Canalblog Tous les blogs Top blogs Célébrités Tous les blogs Célébrités
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Romy Schneider en images
Publicité
NAVIGUATION
13 octobre 2011

Dossier de Presse Romy Schneider Exposition

A l'occasion de la grande exposition qui se tiendra à l'espace Landowski à Boulogne Billancourt, du 4 novembre 2011 au 22 février 2012, le site internet officiel de l'expo (sur exporomyschneider.com ) propose de télécharger le dossier de presse en format .pdf, que je vous transmets ici en format .jpg

dossier_presse_expo_romy_p01 dossier_presse_expo_romy_p02 dossier_presse_expo_romy_p03 dossier_presse_expo_romy_p04
dossier_presse_expo_romy_p05 dossier_presse_expo_romy_p06 dossier_presse_expo_romy_p07 dossier_presse_expo_romy_p08
dossier_presse_expo_romy_p09 dossier_presse_expo_romy_p10 dossier_presse_expo_romy_p11 dossier_presse_expo_romy_p12
dossier_presse_expo_romy_p13 dossier_presse_expo_romy_p14 dossier_presse_expo_romy_p15  dossier_presse_expo_romy_p16
dossier_presse_expo_romy_p17 dossier_presse_expo_romy_p18 dossier_presse_expo_romy_p19 dossier_presse_expo_romy_p20
dossier_presse_expo_romy_p21 dossier_presse_expo_romy_p22 dossier_presse_expo_romy_p23

Publicité
7 juillet 2011

Discovery Saint-Tropez 2011

sainttrop_discoveryLe magazine de l'office de tourisme de Saint-Tropez Discovery Saint-Tropez 2011, n°3, consacre sa couverture à Romy Schneider et un article intérieur de 7 pages. Prix: 5 €.
> Site de
officiel de l'office de tourisme de Saint-Tropez 

sainttrop_discovery_p01
sainttrop_discovery_p67 sainttrop_discovery_p69
sainttrop_discovery_p71 sainttrop_discovery_p73
sainttrop_discovery_p75

> Deux couvertures au choix:
sainttrop_discovery_covers 

> Consultez le magasine Discovery 2011 en ligne

6 août 2011

L'année 1982

1982: Quelques mois de survie

Elle vit à l'hôtel ou chez des amis.

annee1982_romy 

16 mai 2010

Alain Delon : «Visconti a guidé ma vie»

lefigarologoAlain Delon :
«Visconti a guidé ma vie»

Article publié le 14/05/2010,
par Jean-Luc Wachthausen 
en ligne sur lefigaro.fr

delon_cardinale_98117554_5f88_11df_a956_62318b7a5f77
Alain Delon et Claudia Cardinale, en 1963, dans Le Guépard de Luchino Visconti.
Crédits photo : Photo12


ENTRETIEN - Entouré de sa fille, de Claudia Cardinale et de Martin Scorsese, l'acteur a monté les marches pour la présentation en version restaurée du «Guépard», palme d'or en 1963.
 
En pleine forme, la silhouette athlétique, souriant, bronzé, l'acteur, installé sur la terrasse ensoleillée du Martinez, a fait, vendredi, une courte apparition au festival. Et a répondu à quelques questions avant de monter, à 18 heures, les marches du palais, à l'occasion de la présentation en copie restaurée du Guépard qui retrouve une seconde jeunesse grâce à un long travail de restauration (lire encadré) . Entouré par sa fille Anouchka, 20 ans, de sa partenaire Claudia Cardinale et de Martin Scorsese dont la Fondation se consacre à la défense du patrimoine cinématographique, Alain Delon ne cachait pas son émotion de se retrouver ici, quarante-sept ans après la palme d'or décernée au chef-d'œuvre du maître italien, Luchino Visconti. 

LE FIGARO. - Quel est votre sentiment avant de gravir les marches pour cet hommage à Visconti ?

Alain DELON. - Un grand pincement au cœur, mais pas de nostalgie. Je suis heureux de faire redécouvrir Le Guépard à ma fille et de retrouver ma partenaire, Claudia Cardinale, avec laquelle j'avais déjà tourné un autre film de Visconti, Rocco et ses frères, en 1960.

Que représente-t-il encore aujourd'hui ?

Un modèle, un artiste exceptionnel qui fut aussi un grand metteur en scène d'opéras avec la Callas. Il m'a beaucoup appris. Ma présence à Cannes est une façon de le remercier d'avoir guidé ma vie, comme d'autres êtres que j'ai croisés.

Comment avez-vous fait sa connaissance ?

Je l'ai rencontré à la fin des années 1950, à Londres, à une représentation de Don Carlos qu'il mettait en scène à Covent Garden. C'est mon agent et celle de Michèle Morgan, Olga Orstig, aujourd'hui disparue, qui m'a dit un jour : «Visconti voudrait te rencontrer.» Il m'avait remarqué dans Plein soleil de René Clément,avec Maurice Ronet, et il avait déclaré : «Lorsque j'ai vu Alain, j'ai vu Rocco.» Rendez-vous compte, il fallait tout de même être culotté et sûr de soi pour engager à l'affiche d'un film cent pour cent italien un petit Français dans le rôle d'un Calabrais. Je conserve vraiment des merveilleux souvenirs de cette période italienne.

Revoyez-vous vos films ?

En général, non, mais là, je fais une exception. Je n'aime pas regarder mes films parce que j'y vois trop d'amis disparus et que je suis le dernier survivant. Je n'aime pas voir revivre à l'écran des gens que j'aimais. Je pense à Burt Lancaster, à Serge Reggiani, à Jacques Deray, à Visconti, bien sûr et à son chef opérateur, Aldo. Ils font partie de ma vie. Il m'est insupportable de retrouver Romy Schneider et Maurice Ronet dans La Piscine. Ce sont des images trop cruelles.

Que représente pour vous ce Guépard en quelque sorte ressuscité par la magie de la technologie ?

Un chef-d'œuvre rajeuni, le symbole d'une époque et d'un cinéma qu'il serait impossible de faire aujourd'hui.

Et Luchino Visconti ?

Une personnalité très forte, très cultivée et un grand talent. Issu d'une grande famille milanaise qui avait fait fortune, c'était un aristocrate qui ne cachait pas ses sympathies communistes. Il était doté d'un sens esthétique hors du commun que l'on retrouvait dans ses mises en scène de La Traviata ou de Don Carlo. Il avait été l'assistant de Jean Renoir à ses débuts à Paris, pour Les Bas-Fonds et Une partie de campagne.

Quels conseils vous a-t-il donnés ?

Aucun. Mais il m'a beaucoup apporté. Je ne peux pas vous dire comment dirigeait un grand metteur en scène comme lui, ni les secrets d'un chef comme Karajan capable d'entendre la moindre fausse note parmi ses musiciens. Visconti voyait tout, rien ne lui échappait.

Il y a cette anecdote à propos de valises signées Louis Vuitton…

C'est lors de ma première visite dans son appartement, dans les années 1960. Il y avait là des valises marquées des initiales L.V. Et je me souviens lui avoir dit : «Maître, c'est formidable d'avoir des bagages à votre nom.» Il est parti d'un grand éclat de rire parce que j'ignorais qu'il s'agissait des initiales de Louis Vuitton.

Vous avez fait vos débuts à Cannes en 1958, avec Jean-Claude Brialy. Comment voyez-vous le festival aujourd'hui ?

Comme un grand festival de cinéma où je ne reste que 24 heures parce que je n'ai pas de film à présenter. Ma dernière visite remonte à Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard. J'étais arrivé au Palais des festivals côté mer, en bateau. Pour l'heure, je suis vraiment ému de monter les marches avec ma fille. Mon plus grand bonheur, ce sera de lui donner la réplique en janvier dans la pièce d'Éric Assous, Une journée ordinaire, au Théâtre des Bouffes-Parisiens, cher au cœur de Jean-Claude Brialy qui nous verra de là-haut.

25 mars 2011

TV - Les derniers jours de...

gif_tv_zapJeudi 31 mars 2011 - 20h40 - STYLIA
(rediffusions: vendredi 1er avril à 22h56
samedi 2 avril à 13h45
lundi 4 avril à 8h50)

Documentaire
- Les derniers jours de... Romy Schneider

 Durée: 56 minutes
Réalisation: Bertrand Tessier
Année: 2007
Pays: France

lesderniersjours Résumé: 29 mai 1982 au matin, le corps sans vie de Romy Schneider est retrouvé par son compagnon, Laurent Pétin, dans leur appartement parisien. Suicide ? Surdose accidentelle de médicaments ? Mort naturelle ? Les derniers mois de la comédienne ont été un calvaire : elle a perdu en peu de temps son fils David, mort dans des circonstances tragiques, et son premier mari, Harry Meyen, mort à Hambourg deux ans auparavant. Le sort semble s'acharner sur une femme qui, souriante à l'écran, affronte le malheur dans sa vie personnelle. Personne dans son entourage ne semble vouloir croire qu'elle ait voulu disparaître. Des proches témoignent et retracent son parcours.

>> Source: Info Programme sur canalsat.fr

Publicité
7 septembre 2011

A la TV - Les derniers jours de Romy Schneider

gif_tv_zapDimanche 11 septembre 2011 - 22h40 - FRANCE 5
Rediffusions: 5 octobre - 00h35 sur France 5
10 octobre à 5h50 sur France 5
17 octobre à 17h00 sur TV5 Monde
Documentaire - Les derniers jours de... Romy Schneider

 Durée: 56 minutes
Réalisation: Bertrand Tessier
Année: 2007
Pays: France

lesderniersjours Résumé: 29 mai 1982 au matin, le corps sans vie de Romy Schneider est retrouvé par son compagnon, Laurent Pétin, dans leur appartement parisien. Suicide ? Surdose accidentelle de médicaments ? Mort naturelle ? Les derniers mois de la comédienne ont été un calvaire : elle a perdu en peu de temps son fils David, mort dans des circonstances tragiques, et son premier mari, Harry Meyen, mort à Hambourg deux ans auparavant. Le sort semble s'acharner sur une femme qui, souriante à l'écran, affronte le malheur dans sa vie personnelle. Personne dans son entourage ne semble vouloir croire qu'elle ait voulu disparaître. Des proches témoignent et retracent son parcours.

21 septembre 2008

Boccace 70 vu par Critikat.com

critikatTrois femmes = Trois Italie
Boccace 70
réalisé par Federico Fellini, Luchino Visconti et Vittorio De Sica

Article publié par Oscar Duboy
en ligne sur critikat.com

criboccace_70

Ponti, Fellini, Ekberg, Visconti, Schneider, De Sica, Loren ! Tout ce beau monde au service de l’Italie, vraie protagoniste de Boccace 70. Trois sketches pour illustrer les visages disparates d’un même pays où les valeurs sont de rigueur et leur respect est tout sauf rigoureux. Drame comique ou comédie dramatique ?

Lorsque l’on passe en revue les genres cinématographiques, il y en a un qui reste souvent oublié : le film à sketches, dont la multiplicité lui permet de naviguer au milieu de tous les autres. Et pour cause, l’étude des genres dérive de sa matrice thématique américaine, tandis que celui dont il sera question ici – encore qu’il contienne les caractéristiques propres à ladite dénomination – connut sa gloire principalement en Italie. Décidément les années 1960 auront été une période de renouvellement et de chamboulement total pour ce pays qui ne se limita pas à l’industrialisation, mais commença aussi à exiger les évolutions sociologiques qui vont avec. Boccace 70 nous en montre quelques-unes à travers le regard lucide de trois réalisateurs : Federico Fellini, Luchino Visconti et Vittorio De Sica. Ce programme chargé fut voulu par Carlo Ponti, producteur phare dont il suffit de citer Blow Up (M. Antonioni ; 1964) ou Le Mépris (J.L. Godard ; 1963) pour donner un aperçu de sa fortune et de son flair. L’idée, elle, était de Cesare Zavattini, dont la renommée n’a rien à envier à celle de son producteur puisqu’il fut le scénariste de Bellissima (L. Visconti ; 1951) ou encore de Mariage à l’italienne (V. De Sica ; 1964).

De son côté, Boccace n’a bien sûr rien fait directement si ce n’est qu’il a inspiré le thème du film avec Il Decameron, monument de la littérature italienne. Il y est question d’une dizaine de jeunes gens qui se réunissent dans une villa loin de la cour florentine pour échanger des histoires salaces où argent, érotisme et farce sont au rendez-vous. L’humour caustique et l’ouverture d’esprit de l’auteur face aux mœurs se retrouvent dans le film et fournissent même sa clé de lecture. Car si ce n’est pas un film d’époque, Boccace 70 nous donne bien un descriptif assez emblématique de l’Italie du boom économique. D’entrée, remarquons l’astuce d’évoquer le célèbre écrivain pour faire passer la critique d’une société moralisatrice qui visiblement n’a pas beaucoup évolué depuis l’obscurantisme moyenâgeux. La censure démocrate-chrétienne est dans la ligne de mire de nos réalisateurs, raison pour laquelle le 70 fût ajouté afin d’indiquer ironiquement la décennie où ce film aurait pu exister sans interdits – créditons et remercions encore une fois Carlotta Films qui nous a offert une édition du film avec des bonus fort intéressants auxquels nous ferons appel par la suite.

La Tentation du Dr. Antonio, F. Fellini

Cela commence en trombe avec le premier épisode : Anita Ekberg, Nino Rota, Rome… Un air de déjà-vu après La Dolce Vita tourné juste avant. Nous pourrions même nous avancer davantage puisque ce sketch semble vouloir compléter le film précédent et répondre à ses nombreux détracteurs. Le Dr. Antonio (Peppino De Filippo) est un fervent défenseur de la morale catholique qui s’oppose à une énorme affiche publicitaire où Anita Ekberg vante les mérites du lait dans une pose aussi suggestive que sa tenue. Il ressemble probablement à tous ces fanatiques qui demandaient le bannissement de Fellini à l’époque. Heureusement le réalisateur a de l’humour et tourne l’affaire dans la dérision propre à son délire. La voix coquine d’une petite fille ouvre le film sur des plans nous montrant Rome dans toute sa splendeur estivale : des gens en pédalo sur le Tibre, un péplum en tournage, des mannequins qui prennent la pose et puis… des religieux bien évidemment ! En rouge, en blanc, en noir ou avec les chapeaux et cornettes les plus excentriques. Sans parler des familles endimanchées pour la messe qui vont entourer le Dr. Antonio tout au long du film. Une présence saute aux yeux dans ce drôle de monde : une Anita énorme apparaît sur les panneaux qui planent dans le ciel comme ce Christ suspendu à une grue au début de La Dolce Vita. Voilà la divinité de Fellini. Elle ne va pas tarder à sortir de son cadre pour s’incarner, majestueuse, dans celui de notre écran, après que le Dr. Antonio l’a maudite aux rythmes de ses invectives. À ce moment-là, les tentations vont s’éveiller.

Jusqu’ici rien de bien nouveau par rapport à ce que nous connaissons déjà de Fellini, mais ce qui frappe ici se trouve d’emblée dans sa capacité à s’adapter à un format a priori peu enclin à ses mégalomanies. La pratique du sketch consiste aussi dans la capacité à réduire les temps de l’intrigue sans pour autant l’amputer, ce qui aurait pu ennuyer un réalisateur comme Fellini habitué à ne pas se soucier ni de la durée ni de la diégèse elle-même, puisque celle-ci est plutôt une atmosphère qu’une réelle intrigue au sens strict du terme. Si de ce point de vue Fellini manie généralement l’art du prétexte, il parvient cette fois à saisir l’opportunité de le faire coller à son propos. La totalité du sketch semble vouée tantôt à Rome, tantôt à la satire religieuse, mais à la fois à l’adoration d’une muse ou tout simplement à une farouche envie de s’amuser.

Avouons-le, filmer les mastodontes de l’architecture fasciste n’est pas à proprement parler un plaisir d’esthète, et pourtant Fellini parvient à en tirer parti jusqu’à les rendre fascinants. Le jeu de lignes qui se dégage de la juxtaposition entre les courbes envoûtantes d’Anita et la rigidité géométrique du Palazzo della Civiltà crée une dialectique à double tranchant. Une certaine pureté de la composition se révèle pendant que sa froideur s’installe. La blancheur de la pierre fait écho à la peau candide de cette divinité laiteuse, sorte de vierge porteuse d’humanité dans un parfum de débauche. L’essence charnelle d’Anita flirte avec les statues de marbre et le noir de sa robe longue lui donne une allure macabre. Cette Cunégonde empoisonne la vertu du Dr. Antonio dans l’inquiétante obscurité de la nuit exacerbée par la lumière blafarde des néons. La géante Anita poursuit le minuscule Antonio en proie à des hallucinations qui viennent troubler sa vie pleine de certitudes où les bons le révèrent et les mauvais sont juste mauvais.

Car La Tentation du Dr. Antonio met aussi le doigt sur la société italienne et sa hiérarchie notamment cléricale. Passons sur les groupies de rombières qui pullulent à la cour d’Antonio pour souligner la grandiloquence symptomatique des fonctions de tout un chacun. Ici les Commendatore et les Cavaliere précèdent les noms de famille comme pour donner une quelconque importance à des petites gens qui autrement n’en auraient pas. Cependant, leur sagesse est convoquée par le Dottore pour méditer cette question hautement épineuse que représente le scandale d’un panneau publicitaire. L’amusement de Fellini se manifeste au gré des acteurs qui jouent des seconds rôles aussi comiques que leur rang est factice, comme le Commendatore interprété par Antonio Acqua. Tous ces gens font mine de se solidariser avec leur ami offusqué, tout en gardant une attitude assez laxiste face aux changements d’une société pour laquelle ils n’ont au fond aucun intérêt si ce n’est celui d’y garder leur place. À côté, Antonio se révèle finalement attachant vu qu’il est le seul à croire vraiment à ses principes aussi obtus soient-ils. Incompréhension totale : voilà comment s’est ouverte la faille qui a longtemps éloigné les hautes sphères administratives du peuple qu’elles étaient censées guider.

Le Travail, L. Visconti

Passons du plein air au huis-clos. Tout comme Fellini, Visconti ne renonce pas à son univers habituel, en nous proposant un palais aristocratique milanais dont on ne va jamais sortir. Ici se déchire un jeune couple, suite au scandale provoqué par la fréquentation de call-girls de la part de Monsieur. Le Comte Ottavio (Tomas Milian) et Pupe (Romy Schneider) se sont mariés par intérêt : elle est fille d’un riche homme suisse et lui semble faire partie de cette aristocratie fauchée à la recherche d’un patrimoine pour redorer son blason. Le litige va donc s’axer autour de questions économiques et de classes sociales, penchant apporté par le réalisateur à une libre adaptation d’une nouvelle de Maupassant, Au Bord du lit. En effet, s’il est un thème que Visconti connaît par cœur à cause de ses origines de classe, c’est bien celui-ci. Par conséquent, le milieu est affronté avec une aisance propre à ceux qui savent faire un sans-faute : pas de place pour l’édulcoration, sans pour autant faire passer ces individus pour plus hébétés qu’ils ne le sont.

Certes, Pupe décide tout à coup de se mettre à travailler pour être indépendante, avec une vision assez ingénue de la chose – mannequin ou antiquaire, peu importe du moment que ça fait passer le temps et que ça n’est pas trop contraignant. Ceci dit, elle fait preuve d’une relative lucidité lorsque l’avocat insistant Zacchi (Romolo Valli) tente de l’amadouer quant au scandale médiatique : « Vous me prenez pour une petite bourgeoise de province ? D’ailleurs même elles ont évolué. C’est fini tout ça. Eh oui… On lit, on va au cinéma, tout le monde fait la même chose : aristocrates, intellectuels, les gamins de banlieues… Mais oui, sur ce point je donne raison à Ottavio. Inutile de me parler de scandale. C’est très banal au fond, vous ne pensez pas ? ». Elle a parfaitement conscience de qui elle est et de son rang par rapport aux autres qui ont bénéficié d’une certaine démocratisation culturelle. De son côté, lui est un peu plus irresponsable, sa seule obsession étant la réouverture des comptes par le beau-père irrité après une telle conduite. S’ils sont enfermés dans cette cage dorée, la confrontation entre leurs situations respectives demeure palpable. Elle participe d’une tendance généralisée de mélange des genres ; autrement dit, elle annonce cette flexibilité très italienne qui a en quelque sorte dénaturé le panorama social d’un pays où les nouveaux riches font désormais la loi. Les coups de fil du père et ses transactions bancaires ponctuent le sketch et donnent le la à chaque épisode du litige, comme si l’union ne dépendait que de lui et surtout de sa fortune.

Lasse de ces histoires, Pupe décide alors de prendre le taureau par les cornes : puisque les autres sont payées, il n’y a pas de raisons qu’elle ne fasse pas de même. Ce qui semblait un caprice bourgeois prend soudain une tournure décadente. Au milieu des boiseries et des céramiques de cette scène d’opéra, la lumière s’assombrit et le rideau commence à se fermer. Seule s’infiltre une tension glaciale renforcée par la caméra toujours à la traîne des personnages, dans une proximité qui les scrute sans états d’âme. Visconti explore sans les artifices du démiurge les ravages d’une société prise à son propre piège. Pupe, apparemment si forte, se laisse aller presque malgré elle à la perversion du piège : un lent travelling avance lentement en suivant le chèque que lui apporte son mari pour laisser place aux larmes en gros plan d’une femme-objet qui ne vaut plus que le prix de son jeu.

Mais rassurons-nous, ici rien n’est grave tant que les apparences sont gardées. Dieu merci, tout s’est passé entre les murs ; bien que la vie privée soit désormais leurrée par la presse, l’élan de lucidité de Pupe ne restera probablement qu’à l’état embryonnaire. Encore une fois, la position sociale prévaut et impose des habitudes bien précises. Déjà, une armée de quatre avocats n’avait pas tardé à s’affairer autour d’Ottavio, lui conseillant de se montrer en compagnie de Madame à tous les rendez-vous mondains, de l’opéra aux clubs prisés, afin de faire taire les rumeurs. Ne doutons pas qu’ils feront de leur mieux et que leur mariage perdurera inexorablement dans le vide d’une existence perchée sur les non-dits. Nous les retrouverons réincarnés à différents âges, au fil de l’œuvre viscontienne, entre héros déchus et héritiers d’un monde passé qui voit le présent sans le regarder en face.

La Loterie, V. De Sica

Virage à 360 degrés avec Vittorio De Sica que le Comte Ottavio aurait certainement appelé « cinéaste du peuple ». Nous avons la France d’en bas, l’Italie avait déjà la sienne bien enracinée dans les campagnes de la plaine du Pô. Chacun de ses bleds a sa foire aux bestiaux et c’est là que ça se passe ! Mais les paysans de Lugo ont quelque chose de plus dont ils sont très fiers : ils ont Zoe (Sophia Loren), la belle Napolitaine plantureuse qui sert les carabines au stand de tir. Dès que l’occasion de passer une nuit avec elle se présente grâce à la loterie, les tickets s’épuisent en temps record. Bien que Zoe ait un flirt avec Geno (Luigi Giuliani), une seule question pend sur toutes les lèvres : qui sera l’heureux gagnant ? Cuspet (Alfio Vita), le sacristain.

La réalité paysanne vient clore sur une note légère ce panorama de l’Italie. Finalement, la camaraderie des têtes béates et les bistrots combles nous feraient presque regretter la rusticité d’antan après les scepticismes observés sur la civilisation urbaine. Pourtant, il s’agit toujours d’une apparence car derrière les blagues potaches et les regards lubriques posés sur Zoe, se cache une autre hiérarchie moins codée mais tout aussi opprimante. La caricature est de mise. Zoe est présentée au milieu des ballons gonflables multicolores, vêtue d’une jupette écarlate au décolleté plongeant. La femme-objet donc, mais elle n’est pas la seule à s’affubler d’un statut référentiel. De même, la caméra n’hésite pas à filmer un troupeau de bœufs avant de nous montrer un groupe de paysans avachis dans leurs marcels transpirés. C’est l’Italie du terroir : une réalité bonne pour les clichés et les divertissements forains, mais oubliée dès qu’il s’agit d’illustrer le miracle économique. Par conséquent, les signes sont là – voitures, Vespa, télévision, etc. – mais la mentalité, elle, n’a pas bougé d’un pouce. Cette distance est sentie lorsque Zoe et son amie lisent les chroniques de la jet-set : les noms à tiroirs les fascinent, quand leur illettrisme leur permet de les lire.

Le seul indice qu’ils ont reçu de la société est celui de l’argent – les protagonistes du sketch précédant en sont la preuve. Par conséquent, il est au centre de toutes les discussions : il offre la femme rêvée avec un ticket, il permet une vie plus digne à Zoe et pourrait même servir de monnaie d’échange pour obtenir le ticket gagnant. Le leitmotiv d’Armando Trovajoli – très grand compositeur de la comédie italienne – nous le répète : « Soldi, soldi, soldi, tanti soldi/beati siano i soldi/I beneamati soldi perché/chi ha tanti soldi vive come un pacha/e a piedi caldi se ne sta » (trad. « L’argent, l’argent, l’argent, beaucoup d’argent/l’argent soit loué/L’argent bien-aimé car/qui a beaucoup d’argent vit comme un pacha/et peut rester les pied au chaud »).

Le seul à Lugo qui apparemment n’en veuille pas se trouve en la personne de Cuspet ; il en refusera de grosses sommes, préférant garder son ticket gagnant. Certains l’expliqueront par la frustration de la carrière cléricale, cependant remarquons qu’il se retrouve en proie à une situation censée être des plus compliquées pour un sacristain. Il doit choisir entre l’argent et une femme, soit un péché ou un autre. Si les personnages cités plus haut doivent correspondre à leurs stéréotypes tels des échantillons sociaux, paradoxalement la profession de Cuspet ne crée pas de scandale particulier au sein de la bande de paysans qui ont plus de mal à admettre que le « pauvre type » aille avec la belle plus belle femme du village. De fait, il semblerait que dans l’émancipation du tabou religieux, les campagnes aient quelques marges d’avance par rapport à Rome.

Même la vieille mère de Cuspet n’a rien a redire ; au contraire, celle-ci le prépare pour le grand soir comme un enfant qui irait à son premier jour d’école – précisons que l’enfant en question a passé la trentaine. L’esprit comique de De Sica sait cueillir ce genre de détails, scènes de vie quotidienne d’une autre Italie. Les dialectes, les gens, sont souvent chez lui le reflet d’un imaginaire certes un peu folklorique, mais jamais très loin de la réalité. Dans le bonus de l’édition Carlotta, Jean A. Gili nous dit une chose très juste : « Le cinéma italien était particulièrement à l’écoute du goût du spectateur », or De Sica l’était aussi. Ainsi, il avait compris l’importance qu’avait ce folklore aux yeux de nombreux Italiens. Il aura certainement sacrifié l’élégance de quelques travelling à son penchant parfois grossier, voire vulgaire, mais c’est également ce qui fait de ses films les plus appréciés par le public transalpin. Inutile de préciser que la critique le lui reprocha sans cesse, ne s’autorisant à apprécier que la première partie de sa filmographie, bien moins frivole et plus engagée. Lui sut évoluer pour tenter de rester près de son cher peuple grossier comme il avait été proche de sa pauvreté dans l’immédiat après-guerre. Là réside peut-être la discorde entre De Sica et la critique : il avait compris que l’Italie avait changé peu importe dans quelle direction, elle n’accepta pas de voir une autre Italie que celle dramatique de la grisaille et de la misère néo-réaliste. Définissons alors La Loterie comme un portrait, poignant mais perspicace, d’une nouvelle vulgarité, triviale mais actuelle. La doxa l’excusera, mais cette Italie-là existe aussi.

C’est donc dans ce drôle de pays que Carlo Ponti réussit son projet, une mosaïque sur l’Italie où chaque pierre renvoie à la fois à une facette sociale et à une femme. En bon producteur qu’il était, il n’oublia pas de penser aux têtes d’affiche et s’autorisa les plus grandioses. Comme nous le disions, chaque réalisateur resta fidèle à son cinéma et en fit de même avec ses muses – ce pourquoi nous les remercions doublement ! Pour De Sica, ce fut chose facile puisque cette Sophia qu’il sut rendre emblématique d’une abondance italianissime était aussi exigée par son mari Carlo Ponti. Fellini retrouva avec Anita sa splendeur impériale, synonyme à elle toute seule d’une Rome cinématographique. Visconti découvrit Romy, qui ne serait probablement pas devenue l’actrice qu’elle était sans bénéficier d’une direction si magistrale de subtilité et de tension. Un trio de stars qui ne laissa pas de place pour le sketch de Mario Monicelli Renzo e Luciana – présent dans le DVD Carlotta – , coupé pour respecter la durée imposée par le Festival de Cannes 1962 dont il fit l’ouverture. En effet, Monicelli paya son relatif manque de notoriété et celui de ses comédiens qu’il voulut non professionnels. Recommandons tout de même son visionnage car, en plus de confirmer l’indéniable talent du réalisateur du Pigeon (1958) , il nous montre un autre pan de l’Italie, peut-être le plus juste. Celui d’un jeune couple d’employés qui tente de faire démarrer son foyer dans des conditions économiques et sociales précaires. Hélas, là aussi le point de vue est très juste et pourtant rien n’a changé.


7 juillet 2010

Les covers de Jours de France

Romy Schneider en couverture
du magazine français Jours de France

21 décembre 2010

Les interviews pour Boccace 70

Boccace 70 
Leinterviews

romyboccaceRomy Schneider
(dans le rôle de Pupé) *
Je ne me sentais pas nue. Je n'avais rien fait de semblable auparavant. Mais souvent, il faut accepter de faire les choses, lorsque le scénario l'exige et surtout lorsqu'on travaille sous la direction d'un metteur en scène aussi efficace que Visconti. Aujourd'hui, beaucoup d'actrices ne se déshabillent que pour faire sensation. Jamais je ne ferais une chose pareille. Jamais!

*(source: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel) 

19 décembre 2010

Les covers de Télé Star

Romy Schneider en couverture
du magazine télé Télé Star

23 novembre 2010

Les covers de Elle

Romy Schneider en couverture
du magazine féminin français Elle

3 septembre 2010

A la TV - Soirée Alain Delon sur Paris Première

logotv Mardi 7 septembre 2010
bandeau_delon_323_150

22h30 - Film
Rocco et ses frères

roccoDurée: 3 heures
Année: 1960
Réalisation: Luchino Visconti
Distribution: Alain Delon (Rocco Parondi),
Renato Salvatori (Simone Parondi),
Annie Girardot (Nadia),
Claudia Cardinale (Ginetta)

Résumé: Le destin d'une famille pauvre d'Italie du Sud, venue chercher fortune à Milan. Entre affaires familiale et misère, le désespoir finit par l'emporter. 

* * * * * * * * *

01h30 - Interview
Les dossiers de l'écran
Alain Delon face aux téléspectateurs

delondossiersDurée: 1h35min
Année: 1989

Résumé: En 1989, Alain Delon recevait Alain Jérôme et Gilbert Kahn dans les salons de l'hôtel Crillon. Il répondait aux questions des téléspectateurs et évoquait avec eux sa vie et sa carrière : son adolescence difficile, ses amours avec Mireille Darc et Romy Schneider, ses meilleurs souvenirs de tournage avec René Clément ou Luchino Visconti, ou encore son expérience toute récente avec Godard.

>> Source: programme sur paris-premiere.fr 

12 mai 2012

TV - Nous nous sommes tant aimés

gif_tv_zapSamedi 26 mai 2012 à 12h50 - sur France 3
Rediffusion mercredi 30 mai 2012 à 4h15
à revoir pendant 7 jours sur pluzz.fr / service TV à la demande
Documentaire - Nous nous sommes tant aimés
nousnoussommes
Pays: France
Année: 2010
Durée: 30mn
 Réalisation: Jerome Revon
Source >> le site de
france3.fr

Résumé: Le parcours de vie de Romy Schneider.

20 décembre 2010

Les interviews pour L'Inceste

L'inceste 
Leinterviews

1romyRomy Schneider
(dans le rôle de Francesca Anderson) *
L'un des rôles féminins les plus savoureux depuis la création de Scarlett O'Hara !! J'ai accepté d'incarner une mère qui a un garçon de dix-sept ans, uniquement parce qu'entre eux, ne s'établit aucun contact réellement humain. C'est une mère profondément malade et anormale. Je parais trop jeune pour avoir donné le jour à un fils de cet âge. Rien dans son caractère ne prédispose à l'indulgence; cependant, je m'efforce de lui conférer quelques traits sympathiques, puisque personne n'est jamais foncièrement mauvais. Mais elle est quand même très malade. Je comprends mieux cette femme que si je n'avais jamais eu d'enfant moi-même. La maternité procure des sensations irremplaçables. Mon fils est le plus beau et le plus intelligent et il me procure les mêmes joies, vraisemblablement, qu'à tous ceux qui en ont un. Sa venue a modifié mon existence.
Chacun devrait insérer une parcelle de sa vie dans ses rôles qu'il interprète, que ce soit à la ville ou à l'écran, au lieu de se promener continuellement caché sous un masque. Disons qu'il s'agit d'un film psychologique qui se joue entre trois personnages. La caméra se meut entre fantasme et réalité, mais pas un instant, la pornographie n'entre en jeu. Faute de quoi j'aurais refusé d'y participer. Je suis dans les studios, en pleine possession de mes moyens, parce que je ne serai plus jamais contrainte à ces concessions qui alièneraient ma vie privée. Plutôt renoncer à ma carrière et à l'argent. Je passe chaque week-end auprès de mon mari et de mon fils, quand ils ne viennent pas me rejoindre sur les lieux de tournage.

* (source: livre Romy Schneider images de ma vie, de Renate Seydel) 

3 juin 2011

B comme Botti

Giancarlo Botti
(1931 -)

photographe italien

Né en 1931 en Italie, Giancarlo Botti est un photographe qui a immortalisé les plus grandes stars: Barbara, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Jane Birkin, Serge Gainsbourg, Jean-Pierre Cassel, Karen Cheryl, Annie Cordy, Dalida, Dani, Claude François, Marika Green & Pia Kazan, Marie Laforêt, Régine, Romy Schneider, Svetlana, Monica Vitti, Roman Polanski, Françoise Dorléac, Catherine Deneuve, Gina Lollobrigida, Rudolph Nureyev, Virna Lisi, Annie Girardot, Gilbert Becaud, Geraldine Chaplin, Nancy SinatraIngrid Bergman, Jacques Lacan, Françoise Hardy, Jacques Dutronc, Arletty, Claude Lelouch, Joe Dassin, Julien Clerc, Sylvie Vartan, Johnny Hallyday, Renaud, Jean-Paul Belmondo, Sheila, Jacques Chirac, Simone Veil, Miou Miou, Olivia de Havilland, Claudia Cardinale, Joan Baez, Dalida, Salvador Dali et encore bien d'autres…
Il travailla entre autre pour les revues Ciné Acteurs, Le soir illustré, Noir et Blanc et Studio magazine.

ph_botti_bardot ph_botti_bardot_moreau ph_botti_charlotte_serge_gainsbourg_jane_birkin_01
ph_botti_monica_vitti
ph_botti_dutronc_hardy ph_botti_deneuve ph_botti_roman_polanski_francoise_dorleac

Il a écrit un livre consacré à Romy Schneider, intitulé Romy, c'est la vie ,dans lequel il publia un grand nombre de photographies qu'il prit de l'actrice.

 


>> Romy par Botti <<
romy_1961_chez_chanel_rue_cambon_021_010 romy_by_cesar_lucas_1966_set_10romy_film_les_innocents_set_1_1_by_botti_10_10 romy_by_botti_96gqk0 

Giancarlo Botti photographia Romy Schneider pendant plus de quinze ans et dans diverses circonstances: en 1961 dans les coulisses théâtrales de la pièce Dommage qu'elle soit une p... et pour des essayages avec Coco Chanel; en 1962, chez Romy; en 1966 sur le tournage de Dix heures trente du soir en été en Espagne et sur celui de Triple Cross; en 1970, pour des essayages chez le couturier Henri Stern; en 1971 sur le tournage de Max et les ferrailleurs; en 1974 pour les photographies publicitaires et sur le tournage de L'Important c'est d'aimer; une séance prolifique et l'une des plus belles en 1975, chez Romy, où l'actrice pose entièrement nue, mais aussi à son mariage avec Daniel Biasini; en 1975 sur le tournage de Les innocents aux mains sales; en 1976 sur le tournage de Portrait de groupe avec dame; en 1978 sur le tournage d'Une histoire simple.

>> Voir l'album par Giancarlo Botti 

Enregistrer

2 février 2018

21/01/2018 Diane Kruger dans Entrée Libre

L'actrice allemande Diane Kruger est actuellement en promotion pour la sortie de son premier film allemand "In the Fade". Dans l'émission "Entrée Libre" du 21 janvier 2018 (sur France 5), elle donne une interview où elle évoque Romy Schneider:

diane_kruger-2018 

A 24 ans, elle entre au cours Florent pour devenir actrice, à l'instar de son idole, Romy Schneider, qu'elle a découverte petite dans "Sissi l'impératrice".
Diane Kruger: C'est les films que l'on voit à chaque Noël à la télé, en Allemagne. J'ai grandi avec elle. Elle me faisait rêver. J'adorais sa tête. J'ai surtout découvert qu'elle avait fait acrrière ici, que les Français ont aimé qu'elle soit allemande. Ils aimaient bien son accent. Je me suis dit "C'est peut être le pays où je pourrais essayer de faire ça."

2 février 2018

27/01/2018 Isabelle Carré dans Thé ou Café

L'actrice Isabelle Carré était l'invité de Catherine Ceylac dans son émission "Thé ou Café" du 27 janvier 2018 sur France 2. Extrait de l'interview:

isabelle_carre-2018  

Catherine Ceylac: Vous racontez que lorsque vous êtes dans un hôpital psychiatrique à 14 ans, vous voyez "Une femme à sa fenêtre" avec Romy Schneider, et c'est un déclic...
Isabelle Carré: Je la vois dans des émotions magnifiques, ce don qu'elle avait de se donner elle-même d'une façon tellement sincère et puissante... Je me suis reconnue dans cette fragilité, moi qui étais une adolescente peut être un peu plus fragile que la normale, et je me suis dit qu'il y avait peut être moyen d'en faire quelque chose.

17 juillet 2013

A la TV - Nous nous sommes tant aimés

gif_tv_zapMardi 23 juillet 2013 à 12h55 sur France3

Documentaire
 - Nous nous sommes tant aimés
nousnoussommes
Pays: France
Année: 2010
Durée: 30mn
 Réalisation: Jerome Revon
Sur le blog >> fiche docu  Nous nous sommes tant aimés

Résumé: Documentaire sur la vie et la carrière de Romy Schneider; avec des images de tournage et des extraits d'interviews de Romy, mais aussi d'Alain Delon, Jean-Loup Dabadie, Jean-Claude Brialy, Michel Piccoli, Yves Montand, Chantal Lauby. Le parcours de vie de Romy Schneider.

18 avril 2014

A la TV - La Passante du Sans-Souci

   gif_tv_zapLundi 21 avril 2014 - 21h00 - sur TV5

Film - La Passante du Sans-Souci
Durée: 107 minutes
Réalisation: Jacques Rouffio

Année: 1981
Distribution: Helmut Griem, Maria Schell, Michel Piccoli, Romy Schneider

film_la_passante_aff_tv_1Présentation: L'ultime rôle de Romy Schneider, qui incarne successivement deux femmes victimes du fascisme, des années 30 aux années 80. Un film qu'elle illumine d'une présence bouleversante.
Résumé: Paris 1981 : Max Baumstein, président d'une ONG, abat l'ambassadeur du Paraguay en qui il a reconnu Ruppert von Leggaert, qui fut conseiller à l'ambassade de l'Allemagne nazie à Paris. Arrêté, Max se confie à sa femme, Lina. Berlin 1933 : après le meurtre de son père par un groupe de S.A., Max, 10 ans, est recueilli par la chanteuse Elsa Wiener et son mari Michel, éditeur. Celui-ci est arrêté alors qu'Elsa et Max ont pu gagner Paris. Von Leggaert, fasciné par Elsa, lui promet de faire libérer son époux si elle accepte de devenir sa maîtresse...

10 décembre 2013

A la TV - Sissi

gif_tv_zapMardi 10 décembre 2013 - 20h45 - sur TV Breizh

Film - Sissi
 sissi_2712472lvysj_1936
Durée: 1h42 minutes
Réalisation: Ernst Marischka

Année: 1955
Distribution: Romy Schneider
, Karlheinz Bohm, Magda Schneider

Histoire: Sissi se réjouit que sa sœur, Hélène, soit promise au futur empereur d'Autriche et l'accompagne à Vienne pour l'annonce officielle de leur union. Mais alors qu'elle s'échappe de la surveillance maternelle pour aller pêcher, elle rencontre sans le reconnaître l'héritier impérial qui tombe immédiatement sous le charme de cette jeune fille spontanée…  

3 septembre 2010

Le Combat dans l'île vu par Critikat.com

critikatlogoPerspective Cavalière
Le Combat dans l'île
réalisé par Alain Cavalier

Article publié par Arnaud Hée
en ligne sur critikat.com

Dans le cinéma français et même mondial, il y a peu de parcours plus étranges et fascinants que celui d’Alain Cavalier. Des stars et studios à une logique du refus d’un cadre cinématographique traditionnel, pour faire « Cavalier, seul… » (1). Contemporain de la Nouvelle Vague, Le Combat dans l’île (1961), son premier long-métrage, doit être mis dans cette perspective, ainsi que celle d’une guerre d’Algérie aussi invisible que pesante dans la cinématographie de cette époque.

Trame politico-romantique

Coécrit avec Jean-Paul Rappeneau, Le Combat dans l’île présente une intrigue aussi habilement menée qu’alambiquée. Elle tend certes vers un arc narratif qui n’a rien d’original : deux hommes, amis d’enfance, aiment la même femme ; l’un d’eux doit disparaître, ce qui nous amène à cette belle séquence finale de duel sur la fameuse île. C’est tout à fait ça, mais ce serait bien peu faire honneur aux thèmes déployés dans ce métrage.

clement_anne_ed359

On est d’abord en présence de Clément et d’Anne (Romy Schneider, dans un de ses très beaux rôles), un couple élégant vivant dans l’aisance, le premier étant le fils d’un très riche industriel. Mais très vite, on est plongé au cœur d’une relation dysfonctionnelle. La légèreté insouciante d’Anne est douchée par les violentes crises de jalousie de Clément, particulièrement dur et agressif, pour lequel Jean-Louis Trintignant livre une composition tout à fait sidérante. Ce dernier fréquente Serge (Pierre Asso, avec un air de Méphistophélès cadavérique qui fait grand effet), qu’elle n’aime guère. L’inquiétant personnage est le chef d’une cellule fascisante se donnant pour but de régénérer le pouvoir et l’Occident. On est en 1961, difficile d’y voir autre chose que l’évocation d’une cellule de l’OAS (Organisation Armée Secrète), maniant aussi bien discours idéologiques extrémistes qu’armes de guerre dans leur camp d’entraînement déguisé en société de chasse.

Les deux complices fomentent un attentat au bazooka contre un député de gauche. La mèche fut vendue à ce dernier (la cible était en fait un mannequin disposé à cet effet) qui en réchappe ainsi. Clément ne tarde pas à découvrir qu’il a été trahi par Serge lui-même. Le couple part se mettre au vert chez un vieil ami de celui qui est devenu ennemi public n°1 : Paul (Henri Serre), imprimeur humaniste menant à la campagne une vie tranquille, dans une sorte de retraite, loin des turbulences du monde. Découvrant la raison de leur venue, Clément est fichu à la porte. Il part accomplir sa vengeance à travers le monde, sur les traces du traître. D’abord désespérée, Anne reprend goût à la vie, notamment dans les bras de Paul, amant doux et bienveillant. Sous son impulsion, elle reprend le chemin des planches, plus globalement retrouve un bonheur simple mis en parenthèse par sa relation ombrageuse avec l’austère Clément. Une fois la besogne de ce dernier effectuée, la mauvaise surprise l’attend à son retour…

Les guerres des trois, entre autres

clement_flingue_1fc91

Au-delà de cette intrigue qui mêle le dilemme et la loyauté, se déroule un tableau de guerres, aussi bien individuelles que collectives. Le plus guerrier des protagonistes, Clément, est celui qui suit la trajectoire la plus rectiligne, avec un fanatisme et une constance inquiétants, comme placé légèrement au-delà du seuil d’une folie qui demeure relativement contenue. Avec un masque froid, fermé et déterminé, il est une figure puissante et marquante de ces soldats perdus. S’il est le seul personnage explicitement en guerre, les deux autres protagonistes sont traversés par des lignes de fracture très marquées, chacun d’eux est en quelque sorte un théâtre d’opérations conflictuelles. Anne, entre deux hommes, mais avant tout avec elle-même ; femme élégante, elle avait fait le deuil, du fait de l’insistance de Clément, de sa carrière au théâtre. Il s’agit pour elle de mener un combat, dans le cadre du dilemme entre deux hommes, pour renouer avec elle-même. Paul est quant à lui en lutte contre la perte de sa femme, sous sa bonhomie perce une mélancolie intense. Anne lui offre cette perspective de réenchantement de son existence, lui permettant d’accomplir le chemin vers le « règlement » de ce deuil.

De manière subtile, ce qui n’empêchera pas la censure de frapper, Le Combat dans l’île est une évocation de la présente guerre d’Algérie - en 1961, le processus d’auto-détermination est alors largement enclenché, l’OAS redouble alors d’activisme - tout en faisant résonner la seconde guerre mondiale, comme une blessure encore ouverte. Jusqu’ici politiquement abstrait, le film se fait, par fines allusions, plus précis. À la 33e minute, le mot est lâché : Algérie. L’un y est allé, Clément, l’autre non ; ils s’étaient perdus de vue depuis. Dans la continuité de la scène, l’épisode vichyste est mentionné, lorsque Clément et Paul évoquent leur pacte de sang enfantin (ils ont échangé leur sang) en entonnant avec goguenardise le « Maréchal nous voilà ! » de leurs années en culotte courte sur les bancs de l’école.

Sous ses aspects intimes, Le Combat dans l’île est le tableau d’un pays en guerre civile, qui le fut déjà durant la Seconde Guerre mondiale, sur le thème des « deux France ». L’une évoluant dans un fascisme larvé plein de rancœur et de frustration, l’autre éprise d’idéaux humanistes et démocratiques. Clément et Paul se présentent comme la chair et le corps de chacune d’elle. Cette opposition est également identifiable lorsqu’un syndicaliste vient chercher des tracts dans le local d’imprimerie de Paul, si le contenu n’est pas précisé, on peut tout à fait établir l’hypothèse qu’il s’agit d’un appel au soutien à l’indépendance algérienne. Lors du duel final de ce film de gauche pessimiste, l’idéaliste Paul est obligé de prendre les armes, à l’image de la résistance, pour contrer la rancœur du factieux Clément. Sur cette petite île, le règlement d’un conflit intime prend les allures et l’ampleur d’un drame alors national.

le_combat_aa13b

Vaguement Nouvelle Vague ?

Les critiques des Cahiers du cinéma puis La Nouvelle Vague furent en leur temps vilipendés, tout particulièrement par la pensée de gauche, pour une forme de désengagement, un dandysme identifié à une droite intellectuelle hussarde. Une posture volontairement entretenue par les uns et les autres, qui plaçait la forme au centre, au détriment du sujet, du fond (2). Lorsque Le Petit Soldat se penche sur la question algérienne, Godard met en scène « Forestier, anarchiste de droite mais jeune homme aux lectures et aux amours de gauche. » (3) Et surtout, la violence des uns (l’OAS) et des autres (le FLN) est renvoyée dos-à-dos, comme un dilemme qui ne peut être dénoué. Il s’agit ainsi d’un film qui ne tranche pas, mais qui s’attache à saisir le malaise, ce qu’Antoine de Baecque caractérise par « un désarroi temporel face au monde et à son histoire » (4) qui serait celui du héros de la Nouvelle Vague, mais également des cinéastes eux-mêmes. Alain Cavalier, en mettant en scène un personnage d’extrême-droite, soldat perdu et fanatique qui « mène à bout la logique des perdants de l’histoire, et en cela éclaire la fascination de la Nouvelle Vague pour les figures décalées de proscrits, pour les rebelles de la défaite » (5), pourrait marcher sur les pas d’un tel positionnement. Mais il s’agit au contraire d’un film authentiquement de gauche, tous ceux qui s’y apparentent sortent vainqueurs du combat (Paul, mais aussi le député visé par l’attentat), même s’il a fallu user des armes et de la violence de ceux d’en face. Robert Benayoun y voit, dans Positif, « le démenti le plus flagrant aux postures d’irresponsabilité de la Nouvelle Vague, des Godard, Chabrol et Truffaut. » (6) Venu d’une revue en guerre contre Les Cahiers du cinéma puis la Nouvelle Vague, voilà un compliment qui éloigne considérablement Alain Cavalier de ce mouvement.

Passé par l’IDHEC avant de devenir assistant de Louis Malle (pour Ascenseur pour l’échafaud et Les Amants), tous deux sortis en 1958, Alain Cavalier réalise son premier court-métrage cette même année (L’Américain). C’est à dire globalement l’itinéraire des "professionnels de la profession". Il n’est donc pas identifiable comme un authentique rejeton de la génération des Cahiers qui passe alors à la réalisation. S’il n’était pas cul-et-chemise avec Rivette, Truffaut, Rohmer et consorts, on sait qu’il fréquenta le milieu cinéphile, notamment l’une des virées sauvages dont la bande avait le secret, pour se rendre à Arles où Jean Renoir, en 1956, monte un Jules César pour le théâtre. Le témoignage de Jean-Claude Brialy est mentionné par Antoine de Baecque dans sa récente biographie de Jean-Luc Godard : « On s’est entassé dans une vieille voiture américaine, une Oldsmobile noire aux coussins défoncés. Nous étions huit là-dedans, direction le sud. Les autres jeunes gens s’appelaient Rivette, Godard, Chabrol, Cavalier et sa femme, Denise de Casabianca. Charles Bitsch conduisait. » (7) Il s’agirait ainsi plutôt d’un entre-deux, pas complètement dedans, mais assez proche pour partager ce type de moment fraternel.

Son apparentement avec Louis Malle, très perceptible dans la très belle et rigoureuse facture du Combat dans l’île, poursuit cette même idée. Ce réalisateur fut perçu par les Jeunes Turcs de la critique comme une alternative au cinéma de qualité. Les Amants a ainsi été défendu par Jacques Doniol-Valcroze dans France-Observateur et par Éric Rohmer dans Arts, autre bastion, moins confidentiel, du groupe des Cahiers : « Les Amants est un film très important. Il marque, non l’entrée en lice, mais la prise de pouvoir d’une nouvelle génération dans un cinéma français qui semblait, depuis la guerre, le champ clos des plus de quarante, puis de cinquante ans. À Venise, public et jury ne se sont pas trompés. Ils ont préféré la jeunesse de Louis Malle à la maturité d’Autant-Lara. » (8) En définitive, si Alain Cavalier ne fait pas partie du premier cercle des trublions des Cahiers puis de la Nouvelle Vague, il en est un cousin, un proche, un ami, parfois même apparenté à la mouvance. On sait que le réalisateur fut nourri des mêmes influences, notamment le cinéma américain des années 1940 et 1950. Dans Le Combat dans l’île, le noir et blanc photographié par Pierre Lhomme (qui collaborera ensuite avec Chris Marker, Jean-Pierre Melville ou encore Robert Bresson) en semble un prolongement. L’image est souvent travaillée, avec beaucoup de rigueur, par de multiples et splendides nuances de gris ; on pense au Fritz Lang américain, à Robert Siodmak ou encore Roger Corman, entre autres. Le film s’attache aux corps dans l’espace, aux entrées et sorties du champ, avec une attention particulière pour les visages que Cavalier aime mettre en présence dans le cadre, parfois nimbés par des lumières très élaborées, avec une attention particulière pour le faciès de Romy Schneider.

romy_6976e

Mais loin des artifices hollywoodophiles, Le Combat dans l’île  débute dans une automobile qui déambule dans des rues prises par la nuit, un couple y converse. La scène se prolonge dans un appartement où Anne et Clément oscillent entre tendresse et désamour, violence et amour. On peut reconnaître ici quelques éléments de ce qui a fait une marque de fabrique de la Nouvelle Vague. D’autant que certaines séquences, à l’air libre, s’opposent à la sophistication évoquée ci-dessus. Même si le travail photographique demeure extrêmement soigné, une certaine spontanéité s’en dégage. C’est particulièrement le cas lorsque Clément déambule dans Paris alors qu’il est activement recherché. Le personnage, la désinvolture en moins, n’est pas sans évoquer un certain Michel Poiccard… En définitive, ce que l’on peut retenir de ce mélange complexe de rattachement et d’écarts que constitue Le Combat dans l’île, c’est qu’il semble annoncer toute la singularité de celui qui s’apprête alors à traverser un demi-siècle de cinéma français.

(1) Très beau titre de José Mourre dans un article pour Les Lettres françaises, juin 2009, n° 60, p 3.

(2) Voir sur ce point le brillant article de Luc Moullet, "Sam Fuller sur les brisées de Marlowe", Cahiers du cinéma n° 93, mars 1959, in Piges choisies, Capricci, 2009.

(3) Antoine de Baecque, L’histoire-caméra, Gallimard, p 158.

(4) Id., p 159.

(5) Id., p 166.

(6) Id.

(7) Antoine de Baecque, Godard, biographie, Grasset, p 76.

(8) Jean Douchet, Nouvelle Vague, Cinémathèque Française/Hazan, p 110.

2 février 2010

"Romy Schneider est morte, fatiguée de tout"

"Romy Schneider est morte, fatiguée de tout"

article publié sur lci.tf1.fr 
le 6 janvier 2010

Propos recueillis par Ludmilla INTRAVAIA
Interview - TF1 News décrypte le destin bouleversant de Romy Schneider, en compagnie du journaliste Guillaume Evin, auteur d'un livre sur cette actrice trop tôt disparue.

guillaumeevin_romy 
Couverture des Mystères Romy Schneider et
portrait de son auteur Guillaume Evin (Timée Editions)
© Timée Editions

Alors que des images inédites de Romy Schneider ont été dévoilées dans le documentaire L'enfer de Henri-Georges Clouzot, il y a peu et qu'un film intitulé Eine frau wie Romy ("Une femme comme Romy") vient d'être tourné, TF1 News s'est penché, en compagnie du journaliste Guillaume Evin, auteur du livre Les mystères Romy Schneider (aux éditions Timée), sur le destin de cette actrice chère au cœur des Français.

TF1 News : Dans votre livre, vous décrivez une Romy Schneider dont l'existence "à lentement viré à la tragédie" face à la difficulté de "concilier plaisirs d'actrice et bonheur intime". Que voulez-vous dire par là?
Guillaume Evin, journaliste : Toute sa vie, Romy Schneider a fui la réalité face à la caméra. Elle a tourné quasiment non-stop, à l'exception de ses deux grossesses, 59 films en 30 ans. Elle ne s'est jamais sentie aussi bien que devant un objectif, face à une vie sentimentale tumultueuse.

TF1 News : Vous dépeignez, dans votre ouvrage, une actrice entièrement dévouée à son métier, "au-delà du raisonnable".
G. E. : Romy Schneider était perfectionniste à l'extrême, terriblement exigeante. Il lui fallait pousser le mécanisme jusqu'au bout. C'était son tempérament et cela servait son art. Mais à la fin de sa vie, elle a été rattrapée par le stress et le trac, une composante essentielle de sa personnalité. C'est l'héritage de son père, décédé d'un infarctus par excès de trac. Les Américains la surnommaient d'ailleurs "Miss worry" ("Mademoiselle inquiète"), tant elle avait toujours l'air préoccupée et angoissée. Elle était écorchée vive. Cette peur qui l'habitait était paralysante, même si cela ne transparaît pas dans ses rôles mais plutôt dans sa vie privée, où elle était taraudée par le stress.

TF1 News : Comment expliquez-vous cet état d'esprit?
G. E. : Sans vouloir faire de la psychologie simplifiée, les causes de son mal-être trouvent peut-être leur origine dans sa tendre enfance. Après le divorce de ses parents, elle a été livrée à elle-même dans un pensionnat où ils venaient à peine la voir. Son père, lui, n'est jamais venu.

TF1 News : Peut-on parler d'un père absent?
G. E. : Oui, le manque de ce père l'a poussé à chercher son idéal masculin, sans jamais le trouver, notamment dans des passions excessives comme avec Alain Delon qui la quittera brutalement ou dans des relations avec des hommes plus âgés comme Harry Meyen, de quatorze ans son ainé. Elle divorcera de ce dernier qui se suicidera. Elle n'a jamais trouvé son alter-ego et passera d'échec en échec, en ayant du mal à se reconstruire. Elle portera le fardeau du suicide de son premier mari toute sa vie.

TF1 News : Vous évoquez également un autre fardeau, celui de la "culpabilité allemande" d'après guerre...
G. E. : D'un point de vue global, Romy Schneider fait partie de cette génération d'Allemands, nés dans les années quarante, qui a intégré cette culpabilité de la barbarie nazie, comme une trace indélébile de l'Histoire. Mais d'un point de vue personnel, elle a également dû vivre avec la relation ambigüe que sa mère avait entretenue avec le pouvoir nazi. "Je crois que ma mère avait une relation avec Hitler", a-t-elle déclaré, en 1976. Même si nous ne connaissons pas la nature exacte de cette relation, Romy Schneider jouait, petite, avec les enfants de Martin Bormann, la future éminence grise du parti nazi. C'est sans doute la raison pour laquelle elle a endossé quantités de rôles de victimes de la barbarie nazie, tout au long de sa carrière, comme dans Le vieux fusil, par exemple. C'était peut-être une manière de tenter d'évacuer cette culpabilité.

TF1 News : Comment était-elle perçue en Allemagne?
G. E. : Elle a vécu avec ce pays une histoire d'amour-haine, un peu comme une épouse choyée que l'on répudie. Elle était adulée avec les films Sissi mais quand elle est partie rejoindre Alain Delon à Paris, l'Allemagne ne lui a jamais pardonné. Il y avait un océan d'incompréhension entre elle et ce pays. C'est en France qu'elle a trouvé la sérénité, pays dans lequel elle a apporté la preuve de son talent, en se débarrassant de l'étiquette mièvre et sucrée de Sissi qu'elle vivait comme une véritable camisole.

TF1 News
: Pourtant, à sa mort en 1982, un quotidien français titrera : "Sissi est morte, Sissi s'est tuée."
G. E. : Toute sa vie, ce rôle lui collera à la peau. Romy Schneider sera souvent comparée à Elizabeth d'Autriche dans sa manière dont, comme elle, elle refusera de porter le masque des apparences.

TF1 News : Peut-on dire que la mort de son fils, empalé sur les grilles d'un parc, à Saint-Germain-en-Laye, en 1981, sera le coup de grâce?
G. E. : Oui, d'autant plus qu'à l'horreur de la disparition de son fils, s'est ajoutée une pression médiatique énorme. Un journaliste indélicat n'a pas hésité à se faire passer pour un brancardier pour photographier la dépouille de son enfant. Elle était traquée. La mort de Romy Schneider  demeure auréolée de mystère, puisqu'il n'y a pas eu de témoins. Mais elle ne s'est pas suicidée. L'usure, le trop-plein et les excès de la vie ont eu raison d'elle. Elle a lâché prise. Elle est morte, fatiguée de tout. Il fallait tirer le rideau. On retiendra son jeu, ses expressions, ses fêlures, sa gravité..., ceux d'une star populaire toujours brillante dans le cœur des Français.
'horreur de la disparition de son fils, s'est ajoutée une pression médiatique énorme. Un journaliste indélicat n'a pas hésité à se faire passer pour un brancardier pour photographier la dépouille de son enfant. Elle était traquée. La mort de Romy Schneider demeure auréolée de mystère, puisqu'il n'y a pas eu de témoins. Mais elle ne s'est pas suicidée. L'usure, le trop-plein et les excès de la vie ont eu raison d'elle. Elle a lâché prise. Elle est morte, fatiguée de tout. Il fallait tirer le rideau. On retiendra son jeu, ses expressions, ses fêlures, sa gravité..., ceux d'une star populaire toujours brillante dans le cœur des Français.

3 août 2010

Véronique Silver s'est éteinte

L’actrice picarde a rejoint son mari, Henri Virlogeux

article publié sur gala.fr
le 2 août 2010

veronique_silver

Veuve depuis 1995, Véronique Virlojeux, dite Véronique Silver, s’en est allée retrouver le comédien qui a marqué sa vie, Henri Virlogeux, feu son mari.

Héroïne de fictions, mais aussi figure renommée du théâtre, Véronique Silver est décédée le 24 juillet à l'âge de 78 ans, a annoncé sa famille dans la rubrique nécrologique Monde. Elle a été incinérée, selon sa volonté, dans la plus stricte intimité, peut-on lire dans le carnet du quotidien.

Née le 2 septembre 1931 à Amiens, dans la Somme, cette brune aux yeux sombres a tourné dans plus de quarante films.


Connue pour son rôle de Madame Jouve dans La Femme D'À Côté de François Truffaut, Véronique Silver avait débuté au cinéma en 1954 dans Si Versailles M'Était Conté de Sacha Guitry , puis s’était illustrée sur les écrans noirs dans des opus devenus mythiques comme La Passante Du Sans-Souci de Jacques Rouffio, Mon Oncle d'Amérique et La Vie Est Un Roman d'Alain Resnais, Toute Une Vie et Il Y A Des Jours... Et Des Lunes, de Claude Lelouch... 

Ses dernières apparitions dans les salles obscures remontent à Faut Que Ça Danse! de Noémie Lvovsky et Je Vous Trouve Très Beau, d'Isabelle Mergault.


A la télévision, elle était la présidente de la cour d'assises de Messieurs Les Jurés.
Sur les planches, cette grande dame a notamment participé au diptyque écrit et mis en scène par Roger Planchon, le Vieil Hiver et Fragile Forêt.
Artiste humble et discrète, interprète juste et tout en retenue, Véronique Silver ne brillera plus.

23 août 2010

Critiques de La Banquière

La Banquière 
Lecritiques

Le Nouvel Observateur - 30/08/1980
Inspirée (mais inspirée seulement) de Marthe Hanau, La Banquière séduit tout le monde sur son passage et traverse les années folles en redresseuse de torts. La mise en scène ironique de Girod et les dialogues insolents de Conchon mettent en valeur Romy Schneider, plus belle que jamais. En smoking, en chapeau cloche, en turban à aigrette, elle favorise les petits épargnants et s'oppose au pouvoir. Elle va payer cher son audace.

Télé 7 Jours - 1980
Voilà la grande idée du film: la métamorphose de Marthe Hanau en Emma Eckhert, incarnée par Romy Schneider. Flambante, souveraine, amazone conquérante, pleine d'autorité, suprêmement élégante, avec, au coeur, comme une fragilité. L'entrée d'une si belle femme hausse le fait divers au niveau de la tragédie. Une réussite parce que ce film est de bout en bout intelligent et passionnant.

Figaro Magazine - 6 septembre 1980
On regrette de ne pas trouver dans "La Banquière" ce que l'ont espérait le plus: l'envolée lyrique d'une société qui danse sur un volcan, ignorante que, dix ans plus tard, elle aura cessé d'exister. Nous n'avons qu'une imagerie banale, en dépit de sa sophistication... Romy Schneider, éclatante à son habitude, apporte un peu de sa gloire au film. Ce film n'apportera rien à sa gloire...

Tagesspiegel - 3/04/1981
Francis Girod a été manifestement séduit par un premier plan somptueux: aisance, décors luxueux, vie facile et personnalités chatoyantes - généreuses ou impitoyables, peu importe. Et tout s'articule plus ou moins autour de Romy Schneider, qui joue un rôle de femme charmante dans les différents épisodes de son ascension et de ses amours. En revanche, dans les différents aspects de la déchéance, nous retrouvons la Romy Schneider que nous connaissons depuis toujours. A ses côtés, Jean-Louis Trintignant,
Jean-Claude Brialy, Claude Brasseur, une très belle distribution dans un film tout en comportements grandioses et haut en couleurs.

Volksblatt Berlin - 4/04/1981
Francis Girod emploie ses artistes: Romy Schneider, Trintignant, Jean-Claude Brialy, Claude Brasseur, Jacques Fabri et Marie-France Pisier, dans un superbe défilé de mode qui étale sa splendeur devant un parterre dément des années vingt.
"Quand on atteint la trentaine, on ne se plaît plus que dans la soie" avoue Romy Schneider, ce qui peut expliquer en partie l'ameublement luxueux dans lequel elle évolue. Dans ce décor on côtoie la corruption, on cède à une sentimentalité larmoyante, on meurt de manière grandiose aux accents d'une musique, par ailleurs prompte à rythmer, à souligner l'acuité des situations, dûe à l'orchestrateur des meilleurs westerns, Ennio Morricone.

Die Welt - 4/04/1981
C'était, très exactement, le style qu'il convenait d'adopter: au lieu d'un drame savamment construit, une tragicomédie de salon dans une ambiance demi-mondaine. Rares sont les circonstances où l'on a vu Romy Schneider aussi détendue, aussi disciplinée; elle triomphe avec un égal bonheur - et l'ont s'en étonne - dans le théâtre intime.

Télérama
Grandeur et décadence d'Emma Eckhert, fille d'un chapelier juif, devenue banquière sulfureuse dans le Paris des années 20. Ah, la brillante reconstitution d'époque que voilà ! Ah, le casting doré ! Francis Girod réussit un bel ouvrage académique autour de Romy, altière, libre et déchirée...  

Guide des films
Le film s'inspire de la vie de Marthe Hanau, qui fit scandale dans les années 30 pour avoir affiché son anticonformisme et son homosexualité, mais surtout pour avoir lutté contre le capitalisme en favorisant l'épargne populaire. Ses deux principaux atouts sont le luxe de la réalisation et l'interprétation de Romy Schneider. Celle-ci éclate d'une beauté souveraine, d'une élégance majestueuse, d'une autorité superbe.


> dans la presse
romy-film-la_banquiere-mag-jap  romy-film-la_banquiere-presse 
romy-film-la_banquiere-presse-2 


 © All images are copyright and protected by their respective owners, assignees or others.
copyright text by GinieLand.

11 juin 2010

Les covers de Gong

Romy Schneider en couverture
du magazine allemand Gong

Publicité
Visiteurs
Depuis la création 770 237
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité