy avec John Travolta en 1980, The Cotton Club avec Richard Gere en 1984, Comment se faire larguer en dix leçons avec Kate Hudson et Matthew McConaughey en 2003...

robert_evans_et_ali-2 Robert Evans était tout aussi connu pour ses succès sur grand écran que pour ses frasques à la ville. Homme à femmes assumé, il a été marié sept fois à sept femmes différentes, dont Phyllis George, Miss America 1971, et l'actrice Ali MacGraw entre 1969 et 1972, mariage durant lequel le couple a eu un garçon, Josh Evans, également acteur. Leur union s'est terminée avec pertes et fracas puisque la jeune comédienne a quitté son mari pour Steve McQueen, rencontré sur le tournage de Guet-Apens en 1972. Les noces et divorces successifs de Robert Evans n'étaient pas ses seules extravagances à se retrouver en une des tabloïds puisqu'il a également été inculpé pour trafic de cocaïne en 1980.

"Je me souviens du charme, de la beauté, de l'enthousiasme, du style et du sens de l'humour de Bob Evans", a témoigné Francis Ford Coppola au magazine Variety à l'annonce de sa disparition. La Paramount a quant à elle rendu hommage à "l'héritage aussi riche et animé que sa personnalité".


Robert Evans a fréquenté Romy Schneider au cours de l'année 1972: ils ont affiché leur liaison à l'époque en sortant beaucoup en soirée. Cette année là, Evans se séparait d'Ali MacGraw et le mariage de Romy et Harry battait de l'aile.

 

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Robert Evans et Romy en 1972 à Paris


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23 septembre 2018

23/09/18: Hommage d'Alain Delon

Pour les 80 ans de Romy Schneider, Alain Delon a fait publier un message simple et sobre dans les colonnes du journal Le Figaro, pour son édition du 23 septembre 2018:

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7 décembre 2017

Décès de Johnny Hallyday

15/06/1943 - 06/12/2017

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> Romy et Johnny en 1964


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10 octobre 2017

Décès de Jean Rochefort

1930 - 2017

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L’acteur Jean Rochefort est mort
09/10/2017 |
en ligne sur lemonde.fr

Hospitalisé en août, le comédien, qui avait commencé sa carrière dans les années 1950, est mort à 87 ans dans un hôpital parisien dans la nuit de dimanche à lundi.

Le comédien Jean Rochefort, un des acteurs les plus populaires du cinéma français, est mort dans la nuit de dimanche à lundi 9 octobre 2017, a annoncé sa famille. L’acteur, qui avait commencé sa carrière dans les années 1950, est mort dans un hôpital parisien, il était hospitalisé depuis le mois d’août. Jean Rochefort a marqué le cinéma français pendant plusieurs décennies, du petit au grand écran. Immédiatement reconnaissable à sa voix chaude et sa belle moustache, Jean Rochefort a tourné près de 150 films, aussi bien de cinéma d’auteur que populaire. Sa longue carrière a été couronnée de trois Césars, pour ses rôles dans Que la fête commence en 1976, Le Crabe-Tambour en 1978, et un César d’honneur en 1999. 

De « Cartouche » au « Grand Blond »
Il faut attendre 1961 pour qu’il soit remarqué sur le grand écran. Jean-Paul Belmondo, ex-condisciple, l’impose aux producteurs de Cartouche, réalisé par Philippe de Broca. Le comédien va ensuite enchaîner les seconds rôles, chez Broca (Les Tribulations d’un Chinois en Chine, 1964, Le Diable par la queue, 1968) ou dans la série des Angélique, de Bernard Borderie. Jean Rochefort s’est ensuite fait connaître dans Le Grand Blond avec une chaussure noire, début de sa collaboration avec Yves Robert. Avec lui, l’acteur a tourné Salut l’artiste (1973), Le Retour du grand blond (1974) et surtout le diptyque Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977). Il restera fidèle au réalisateur dans les années 1990 et 2000. En 1973, il a tourné dans L’Horloger de Saint-Paul, de Bertrand Tavernier, un film qu’il considère comme un tournant majeur dans sa carrière. En savoir plus sur

Un recueil de souvenirs
Dans la filmographie pléthorique de l’acteur, surgissent des œuvres un peu oubliées – le très émouvant Un étrange voyage, d’Alain Cavalier (1981), des apparitions inattendues, chez Buñuel, dans Le Fantôme de la liberté (1974), et chez Robert Altman (Prêt-à-porter, 1994), ou des rôles taillés sur mesure comme celui du commandant dans Le Crabe-Tambour, de Pierre Schoendoerffer, qui lui permet d’obtenir le César du meilleur acteur en 1978. En 2013, il a publié Ce genre de choses, son premier livre, autobiographique, un recueil de souvenirs sur sa vie, son arrivée à Paris, son amour du théatre et de la scène. « La peur de la mort, ça c’est pas marrant. Je ne voudrais pas claquer tout de suite parce que j’ai encore plein de choses à faire », racontait-il à l’époque.


Jean Rochefort et Romy

> Partenaire de Romy
dans Les Innocents aux mains sales en 1975:

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> Dans les coulisses
de la Cérémonie des César le 03 avril 1976:
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28 août 2017

Décès de Mireille Darc

1938 - 2017

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L’actrice Mireille Darc est morte à l’âge de 79 ans 
28/08/2017 |
en ligne sur lemonde.fr

Pascal Desprez, son mari, a confirmé l’information, précisant que l’actrice était dans le coma depuis trois jours.

L’actrice Mireille Darc est morte lundi 28 août 2017 à l’âge de 79 ans a annoncé RTL, citant la famille de la comédienne. Pascal Desprez, son mari, a confirmé l’information à Europe 1, précisant que l’actrice était dans le coma depuis trois jours.

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Née Mireille Aigroz le 15 mai 1938 à Toulon (Var), elle avait choisi son pseudonyme en référence à Jeanne d’Arc. L’actrice emblématique des années 1960 et 1970 avait tourné dans une cinquantaine de longs-métrages pour le cinéma.

En 1963, elle a déjà une dizaine de films à son actif quand elle tourne pour la première fois avec Georges Lautner, qui en fait une vedette avec Des pissenlits par la racine, puis Les Barbouzes un an plus tard. Elle participera en tout à treize films du réalisateur.
En 1972, la comédie Le grand blond avec une chaussure noire, d’Yves Robert, avec Pierre Richard, la montre dans une robe noire signée Guy Laroche, dénudant largement son dos. Son image de sex-symbol s’installe durablement, l’actrice est volontiers comparée à Brigitte Bardot et même à Marilyn Monroe.

Une seconde carrière à la télévision
Celle qui fut la compagne d’Alain Delon pendant quinze ans avait connu une traversée du désert dans les années 1980, en raison de graves ennuis de santé. Atteinte depuis l’enfance d’un souffle au cœur, elle subit, en 1980, une opération à cœur ouvert, avant d’être de nouveau opérée en 2013. En septembre 2016, elle avait été hospitalisée à Paris à la suite de deux hémorragies cérébrales consécutives.
Délaissée par le cinéma, Mireille Darc était revenue dans les années 1990 sur le devant de la scène par la télévision, renouant avec la popularité dans des rôles de femme décidée et indépendante dans plusieurs séries. Elle tourne notamment dans des téléfilms populaires tels que Les cœurs brûlés ou Les yeux d’Hélène.
A la même époque, elle se lance dans la réalisation de documentaires, sur les greffes d’organes, le cancer, la prostitution ou, plus récemment, en 2015, les femmes sans-abri. Le dernier qu’elle avait tourné portait sur l’excision. Il doit être prochainement diffusé sur France 2.

Dès l’annonce du décès de l’actrice, Françoise Nyssen, ministre de la culture, a salué « une grande figure du cinéma français », « une femme de courage et d’engagement ».
« Longue/mince/belle/frangée de blond/l’œil rieur, elle a incarné la liberté de la femme dans toute sa splendeur. Le chic français. Chère Mireille ! », a pour sa part écrit sur Twitter Gilles Jacob, l’ancien président du Festival de Cannes.


Mireille et Romy
Compagne d'Alain Delon dès 1968 et pendant 15 ans,
Mireille s'est retrouvée aux côtés de Romy et d'Alain
à diverses soirées et manifestations publiques:
> A la Première Les Choses de la Vie le 13 mars 1970:
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> A une Soirée au Lido le 13 décembre 1973:
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> Au Gala d'hommage à Visconti le 28 septembre 1980:
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> A la Première Pour la peau d'un flic le 8 septembre 1981:
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3 août 2017

Décès de Jeanne Moreau

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Jeanne Moreau est morte à l’âge de 89 ans
31/07/2017 |
en ligne sur lemonde.fr

L’actrice, à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs, a été retrouvée morte à son domicile parisien.

La comédienne, chanteuse, actrice et réalisatrice Jeanne Moreau est morte lundi 31 juillet 2017 à l’âge de 89 ans, a annoncé son agent à l’Agence France-Presse lundi. L’actrice à la beauté sensuelle et à l’inimitable voix grave, qui a fasciné les plus grands réalisateurs au cours d’une carrière de soixante-cinq ans, a été retrouvée morte à son domicile parisien, a précisé Jeanne d’Hauteserre, maire du 8e arrondissement. Elle a été retrouvée par sa femme de ménage tôt lundi matin, selon plusieurs sources.
Née le 23 janvier 1928 à Paris d’un père restaurateur et d’une mère danseuse anglaise, l’inoubliable interprète de la chanson Tourbillon dans Jules et Jim, de François Truffaut, a tourné dans plus de 130 films. Le président Emmanuel Macron a rendu hommage à « une artiste qui incarnait le cinéma dans sa complexité, sa mémoire, son exigence ».
« Il est des personnalités qui à elles seules semblent résumer leur art. Jeanne Moreau fut de celles-ci. (…) Sa force fut de n’être jamais où on l’attendait, sachant s’échapper des catégories où trop vite on aurait voulu la ranger. Telle était sa liberté, constamment revendiquée, mise au service de causes auxquelles elle croyait, en femme de gauche ardente, toujours rebelle à l’ordre établi comme à la routine. »
« Dans une société corsetée, elle aura montré à toute une génération de femmes le chemin de l’émancipation et de l’affranchissement, a rappelé l’ancien ministre de la culture Jack Lang. Envoûtante et inoubliable, Jeanne Moreau nous entraînera toujours dans le tourbillon de la vie pour nous émouvoir et nous émerveiller inlassablement. »
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a rendu hommage à une actrice dont le talent « a marqué la culture européenne » et dont le travail a « toujours reflété les valeurs de l’Union ». « Jeanne Moreau a marqué avec son talent la culture européenne et son art continuera à charmer et à enchanter tous les publics bien après sa disparition », a-t-il affirmé dans un communiqué.
Le monde de la culture lui a également rendu hommage. Brigitte Bardot a salué la « personnalité hors du commun » de l’actrice, avec qui elle avait partagé l’affiche dans Viva Maria en 1965. « J’ai beaucoup de chagrin. Jeanne était avant tout une femme belle, intelligente, séduisante, avec une voix et une personnalité hors du commun, qui ont fait d’elle une actrice aux multiples facettes », a-t-elle souligné dans un communiqué.
« Jeanne Moreau a eu une vie extraordinaire. Je crois que tout le monde l’aimait. Je garde le souvenir d’une femme libre, d’une femme très libre (…) », a pour sa part dit l’acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky sur RTL.
Panthéon filmique
Jeanne Moreau passe une partie de son enfance à Vichy, avant de revenir s’établir avec sa famille à Paris, où elle achève ses études secondaires. A l’adolescence, elle se prend de passion pour le théâtre. A 19 ans, après le Conservatoire, elle fait ses débuts à la Comédie-Française, qui représente pour elle « la discipline, l’exactitude ». Un choix que désapprouve son père, qui la jette dehors. Un antagonisme profond la sépare de son père, « un homme élevé par des parents du XIXe siècle » qui supportait également mal que sa femme lui échappe. « Ça m’a rendue enragée de voir comment une femme pouvait se laisser malmener », confiait-elle. Son goût pour la lecture lui vient de son oncle, « un homme extraverti » qui lui donnait des livres – « ce qui était interdit, j’ai toujours lu en cachette » –, et lui payait des cours de danse. « J’ai découvert la sexualité sur le tard, à travers les livres et parce qu’on a vécu dans un hôtel de passe à Montmartre » à Paris, s’amusait cette grande séductrice.
C’est sur les planches qu’elle fait ses premiers pas – elle jouera dans une soixantaine de pièces tout au long de sa carrière. En 1946, elle rentre comme auditrice au Français. Elle se fait remarquer quelques années plus tard alors qu’elle joue le rôle d’une prostituée dans la pièce d’André Gide Les Caves du Vatican, mise en scène par Jean Meyer en 1950. Un an plus tôt, elle entame une carrière au cinéma, avec Dernier amour, de Jean Stelli, sorti en 1949. La même année, Jeanne Moreau se marie avec l’acteur et réalisateur Jean-Louis Richard et donne naissance à leur fils, Jérôme, avant de divorcer en 1951. Plus tard, son ex-époux devient le coscénariste attitré de François Truffaut, sous la direction duquel Jeanne Moreau tournera, en 1962, Jules et Jim, l’histoire d’un triangle amoureux tragique. Elle y chante Le Tourbillon de la vie et incarne une amoureuse affranchie, emblématique des héroïnes modernes qu’elle va régulièrement camper pour le cinéma.
Mais c’est avant sa rencontre avec le réalisateur des Quatre cents coups qu’elle joue un rôle décisif pour sa carrière, celui d’une amante complice du meurtre de son mari, dans Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle, sorti en 1957. Les années 1960 sont fastes et assoient son statut de star internationale. Elle tourne Le Procès (1962), sous la direction d’Orson Welles, avec qui elle tournera de nombreux films, dont Une histoire immortelle. Fidèle à ses metteurs en scène, à qui elle a apporté sa confiance avant qu’ils n’entrent au panthéon des cinéastes, elle retrouve Louis Malle pour Les Amants (1958), Le Feu follet (1963) et Viva Maria ! (1965). Arborant une chevelure blond platine, elle se transforme pour les besoins du film de Jacques Demy La Baie des Anges (1963), où elle incarne une flambeuse doublée d’une femme fatale. Tout au long de sa carrière, elle s’entoure des plus grands réalisateurs, comme Buñuel, dans Journal d’une femme de chambre, Antonioni dans La Notte, Losey dans Eva ou, plus tard, Wenders dans Jusqu’au bout du monde. En 1974, elle donne la réplique à Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, dans Les Valseuses, de Bertrand Blier. Le film fait scandale.
Multiples récompenses
Deux ans plus tard, elle passe à la réalisation, avec Lumière, un film sur l’amitié féminine dans lequel elle se met en scène au côté, notamment, de Lucia Bosé, sa partenaire dans Nathalie Granger. Dans ses autres films et documentaires, elle rend hommage aux actrices de son époque. En 1992, elle reçoit le César de la meilleure actrice pour La vieille qui marchait dans la mer, un film réalisé par Laurent Heynemann. Lauréate du prix d’interprétation féminine 1960 à Cannes pour Moderato cantabile de Peter Brook, elle fut la seule comédienne à avoir présidé deux fois le jury de ce festival, en 1975 et 1995. Elle y a aussi été plusieurs fois maîtresse de cérémonie. En 1998, elle obtient un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, ainsi qu’un César d’honneur en 1995. Plus de dix ans plus tard, elle reçoit un « Super César d’honneur » lors des César 2008. A la veille de ses 80 ans, elle reconnaissait avoir vécu dans son métier des moments de passion qu’elle n’avait pas vécus dans sa vie. « On dit toujours qu’en vieillissant les gens deviennent plus renfermés sur eux-mêmes, plus durs. Moi, plus le temps passe, plus ma peau devient fine, fine… Je ressens tout, je vois tout », notait-elle avec son phrasé inimitable.

Jeanne et Romy
> Elles se rencontrent au Festival de Cannes le 8 mai 1962.
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> Elles ont partagé l'affiche des films: Le Procès, d'Orson Welles (1962),
et Les Vainqueurs de Carl Foreman (1963),
bien qu'elles ne partagent pas de scènes communes dans aucun des films.
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