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Romy Schneider en images

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NAVIGUATION
28 mai 2011

11/06/1960 Romy et Alain à Rome

Romy Schneider et Alain Delon le 11 juin 1960 
à leur départ de la capitale italienne. 

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26 mai 2011

Les critiques de Scampolo

Mademoiselle Scampolo
Lecritiques

Frankfurter Allgemeine Zeintung - 28/04/1958
On ne peut guère re reprocher au film "Scampolo" d'avoir été fait sans esprit, ni d'être bien enlevé. C'est une histoire présentée à la manière d'une opérette, dont l'action se déroule à Ischia. Une gamine timide et quasi sans abri tente de gagner quelques lires en jouant au guide dans un autocar et s'embarque dans une exaltante histoire d'amour avec un architecte presqu'aussi démuni qu'elle. Le rôle de Scampolo est tenu par Romy Schneider et c'est un plaisir dans réserve pour le critique de célébrer le charme et le tempérament de cette jeune femme, par ailleurs déjà très appréciée. Paul Hubschmid se tire convenablement de son rôle d'architecte simplet. Quand aux touristes du car, ils sont "mis en boîte" en quelques séquences d'une cocasserie intentionnelle, mais de bon goût. Réalisé par un vieux metteur en scène confirmé: Weidenmann.

Le Figaro - 21/07/1959 - Louis Chauvet
Mademoiselle Scampolo:
Les auteurs sont Allemands. Le décor est Napolitain. Genre: une comédie germanique légèrement guindée, solennelle et qui voudrait se donner à tout prix l’aire néoréalistes. Un groupe d’étranges protagonistes évolue dans la petite île d’Ischia et sur les volcaniques alentours. Ce sont des comédiens allemands qui parlent allemands mêlés à des indigènes dont le pur bavardage latin compose les « bruits de fond » dans un style proche du style créé jadis par Cesare Zavattini. Le sergent des carabiniers, le bohème incorrigible, personnages typiquement locaux, on un irréfutable aspect d’outre-Rhin – forte carrure, accent guttural, gestes sobres – et leur déguisement ne trompent guère. Dans le rôle d’une « Sciuscia-ciceronette » surnomée Scampolo, Mlle Romy Schneider utilise la même langue que Sissi. Les figurants observent d’ailleurs les interprètes principaux avec une visible curiosité qui ne rappelle ni de près, ni de loin, celle d’un natif à l’égard d’un compatriote. Au total, un petit film hybride, pas trop ennuyeux à cause du soleil, des paysages et du modèle choisi par les auteurs dans leur propos imitatif: pas très drôle non plus car l’imitation reste fatalement vague sinon gênante (songez… une évocation de Naples où les Napolitains les plus en vus sont Allemands…). Seule Romy Schneider, enjouée, primesautière, malicieuse, pourrait obtenir un droit de cité partiel. Elle a le sourire de celles à qui le soleil fait mal aux yeux sans toutefois que le soleil leur déplaise. Elle semble avoir bien observé les gosses de la rue dans le Sud de l’Italie. Mais Paul Hubschmid, Siegfried géant, éprouve quelque peine à s’identifier à la race des Raf Vallone.

Les Lettres Françaises - 23/07/1959 - Simone DUBREUILH
Scampolo : Drôle de salade:
Ca se passé à Ischia, en Italie. Plein soleil, touristes et ciel bleu. C’est signé d’un réalisateur allemand des plus médiocres : Alfred Weideman. C’est joué, dans le rôle d’une gamine italienne mutine, fraîche et tendre, chargée de guider les touristes de tout poil à travers les beautés de l’île par Romy-Sissi-Schneider. C’est parlé « allemand » même par les acteurs italiens dont nous connaissons dès longtemps la trogne et le comportement. C’est insupportable, c’est niais. Il est bien entendu probable que les Allemands ne supportent pas mieux un film situé en Italie et parlé en français mais cela n’ôte rien à notre irritation, à nous Français. Et puis RomySissi ou SissiRomy (comme vous voudrez) est devenue si insipide à force d’être mal utilisée que le cœur vous en tourne. Son partenaire Paul Hubschmid est avantageux, bellâtre et non moins Allemand qu’elle. Drôle de salade, et cinéma au-dessous de zéro..

Radio Cinéma Télévision - 02/08/1959 - Jean d’YVOIRE
Scampolo : La fraîcheur sans danger de Romy Schneider:
La comédie viennoise ou munichoise, selon une recette vieille de près de 30 ans, comporte un brin de sentiment, un peu d’humour et une large, très large dose de crème fraîche. Non pas fraîche quant à l’invention, car Dieu sait combien les situations dramatiques y sont conventionnelles, mais plutôt par le sourire de quelque ingénue. La crème en question emprunte ici les traits de Romy Schneider. Il paraît qu’elle serait orpheline - apitoyez-vous – seule dans la vie – venez vite la protéger – et ingénue jusqu’au bout des ongles – battez, cœurs romantiques. Un jeune architecte impécunieux (mais de talent) en saura quelque chose. Nous n’avons rien contre Romy, ni contre les idylles innocentes à la « Sissi » ou à la « Scampolo ». Mais constatez avec moi que seul le travesti change chaque fois autour des dents blanches, amours fraîches de la jeune Viennoise. Le travesti à la napolitaine – cela se passe sur l’île d’Ischia, où Scampolo est censée gagner sa dure vie comme guide touristique – rappelle malheureusement un peu trop que la Besagliera, avec les atouts incendiaires de Gino, est déjà passée par les sentiers de « Pain, Amour… ». Rien n’empêcherait, après tout, de faire sourire Romy dans un cadre plus approprié au style germanique. Car, traitée par l’Allemand Weidenmann, la comédie perd tout son charme à l’italienne, réduit à deux ou trois clichés indéfiniment répétés. Deux amoureux terriblement peu méditerranéens – l’un rouquin et joufflu sous l’uniforme de carabinier, l’autre (Paul Hubschmid) étant à peu près la version allemande de Jean-Claude Pascal – ne contribuent guère, par leurs silences inexpressifs, à l’atmosphère locale ni à l’attrait comique. L’histoire en devient aussi longue et sans surprise que dans un magazine de cœur. Les fidèles de Romy y trouveront aliment à leur passion. Mais les amateurs de cinéma n’y verront qu’un spectacle d’été léger par la substance, sinon par le style.

25 mai 2011

videos - extraits de Scampolo

Mademoiselle Scampolo

divers extraits de scènes du film

> Vidéo 1

> Vidéo 2

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21 mai 2011

Exposition Romy Schneider du 7 au 21 mai 2011

Fontenoy-la-Joûte
(département de Meurthe et Moselle)

Exposition Romy Schneider
Du 7 au 21 mai 2011

Voici quelques photographies de l'exposition,
Un grand merci à Jean-Claudequi m'a transmis
les clichés de son exposition.

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Gallerie Daniel Mengotti,
39 bis rue division Leclerc
De 14h à 18h en semaine
De 10h à 18h le week-end

14 mai 2011

vidéo - extrait de Scampolo

Mademoiselle Scampolo

> Exrait du film Mademoiselle Scampolo, en allemand

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7 mai 2011

TV - Nous nous sommes tant aimés

gif_tv_zapMercredi 11 mai 2011 à 16h05 sur France3

Documentaire
 - Nous nous sommes tant aimés
nousnoussommes
Pays: France
Année: 2010
Durée: 30mn
 Réalisation: Jerome Revon
Source >> le sitede france3.fr

Résumé: Le parcours de vie de Romy Schneider.

4 mai 2011

Exposition Romy Schneider du 7 au 21 mai 2011

Fontenoy-la-Joûte
(département de Meurthe et Moselle)

Exposition Romy Schneider
Du 7 au 21 mai 2011

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Voici l'affiche de cette exposition organisée à Fontenoy-la-Joûte, surnommé le "village du livre" qui organise une exposition en hommage à Romy Schneider, présentée par un collectionneur qui expose photos, affiches, articles de presse, peintures, cartes postales, livres, scénarios et autographes.

RDV à la Gallerie Daniel Mengotti,
39 bis rue division Leclerc
De 14h à 18h en semaine
De 10h à 18h le week-end

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4 mai 2011

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Portraits de Romy Schneider en foulard et lunettes noires
 vers 1957

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copyright text by GinieLand.

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24 avril 2011

L'actrice Marie-France Pisier est décédée

L'actrice Marie-France Pisier est décédée

article publié sur leparisien.fr
le 24 avril 2011

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L'actrice Marie-France Pisier, âgée de 66 ans, est décédée dans la nuit de samedi à dimanche à Saint-Cyr-sur-Mer (Var) où elle résidait, a-t-on appris auprès de la mairie de la commune.

 L'actrice Marie-France Pisier, âgée de 66 ans, est décédée dans la nuit de samedi à dimanche à Saint-Cyr-sur-Mer (Var) où elle résidait.

Le corps de l'actrice Marie-France Pisier a été retrouvé par son mari dans la piscine de la résidence du couple. «Le corps a été retrouvé vers 4 heures par son mari dans la piscine», a déclaré à l'AFP un magistrat du parquet de Toulon, qui a ouvert une enquête pour «recherche des causes de la mort».
«Il ne s'agit pas d'une enquête criminelle», a précisé le magistrat.

Selon la même source qui a ordonné une autopsie, «le corps ne portait pas de trace de violence externe». L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Toulon.

Selon une source proche du dossier, c'est le gardien de la propriété privée de Marie-France Pisier qui, dans la nuit, a alerté les secours pendant que son époux sortait le corps de la piscine. Quelques instants plus tôt, le mari s'était aperçu de l'absence de son épouse dans la villa. Il avait alors entrepris de la chercher. C'est en sortant dans le jardin qu'il a découvert le corps, selon ses déclarations aux enquêteurs.

Les premiers éléments de l'enquête n'ont pas laissé apparaître un état dépressif chez l'actrice, qui «avait des projets professionnels et avait confirmé sa présence à l'hommage qui sera rendu à Jean-Paul Belmondo, en mai au Festival de Cannes», a souligné une source proche de l'enquête.

Révélée par François Truffaut

Selon le maire de Saint-Cyr-sur-Mer, Philippe Barthélémy, «Mme Pisier vivait sur la commune d'une façon très discrète» qui n'a pas pu préciser depuis quand l'actrice résidait dans sa commune. 

Souvent présentée comme un second rôle de grande envergure, Marie-France Pisier a débuté sa carrière d'actrice en 1961, repérée par François Truffaut grâce à une photo prise en famille dans les rues de Nice. Elle joue alors dans une troupe de théâtre amateur. Le réalisateur recherche une adolescente pour donner la réplique à Jean-Pierre Léaud alias Antoine Doisnel dans «Antoine et Colette», l'un des sketches de «L' Amour à vingt ans».

En 1979, on retrouve cette actrice au regard clair et lumineux dans ce personnage de Colette pour «L'Amour en fuite», dernière aventure de Doinel, coécrite par la comédienne. Après des films de genre de Robert Hossein, elle devient égérie du cinéma d'auteur, apparaissant dans les univers oniriques de Robbe-Grillet, Luis Buñuel, Jacques Rivette et surtout du jeune André Téchiné. Grâce à ce dernier, elle obtiendra deux fois le César du Meilleur second rôle, pour «Souvenirs d'en France» en 1976 et Barocco en 1977.

Plus rare dans les années 90

En 1976, année de la consécration, les Césars récompensent aussi l'actrice pour sa prestation dans «Cousin, cousine» de Jean-Charles Tacchella, chronique sentimentale dont le succès aux Etats-Unis lui permet de tenter sa chance à Hollywood (The Other side of midnight). Rebelote en 1977, avec un César similaire pour «Barocco» d'André Téchiné.

Intellectuelle engagée dans les combats de son époque, Marie-France Pisier prend aussi part à plusieurs succès populaires. Elle est notamment la partenaire de Jean-Paul Belmondo dans «L'as des as» en 1982 et campe une productrice cynique dans «Le Prix du danger».

Plus rare dans les années 90, elle trouve cependant un de ses plus beaux rôles, celui d'une bourgeoise en mal d'enfant, dans «Marion» de Manuel Poirier en 1996. En George Sand dans «La Note bleue», elle interprète aussi Mme Verdurin dans «Le Temps retrouvé» de Ruiz.

Pour ses deux passages derrière la caméra, elle se penche sur son histoire familiale : une enfance en Nouvelle-Calédonie («Le Bal du gouverneur», adaptation d'un de ses romans en 1990) et le décès de ses parents («Comme un avion» en 2002). Tournant pour des jeunes auteurs comme Ferreira Barbosa et Christophe Honoré, elle apparaît encore en 2006 à l'affiche du film «Dans Paris».


Hommage photos

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Marie-France fut la partenaire de Romy Schneider
dans le film La Banquière en 1980.

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24 avril 2011

Delon : Il les a tant aimées

Delon : Il les a tant aimées

article publié sur parismatch.com
le 20 avril 2011

Dans un magnifique album photo, le plus pudique des acteurs rend hommage aux femmes de sa vie
Un entretien avec Michel Drucker - Paris Match

Photographie supprimée
à la demande de Monsieur Guillaume Gaffiot

Avec Michel Drucker, à la terrasse de chez Laurent sur les Champs-Elysées,
Alain feuillette son album « Les femmes de ma vie » (éd. Carpentier).
| Photo Guillaume Gaffiot / Visual Press 

Je le connais depuis longtemps, et pourtant nos tête-à-tête ont été rares. La pudeur sans doute, qui a souvent peur de ces rendez-vous parce qu’ils sont quelquefois faits de ­silence. Notre amitié est née bien sûr sur les plateaux de la télévision, dans les années 70. Mais aussi sur certains tournages. Je me souviens m’être fait tout petit sur le plateau du « Cercle rouge » et du « Clan des Siciliens ». Ce déjeuner avec « le lion », je m’y suis préparé depuis plusieurs jours parce qu’avec Alain on ne sais jamais quelle sera la météo du ­moment. Ciel couvert ou grand bleu. Si ce jour-là vous ­tombez sur « Le samouraï », bonjour l’ambiance ! Mais si vous tombez sur « Plein soleil », vous allez connaître un vrai moment de bonheur parce que, quand le séducteur sourit à la vie, il est alors irrésistible. Ce rendez-vous est important car, pour la première fois, il va me parler longuement d’un sujet qu’il connaît mieux que personne : les femmes… Ses femmes. Celles qui ont partagé sa vie : Nathalie, la seule qui s’est appelée Mme Delon. Mireille Darc, son amie, sa complice pour la vie, celle qui le connaît le mieux. Romy Schneider ­évidemment… Et Anouchka, sa fille, sa star qu’il aime ­aujourd’hui plus que tout au monde et avec qui il vient de vivre, au théâtre, peut-être la plus grande émotion de sa carrière. Mais il y a aussi les femmes qui sont ses amies de toujours, au premier rang desquelles Brigitte Bardot, qui signe de manière éblouissante la préface d’un « album souvenir » événement qui sort dans quelques jours. Et puis il y a ses partenaires, celles qui l’ont accompagné depuis cinquante ans devant les caméras des plus grands metteurs en scène.

Enfin, il y a des révélations, dont la plus touchante est son histoire d’amour avec Dalida. Ils s’étaient connus en 1956, voisins de chambre dans un petit hôtel du VIIIe arrondissement de Paris. Comme convenu, nous nous retrouvons à 13 h 15 chez Laurent, le restaurant des hommes d’affaires et des politiques, à deux pas du palais de l’Elysée. Un endroit calme et discret, propice à la confidence, où les ­réseaux les plus influents se croisent chaque jour. Alain Delon est un ponctuel qui n’aime pas que les autres ne le soient pas. A 13 h 15 précises, je l’aperçois en conversation avec deux femmes blondes qu’il enveloppe de son regard magique. Il est souriant. Je suis tombé sur un bon jour, un jour de séduction. En entrant dans le restaurant, les quelques femmes présentes se retournent sur notre passage – que dis-je ? sur son passage. C’est comme ça depuis cinquante ans. Quand l’acteur français le plus connu dans le monde entre quelque part, à Paris, Tokyo, Shanghai ou Moscou, on a l’impression pendant quelques ­secondes que le temps s’arrête. En passant près d’une table, j’entends une femme blonde couverte de bijoux, la cinquantaine galbée, triomphante, souffler à sa voisine : « Il est toujours beau. » A 17 ans déjà, dira sa mère Mounette, dans la char­cuterie familiale tenue par son beau-père, le môme ­désarmait les clientes rien qu’en les regardant : « Il avait des yeux qui foudroyaient. Il possédait déjà cette aura et ce regard de loup qui mettent tout par terre. »

Ce regard-là a terrassé les plus belles femmes du cinéma français et international. Delon a été un des plus beaux mecs du monde. Et il écrit dans cet album exceptionnel, jalonné de photos souvent inédites : « J’ai voulu par ce livre rendre hommage à celles que j’ai aimées, qui m’ont aimé et à qui je dois tout ce que je suis. » Car cet acteur hors norme doit tout aux femmes. Il n’a cessé de vouloir les séduire et, à 70 ans passés, il aime toujours se retourner sur une silhouette gracile et croiser le regard d’une jeune fille qui lui fait comprendre qu’il n’est pas seulement l’idole de sa mère. Au cours de ce long ­entretien, celui qui se considère comme le « Dernier des ­Siciliens » m’a paru parfois mélancolique, dégageant une forme de lassitude, de désenchantement devant le temps qui file. Car cet homme si doué pour tout n’a jamais été doué pour le bonheur. Comme l’écrit si bien Brigitte Bardot dans sa préface : « Si mon ami Alain donne cette image d’un homme qui mord la vie à pleines dents, il sait aussi apprivoiser la mort. Peut-être sera-t-elle la dernière “femme de sa vie”. »

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Paris Match. Quel est le premier visage de femme qui t’a marqué ?
Alain Delon. Celui de ma mère, Mounette. C’est la première photo du livre. Ma mère en train de me baigner dans une petite baignoire en cuivre. Mounette (qui s’appelait Edith) m’a adoré, admiré. Elle a été si fière de ma réussite. Elle a compris très vite que je n’étais pas un gamin comme les ­autres. Elle aurait voulu être actrice. Elle en avait le tempérament mais la vie et un remariage en ont décidé autrement. Je suis devenu ce qu’elle avait voulu être et elle a été néanmoins ­heureuse de ma réussite. Je la remercie pour tout cela et pour le reste.

Cet album, “Les femmes de ma vie”, est une sorte de livre de mémoire illustré par des dizaines de photos. Qu’as-tu ressenti en les choisissant ?
C’était émouvant et déchirant. Voir toute sa vie défiler en quelque 200 photos a été parfois une épreuve. Je ne connaissais pas certaines de ces photos. Beaucoup de souvenirs sont revenus. Ce qui me rend mélancolique, c’est que certaines de ces femmes ne sont plus là. D’autres ont vingt ans de plus que moi. Elles sont à la fin de leur vie mais, malgré leur âge, ce sont des personnalités à jamais ancrées dans mon existence. Je dis d’ailleurs, dans le livre, que je retiens ce que j’ai possédé et que je n’oublie jamais.

C’est le cas de Brigitte Auber et de Michèle Cordoue ?
Je peux même affirmer qu’elles m’ont lancé. Brigitte Auber, dans les années 50, était une vedette. Héroïne de “Rendez-vous de juillet” de Jacques Becker, elle était également à l’affiche, à l’époque, de “La main au collet”, d’Alfred ­Hitchcock, aux côtés de Grace Kelly et de Cary Grant. Dans ces années-là, je ne suis rien. Je rentre d’Indochine. Ma rencontre avec Brigitte, rue Saint-Benoît dans une boîte de jazz, sera décisive. J’habiterai très vite chez elle. C’est Brigitte qui me présenta Michèle Courdoue, l’épouse du metteur en scène Yves Allégret. Elle m’imposera auprès de son mari qui me donnera mon premier rôle dans “Quand la femme s’en mêle”, titre prémonitoire. Plus de cinquante ans après, je n’oublie pas ce que je dois à ces deux femmes.

Il y a quatre femmes-clés qui figurent à tes côtés à la une de ce numéro de Match : Romy, Nathalie, Mireille et Anouchka. Comment t’ont-elles aimé ? Comment les as-tu aimées ?
Avec Romy, les souvenirs sont doux et douloureux. Ce que je garde à jamais dans mon cœur, c’est son sourire. Quand elle souriait, tout s’éclairait, se métamorphosait. En 1958, je suis débutant. Elle est déjà “Sissi”, star européenne. Elle n’a que 20 ans. Moi, j’étais un jeune loup que l’Indochine avait durci. Tout nous séparait. J’ai fait des essais concluants, et elle m’a choisi pour être à ses côtés dans “Christine”. Et puis, avec la complicité de mon ami Jean-Claude Brialy qui me manque tant, nous sommes devenus amants.

Vos retrouvailles dix ans après étaient-elles pour toi une façon de la remercier ?
Absolument, entre-temps ma carrière s’était envolée et la sienne avait marqué une longue pause. Ce fut “La piscine”, de Jacques Deray, qui fut un raz de marée.

Dans cette magnifique galerie, il y a celle qui fut la seule à s’appeler Mme Delon. Parle-moi de la maman d’Anthony.
En effet, Nathalie et moi sommes passés devant le maire en 1964 et Anthony est né. Avec Nathalie il y avait une ­ressemblance troublante. On nous a souvent pris pour le frère et la sœur. Notre traversée ne fut pas toujours de tout repos car Nathalie avait un tempérament proche du mien. Mais, avec les années, nous nous sommes retrouvés et je suis fier ­d’Anthony.

Je voudrais que tu me parles maintenant de Mimi, Mireille Darc.
Elle occupe une place à part dans cet album. C’est sans doute, parmi toutes les femmes que j’ai aimées, celle qui me connaît le mieux. Nous nous sommes connus en 1968 pendant le tournage de “La piscine”. J’étais séparé de Nathalie et je ­traversais une période très compliquée avec des soucis extraprofessionnels. Elle a été là, m’a aimé, m’a soutenu, et ça a duré quinze ans. Et je peux dire que ça dure toujours. Elle reste quelque part la femme de ma vie parce que nos liens, notre complicité sont inoxydables. Nous avons vécu tant de choses ensemble !

Elle a du mérite de t’avoir supporté si longtemps, car tu reconnais toi-même que vivre à tes côtés n’est pas une sinécure…
Je le reconnais. Je peux être colérique, caractériel, parfois injuste, et surtout d’une impatience maladive. Je n’aime pas l’hypocrisie ; je dis les choses parfois brutalement. Mireille a vécu des moments difficiles avec moi. C’est d’autant plus ­méritoire qu’elle a eu de graves problèmes cardiaques et a dû se faire opérer. Mon lien avec Mimi ne sera jamais rompu.

Il y a dans le livre une confession troublante et touchante : ton histoire d’amour avec Dalida, dans les années 60.
Nous nous sommes connus bien avant cela, dans les années 50. Je vivotais, je travaillais la nuit et au petit matin je m’écroulais dans la petite chambre d’un hôtel, rue ­Jean-Mermoz, près des Champs-Elysées. Au même étage, dans une autre mansarde, habitait une certaine Yolanda Gigliotti. Elle venait du Proche-Orient avec, comme seul bagage, un titre de Miss Egypte 1954. Nous rêvions de gloire et de lumière. Dix ans plus tard, elle était devenue Dalida et moi Delon. Nous nous sommes retrouvés à Rome. Nous nous sommes aimés loin des regards et des paparazzis, et les rares témoins de notre liaison restèrent discrets pendant des années. Et quand Eddie Barclay et Orlando, le frère de Dalida, nous proposèrent d’enregistrer le fameux duo “Paroles, paroles”, notre complicité était intacte. Je n’ai qu’un regret, qu’un remords, ne pas l’avoir eue au téléphone avant qu’elle ne décide d’en finir avec la vie.

Quelle est aujourd’hui la femme de ta vie ?
Ma fille Anouchka. Il y a quelques années, quand j’ai monté les marches de Cannes avec elle à mon bras, vous n’imaginez pas ce que j’ai ressenti ! Je viens de vivre au ­théâtre une des plus fortes émotions de ma vie. Imaginez : pour ce qui a été peut-être mon dernier tour de piste, j’ai donné la réplique à ma fille, devenue en quelques années une excellente comédienne. Je l’aime passionnément, comme j’aime son frère, Alain-Fabien. Mais que voulez-vous, elle, c’est une femme, alors je craque.

Pourquoi es-tu seul aujourd’hui ? Est-ce un choix délibéré ?
Je ne suis pas seul, pas du tout. Mais vivre avec qui ? Avec une femme beaucoup plus jeune que moi ? Mais je ne suis plus jeune ! Et puis quand on vieillit, on prend des habitudes. Les jeunes me déconcertent, j’ai du mal à les comprendre, eux qui passent leurs journées aimantés par l’écran de leurs ordinateurs et de leurs téléphones portables. Mais tu sais, Michel, il y a chez moi un paradoxe que tu connais. J’ai parfois été heureux en couple mais j’aime aussi être seul avec mes chiens. Les chiens qui ont jalonné ma vie pendant quarante ans m’ont toujours apporté une douceur et une quiétude infinies que les humains ne m’ont jamais données. Comme le dit Brigitte Bardot, cette amie que j’aime tant, il y a chez moi un côté sauvage. Je sais que je suis “un fauve”, et les fauves sont indomptables et seuls. 

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