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Romy Schneider en images
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NAVIGUATION
interviews
15 août 2008

L'hommage de Tavernier à Romy dans Paris Match

La mort en direct
dans la presse

Paris Match -1/02/1980

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>> Source scan: Blog d'Emma Ceux que j'aime

Le metteur en scène Bertrand Tavernier:
"Romy Schneider - Elle est notre lumière"

Lyon, un dimanche de janvier. Il fait gris. Je viens bruquement de retrouver une lettre écrite par Romy Schneider dans l'aéroport de Roissy, juste avant l'arrivée à Glasgow. "Je serai ta Catherine, écrivait-elle. Je la serai tout le temps, jusqu'au bout; cela me fait peur, mais je le serai."
C'est vrai, Romy, tu as été Catherine... totalement. Sans concession!...
"Je la jouerai sans aucun apitoiement, sans aucun sentimentalisme; elle est trop fière pour cela", disait-elle dans cette lettre, "et j'éspère que tu m'aideras."
Je ne sais pas si je t'ai aidée. Mais le résultat est là, vibrant, tendre et bouleversant. Comme tu as été dans "Max et les ferrailleurs", Rosalie ou l'héroïne dans "L'Important c'est d'aimer", tu as été Catherine Mortenhoe, avec sa révolte, sa violence et sa générosité!... Nulle trace d'apitoiement, mais une approche profondément émotionelle et morale. Morale, voilà le mot qui semble caractériser le jeu de Romy Schneider. Tragédienne étonnante, elle ne fabrique pas l'émotion, ne la truque pas. Elle la recrée de très loin, de très profond, comme ces vagues immenses qui secouent la mer. Nulle astuce. Plutôt une immense générosité, se croyant incapable d'improviser, alors que brusquement, dans un moment vital, elle dynamise une scène d'une façon totalement surprenante, la projette en avant, la restitue de l'intérieur. Elle va tout de suite à l'essentiel. Tout ce qui est superficiel, livresque, théorique, disparaît de lui-même.
Ce jeu lyrique et ample me semble exiger des comparaisons musicales. Claude Sautet parle de Mozart à propos de Romy. Moi, j'ai envi d'évoquer Verdi ou Mahler. Dans un de ces moments rares, à la fin d'une journée de travail, un de ces moments d'émotion qui ustifient un tournage, mon ingénieur du son, un vrai futé, déclare à Romy que les acteurs étaient comme les mineurs de fond. Ils sont dans le noir, seuls. Il fait froid et c'est très profond. Et il faut qu'ils remontent le charbon. Et c'est un travail épuisant. Autour d'eux, c'est la nuit, la lumière paraît tellement lointaine. Et il ajoutait: "Avec tout le charbon que tu es train de remonter, on va pouvoir se chauffer plusieurs hivers."
Et là, j'en suis sûr, il avait raison. Et je ne vois pas de plus beau compliment à te faire. Si ... un: une phrase de Cocteau qui te convient tellement quand il disait: "L'Art, c'est mettre le mystère en pleine lumière."

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25 juillet 2008

1977, Paris - Romy enceinte

Romy Schneider enceinte de son deuxième enfant - sa future petite Sarah - fruit de son union avec Daniel Biasini; ici au cours de l'année 1977 dans son appartement de la rue Berlioz à Paris, mais aussi au bord de la mer (en Bretagne ou dans le sud ?).
Photographies de l'album privé de famille de Romy Schneider.


- début 1977 -


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"J'ai envie de devenir mère une fois encore,
et de connaître la double joie d'une grossesse suivie d'une maternité
.
"


Romy et son fils David

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Romy et son fils David

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"J'ai si longtemps désiré un enfant de Daniel,
et voici que mon rêve se réalise
."


- mi 1977 -


Romy et sa mère Magda Schneider

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- dans la presse -
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 "Garçon ou fille, qu'importe !
Je suis heureuse d'attendre un enfant de lui
."


Romy et son mari Daniel Biasini

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copyright text by GinieLand. 

15 juin 2008

Les interviews sur Les Choses de la Vie

LES CHOSES DE LA VIE
Leinterviews
 


romy-film-les_choses-wobfcas  Romy Schneider 
(dans le rôle d' Hélène) *

C' est mon metteur en scène préféré [Claude Sautet] parce qu'il se conduit en ami des acteurs. Mieux encore, l'ami de tous les membres de l'équipe, de l'éclairagiste jusqu'au manoeuvre. Il se montre toujours prêt à acceuillir les idées ou les suggestions. Il est très agréable de se sentir promue au rang de collaborateur.
Nous nous sommes compris dès la première minute. Je l'ai immédiatement classé comme colérique, ce qu'il est, mais sincère et toujours à bon escient. Ce fut un travail merveilleux. J'ai d'abord été fasciné par ce rôle en retrait et lourd de graves problèmes.
En outre, c'est un plaisir de tourner avec des partenaires aussi intelligents que Michel.
.


 claudesautetClaude Sautet 
(le metteur en scène) *

De mon point de vue, Romy est irremplaçable. Dès le premier tour de manivelle des "Choses de la Vie", sa vie privée prit une orientation difficile et tumultueuse. Son besoin absolu d'exclusivité l'entraînait à varier les hommes. Elle faisait preuve d'une jalousie féroce et perdait très vite son assurance. Elle vivait dans un état d'angoisse permanente. L'existence ne devait pas être drôle pour le partenaire qui passait sa vie avec elle. Elle vivait perpétuellement dans la crainte de ne pas atteindre au but qu'elle s'était fixée.
Dès la première répétition, elle s'attachait à jouer totalement, comme s'il y allait de sa vie. La plupart des acteurs se lassent vite de répéter longtemps la même scène. Elle, jamais. De séquence en séquence, elle perfectionnait son jeu. Elle nous poussait même à prolonger les répétitions afin que ce fût encore meilleur. Pour un peu, on aurait été tenté de lui dire: "Arrête Romy, c'est parfait!" Inutile! Elle en voulait encore. A la longue, Romy est devenue de plus en plus méticuleuse et pointilleuse.
Elle était frustrée lorsqu'un film ne lui offrait pas une ou deux scènes de grande fureur. Son rêve était de tourner le maximum de scènes de colère furibonde. Probablement cela l'aidait-il à se défouler.
Malheureusement, elle se montrait trop exigeante. Il fallait s'occuper d'elle des heures durant. Dès que l'on se détournait de sa personne, elle sombrait dans la tristesse et la mélancolie. Personne ne parvenait à satisfaire ses exigences. En outre, elle souffrait d'une incroyable timidité. Souvent je me suis étonné devant elle qu'elle ait abandonné la carrière théâtrale. Eh bien, c'est parce qu'elle n'avait aucune confiance en elle ! La présence des spectateurs l'effrayait. Elle buvait beaucoup, le soir, après le tournage; sans doute y trouvait-elle le seul moyen d'échapper à son anxiété.

* (source: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel)


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**** vidéo Interviews ****
Claude Sautet évoque sa rencontre avec Romy
Romy Schneider parle de Claude Sautet

29 mai 2008

29/05/1982, Paris - Décès de Romy

Romy Schneider est retrouvée morte au petit matin du samedi 29 mai 1982 par son compagnon depuis plus de trois ans, Laurent Pétin, qui était aussi son secrétaire. La veille au soir, ils avaient dîné au restaurant et sont rentrés tard, vers 1 heure du matin. En rentrant à l'appartement prêté par un ami, le producteur Tarak Ben Ammar, au 11 rue Barbet de Jouy (derrière le musée de Rodin, à Paris, 7ème), elle souhaite rester seule, telle était son habitude depuis la mort de son fils David, pour communier par la pensée avec ce dernier. Pendant ce temps, Laurent, Sarah et sa nurse Bernadette dorment. Romy s'est ensuite assise à table, pour rédiger un mot d'excuse afin de décommander une séance de photographie et d'interview -pour F Magazine- qui doivent avoir lieu le prochain week end. Romy se sent trop fatiguée et veut reporter le rendez vous, d'autant que le lendemain, samedi, une séance photos est prévue avec Sarah. Laurent Pétin se réveille en pleine nuit et ne voyant pas Romy auprès de lui dans le lit, constate que celle-ci s'est assoupie sur sa chaise, encore vêtue de l'ensemble blanc -veste et pantalon- qu'elle avait mis la veille pour leur sortie au restaurant; Laurent va donc installer Romy dans le lit, pensant qu'elle dort profondément, mais en réalité, elle est déjà probablement morte. Il découvrira son corps inanimé au petit matin. La dernière ligne de la lettre qu'elle écrivait se terminant par un trait vascillant. Laurent Pétin a prévenu les pompiers mais le médecin de la brigade n'a pu que constater le décès.
Le substitut du procureur de la République -Laurent Davenas- s'est rendu sur les lieux vers 11 heures avec un médecin légiste -le professeur Deponge- qui a constaté la "mort naturelle consécutive à un arrêt du coeur", qui serait survenue à 5 heures du matin. Le permis d'inhumer à été signé: aucune autopsie ne sera effectuée; ses proches n'ont pas voulu qu'elle soit charcutée: à quoi bon ?! Romy était trop fatiguée moralement et physiquement, la vie l'a épuisée après l'avoir malmenée, le chagrin de la mort de David l'a emporté à jamais... C'est un arrêt du coeur qui mettra fin à cette souffrance d'une vie injuste, d'une vie trop courte de 43 ans. L'annonce de son décès suscite de suite de vives réactions: télégrammes, messages de sympathies de personnalités comme d'anonymes. Michel Piccoli, Jean-Claude Brialy et Alain Delon se rendent immédiatement sur place dans l'après-midi. Les passants et les journalistes se précipitent silencieusement dans la rue et certains médias annoncent que "Romy s'est suicidée"; Le producteur Paul Levi délivre alors une brève mise au point sur les lieux: "Romy ne s'est pas suicidée...", puis d'autres personnalités viennent sur les lieux présenter leurs condoléances: Milos Forman, Claude Berry, Jean-Michel Larrois (l'avocat de Romy), Daniel Biasini (son second époux) et bon nombre d'amis.

> photos
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- Alain Delon -
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- Gérard et Elizabeth Depardieu -
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> captures de la rue Barbet de Jouy le 29 mai 1982
d'après la video du JT 20h de l'INA 
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 > vidéo extrait du Journal Télévisé du 29/05/1982
Annonce du décès de Romy, au JT présenté par Chritine Okrent
avec reportage retrospective de la carrière de Romy


témoignages

Alain Delon:
Nul d'entre nous, pas même son médecin n'aurait pu prévoir cela. On peut parler de sa mauvaise santé, d'une crise, alors qu'en réalité, sa mort est due à son coeur brisé. Sa mort a commencé avec la mort de son fils David.

Magda Schneider:
Au nom du ciel, que peut-il y avoir de naturel dans le décès d'une jolie femme de 43 ans ?


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copyright text by GinieLand.

1 mai 2008

Romy parle d'Un petit coin de paradis

Un petit coin de paradis
Leinterviews

Commentaires de Romy Schneider
sur son film
UN PETIT COIN DE PARADIS

romyportraitRomy Schneider
(dans le rôle de Maud) *

  • "Tourner représente pour moi, outre une énorme somme de travail et d'efforts, une immense aventure. Avant tout, parce que l'on me confie des rôles merveilleusement variés, et qu'on ne m'a pas cantonné dans un emploi. A présent, je vais même tenir celui de Maud Cantley, une gamine anglaise, plus ou moins en haillons, plantée toute la sainte journée devant les cuves bouillonnantes d'une laverie de laine du XVIIIème siècle...! Et n'allez surtout pas vous imaginer que j'en conçois moins de plaisir que dans les films précédents. Au contraire ! Cela m'est une joie profonde que de camper une petite ouvrière des quartiers pauvres du Londres industriel, après avoir mis en valeur les charmes de la jeune fille d'aujourd'hui dans Kitty et dans Mon Premier Amour, et avoir étalé le luxe et la splendeur des princesses et des impératrices dans la série des Sissi".
  • "Un petit coin de paradis aura été le premier film dans lequel je pouvais me conduire de manière tout à fait différente: une fille en haillons, coiffée avec des nattes, pauvre bougre de surcroît. Josef Von Baky a été sensationnel. Ce film est formidable. Il me sort complètement de mes rôles habituels, au point que les distributeurs tremblaient, de peur d'avoir produit un four noir, sous prétexte que je cessais de personnifier une impératrice de contes de fées, virevoltant au milieu d'un étalage de luxes et de splendeurs éclatantes. Je pense au contraire, que si je devais me révéler incapable de changer de registre, je pourrais mettre la clé sous la porte. Je l'ai toujours dit et répété: si je ne suis capable de jouer que les princesses et les impératrices, cela n'a aucun intérêt. Il n'y a d'ailleurs pas tellement d'impératrices que je puisse faire revivre. Il faut bien que je puisse jouer autre chose."

  • "Mon nouveau film sort tout à fait des sentiers battus. C'est plus fort que moi, ce travail me comble d'une telle joie, que j'en ai perdu toute autre considération. Tandis que je travaillais 'Un petit coin...' j'avais le sentiment que tous les autres films n'avaient eu d'autres intérêts que de concourir à la préparation de celui-ci. Je suis parvenue au point où je sais comment les choses doivent se poursuivre. A cela près que les souhaits ou les exigences des producteurs et des distributeurs ne s'harmonisent pas forcèment avec les miens. Si l'on doit admettre que le temps écoulé jusqu'à cette production aura été ma période d'apprentissage, alors 'Un petit coin de paradis' peut être considéré comme mon épreuve de compagnonnage."

* (source: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel)

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1 mai 2008

Les interviews sur Un petit coin de paradis

Un petit coin de paradis
Leinterviews 
Ils parlent de Romy...
 

Günther Anders (caméraman) * 
Je considère les films tournés jusqu'ici par Romy Schneider, et qui reposaient essentiellement sur son éclatante jeunesse, commen autant d ebancs d'essai. Elle est promise à un bel avenir à la condition qu'on lui offre des rôles à sa mesure. Romy est incroyablement appliquée et douée. Aussi est-il permis d'envisager son avenir avec le maximum d'espoir, à la condition qu'elle reste entre de bonnes mains. Romy est un sujet photogénique éblouissant. Ce qui m'impressionne le plus, dans son cas, c'est la modestie dont elle fait preuve en dépit de son succés. Il est facile de s'entretenir avec elle de graves problèmes, ce qui prouve à la fois son absence de superficialité et aussi que sa maturité se développe à mesure qu'elle jalonne son chemin de films d eplus en plus élaborés.

Charlotte Flemming-Anders  (modelliste et costumière) *
La costumière de théâtre n'a pas toujours tâche aisée, dès lors qu'il s'agit d'habiller ces dames. Avec Romy Schneider, travailler devient un plaisir. Les costumes qu'elle doit porter dans son nouveau film "Un petit coin de Paradis" se situent dans la période du Rococo anglais, entre 1725  et 1730 et ils étaient portés par les lainières du Slum. Pendant les essayages, Romy fait montre du plus parfait esprit accomodant. Elle ne parle pas, se conduit en personne bien élevée, toujours polie, toujours à l'heure, et faisant preuve surtout, d'une patience d'ange. Je suis persuédé qu'elle essayerait vingt fois le même costume sans rechigner, si les circonstances rendaient la chose nécessaire. Ce sont des qualités que, même de nos jours, on ne rencontre que rarement.

Joe Hembus (journaliste) *
Romy Schneider avec qui je suis, pour la première fois, en cette occasion, entré en relations, ne présente aucune espèce de ressemblance avec les autres stars allemandes d'aujourd'hui. Elle a toujours le coeur sur la main et elle est agréable à regarder.

* (source: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel)

11 avril 2008

15/07/1966 Le mariage de Romy et Harry

Le mariage de Romy Schneider et Harry Meyen
eut lieu à la mairie de Saint Jean Cap Ferrat
dans
le sud de la France le 15 juillet 1966

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Romy et Harry se sont mariés pendant le tournage du film Triple Cross qui se déroulait à Nice. Une fête s'organise sur le lieu de tournage, aux studios de la Victoire, et où Romy porte, sous son long manteau, la robe du film. Romy en était alors à son 5ème mois de grossesse, elle a 27 ans, Harry en a 41.
Cela fait un an que le couple se fréquente: Romy fit en effet la connaissance du metteur en scène et acteur berlinois Harry Meyen (1924-1979), lors de l'inauguration du restaurant Blatzeihm, à l'Europa-Center de Berlin Ouest, le 1er avril 1965. Meyen avait été invité par Magda Schneider (la mère de Romy). Il était mariè depuis 12 ans avec l'actrice Anneliese Romer (dont il divorcera en mai 1966). Ils apprirent à s'apprécier et à s'aimer.

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> Romy à propos d'Harry:
* J'apprécie son ironie et son humour délicat. J'apprécie son intelligence, son charme, sa supériorité. A vrai dire, j'aime tout, absolument tout en lui.
* Je le considère comme un brillant metteur en scène de dimension internationale. C'est un authentique homme de théâtre, qui ne s'interesse pas tellement au cinéma. Ce n'est pas une affaire. Il n'y a de vrai que le théâtre. Je jouerais volontiers dans une pièce dont Harry assurerait la mise en scène.
* Il m'était devenu évident que le talent, la personnalité et le charme ne suffisent pas. Il faut avoir de la chance. C'est jusqu'à présent ce qui m'a le plus manqué.
* Je me sens bien et heureuse comme jamais. Jamais je n'ai été aussi libre.
Il est impossible de ne pas l'aimer.

> Harry à propos de Romy:
* J'apprécie chez Romy un instinct conservé à l'état pur.
J'apprécie sa spontanéité, sa sincérité, complètement dépourvues d'arrière-pensées. De celles que l'on trouve chez un enfant. Elle possède une incroyable faculté d'adaptation. C'est une femme qui n'attend rien, qui ne réclame rien.
* J'examine les choses d'un point de vue esthétique, je vis essentiellement par les yeux. Je regarde volontiers ma femme. Elle est bien faite, a un beau visage. Mais j'apprécie tout particulièrement son honnêteté, qualité sans laquelle selon moi, il n'existe pas de bon mariage. Romy dit toujours ce qu'elle pense.


> photo de presse
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17 mars 2008

Les interviews sur César et Rosalie

César et Rosalie
Leinterviews

 

claudesautetClaude Sautet 
(
le metteur en scène) * 
C'est une chronique mouvementée, "une autopsie des sentiments", j'essaie d'évoquer une histoire d'amour violente, très vivante aussi parce qu'elle est en fait basée sur l'envie de vivre. Mon but est de faire le portrait de trois êtres d'âges et de situations très différents. Au centre, il y a Rosalie, libre, indépendante, avec du charme et du caractère, et douée d'un formidable appétit d'amour. Elle aime César, David, sa petite fille, le soleil et la mer. En fait, elle aime aimer. A ses côtés, César, un possessif un être tout extérieur. Il pense que Rosalie lui appartient et ne supporte pas la concurrence; c'est un primaire, un parvenu tout d'une pièce mais qui apporte à Rosalie une santé, une exubérance, une joie de vivre exceptionelle. Puis David, un contemplatif, moins avide d'exclusivité et de possession, plus inquiet, plus poète. Il aime regarder Rosalie et la respecte. Il se contente de son amour sans pour autant chercher à se l'approprier. Ainsi, les deux hommes apportent à Rosalie des formes d'amour si différentes et si complètes que ses hésitations sont parfaitement admissibles.
Romy, franchement, avant de tourner "César et Rosalie", j'ai cherché pendant trois ou quatre mois comment je pourrais ne pas la prendre. Et puis je n'y suis pas arrivé. Quand je me trouvais en face d'une scène concrète, il n'y avais qu'avec elle que je ne me dérobais pas. C'est son caractère passionnel qui m'attire, elle a une formidable énerie intérieure, elle n'est pas paisible mais tourmentée, pure, violente, orgeuilleuse. Quand je tourne avec elle, je sens une espèce de force, une chaleur, un appétit de la vie, et cela est bénéfique pour le film et pour ses partenaires.

samifreySami Frey
(tient le rôle de David)
* 
Elle compte au nombre des actrices les plus sensibles que je connaisse.

* (source: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel)

3 janvier 2008

Romy parle du film Un amour de pluie

Un amour de pluie
Leinterviews 

1romyRomy Schneider
(dans le rôle de Elisabeth) *
Jean-Claude est un ami depuis quinze ans; nous savions tous les deux que nous ferions pas "Lady Macbeth" mais c'est un très joli film; je l'aime beaucoup à cause de la poésie et de la délicatesse de Jean-Claude.

 *(source: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel) 

11 novembre 2007

Les interviews sur La passante du sans-souci

La passante du sans-souci 
Leinterviews


39956208 Romy Schneider
( actrice - rôles de Elsa / Lina )


Avril 1982

Il y a longtemps déjà que je suis tombée sur le sujet de La Passante du Sans-Souci. Je ne me souviens même plus quand c'était. J'avais lu le livre et je savais que je voulais être Elsa. Les années ont passé, mais Elsa ne m'a jamais totalement quittée. A l'occasion du tournage d'Une Histoire Simple en 1978, La Passante du Sans-Souci est revenue. Nous tournions dans les décors pour la scène avec la mère de Marie, interpréyée par Madeleine Robinson que j'estime et j'admire. Elle me parla de ce sujet et m'invita à lire La Passante du Sans-Souci, ce que j'avais déjà fait. J'ai ensuite continué à travailler, tout le temps, beaucoup, beaucoup trop.
Un soir, enfin à La Closerie des Lilas*, je discutais avec mon agent Jean-Louis Livi de mon "programme". Je fis allusion à La Passante du Sans-Souci.
- Avec qui pourrais-tu faire le film ?
- Avec une seule personne en France, Jacques Rouffio, répondis-je immédiatement.
Après L'Horizon en 1967, Le Sucre en 1979, c'était clair pour moi. Je souhaitais très fort qu'il accepte. Et il a accepté. J'étais vraiment fière: c'était la première fois de toute ma carrière que j'étais à l'origine d'un projet.
Jacques Rouffio entreprit donc d'écrire le scénario avec Jacques Kirsner. Le roman de Joseph Kessel date de 1937. Oui, ils ont su, à eux deux, élargir l'histoire, la rendre encore plus émouvante. L'évocation du passé s'accompagne d'une tragédie actuelle. Elsa a été tuée. Par la folie des nazis. Et Lina mourra également, victime d'une autre folie. Mais Rouffio et Kirsner ont su faire comprendre que rien n'était définitivement fini...
En 1981 j'avais joué un double rôle dans Fantôme d'amour sous la direction de Dino Risi. Et voilà à nouveau un double défi. Cela ne me faisait pas peur mais à Rouffio et Kirsner, oui. Ils se demandaient si j'acceptais le double rôle et l'élargissement au temps présent. Je ne pouvais y croire tout d'abord. Je pensais que c'était une de leurs plaisanteries. Mais Jacques Rouffio m'écrivait de belles lettres, où il confessait son inquiétude. La pensée que j'ai pu intimider quelqu'un me chagrine. Il en a toujours été ainsi, jusqu'à ce qu'on me dise: "Tu te rends compte de ce que tu représentes dans ta profession ?" Cela ne m'intéressait pas. J'ai assez souvent vu ma frimousse. J'ai toujours un miroir dans mon sac. Je me connais. Mon image m'est indifférente. Que peut-on dire de moi que je ne sache déjà moi-même ? Vous savez, les gens que l'on rencontre après une nuit sans sommeil, ces gens vous déclarent: "Ah, quelle bonne mine vous avez ! Vraiment belle ce soir !"... Je ne peux qu'en rire.

Vous avez dit un grand rôle "romanesque" ? Voyez-vous, j'ai aussi de l'humour, quoi que l'on puisse me dire par ailleurs. Oui, j'ai créé Elsa et Lina, Jacques Rouffio m'a beaucoup aidé en me laissant jouer d'instinct, en ne procédant jamais à des répétitions, sachant que je donnais immédiatement le maximum. Mais il ne faut pas trop se fier à l'instinct. Si l'on s'y fie de trop, il nous lâche un jour. Par ailleurs, je travaille toute seule. J'écris sur des petits bouts de papier des mots, des notes, et des remarques relatives au personnage: "Lina fait ceci, Elsa fait cela." J'ai cette habitude depuis longtemps.
Jacques Rouffio a travaillé avec moi en me donnant certaines indications, c'est tout. Par exemple, dans la scène du cabaret Rajah, où Elsa se saoûle, se détruit, il m'a simplement dit: "L'Allemagne se ruine et Elsa se ruine." C'est formidable, non ?

Gérard Klein est une vraie découverte. Oh oui ! Il incarne mon ami Maurice Bouillard. Et il est effectivement remarquable. Au début, il mourrait de peur. J'étais disposée de tout coeur à l'aider, comme j'avais aidé avec succès, me semble-t-il, Jacques Dutronc dans L'Important c'est d'aimer. Comment s'exprime l'aide apportée à des débutants ? Je suis tout simplement là. Je demande que l'on m'appelle quand on a besoin d'une donneuse de réplique. Sans fausse modestie, je vous assure que j'ai alors plus le trac que si je jouais la scène moi-même.

Je joue à nouveau au côté de mon partenaire préféré, Michel Piccoli. Oui, Jacques Rouffio nous a dit: "Avec vous, les essais sont inutiles, cela devrait aller sans. Vous avez déjà fait vos preuves."
On commence toujours par se jeter des fleurs. "Tu es le meilleur." - "Mais non, tu es la meilleure." Et dans les scènes dramatiques ou les demi-tons, il peut "m'avoir" ou plutôt c'est moi qui l'ai. En contrepartie, dans les passages moins tendus, où il faut rire, c'est lui le boss. Moi-même j'ai tendance à rire et j'ai parfois du mal à me retenir. Quand une étincelle s'allume dans ses yeux, je ne peux plus résister. Voulez-vous savoir ce qu'il a écrit à mon sujet dans son livre Dialogues égoïstes ? D'abord, que je suis une actrice qui crée elle-même ses rôles, ce qui m'a natuellement fait plaisir. Puis, à peu près ceci: "Nous vivons un moment essentiel quand nous nous retrouvons pour tourner pendant trois mois. Si bien des gens n'existent que sur la base d'une sympathie manifestée ouvertement, Romy et moi avons la chance de nous comprendre sans paroles. Les intimités du travail sont très exigeantes. Avec Romy, ce n'est ni une lubie, ni une amourette. Romy et moi, une association à responsabilité illimitée."

Elsa chante une chanson formidable. C'est un poème de Heine du Livre des chants. Un poème extraordinaire de 1822:
C'est toi qui m'es restée le plus longtemps fidèle, tu t'es interessé à moi, et tu m'as prodigué la consolation dans le besoin et l'anxiété.
Tu m'as donné à boire, à manger, tu m'as prêté de l'argent, tu m'as pourvu de linge et du passeport pour le voyage.
Ma bien-aimée ! Que Dieu te préserve longtemps encore du chaud et du froid; qu'il ne te rende jamais les bontés que tu as eues pour moi !
Il exprime exactement ce que pourrait aussi dire Elsa à ceux qui l'aident, surtout chez Charlotte, mais je ne l'ai pas chanté moi-même. Le playback est parfait. J'y ai aussi travaillé très dur. Je me suis beaucoup entraînée avec Anne-Laure Nagorsen, j'ai écouté plus de mille fois la cassette. L'ingénieur du son, William Sievel, a été très satisfait de la synchronisation. Et Dieu sait combien il en a vu avec moi ! Je commets l'erreur d'articuler de façon difficilement compréhensible, parce que je parle plutôt bas. Dans un dialogue avec Charlotte, il nous a interrompu, le casque sur les oreilles:
- Plus fort, s'il vous plaît, je n'entend rien.
Nous avons recommencé à chuchoter. Et lui, désespéré:
- Mesdames, vous pensez certes, mais vous ne pariez pas !
C'est beau, non ?

C'était une atmosphère d'amitié. Une seule fois, j'ai été prise d'un accès de fureur. Un jour, quelques minutes avant de reprendre le tournage, Roufio voulut modifier le contenu de mon texte. Ce que j'ai en horreur, car je passe des heures à l'apprendre, à me l'approprier, à le possèder. Je me suis alors précipitée vers la porte d'entrée en criant à tue-tête:
- Non... non ... et non ! J'ai eu trop de mal à me le mettre dans le crâne ! A présent, c'est fait, il est trop tard pour revenir en arrière!
Jacques m'a lancé un long regard affligé et tout est rentré dans l'ordre.

Cela se passait à Berlin, en studio. J'y avais déjà tourné, c'est vrai. Mais je n'y avais plus tourné depuis Jeunes filles en uniformes en 1958 et seulement bien plus tard, à nouveau pour Portrait de groupe avec dame en 1976. Rien n'avait changé et je ne m'y sentais pas très à l'aise.Mes rapports avec l'Allemagne, avec le cinéma allemand ne sont pas particulièrement bons. Je crois bien qu'ils ne m'ont pas encore pardonné et qu'ils ne me pardonneraient jamais.
Berlin a une signification particulière pour moi. Mon fils y est né. Et j'ai passé dans cette ville lestrois plus belles et plus heureuses années de ma vie.
Avec le titre original de "La Passante du Sans-Souci" (nb: dans le générique de début) il y a une dédicace à laquelle je me suis accrochée et que j'ai défendue avec bec et ongles. J'ai dédicacé mon travail "à David et à son père". Jacques Rouffio n'était pas très emballé. Par pudeur, sans doute, il m'a dit:
- Je crains que cela ait une allure un peu trop personnelle...
Ce à quoi je lui ai répondu:
- Qu'est ce qui, aujourd'hui encore, est encore personnel ? Dans mon cas précis, il se trouve que si l'on considère que j'appartiens à tous, il est bon que tous sachent ce qui m'appartenait à moi, et que j'ai perdu...
Jacques Rouffio m'a alors répondu, prouvant ainsi qu'il avait compris:
- Ma pauvre petite Romy, la vie d'actrice n'est pas toujours drôle.
Tout a un prix qu'il faut payer sans rechigner. En 1977, j'ai un jour déclaré: "J'ai 50 films", de la même manière que j'aurais dû dire: "J'ai 50 ans". "La Passante du Sans-Souci" est pour moi plus qu'un film, beaucoup, beaucoup plus.


*La Closerie des Lilas: célèbre grande brasserie restaurant de Paris, au boulevard Montparnasse, où fut tournée la scène de rencontre entre Romy et Philippe Noret dans Le Vieux Fusil en 1975.


jacquesrouffioJacques Rouffio
( metteur en scène )

Pour moi Romy est un être "en marche"... La sympathie qu'elle inspire, elle l'a doit je crois, à deux choses: l'image qu'elle donne à la vulnérabilité, sa voix, sa façon d'interpréter ses rôles avec tendresse et malgré cette vulnérabilité pathétique, on sent chez elle une force. C'est une femme qui ne "lâche" jamais. C'est pour cela que les gens l'aiment. Elle a un contcat intime "en profondeur" avec le public. C'est une des seules actrices du cinéma français qui provoque cet appétit des gens de la voir.


labourier_dominique01Dominique Labourier
( actrice - rôle de Charlotte )
Durant tout le tournage, je n'ai pas cessé d'être émue par Romy / Elsa. Elle exprimait si fort sa peur et elle était si totalement investie par son personnage, qui lui-même était fragile, apeuré, vulnérable, que son angoisse m'ôtait la mienne. J'avais envie de la rassurer, de la prendre dans mes bras, de lui dire "ça va passer". Au cinéma je n'avais jamais travaillé avec quelqu'un qui se donne ainsi comme Romy, jusqu'au vertige.


sources:
livre Le Journal de Romy Schneider, Moi Romy, de Renate Seydel, 1989.

livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel

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