Mercredi 6 janvier 2021 - 20h55 - Arte
Disponible en video à la demande
Film - La Piscine
Durée: 119 min
Réalisation: Jacques Deray
Année: 1969
Pays: France
Distribution: Alain Delon (Jean-Paul Leroy), Romy Schneider (Marianne),Jane Birkin (Pénélope Lannier),Maurice Ronet (Harry Lannier), Paul Crauchet (l'inspecteur Lévêque)...
Jalousie et faux-semblants viennent troubler l'apparente quiétude d'un couple en villégiature suite à l'intrusion d'un ancien ami et de sa fille... Neuf ans après "Plein soleil", Alain Delon retrouve Maurice Ronet dans ce huit-clos magistral et bien ficelé. Un polar culte et sensuel avec l'éblouissante Romy Schneider et Jane Birkin dans son premier rôle français.
Dans une somptueuse villa sur les hauteurs de Saint-Tropez, Jean-Paul et Marianne se désirent avec une passion intacte après deux ans de vie commune. Entre la piscine sans rides et la chambre étouffante, les vacances semblent ne jamais devoir s'achever et le temps s'écoule, immuable. Un jour, Marianne invite Harry, un ami de passage, qui débarque avec sa fille Pénélope. Leur arrivée rompt l'équilibre des jours écrasés de soleil, un climat pesant s'installe et, derrière une apparente entente cordiale, des dissensions apparaissent. Pénélope, qui a vite perçu l'intérêt qu'elle éveille chez Jean-Paul et l'inquiétude de Marianne, feint l'indifférence. Harry flirte ouvertement avec Marianne, qui fut autrefois sa maîtresse, et affiche son mépris pour Jean-Paul…
Sous la surface, les remous
"Vaincre ses désirs plutôt que l'ordre du monde" : paradoxalement, c'est Harry qui donne ce conseil à un Jean-Paul rongé par la jalousie. Harry le jouisseur, qui s'abandonne à ses élans sans états d'âme et raille la sobriété de son ami récemment sorti de l'alcoolisme. Dans sa bouche, cette formule tirée d'une maxime de Descartes sonne faux, et son hypocrisie n'abuse personne. Tout le monde affecte l'amitié, sauf Pénélope : cette ambiance la répugne et elle refuse de jouer le rôle qui lui est dévolu. Les non-dits pourrissent une atmosphère déjà trouble tandis que gestes et regards laissent sourdre une tension croissante… Filmé en huis clos autour de la piscine, dont la surface calme est aussi trompeuse que la cordialité de façade, ce drame de la passion met en scène une mascarade dont l'issue ne peut qu'être fatale.
Mercredi 6 janvier 2021 - 23h00 - Arte
Disponible en video à la demande
Documentaire - Alain Delon, l'ombre au tableau
Durée: 59 min
Réalisation: Karl Zéro, Daisy D'Errata
Année: 2019
Pays: France
Karl Zéro et Daisy d'Errata passent au crible le mythe Delon, cherchant à comprendre pourquoi l'acteur d'exception a choisi, à un tournant de sa carrière, de se cacher derrière son propre rôle.
Pourquoi Alain Delon, star mondiale hors catégorie, mais d'abord acteur exceptionnel passionnément attaché à son art, a-t-il choisi, il y a près d'un demi-siècle, de se figer dans un rôle, le sien, aussi spectaculaire à la ville qu'oubliable à l'écran ? À cette question frontale, ce nouveau portrait de la collection "L'ombre au tableau" (après Charles Trenet, Yves Montand et Claude François) répond par le mystère, maintes fois évoqué, d'une personnalité à jamais duelle. Si "Delon" est parvenu à incarner, en un temps remarquablement bref, un mythe, c’était aussi pour protéger "Alain", l'enfant terrible et malheureux qu'il n'aurait jamais cessé d'être. Gamin placé, engagé volontaire à 17 ans pour la guerre d'Indochine puis révoqué pour indiscipline, voyou de Marseille devenu gigolo à Paris, il est intronisé acteur par l'intermédiaire de quelques femmes inspirées, avant de voler, très vite et très loin, de ses propres ailes. De Christine (qui lui fait rencontrer Romy Schneider, en 1958) à Mr. Klein (qu'il produit lui-même, en 1976), cette réussite fulgurante, incandescente, sous l'égide notamment de ses trois "pères" de cinéma, René Clément, Luchino Visconti et Jean-Pierre Melville, précède une carrière en dents de scie, durant laquelle "Delon", qui se met lui-même en scène sans craindre de se caricaturer, affiche sa lassitude vis-à-vis de son art et du monde.
Homme à failles
Karl Zéro et Daisy d’Errata tissent extraits de films, archives en partie inédites et confidences de proches recueillies en noir et blanc, façon studio Harcourt : le cinéaste Patrice Leconte, avec qui il a tourné Une chance sur deux, le philosophe et réalisateur Bernard-Henri Lévy, qui l'a fait jouer (avec Karl Zéro) dans son film Le jour et la nuit, les actrices Nicole Calfan et Véronique Jannot, rencontrées respectivement sur les plateaux de Borsalino et du Toubib, et l’ancien commissaire divisionnaire Charles Pellegrini. Leur portrait affectueux, mais sans complaisance, met ainsi à nu l'homme à failles derrière l'icône.