Romy
(au Filmpodium , Zurich, Suisse
Source auxartsetc )
ROMY SCHNEIDER: SÜSSE MÄDEL EN ALLEMAGNE ET GRANDE ACRICE EN FRANCE
En France, Romy Schneider (1938–1982) est l'incarnation de la diva tragique qui a connu le succès très jeune, puis qui est devenue une star mondialement connue, mais qui, malheureusement, entre sensibilité, joie de vivre et drames, a cherché en vain le bonheur dans sa vie privée. A l’occasion de la magnifique rétrospective présentée par le Film Podium, il est intéressant de rappeler comment la "jeune fille mignonne", « die süsse Mädel », adulée en Allemagne pour son incarnation de Sissi, est devenue la femme libre et moderne qui, à 21 ans, part vivre à Paris, choisit ses films et tourne avec les plus grands réalisateurs (Visconti, Welles, Sautet, Tavernier), à côté des plus grands acteurs français de cette époque (Jeanne Moreau, Michel Piccoli, Alain Delon, Yves Montand, Jean-louis Trintignant, Philippe Noiret, pour ne citer que quelques uns).
DEBUTS EN ALLEMAGNE SOUS LA PROTECTION DE SA MERE
Il y a beaucoup d’actrices dans la famille du père et de la mère de Romy Schneider, qui après le divorce de ses parents en 1944 (elle a six ans) s’attachera beaucoup à sa mère, Magda Schneider, une actrice connue. Romy voulait être décoratrice, mais le hasard voudra que sa mère la propose pour jouer le rôle de sa propre fille dans un film. Le succès est immédiat, et entre 14 et 18 ans, Romy Schneider se fait un nom et démarre avec succès une véritable carrière, dans des films choisis par sa mère. Elle a 16-17 ans et elle n’est plus une débutante quand elle est choisie par le réalisateur Ernst Marischka pour jouer le rôle titre de « SISSI » en 1955. L’arrivée à la Cour de Vienne de la jeune princesse bavaroise ressemble à un conte de fée dans lequel Romy Schneider est époustouflante de fraîcheur, de charme et de talent. Elle assure le succès international du film. Le metteur en scène peut alors, sans souci, produire deux autres films : en 1956 « SISSI IMPERATRICE » (Sissi, die junge Kaiserin) et en 1957 « SISSI FACE A SON DESTIN » (Sissi – Schicksalsjahre einer Kaiserin). Romy Schneider rechigne déjà à tourner ce troisième volet ne voulant pas coller à un personnage idéalisé dans un scénario beaucoup trop romancé à son avis, et être éternellement identifiée à « cette image» d’Elisabeth d’Autriche. L’année suivante, elle a 19 ans, elle refusera catégoriquement de tourner le quatrième film prévu par le réalisateur, malgré l’énorme cachet d’un million de Marks qui lui était promis.
UNE CARRIERE QUI S’INTERNATIONALISE
Elle tourne d’autres films et en 1959, à 21 ans, elle part s’installer à Paris où elle retrouve Alain Delon dont elle est tombée amoureuse lors du tournage de « CHRISTINE ». Elle n’est pas connue du grand public en France, mais elle tourne beaucoup et sa carrière s’internationalise. Avec l’Allemand Fritz Kortner « DIE SENDUNG DER LYSISTRATA » en 1960, avec les Français René Clément –« PLEIN SOLEIL » en 1960, -, Alain Cavalier, Jules Dassin, Henri-Georges Clouzot, en 1964 dans « L’ENFER » resté inachevé, ou avec Jean Chapot dans « LA VOLEUSE » en 1966. Mais aussi avec Orson Welles dans « LE PROCES », « The trial », en 1962, avec Luchino Visconti, et d’autres réalisateurs célèbres comme Otto Preminger, pour ne citer que quelques-uns, parmi la vingtaine de films tournés entre 1959 et 1969.
C’est aussi pendant cette période qu’elle se marie, en juillet 1966, en Allemagne, avec l'acteur et metteur en scène de théâtre berlinois Harry Meyen, et qu’elle fait une pause d’une année, à Berlin après la naissance de son fils David en 1966.
LA CELEBRITE EN FRANCE
C’est « LA PISCINE », de Jacques Deray avec Alain Delon, dont elle s’était déjà séparée depuis plusieurs années, qui la rendra célèbre en France en 1969. Suivra alors une longue liste de chefs d’œuvre dans lesquels Romy Schneider laisse éclater son talent d’actrice, sa forte personnalité, sa capacité à tout interpréter : En 1970, le film de Claude Sautet « LES CHOSES DE LA VIE », aux côtés de Michel Piccoli pour la première fois. De nouveau avec Claude Sautet et Michel Piccoli « MAX ET LES FERRAILLEURS » (1971), puis « CESAR ET ROSALIE » (1972) et « UNE HISTOIRE SIMPLE » (1978). Qu’elle soit l’épouse aimée dans « LE VIEUX FUSIL » de Robert Enrico (1975), l’épouse qui haït et trahit son mari dans « GARDE A VUE » de Claude Miller (1981), qu’elle joue la putain, la femme fatale, la femme qui va avorter, la banquière, l’épouse qui aime deux hommes, ce sont toujours des portraits de femmes indépendantes, le plus souvent malheureuses, mais qui veulent choisir elles-mêmes leur destin. Elle sera aussi juive dans « LE TRAIN » de Pierre Granier-Deferres (1973) ou dans le dernier film qu’elle tourna en 1982 « LA PASSANTE DU SANS-SOUCI » de Jacques Rouffio, une revanche pour elle qui avait tellement honte que sa mère ait été reçue par Hitler pendant la guerre.
UNE ACTRICE INOUBLIABLE AU DESTIN DRAMATIQUE
Ses films sont des succès, ses interprétations sont louées. En 1963, Romy Schneider reçoit l'« Étoile de cristal de l'Académie du cinéma » pour sa prestation dans « Le Procès ». En juin 1964, elle obtient la « Victoire du Cinéma Français », récompensant la « meilleure actrice étrangère de l'année ». Elle est couronnée deux fois par le césar de la meilleure actrice, en 1976 pour « L’important c’est d’aimer » de A. Zulewsky, et en 1979 pour « Une histoire simple » de C. Sautet.
Sa voix érotique, son sourire inoubliable dans lequel on pourrait se noyer, et son regard tour à tour souriant, charmant, malicieux, enjôleur mais aussi profondément mélancolique pouvait aussi être d’une implacable violence. Malgré une présence indéniable et un talent fou, Romy Schneider ne ménageait pas ses forces, car elle manquait de confiance en elle et se posait constamment de très hautes exigences. Exploitée très (trop) jeune, elle ne savait pas poser de frontières entre ses rôles d’actrice et sa vie personnelle. Alors, l’actrice adulée ne fut ni sereine, ni épanouie dans sa vie privée assez chaotique, faite de rencontres amoureuses, qui se terminent toujours trop tôt, avec des hommes ou des femmes. Son fils David si talentueux, dont elle disait qu’il était l’homme de sa vie, ensoleilla sa vie. Romy Schneider s’est séparé du père de David en 1972 et remariée avec son secrétaire en 1975, le père de sa fille Sarah, née en 1977. Mais il était écrit que, pour elle, la gloire ne ferait pas bon ménage avec le bonheur. En plus de ses ennuis de santé, c’est le drame de trop qui l’a frappée avec la mort accidentelle dramatique de son fils David, à l’âge de 14 ans en juillet 1981. Elle ne s’en est jamais remise. Epaulée par ses amis, elle continua à tourner, mais s’est éteinte le 29 mai 1982 d’une crise cardiaque un mois après la fin du tournage de « La passante du sans-souci ». Certains ont parlé de suicide. Mais heureusement, le respect l’a emporté sur la curiosité malsaine, et aucune autopsie n’a été faite. Romy Schneider peut donc reposer en paix. Elle est morte d’épuisement, elle est morte de chagrin, son cœur n’en pouvait plus. Elle avait 42 ans. Elle en aurait 72 cette année.
PROGRAMME
SISSI
Mar 16.2. 18.15 // Dim 28.2. 15.00
SISSI, DIE JUNGE KAISERIN
Mer 17.2. 18.15 // Mer 3.3. 15.00
SISSI - SCHICKSALSJAHRE EINER KAISERIN
Jeu 18.2. 18.15 // Sam 6.3. 15.00
DIE SENDUNG DER LYSISTRATA
Mer 17.2. 20.45 // Lun 22.2. 20.45
THE TRIAL d'Orson Wells (1962)
Mar 23.2. 18.15 // Jeu 25.2. 20.45
SCHORNSTEIN NR. 4
Dim 28.2. 20.45
LA VOLEUSE de Jean Chapot (1966)
Mer 24.2. 15.00
LA PISCINE de Jacques Deray (1968)
Sam 27.2. 20.45 // Mar 2.3. 20.45 // Dim 7.3. 18.15 //
Sam 20.3. 15.00
LES CHOSES DE LA VIE de Claude Sautet (1969)
Sam 6.3. 20.45 // Mar 9.3. 20.45
MAX ET LES FERRAILLEURS de Claude Sautet (1971)
Ven 12.3. 18.15 // Dim 14.3. 20.45 // Dim 21.3. 15.00
CÉSAR ET ROSALIE de Claude Sautet (1972)
Lun 15.3. 18.15 // Ven 19.3. 20.45
LUDWIG
Sam 20.3. 19.30 // Dim 28.3. 14.00
LE TRAIN
Mar 16.3. 20.45 // Sam 27.3. 18.15
LE VIEUX FUSIL
Mer 17.3. 18.15 // Lun 22.3. 20.45
UNE HISTOIRE SIMPLE
Dim 21.3. 18.15 // Sam 27.3. 20.45
DEATH WATCH/LA MORT EN DIRECT
Mer 24.3. 18.15 // Lun 29.3. 20.45
FANTASMA D'AMORE
Mer 24.3. 15.00 // Ven 26.3. 20.45
GARDE À VUE
Dim 28.3. 20.45 // Mer 31.3. 15.00
LA PASSANTE DU SANS-SOUCI
Lun 29.3. 15.00 // Mer 31.3. 20.45
LES FILMS DE LA RETROSPECTIVE
Parmi les 63 films tournés en 28 ans par Romy Schneider, le choix du Film Podium illustre les deux grands volets de la carrière de la star, d’abord la période « belle image », adulée en Allemagne et immortalisée dans la cire de chez Madame Tussauds à Berlin, avec une Sissi en habits somptueux, et impériaux bien sûr. Puis, l’envol de la star, femme libre et volontaire, -ce que le grand public allemand lui reprochera-, mais qui est aussi immortalisé au Musée Grévin à Paris où la Romy Schneider de cire est une femme très élégante et mondaine en robe du soir.
SISSI / SISSSI IMPERATRICE / SISSI FACE A SON DESTIN
Tourné 10 ans après la fin de la guerre par Ernst Marischka, le premier film « SISSI » voulait faire rêver à un passé glorieux. Rien ne le pouvait mieux que l’histoire romantique de la petite princesse bavaroise qui tombe amoureuse du futur empereur d'Autriche, alors que sa sœur aînée Hélène lui était promise. La jeune Sissi compromet donc le mariage de sa sœur, car François-Joseph l'aime également. L’histoire commence donc comme un conte de fée, d’autant plus que le réalisateur fait tout pour donner une touche historique tout en édulcorant les problèmes qui jalonneront la vie dramatique de l’impératrice. Romy Schneider dira « je haïs cette image de Sissi ».
Dans le deuxième film « SISSI IMPERATRICE », la jeune impératrice a d’énormes problèmes avec sa trop sérieuse belle-mère et avec l'étiquette. Lorsqu'on lui enlève son enfant, elle s'enfuit et se réfugie en Bavière, car elle veut prendre en main l’éducation de sa fille. Dans ce second volet de la trilogie, Sissi découvre qu'elle souffre d’une grave maladie.
Dans le troisième film, « SISSI FACE A SON DESTIN » le contexte politique intervient, édulcoré lui aussi. Les révolutionnaires hongrois étant mécontents de leur rattachement à l'Autriche, Sissi va partir en Hongrie afin de calmer les esprits. Partie très longtemps, et soupçonnée d’avoir une liaison avec le comte Andrássy, elle rentre à Vienne. Les médecins lui proposent de partir dans un endroit plus chaud pour avoir une chance de guérir...
LYSISTRATA / DIE SENDUNG DER LYSISTRATA
Ce film du réalisateur allemand Fritz Kortner suit largement la comédie d’Aristophane (411 av. J.-C). Lysistrata est une Athénienne rebelle et imaginative qui convainc toutes les femmes de toutes les cités grecques, de faire la grève du sexe jusqu’à ce que les guerres incessantes entre Athènes, Sparte et d’autres cités s’arrêtent. La pièce montre le rôle que les femmes peuvent avoir dans la société et leur manière très particulière de faire de la politique. Que le film soit tourné en Allemagne en 1961, c'est-à-dire en pleine guerre froide et dans un pays en plein débat sur l’armement atomique n’est pas un hasard, pas plus que le choix de Romy Schneider pour interpréter Lysistrata, elle qui avait refusé de tourner un quatrième film sur Sissi, et s’était ainsi profilée comme rebelle. Pour cela, elle avait beaucoup déçu et était assez décriée dans la presse allemande à grand tirage.
LE PROCES / THE TRIAL
D’après le roman de Kafka (1902), Orson Welles a tourné en 1962, l’histoire de Josef K. un employé tiré de son lit, et convoqué devant un tribunal obscur, pour une raison qu’il ne comprend pas. L’absurdité sans issue de cette situation est mise en scène avec maestria par Orson Welles. Romy Schneider se glisse avec l’absence de brio nécessaire dans la peau de Leni, la gouvernante du juge, « une poupée » sans consistance à la fois érotique et impersonnelle. Pour son interprétation de Leni, elle recevra l'« Étoile de cristal de l'Académie du cinéma » en 1963.
LA VOLEUSE / SCHORNSTEIN NR. 4
Ce film de Jean Chapot de 1966, sur un scénario de Marguerite Duras, a été tourné en France et en Allemagne. C’est l’histoire de Julia (Romy Schneider), qui après plusieurs années de mariage avoue à son mari (Michel Piccoli), qu'à 19 ans, elle a abandonné son nouveau-né, qui a été confié aux Kostrowitz, un couple d'ouvriers polonais. Tenaillée par le souvenir de l'enfant, elle décide de reprendre son petit garçon, mais le couple, chez qui l’enfant a grandi, refuse...
C’est le premier des sept films dans lesquels Romy Schneider jouera avec Michel Piccoli. Et c’est aussi la première fois que Romy Scneider tourne à nouveau en Allemagne où le film sortira sous le titre de « Schornstein Nr. 4 ». Elle y est louée par la critique pour sa manière d’exprimer à la fois l’instabilité, l’agitation et les tensions de la jeune femme.
LA PISCINE
Ce film de Jacques Deray a été tourné en 1969 sur la Côte d’Azur et en Italie. Dans ce drame essentiellement psychologique, Jean-Paul (Alain Delon) et Marianne (Romy Schneider) forment un couple idéal. Ils coulent des jours heureux pendant leurs vacances d'été dans une luxueuse villa de Saint-Tropez, jusqu’au jour où Harry (Maurice Ronet) débarque avec sa fille Pénélope de 18 ans (Jane Birkin). L'ambiance, au départ amicale, se tend peu à peu. Entre chaleur et eau, ces jeux de chat et souris, de jalousie et de séduction au bord d’une piscine, ne peut que se terminer en drame.
LES CHOSES DE LA VIE
Ce film est une adaptation du roman de Paul Guimard (1967), réalisée par Claude Sautet en 1970. Dans cette histoire, Pierre (Michel Piccoli), architecte célèbre d'une quarantaine d'années, est victime d'un accident de voiture. Ejecté du véhicule, dans le coma, au bord de la route, il revoit son passé et les deux femmes qui comptent dans sa vie, Catherine (Léa Massari) avec qui il a un fils et dont il est séparé, et Hélène (Romy Schneider), avec qui sa relation amoureuse est à un tournant. Par un habile découpage entre passé, présent et avenir, ce film montre brillamment comment les « petites » choses de la vie sont justement celles qui font le bonheur d’une existence. Au-delà des erreurs et des souffrances.
MAX ET LES FERRAILLEURS
Max (Michel Piccoli), un ancien juge d’instruction, est maintenant un inspecteur de police obsédé par ses échecs. Il retrouve Abel, son ancien camarade de régiment, qui est « ferrailleur » et pille les chantiers de construction avec une bande de petits truands des environs. Lily (Romy Schneider), une jeune prostituée d’origine allemande, est sa compagne. Max, qui n’a pas révélé sa profession, imagine de les inciter à commettre un gros coup afin de réaliser un flagrant délit indiscutable, et dans ce but, il se fait passer pour le directeur d’une petite agence bancaire. Mais peu à peu, un sentiment naît entre Max le solitaire, et Lily la «professionnelle ». Le jour prévu pour le hold-up, une souricière est tendue et la bande est arrêtée. Pris entre sa responsabilité dans la duplicité, et la fragilité que crée en lui son sentiment pour Lily qu’il veut sauver, Max perdra tous ses repères. Dans ce film tourné en 1971 par Claude Sautet, Michel Piccoli et Romy Schneider déclinent à la perfection, tous les aspects et les ambiguïtés de caractère de leur personnage.
CESAR ET ROSALIE
C’est l’histoire d’un « ménage à trois dans le beau cadre d’une plage, où César (Yves Montand), un « commercial » arrivé et généreux, et David, un artiste effacé assez intellectuel (Samy Frey), se disputent la même femme, Rosalie (Romy Schneider). Rosalie supportera difficilement de voir que les hommes finissent par devenir amis. Claude Sautet a avoué qu’il ne voyait que Romy Schneider, dans ce rôle à cause de son tempérament passionné, et son art tout à fait particulier d’être à la fois pleine de vie, chaleureuse, et passionnée ou violente.
LUDWIG OU LE CREPUSCULE DES DIEUX
Cette évocation du règne de Louis II de Bavière, protecteur des arts, et en particulier de Richard Wagner, a été réalisée par Luchino Visconti en 1972. Louis II de Bavière est ce monarque aux utopies esthétiques, dont les rêves ont été brisés par sa confrontation à la réalité du pouvoir. Là encore, Romy Schneider devra interpréter l’impératrice Elisabeth d’Autriche, mais, dans le film de Visconti, elle a une autre densité que dans ceux de Marischka. Les images de ce déclin sont magnifiques, et la musique classique grandiose.
LE TRAIN
C’est le train que doit prendre Julien (Jean Louis Trintignant), avec sa femme enceinte et leur fille de 7 ans, pour fuir l'avance des troupes allemandes en mai 1940 et rejoindre la zone libre. Contraint de voyager dans les wagons de marchandises réservés aux hommes, Julien se retrouve séparé des siens. Au cours du voyage, il s’éprend d'Anna (Romy Schneider), une jeune juive allemande. A l’arrivée, il la quitte pour rejoindre sa famille. Trois ans plus tard, Anna et Julien se retrouvent, mais devant la Gestapo pour un interrogatoire, et elle va l’aider.
LE VIEUX FUSIL
Ce film franco-allemand de Robert Enrico, sorti en salles en 1975 est inspiré du massacre d'Oradour-sur-Glane en juin 1944, au cours duquel une section de l’armée allemande a mis le feu au village après avoir assassiné 642 civils, hommes, femmes et enfants. Le chirurgien pacifiste et humaniste convaincu, Julien Dandieu (Philippe Noiret), est aussi un résistant. Pour plus de sécurité, il met sa femme (Romy Schneider) et sa fille à l'abri dans son château familial près d'un petit village de la région. Le jour où une section de l’armée allemande traverse le village, et massacre tous les habitants, dont sa famille, Julien est détruit. Ivre de douleur et de haine, et armé du vieux fusil de chasse au sanglier de son père, il va tuer froidement et méthodiquement les responsables du massacre. Le drame est ponctué de retours en arrière sur les grands moments de bonheur de Julien. Romy Schneider est souveraine et Philippe Noiret absolument bouleversant. Ce film triomphera lors de la toute première cérémonie des César du cinéma français en 1976 (meilleur film, meilleur acteur pour Philippe Noiret, meilleure musique pour François de Roubaix). Il est également César des Césars en 1985.
UNE HISTOIRE SIMPLE
Cette histoire « toute simple » d’une émancipation féminine, racontée en 1978 par Claude Sautet est une tranche de la vie de Marie (Romy Schneider). Divorcée et mère d'un adolescent, elle a décidé de ne pas garder l'enfant qu'elle a de Serge, dont elle souhaite d’ailleurs se détacher. Marie se rapproche de son ex-mari (Bruno Cremer), et en attend un deuxième enfant, tout en voulant garder son indépendance. Les soucis et les drames, les amitiés et les séparations font partie de la vie de Marie, qui cherche à se libérer de toute dépendance amoureuse. Claude Sautet filme merveilleusement son personnage central, ou plutôt une Romy Schneider rayonnante.
LA MORT EN DIRECT
Ce film de science fiction de Bertrand Tavernier (1980) met en scène l’approche de la mort dans un futur, où la science a réussi à vaincre les plus grandes maladies. Katherine Mortenhoe (Romy Schneider), une écrivaine à succès atteinte d'une maladie incurable, est contactée par une chaîne de télévision qui souhaite la filmer pour son émission « La Mort en direct ». Elle refuse, mais sera filmée à son insu par Roddy, un cameraman, dont la caméra miniature est implantée dans le nerf optique. Mais c’est sans compter avec les sentiments qui vont se développer entre Katherine et Roddy. Dans cette dénonciation de la téléréalité -déjà en 1980-. Romy Schneider apparaît ici en mourante, un comble -mais convaincant-, pour celle qui habituellement déborde de vie.
FANTASMA D’AMORE / FANTÔME D’AMOUR
« Ce mélodrame métaphysique » de Dino Risi (1980) sur l’absolu de l’amour qui perdure au-delà de l’espace et du temps, se passe à Milan, au milieu des années 1970. Nino Monti (Marcello Mastroianni), un expert fiscal marié et rangé, paie la place de bus d'une vieille femme à l'air misérable. Le soir même, elle le rappelle, et se présente : Anna Brigatti, son grand amour de jeunesse. Nino est troublé, les images du bonheur perdu resurgissent. Hanté par cette réminiscence, il s'aventure devant la maison où jadis elle habitait, et il la revoit, vieillie, enlaidie. Mais il apprend par la suite qu'Anna (Romy Schneider) est morte quelques années auparavant. Il mène alors l'enquête et voit ses certitudes s'effondrer. Glisse-t-il doucement vers la folie, ou les fantômes existent-ils vraiment?
GARDE À VUE
Ce film de Claude Miller, tourné en 1981 est un chef d’œuvre de précision dans la mise en scène et dans les dialogues de Michel Audiard, avec des réparties d’anthologie. Un soir de réveillon de nouvel an à Cherbourg, le corps d'une fillette, tuée et violée, a été retrouvé dans les dunes. L’inspecteur Gallien (Lino Ventura), secondé par son adjoint Belmont, reçoit au commissariat le notaire Martinaud (Michel Serrault), notable local qui connaissait bien l’une des fillettes. Comme un certain mystère plane sur sa vie privée et que son arrogance est cinglante, de témoin, le notaire devient suspect. Le suspense semble prendre fin avec l’arrivée de Chantal, la femme de Martinaud (Romy Schneider), et son témoignage, accablant pour son mari. Mais la garde à vue n’est pas encore à son terme. Dans ce huis-clos où le face à face époustouflant Lino Ventura / Michel Serrault est oppressant et implacable, Romy Schneider tient un second rôle, mais un important ressort de l’intrigue. Pas le seul toutefois.
LA PASSANTE DU SANS-SOUCI
Dans ce film de Jacques Rouffio, sorti en 1982, d’après un roman de Joseph Kessel, l'ambassadeur du Paraguay a été froidement abattu par Max Baumstein (Michel Piccoli), le président respecté d'une organisation humanitaire. Lors d'une audience il explique son geste. L'ambassadeur était un ancien officier nazi, responsable de l'assassinat de sa famille quand il était enfant. Romy Schneider (Elsa Wiener/Lina Baumstein), bouleversante, y joue pour la dernière fois, à la mémoire de son ex-mari Harry Meyen et de son fils David mort l’année précédente.
L’ENFER
Henri Georges Clouzot mourut d’une crise cardiaque en 1964, avant d’avoir achevé de tourner ce drame de la jalousie, avec Romy Schneider et Serge Reggiani en vedettes. Alors qu’on pensait que les 15 heures de tournage étaient perdues, Serge Brombergs, les a ressorties de l’oubli. Impressionné par le projet et les recherches de Clouzot, ainsi que par la prestation époustouflante de Romy Schneider, il a réalisé un documentaire reconstruisant l’itinéraire de ce projet trop ambitieux pour l’époque. De longs fragments du film démontrent le cauchemar de cette histoire servie par des prouesses techniques inédites en 1964, et une Romy Schneider de 26 ans qui aurait révélé son immense talent dans un registre nouveau pour elle.