Les interviews pour Mademoiselle Ange
Mademoiselle Ange
Les interviews
Romy Schneider
(dans le rôle de l'ange, hôtesse de l'air)
Si un metteur en scène m'offrait dix marks pour tourner un vrai bon film, je n'hésiterais pas un instant. Le cachet ne compte pas réellement. S'il y avait, dans ce film, un rôle pour moi, un rôle aux exigences les plus dures, je signerais immédiatement. Pour quelle raison me dissimulerait-on que "Eva ou le carnet d'une jeune fille" par exemple, n'a pas été bien reçu par le public ? C'était une tentative, uen expérience, dans un rôle entièrement nouveau. Les essais ne se transforment pas totalement à chaque fois. De même pour "Mademoiselle Ange", avec lequel j'ai eu moins de chance encore... Je n'ignore pas ce que l'on a écrit sur mes échecs. En particulier, que je devrais me préoccuper un peu plus de la critique afin de déterminer ce que "l'on attend de moi...". Malheureusement, aucun critique ne peut, dans la situation qui est la mienne, me donner une recette conduisant à une réussite à cent pour cent. Une recette qui me permettra de plaire à tous.
Source:
livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel
Les interviews pour La Belle et l'Empereur
La Belle et l'empereur
Les interviews
Axel Von Ambesser
(le metteur en scène )
Elle était notre comédienne la plus douée et son charme et sa grâce n'étaient pas limités à l'écran.
Elle se comportait à la ville et au travail avec la même élégante gentillesse.
Je n'ai, malheureusement, tourné qu'un seul film avec elle et je le déplore car je conserve de cette période de travail un souvenir comparable à celui d'un déjeuner au champagne.
> source:
livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel
Romy Schneider sur les chemins du malheur
Romy Schneider sur les chemins du malheur
le 27/05/2012
en ligne sur soirmag.lesoir.be
Adulée par le public, malheureuse en amour, cette écorchée alternait la gloire et les drames. Trente ans après sa disparition, son destin tragique est entré dans la légende.
1958 à Bruxelles. Trois jeunes gens, une fille et deux garçons, s’entendant à merveille rient aux éclats. Pour le cinéma, ils viennent de tourner “Christine” sous la direction de Pierre Gaspard-Huit et ont débarqué dans notre pays pour le présenter. Ils s’appellent Romy Schneider, Alain Delon et Jean-Claude Brialy. Bien plus tard, ce dernier nous racontera : « Le beau-père de Romy avait acheté un grand hôtel à Bruxelles. Comme il était malin, il avait négocié afin que la première du long métrage puisse avoir lieu en grande pompe dans cette ville. Il avait couplé l’événement avec un dîner-inauguration de son établissement. Romy était déjà une superstar grâce à “Sissi”. Nous avons découvert des rues bondées. Une foule considérable voulait apercevoir son idole. Romy avait dix-huit ans et était magnifique ; le public belge lui criait son amour. Alain Delon et moi l’accompagnions. »
C’est d’ailleurs vers eux que la présentatrice de la soirée se tourne d’abord. La dame ne semble pas maîtriser son sujet. Et va le prouver : « Avant d’accueillir Romy Schneider, lance-t-elle aux spectateurs impatients, nous allons appeler ses deux partenaires. Le premier est très beau, on chuchote même qu’il est épris de Romy. Il est la coqueluche de Paris. Voici Alain “Belon” ! »
Delon préfère sourire et entre en scène. La gaffeuse poursuit : « L’autre est sympathique et rigolo, c’est le copain de Romy et d’Alain. Il va nous rejoindre à son tour, c’est Jean-Claude “Branly” ! »
Delon : un amour de jeunesse
Sans doute à cette époque-là Romy Schneider est-elle heureuse. Avec l’insouciance de son âge, elle savoure le statut de star et s’éprend d’Alain Delon. Pourtant, par la suite, elle se rendra compte que le beau-père en question, M. Blatzheim, s’est beaucoup servi d’elle et de ses cachets pour financer ses propres affaires. Dans une longue interview accordée sur la fin de sa vie au magazine allemand “Stern”, Romy déclarera : « L’argent est parti, basta ! Je crois que le dernier restaurant dans lequel Blatzheim a investi mes sous a fait faillite. Il s’est toujours occupé de tout. Pour un quatrième “Sissi”, on m’a offert 4 millions de marks payés comptant. Mais là, j’ai enfin dit non, pour la première fois. J’en avais marre. »
Quant à l’histoire avec Alain Delon, enjolivée depuis, elle s’est mal terminée. Dans le même entretien, l’actrice avouait : « Il (Delon) m’a honteusement trompée. J’étais en tournage en Amérique. Je suis revenue, l’appartement à Paris était vide, plus personne. Un bouquet de roses, un papier à côté sur lequel il était écrit : “Je suis parti à Mexico avec Nathalie. Salut ! Delon.” » Mais parlant de leur relation au début des années 80, elle ajoutait : « Nous ne nous haïssons pas. Nous pouvons et aimons nous souvenir. » Par ailleurs, Romy soulignera qu’une fois leur liaison achevée, elle a toujours pu faire confiance à son premier amour et compter sur lui. Reste Jean-Claude Brialy qui demeurera l’ami et le confident de Romy tout au long de son existence.
Miss Schneider a collectionné les consécrations professionnelles et les déboires personnels. Une inaptitude à la sérénité, une vie affective chaotique jalonnée de drames ont brisé cette jolie jeune femme brutalement partie, comme dans une ultime fuite, au milieu du printemps de 1982.
En 1988 (et 1989 pour la version française), Renate Seydel rassembla les bribes du journal tenu par Romy Schneider et les compléta par des confidences recueillies dans la presse et auprès de ses proches. Le tout parut sous le titre “Moi, Romy”, un ouvrage sortant de la multitude d’autres consacrés à l’actrice sans doute parce qu’à travers des mots et des phrases parfois brefs, les vérités de cette personne belle, touchante et complexe apparaissent plus sûrement qu’au fil de longues tirades.
Une vie affective chahutée
En 1975, Romy s’est séparée de son premier mari, Harry Meyen, père de son fils David, dans des conditions difficiles ; ainsi a-t-elle dû lui laisser la moitié de sa fortune… Elle se console dans les bras de celui qu’elle engagea comme secrétaire : « L’essentiel est maintenant Biasini, note-t-elle le 19 mai 1975. Il me rappelle tellement Alain Delon ! Il a le même caractère indépendant, le même charme, le même humour. »
Le début de cette idylle la rend euphorique : « Je souhaite un deuxième enfant. Je vais avoir trente-sept ans, et il est temps de faire cadeau à David d’un petit frère ou d’une petite sœur. Je ne veux satisfaire ce désir que maintenant parce qu’avant, je n’ai jamais été amoureuse, jamais heureuse non plus. Maintenant, je suis prête. (…) Daniel est beau, intelligent et charmant. La différence d’âge ne me dérange pas. Au contraire, je me sens à nouveau plus jeune à travers lui. »
Pourtant, par la suite, si l’on en croit les souvenirs de Daniel Biasini, ce critère constituera un handicap. Et Romy jettera à la figure de son mari : « Quand j’aurai cinquante ans, tu en auras trente-neuf ! Quand j’aurai soixante ans, tu en auras quarante-neuf ! Comment veux-tu que ça marche ? »
Entre-temps, Romy a fait une fausse couche. En décembre 1976, elle écrit : « En trois ans, j’ai tourné dix films. J’ai cherché à m’étourdir de travail. »
L’année suivante, ça va beaucoup mieux : la petite Sarah est née. En 1979, Harry Meyen se suicide, imbibé d’alcool mélangé à des quantités astronomiques de médicaments. Fin de très longs orages entre lui et Romy avec, comme témoin de ce tourbillon de sentiments haineux, un gamin, David, qui aura dû éprouver des moments de grande solitude.
Une lente descente aux enfers
Quelques mois avant cette disparition, Romy Schneider semble avoir pris ses distances avec certains cauchemars : « Toutes les ombres ont disparu. Les ombres des hommes qui m’ont dit qu’ils m’aimaient, et qui, en réalité, ne m’ont rien donné. Les ombres des névroses qui m’ont obligée à avaler des pilules pour les surmonter et avoir la tête au travail. »
Cependant, le mal-être guette toujours. Tournage de “La banquière” en avril 1980 : « Bien sûr, tu te réveilles le matin en te disant : “Aujourd’hui, je ne m’énerverai pas, je ne casserai les pieds à personne.” Et tu arrives au studio avec cette résolution. En vain ! Tu trembles de peur. C’est insupportable pour toi-même et pour les autres. »
Au début des prises de vue de “Fantôme d’amour”, Romy demeure introuvable. Finalement, Daniel Biasini la retrouve dans un hôtel, l’air hagard : elle a vidé trois bouteilles de vin rouge en absorbant des médicaments. Ses vieux démons resurgissent. Elle bredouille : « J’ai eu tellement peur de cette première journée de tournage… »
Dans les semaines et les mois qui viennent, Biasini fait la chasse aux drogues qu’il retrouve dans des coins de leur habitation ou dans des sacs à main. La vie commune est devenue impossible. De plus, en rentrant de voyage, Daniel apprend que Romy entretient une liaison avec Laurent Pétin.
Romy Schneider va mal, part en cure à Quiberon où elle fait une mauvaise chute et se casse la jambe. À peine remise, elle doit subir l’ablation d’un rein atteint d’une tumeur. Les épreuves ne la lâchent plus en cette année 1981. L’horreur absolue la met K.-O. : son fils âgé de onze ans meurt en s’empalant sur la grille de la propriété de ses grands-parents.
Pendant dix mois, Romy Schneider fait semblant de vivre, elle travaille, se montre au côté de son nouvel amour. Mais son cœur trop de fois brisé ne battra plus longtemps. Épuisée par le malheur, Romy s’éteint le 29 mai 1982. L’étoile trop fragile est partie briller là où rien ni personne ne peut l’atteindre.
Souvenir de Patrick Poivre d'Arvor
Patrick Poivre d'Arvor dans l'émission "C à vous", du 1er mai 2013 sur France 5,
interviewé par Julia Vignali (qui remplace Alessanda Sublet).
Présentation de son livre: "Seules les traces font rêver".
PPDA raconte qu'il était un enfant maladivement timide, et il croise, un jour, son idole dans un ascenceur à Monaco: c'est Romy Schneider.
"J'étais avec ma soeur, qui était très dynamique. Et Romy était avec Alain Delon; ils vivaient ensemble dans le même immeuble que celui de ma grand-mère. Alain Delon engage de suite la conversation avec ma soeur, qui avait 9/10 ans. Et moi, je regardais Romy, qui ne me regardait pas... heureusement, sinon je pense que j'aurais terminé par terre. J'étais liquéfié."
"Je l'ai interviewé plus tard, lui rappelant l'anecdote (ndlr: de sa rencontre dans l'ascenceur)... je n'aurais pas du, car cela a rappelé le fait que j'étais enfant, que le temps avait passé, et donc cela touche les femmes... Elle me dit 'j'étais belle en ce temps là'. C'était idiot parce qu'elle était sublimement belle ! Elle a pleuré... le film qu'elle venait de tourner ne s'était pas bien passé. Elle était très émouvante cette fille."
Citation de Romy 15
Citation de Romy 14
Je souffre d'une espèce d'agoraphobie.
C'est un fait, et à cause de cela, j'ai gâché ma carrière.
En tout cas, si on prend en compte tout ce qui va avec.
J'aime mon métier, c'est ma grande passion.
Mais je ne peux supporter beaucoup de gens, en particulier ceux qui me tapotent sur l'épaule et cherchent à me tirer les vers du nez.
Romy parle de Mon premier Amour
Der Letze Mann
Extrait du journal intime de Romy
Romy Schneider
(dans le rôle de Niddi Höverlmann)
- 1er juillet 1955 -
Je m'entends à merveille avec Hans Albers. Je l'aime vraiment beaucoup. Il existe déjà une version de "Der Letze Mann" interprétée par Emil Jannings. Cette fois, Hans Albers est maître d'hôtel au Roi non couronné. Soudain, la propriétaire meurt et dès cet instant, tout change. Albers, dégradé, se voit relégué dans la fonction de gardien des toilettes, au sous-sol. C'est le "dernier homme de l'hôtel". Un rôle superbe pour Albers et pour moi également. Mon premier rôle "moderne". Jusqu'ici, j'avais surtout joué les Princesses et les Reines, tout du moins des jeunes filles nées à une époque où on ne pensait pas encore à moi. Aujourd'hui, je joue enfin un rôle contemporain.
1955, Romy parle de Mamzelle Cricri
Die Deutschmeister
Extrait du journal intime de Romy*
Romy Schneider
(dans le rôle de Christine Hübner)
- le 1er novembre 1954 -
Mon prochain film, je le tournerai à nouveau à Vienne: Deutschmeister. Je ne travaillerai pas avec Adrien Hoven cette fois-ci, ni avec Rudolf Vogel, ni avec Karl Ludwig Diehl que j'aime tant. Ernst (Marishka) assure à nouveau la mise en scène: toutefois, il a pris un autre assistant. Hermann entre à la Berolina à Berlin. Je le considère comme un des meilleurs assistants. Et Ernst renonce à lui !!?
- le 20 décembre 1954 -
(...) Pour le moment, j'ai deux films à tourner l'année prochaine: Deutschmeister avec le fils de Siegfried Breuer, et Sissi, sans doute avec Karlheinz Böhm. Je suis gaie comme un pinson !
- Vienne, le 4 mars 1955 -
Mon quatrième film "Die Deutschmeister" avait déjà remporté un gros succés sous le titre de "Parade de Printemps". A l'époque Papa avait tenu le premier rôle masculin. Cette fois c'est Siegfried Breuer junior. J'ai vu le précédent à Salzbourg. Papa était tout simplement délicieux. Je voudrais, dans la nouvelle version, lui plaire autant que lui-même m'a enchantée dans la première.
Maman et moi sommes logées au Sacher. L'un des Hôtels les plus élégants que je connaisse. J'ai maintenant seize ans. Peut-être ne suis-je, en réalité, qu'une bulle de savon magnifiquement irisée, étincelant de toutes les couleurs du bonheur. Et qui risque d'éclater un jour avec grand bruit ? Pourtant, je suis très jeune. J'ai encore une foule de choses à apprendre. Et c'est précisèment ce que je fais. Pour l'instant, je me contente d'apprendre. Et parallèlement, je me joue moi-même. Si je dois interpréter la Reine Victoria, alors je deviens la Reine Victoria. Si je dois -comme en ce moment- jouer une petite campagnarde (Die Deutschmeister), je deviens une petite campagnarde. Avec d'innombrables variations. Toujours avec des textes différents. Mais je le suis. Et je le reste !
- le 11 mars 1955 -
Il faisait nuit, quelque part dans une rue de Vienne. Et il faisait affreusement froid. Nous avons tourné toujours la même scène en la recommencant sans arrêt. Et encore. Une fois, ceci ne marchait pas, une autre fois cela. Pourtant, à la fin, elle paraîtra toute simplement. Une fille de la campagne, de Salzbourg, arrive dans la capitale sur un char à foin pour voir sa tante qui est boulangère. Rien de plus ! Nous avons tourné toute la journée et toute la nuit. A trois heures et demie, nous avions fini; nous étions à bout.
- le 20 mars 1955 -
J'ai l'impression de retourner à l'école. Je connais bien ce paysage ! Nous tournons les extérieurs de Die Deutschmeister à Golling, tout près de mon ancien internat. Il n'y a qu'un saut d'ici à Goldenstein ! Hier, deux élèves habitant Golling sont venues me voir. Je les avais peu connues à l'époque, car elles n'étaient pas dans ma classe. Malgré ça, c'était sympa. Il y a si peu de temps que j'étais encore sur ces bancs d'école, et maintenant, ça me semble si loin !...
- le 10 avril 1955 -
Lorsque nous avons commencé à tourner à Vienne Die Deutschmeister en couleurs, il y a trois semaines, j'ai eu un léger chagrin. Le scénario veut que j'arrive de Salzbourg à Vienne, chez ma tante, avec un chien. J'avais pensé à notre chien, basset, Seppl, pour tenir le rôle. Mais Ernst, le producteur, auteur du scénario et metteur en scène, nous a préparé une déception. Selon lui, Seppl serait beaucoup trop bien pour le rôle. Il avait plutôt pensé à un croisement de griffon, de bouvier et de berger allemand. Finie la carrière de Seppl. Dans le film, mon chien, trouvé après de patientes recherches, semble être un croisement de chacal afghan et de hamster doré californien; n'empêche que nous nous sommes bien habitués l'un à l'autre. Même sans pedigree, c'est une gentille petite bête.
Ma tante - c'est un peu compliqué car elle est interprétée par ma mère, Magda Schneider - est donc propriétaire d'une boulangerie à Vienne, au Burgring, où passe la sentinelle du château. C'est ainsi que je fais la connaissance du caporal Jurek (interprété par Siegfried Breuer Junior). L'intrigue part de là. Dans le scénario, je dois apprendre le métier dans la boulangerie de ma tante. Mammi sait bien faire les gâteaux et la pâtisserie de Noël, comme toutes les ménagères. Mais confectionner les petits pains et les bretzels salés ?... Alors, Ernst Marischka a engagé deux véritables boulangers d'une grande boulangerie viennoise qui veille à ce que tout se passe professionnellement très bien dans notre boulangerie de studio. Je me demande si je risque de me trouver un jour dans une situation où des connaissances en boulangerie seront exigées; Mammi prétend qu'on apparend jamais assez.
A propos d'apprendre, il s'est révélé utile que j'ai joué la Reine Victoria; ça a été une occasion de ma familiariser avec le cérémonial de la cour, en particulier avec la révérence. Dans notre film Die Deutschmeister, j'ai de nouveau affaire à la cour, seulement comme une fillette qui vient de Salzbourg à Vienne. Je serais reçue en audience par l'Empereur François Joseph, interprété par Paul Hörbiger, qui accueille en plus l'Empereur Guillaume de Berlin en visite à Vienne. La révérence me sera toujours utile car, encore cette année, nous tournerons le film en couleurs Sissi.
- le 10 juillet 1955 -
Entre-temps a eu lieu la première de Deutschmeister, dans beaucoup de villes à la fois. Moi, pour ma part, j'ai une bonne critique. De toute façon, les critiques, ce sont des gens à part. Le critique d'une ville démolit ce qui plaît tout particulièrement à celui d'une autre, et vice versa. Comprenne qui peut. Enfin, on le sait, les goûts ne se discutent pas.
* sources: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel
livre Le Journal de Romy Schneider, Moi Romy, de Renate Seydel, 1989





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