L'interview d'Alain Delon
Alain Delon: "Je regrette de
ne pas avoir épousé Romy"
Interview exclusive - L'acteur se confie sur sa passion pour la
star disparue
Il y a 50 ans, ils se fiançaient. Delon-Schneider, le plus beau couple du
cinéma européen, fait toujours rêver. Pour la première fois, Alain Delon a
accepté la publication d'un livre sur sa relation avec Romy: Ils se sont
tant aimés (éd. Didier Lecarpentier 29,90€). Et Delon se confie, entier, le
coeur toujours à vif, surprenant. Et bouleversant.
- Pourquoi
décider de participer à ce livre maintenant ?
Alain Delon : Je
n'avais jamais jusqu'ici souhaité m'exprimer plus que ça sur un sujet toujours
douloureux et très personnel. Toutefois, là, j'ai trouvé l'idée bonne et bien
réalisée et j'ai confiance en Philippe Barbier, l'un des deux auteurs, que
j'apprécie.
- Pourquoi votre couple est-il devenu légendaire ?
A. D. : Ce n'est pas de notre fait. C'est le public qui l'a décidé
tout comme c'est le public qui a fait de nous des stars. Nous nous aimions,
c'est tout. Romy avait 20 ans, j'en avais 23. Elle devenait le grand amour de ma
vie, le premier.
- Quand vous faites sa connaissance, elle est
déjà une star ?
A. D. : Elle était "LA" star
européenne, à égalité avec Brigitte Bardot. Pour beaucoup, Romy Schneider
restera à jamais l'inoubliable
Sissi, devenue impératrice
d'Autriche par amour. Je savais que c'était une star quand je l'ai rencontrée
mais, bizarrement, je ne l'ai pas aimée tout de suite. Elle était à Paris pour
préparer le film de Pierre Gaspard-Huit, Christine, dans lequel
j'allais jouer.
- On la disait violente…
A.
D. : Elle avait du tempérament, une vraie personnalité écorchée vive,
ardente, sensible. Elle était violente parfois parce qu'elle était entière.
Romy, c'est une enfant devenue trop tôt une star, avec des caprices, des colères
et des humeurs d'enfant. Elle n'était pas préparée à la gloire, à la dureté de
ce métier.
- Pensez-vous qu'elle aurait bien vieilli ?
A. D. : Je ne le pense pas. C'est difficile à
avouer mais je n'aurais pas voulu la voir à 70 ans. Je préfère qu'elle soit
partie ainsi et c'est bien comme ça. Elle nous a quittés belle comme tout. Elle
est un mythe, une légende, et le restera.
- Pourquoi étiez-vous
contre le fait qu'elle tourne "L'important c'est d'aimer" de Zulawski
?
A. D. : Parce que, quand elle l'a tourné, elle
était déjà en train de mourir. Les drames de sa vie rejaillissaient sur l'écran.
Nous avions un projet de film ensemble, je pressentais que nous ne le ferions
pas. Elle ne pouvait plus vivre, plus travailler. Romy avait des blessures qui
ne cicatriseraient jamais. Elle avait peur et se réfugiait dans l'alcool. La vie
professionnelle lui avait tout apporté mais sa vie privée n'avait été qu'une
suite d'échecs et de malheurs. Elle ne s'est jamais remise de la perte de son
fils. Je savais qu'elle se laisserait mourir de chagrin.
-
Regrettez-vous de ne pas l'avoir épousée ?
A. D. :
Oui. Mais est-ce que son destin aurait changé pour autant ? Mais nous
avons fait de très belles fiançailles à l'ancienne, à Lugano.
-
Pourquoi n'êtes-vous pas allé à l'enterrement de Romy ?
A.
D. : Je ne voulais pas donner satisfaction aux paparazzis, en montrant
ma douleur et ma tristesse. En réalité, j'étais bien là mais personne ou presque
ne m'a vu. Je me suis rendu dans l'appartement de Romy et je suis resté à son
chevet un long moment, avec Claude Berri et Alain Terzian. Je n'ai pu m'empêcher
de fixer pour l'éternité l'image de Romy dans son cercueil et, alors que j'étais
seul avec Terzian, j'ai pris trois photos au Polaroïd que je garde dans mon
portefeuille, sur mon coeur. Ces photos, jamais personne ne les a vues.
Propos recueillis par Dominique Parravano
Publié le jeudi 12 mars 2009 à 08H21
>> Source site LaProvence.com




































































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