Anouk Grinberg - 1992: neuvième lauréate du Prix Romy Schneider - Vincent Perez reçoit le prix Jean Gabin
Anouk Grinberg naît le 20 mars 1963 à Uccle (en Belgique). Son père, Michel Vinaver est dramaturge. Anouk Grinberg fait ses premiers pas sur les planches dès l'âge de 12 ans dans Remagen d'Anna Seghers mis en scène par Jacques Lasalle. Malgré quelques apparitions au cinéma à partir de 1976 (Mon coeur est rouge de Michèle Rosier, en 1976; Tapage nocture de Catherine Breillat en 1979), la jeune fille commence des études d'ethnologie et se consacre au théâtre: Faust ou la fête électrique de Gertrude Stein mis en scène par Richard Foreman; La Cruche cassée de Heinrich Von Kleist etL'Ecole des femmes de Molière, mises en scène par Bernard Sobel. Elle travaillera à trois reprises avec Alain Françon: dans L'Ordinaire etLes Voisins de Michel Vinaver, puis dans Noises d'Enzo Cormann.
C'est en 1986 qu'elle revient au cinéma, dans des rôles secondaires: Last Song de Dennis Berry, La Vallée fantôme d'Alain Tanner (1987), L'Enfant de l'Hiver d'Olivier Assayas (1989), J'entend plus la guitare de Philippe Garrel (1991). Puis, c'est la rencontre avec Bertrand Blier qui va la révéler au grand public, et dont elle devient la muse et la compagne (ils ont eu ensemble un fils). Ils tournent trois films ensemble avant de se séparer: Merci la vie (1991) qui lui vaut le Prix SACD Suzanne Bianchetti, le Prix Arletty, le Prix Michel Simon 1990, une Nomination aux Césars et le Prix Romy Schneider en 1992; puis Un, deux, trois, soleil(1993) et Mon homme (1995 - qui lui vaut le Prix d'Interprétation Féminine au Festival de Berlin).
12 mars 1992 - Vincent Perez (Prix Jean Gabin) et Anouk Grinberg (Prix Romy Schneider). Anouk reçoit son prix des mains d'Alain Delon Anouk Grinberg et Bertrand Blier
> video - JT 1992 :
Malgré de jolis rôles dans Un héros très discret de Jacques Audiard (1996), Disparusde Gilles Bourdos (1997), elle se fait plus discrète au cinéma, espacant ses rôles: Entre chiens et loups d'Alexandre Arcady (2001),Les petites couleurs de Patricia Plattner (2002), Une vie à t'attendre de Thierry Klifa (2004), Fragments d'Antonin (2006). Elle tourne aussi de temps en temps pour la télévision: Ma meilleure amie d'Elizabeth Rappeneau (2004), Le procès de Bobigny (2005), Voici venir l'orage de Nina Companeez (2007), Camus (2010), Le Sang de la Vigne (2016) et la série Kaameloot (entre 2007 et 2009); tout en poursuivant le théâtre: des rôles dans La Preuve (2002), Grand et petit (2005), Les Fausses Confidences (2010), Haïm - à la lumière d'un violon (2012), La Révolte (2015); et des lectures de Marina Tsvetaïeva (pour Une génération sacrifiée en 2012), de Marilyn Monroe (pour Les Carnets de Marilyn Monroe en 2011), de Rosa Luxembourg (pour Rosa, la vie en 2006 et 2009). Depuis plusieurs années, elle expose également ses dessins et peintures (à Paris et Bruxelles), et prête sa voix pour des CD de lectures (Rosa la vie, lettres de prison en 2008), Pinocchio, Alice aux pays des merveilles et Louise Michel: lettres à Victor Hugo en 2009.
Sa nièce Louise Grinberg est aussi comédienne (Entre les murs en 2008, 17 filles en 2011, Respire en 2014). Depuis janvier 2003, Anouk partage la vie du mathématicien Michel Broué, qu'elle a épousé en 2016. En 2011, elle est décorée "Chevalier des Arts et Lettres" par le ministre de la culture Frédéric Mitterand.
Documentaire - Alain Delon, cet inconnu Durée: 1h35min Réalisation: Philippe Kohly Année: 2015 Pays: France (Documentaire diffusé le 02/11/2015 sur France 3)
Alain Delon a tout au long de sa carrière fasciné le public autant pour ses zones d'ombre que sa beauté solaire. En partant des premières blessures intimes de l'icône, ce documentaire en dresse le portrait le plus complet à ce jour. L'ex-petit zonard de banlieue, dont le destin a dévié vers les sommets du 7e art, se révèle moins arrogant que son personnage public, habité par une forme de désespoir.
Dans les années 1950, un apprenti charcutier de Bourg-la-Reine quitte son travail pour partir en Indochine. Le jeune Alain Delon cherche ainsi à clore une enfance singulière, prise entre sentiment d'abandon (ses parents ont divorcé, son père a disparu) et d'enfermement (il a longtemps vécu à la prison de Fresnes où le mari de sa nourrice est gardien). Mais son indiscipline lui vaut d'être exclu par la Marine nationale. De retour en France, il fréquente le Paris nocturne et interlope, ce qui le rapproche du milieu du cinéma, sans que l'idée de devenir acteur ne l'effleure un instant...
Alain n'est pas Delon Au contraire de son grand rival Jean-Paul Belmondo, à l'image plus consensuelle, l'acteur du Guépard a tout au long de sa carrière fasciné le public autant pour ses zones d'ombre que sa beauté solaire, à l'image de Plein soleil. En partant des premières blessures intimes de l'icône, le documentaire de Philippe Kohly en dresse le portrait le plus complet à ce jour. L'ex-petit zonard de banlieue, dont le destin a dévié vers les sommets du septième art, se révèle moins arrogant que son personnage public, habité par une forme de désespoir. Passant au tamis cinq décennies d'interviews, de révélations, et ses plus grands films, Philippe Kohly aboutit à cette conclusion: Alain Delon n'existe pas. Il est un personnage incarné par un garçon abandonné pour gagner la liberté et la gloire.
Documentaire - Luchino Visconti, entre vérité et passion
Durée: 59min Réalisation: Elisabeth Kapnist, Christian Dumais-Lvowski Année: 2015 Pays: France
Fasciné par la transgression, le mal et l’interdit, Luchino Visconti a bâti une oeuvre marquante et troublante. Du "Guépard" à "L’innocent", des "Damnés" à "Mort à Venise", ce documentaire déroule un fil chronologique pour mettre en perspective son cinéma et sa vie. Nourri d’émouvants témoignages, le portrait contrasté d’un créateur à la personnalité complexe.
Né à Milan en 1906, Luchino Visconti a vécu une enfance et une jeunesse dorées dans le luxe rococo d'un palais familial, entre des parents exigeants et aimants. Son père, descendant d’une longue lignée d’aristocrates apparentés à la famille régnante de Savoie, joue la comédie en amateur. Sa mère, issue de la grande bourgeoisie et héritière d’un groupe pharmaceutique, aime tout ce qui est beau. "Il n’avait aucun complexe par rapport à ses origines aristocratiques et à sa fortune personnelle, mais il avait un impératif dans la vie : le travail", note Caterina D’Amico, conservatrice des archives Visconti à l’Institut Gramsci de Rome et fille de Suso Cecchi D’Amico, scénariste fétiche du maître italien. À l’adolescence, brièvement fasciné par les funestes promesses du fascisme et du nazisme, il leur tournera le dos après une gifle paternelle, confie son neveu et filleul, Luchino Gastel. Ayant rejoint la route des communistes et, pendant la Seconde Guerre mondiale, celle de la Résistance – une de ses fiertés –, il est devenu cinéaste grâce à sa rencontre avec Jean Renoir, dont il a été l’assistant. Bourreau de travail, il tourne, met en scène Maria Callas à la Scala, monte au théâtre les classiques mais aussi Cocteau, Sartre ou Tennessee Williams, et dirige même sur les planches Alain Delon, qu’il vient de filmer dans Rocco et ses frères : "Je n’aurais pas pu trouver meilleur professeur que Visconti", assure alors le jeune acteur…
Fin lettré
Fasciné par la transgression, le mal et l’interdit, Visconti a bâti une œuvre marquante et troublante. D’Ossessione à L’innocent, des Damnés à Mort à Venise, Élisabeth Kapnist déroule un fil chronologique pour mettre en perspective son cinéma et sa vie. Réunissant extraits de films, interviews, témoignages et images d’archives, son film donne l’occasion d’entendre la fine fleur du cinéma transalpin (Magnani, Mastroianni…) s’exprimer dans un français impeccable. Partant sur les traces du cinéaste au travers des lieux qui ont marqué son existence – du berceau familial milanais à Rome, où il a vécu jusqu’à sa mort en 1976, il y a quarante ans –, ce portrait dessine davantage que l’itinéraire d’un homme hors du commun : il redonne vie à un monde à jamais disparu.
Année: 2016 Réalisation: Pascal Forneri Journal intime lu par Isabelle Carré Production: No One Producteur: Jean-Paul Boucheny Pays: France Durée: 105 min Diffusé en France le 11 novembre 2016
Présentation: Romy Schneider a tourné avec les plus grands. Elle a illuminé l'écran dans «Sissi impératrice», «La Piscine», «César et Rosalie» et «Le Vieux Fusil». Elle est devenue une référence pour les générations d'actrices qui l'ont suivi. Et pourtant, sa vie fut une succession de chagrins, d'échecs et de blessures profondes. Ce documentaire, à base d'extraits de ses films, de documents d'archives et d'interviews audio, raconte Romy sur pellicule et dans sa vie privée. Le film est ponctué d'extraits de son journal intime, lu par la comédienne Isabelle Carré, qui constituent un témoignage saisissant sur ses états d'âme. Avec les témoignages de (en voix off): Jane Birkin, Serge Bromberg, Jean-Claude Carrière, Jean-Loup Dabadie, Raymond Danon, Michelle de Broca, Costa-Gavras, Denys Granier-Deferre, Gérard Klein, Jean-Louis Livi, Philippe Sarde, Hanna Schygulla.
Romy Schneider en essayages de vêtements Yves Saint Laurent, dans la maison de couture YSL de l'hôtel particulier luxueux rue Spontoni, à Paris, au printemps 1969.
>captures (captures extraites du documentaire "Romy, de tout son coeur")
Alain Cavalier, le réalisateur du film Le Combat dans l'île est interviewé en 1962 et évoque Romy Schneider: "Romy Schneider, cette petite autrichienne qui avait fait sa fortune dans la confiserie viennoise, et que j'ai vu arriver sur mon plateau pour jouer un rôle de française, en français, avec tant de sensibilité, tant d'intelligence et de naturel; je crois que c'est une forme de, disons le mot, c'est une forme de génie. Elle a une forme de génie."