Interview de Romy Schneider, parue dans le magazine allemand Stern du 23 avril 1981. Romy s'est séparée de son second époux, Daniel Biasini au début de l'année 1981. Angoissée et déprimée, elle part en ce mois d'avril 1981, en cure à Quiberon, en Bretagne. Cette entrevue laisse paraître une femme fragile et dépressive, mais qui garde encore l'espoir en se raccrochant à ses enfants.
Je hais cette image de Sissi. Que suis-je encore pour les gens, sinon encore et toujours cette petite princesse de feuilleton ? Mais il y a longtemps que je ne suis plus Sissi. Je ne l'ai d'ailleurs jamais été. Je suis une femme malheureuse de quarante-deux ans et je m'appelle Romy Schneider.
Les trois films de Sissi sont passés trois fois à la télévision. Lors de la dernière diffusion, mon fils David m'a dit: "Maman, ne sois pas fâchée, mais je préfère voir le western sur l'autre chaîne". Seule Sarah est restée devant l'écran.
Mais pourquoi, après vingt ans, Sissi demeure-t-elle toujours un problème pour vous ?
Les films ont été tournés à une époque à laquelle ils étaient adaptés, et ils ont plu aux gens. Mais je ne peux pas en parler comme de n'importe lequel de mes autres films, je ne peux pas réagir normalement et dire : «Non, je ne suis pas Sissi. Il y a longtemps que je suis Romy, j'ai seulement joué Sissi il y a des années.»
Souvent, vous outragez la pudeur publique, car à chaque évènement de votre vie — qu'il s'agisse d'une fausse couche, d'un mariage, d'un divorce, d'un film— la génération Sissi hurle d'horreur et réclame sa pure impératrice. Pour les uns, vous êtes alors une putain, et pour les autres, toujours une madone, à qui le monde ne joue que des mauvais tours.
Je veux avoir la paix. Je hais le tapage et la publicité, tout ce show-business. Et je ne suis pas leur Sissi à laquelle ils peuvent se câliner. Je pouvais m'estimer heureuse et satisfaite d'avoir joué ce rôle. C'était une chance à cette époque.
Quelle drôle de chance! Pour parler clairement : votre beau-père M. Blatzheim, que vous appeliez Daddy, et votre mère, Magda Schneider, ont un peu aidé cette chance.
Je ne veux faire de peine à personne, je dois des remerciement à ma mère et je n'ai pas de reproches à lui adresser.
Il est peut-être là, votre «problème Sissi»: Ne vouloir blesser personne ?
Peut-être ne puis-je pas faire autrement, peut-être est-ce ma mentalité.
Je voulais aussi changer de nom, jadis, à Paris —en Rosa Albach. Mais je n'ai jamais osé, pour ne pas blesser ma mère. D'un autre côté, à l'époque je me sentais aussi très bien dans ma peau de fille de star de cinéma, puisque j'avais ce que je voulais. C'était un monde de crinolines, de valses, de flirts, toujours dans des décors de Marischka.
Toutes les jeunes filles auraient réagi comme vous. Mais reconnaissez-vous aujourd'hui que ce monde de Sissi n'avait rien à voir avec l'enfance et la jeunesse dans la vie réelle?
Aujourd'hui je le reconnais, oui, mais il faut d'abord apprendre à la comprendre. Tout ce que j'ai appris, je l'ai appris à travers le cinéma, tantôt plus, tantôt moins. A quatorze ans j'ai quitté l'école et tourné les "Lilas blancs".
Donc, pour vous, la vie n'a eu lieu au fond que sous forme de cinéma ou bien au cinéma.
C'est bien là mon problème aujourd'hui, c'est pourquoi tout va si mal. J'ai aussi fait beaucoup trop de films. Mais j'ai mes deux enfants que j'aime, et qui ont besoin de moi.
Combien d'argent avez-vous gagné avec les films sur Sissi ?
Je n'ai jamais su manier l'argent, je sais seulement que ce sont surtout les autres qui y ont gagné, mais l'argent est parti. Et je n'ai pas été seule à le dépenser.
Alors, votre beau-père Blatzheim a dilapidé tout l'argent ?
L'argent est parti, basta! Je crois que le dernier restaurant dans lequel Blatzheim a investi mon argent a fait faillite. Il s'est toujours occupé de tout. Pour un quatrième Sissi on m'a offert quatre millions de marks payés comptant. Mais là j'ai dit non, pour la première fois. J'en avais marre. C'était à Berchtesgaden. Après tout ce tapage, je me suis réfugiée dans ma chambre d'enfant où je me suis enfermée. Tout cela est si lointain! Les images me font défaut pour ces souvenirs. Cela ne m'intéresse plus, et pourtant ça m'atteint toujours. Ce tumulte, qui peut être beau mais que j'ai toujours haï. Un jour, à Madrid, ils étaient des milliers à agiter des petits drapeaux à l'aéroport, ils m'ont presque écrasée. Ma mère était derrière moi et me disait : «Mais souris donc…»
A l'âge de vingt ans, vous avez fugué à Paris pour retrouver Alain Delon, vous ne vouliez plus être Sissi. Etait-ce le début de votre vraie vie ?
Oui, c'est à Paris que ça a vraiment démarré. J'étais amoureuse, à Paris, et enfin sans surveillance. Mais quelle vie, quelle vie c'est devenu…
Vous dites cela maintenant, parce que vous allez mal, parce que vous avez l'impression de ne plus sentir le sol sous vos pieds. Mais c'est tout à fait normal, après tant de films et vivant en plein divorce. Le monde ne s'écroulera tout de même pas.
Le monde ne s'écroulera certainement pas. Et quel est mon monde ?
C'est bien ce que nous essayons de découvrir. Vous aviez donc vingt ans, vous aviez gagné des millions qui étaient entre les mains de ceux qui s'étaient occupés de vous, pleins de bonté et de désintéressement, et Blatzheim vous envoyait tous les mois un chèque de trois mille marks à Paris...
On m'a dit : «Tu as une rente de trois mille marks à Paris et il vaudrait mieux arriver à t'en sortir avec ça.» Chaque fois que j'ai mis mon compte à découvert, je suis tombée en disgrâce.
Pourquoi vous êtes-vous laissée faire ?
Alain a dit un jour à Blatzheim qu'il le considérait comme un fichu c..! C'était à Lugano. Je l'avais aussi déjà dit, mais pas si brutalement. J'étais trop bien élevée et je pensais à Mammi. Mais ça non plus, ça ne m'avance pas, maintenant, l'argent est parti. Alain est parti. Blatzheim est mort. Mammi me dira à présent :«Tout allait donc effectivement si mal, mon enfant?» Et je comprendrai sa question. J'estime ma mère, mon frère, mes enfants, et c'est bien ce dont il s'agit.
Vous étiez donc accablée d'un Daddy du genre miracle économique, d'un beau-père... qui aimait étaler ses richesses, vous, ses robinets dorés… Votre véritable père était Wolf Albach-Retty. Qu'a-t-il fait pour vous ?
Rien. Avec le deuxième mari de ma mère, c'était un monde de petits bourgeois dont il me fallait sortir.
Avez-vous appris entre-temps à vous y prendre avec ce genre de Daddys, quel que soit leur aspect?
J'essaie.
Rediriez-vous aujourd'hui, comme vous l'avez fait après votre divorce avec Harry Meyen: voilà la moitié de mon argent, mais laisse-moi tranquille maintenant ! Remboursez-vous également sa part à votre mari actuel?
Non, les temps sont passés, je ne paie plus personne. D'ailleurs mon mariage actuel, avec Daniel Biasini, en France, n'est pas juridiquement valide, parce qu'il y a vice de forme. Lors du mariage, nous avions opté pour la séparation de biens. Je n'en dirai pas davantage, parce que le divorce est encore en cours.
Revenons à Paris. Vous vivez là avec Alain Delon et vous avez quitté définitivement Sissi-Land...
Ce n'était pas Sissi-Land, c'était un Sissi-World, et ça a été le cas partout où j'ai séjourné. J'étais une jeune personne dans du coton, qui devait être polie. Mais je ne l'étais pas toujours. J'étais une jeune fille…
Que pensez-vous maintenant?
Pardonnez-moi si je m'exprime de façon aussi sotte, mais tout aurait pu aller bien mieux dans ma vie… Quand je fais aujourd'hui la connaissance de jeunes femmes comme Eva Mattes, la comédienne de théâtre, elle est très jeune, elle a beaucoup de talent, mais elle n'est pas aussi photogénique que je l'étais, de loin. Je pense: tu aurais pu être pareille. Tu aurais pu avoir la chance de commencer ainsi; avec une véritable vie quotidienne. Un peu de cinéma et plus tard, du théâtre. Ces jeunes actrices, aujourd'hui, ont bien plus d'assurance que je n'en avais alors ou que je n'en ai aujourd'hui
Pourquoi vous montrez-vous sous un si mauvais jour ? Vous vous êtes échappée à l'époque pour aller à Paris, c'était une décision tout à fait courageuse et personnelle.
Tout ce que j'ai appris, je l'ai plus ou moins découvert par le cinéma. Mais cela ne collait pas toujours avec la réalité, et je pense que ma vie aurait pu se passer beaucoup mieux. Je voulais vivre, vivre avec Alain. Une arrière-cour aurait pu suffire. Peu importe dans quel trou, je voulais vivre ! En même temps, je voulais tourner des films, car j'aimais mon métier. Et je n'ai jamais pu trouver une issue à cette contradiction. J'aurais eu besoin de quelqu'un à qui je puisse m'intégrer, avec qui je puisse vivre. Vivre et travailler, mais ne pas tourner autant de films... Je n'y suis pas arrivée. C'est pour cela que je suis parfois si mal...
Et pourtant, vous avez toujours cru de nouveau au bonheur ?!
J'ai cru que tout pouvait s'harmoniser, oui. J'ai toujours été la plus heureuse quand j'étais seule.
Est-ce que cela évoque la schizophrénie?
Oui. Peut-être puis-je l'expliquer. Jeune fille, c'est dans la chambre de mon père que je préférais me tenir: il n'était plus à la maison, il avait abandonné ma mère, j'étais donc toute seule. J'ai toujours cherché quelque chose de ce genre et je le cherche encore.
Avez-vous cherché à retrouver une telle chambre plus tard, étant une femme adulte ?
Quelques années durant, je l'ai même trouvée. C'était chez Visconti. Il était une force pour moi.
C'était alors une constellation tout ce qu'il y a d'étrange, quand vous et Delon avez répété la pièce “Dommage qu'elle soit une putain” à Paris sous la direction de Luchino Visconti. Dans le fond, chacun était amoureux de l'autre, mais personne n'avait le courage…
J'étais amoureuse de lui, mais je n'ai pas compris à l'époque qu'il était également amoureux de moi, à sa manière. Tout le monde savait qu'il était homosexuel et je m'en tenais là, je n'aurais jamais osé lui dire que je l'aimais. Maintenant il est trop tard.
Visconti aurait été pour vous un homme qui l'aurait même emporté sur votre père ?
Je cherchais quelqu'un avec qui m'enfermer et vivre. Vivre avec quelqu'un et travailler moins, tourner moins de films — mais je n'y ai jamais réussi. C'est pourquoi je suis parfois tellement dans la m***e.
Maintenant vous relevez la responsabilité sur vos films, comme si eux vous avaient rendue «inadaptée à la réalité».
C'est pourtant bien moi qui décide de mon sort. J'aurais pu dire : «Fini, plus de film, plus de Sissi. Retour à la vie quotidienne normale, retour à l'internat.»
Avez-vous des lettres d'Alain Delon ?
Delon, lui, n'écrivait que des billets. Le plus long a été celui où il m'abandonnait. Il m'a honteusement trompée. J'étais en tournage en Amérique. Je suis revenue, l'appartement à Paris était vide, plus personne. Un bouquet de roses, un papier à côté, sur lequel était écrit : «Je suis parti à Mexico avec Nathalie, Salut, Delon.» Il restait du grand amour un type qui envoie un bouquet de roses et un bout de papier... Il était lâche, mais c'était très beau. C'était un petit bourgeois macho. Il était seulement ambitieux, il voulait faire carrière et avoir un jour l'appartement plein de Renoir.
Avez-vous attendu un homme aussi longtemps que votre mère a attendu votre père ?
Cinq années de crainte sans répit ou de «pas vivre ensemble» avec Delon suffisent. C'était douloureux. Ca faisait mal.
Dans une situation comme maintenant, où vous allez mal, pourriez-vous téléphoner à Alain; serait-il là pour vous ?
Je pourrais l'appeler s'il était seul.
Pourrait-il y avoir de nouveau une étincelle entre vous et lui quand vous tournerez un film, comme c'est prévu pour l'automne ?
Certainement pas. Mais nous ne nous haïssons pas. Nous pouvons et aimons nous souvenir. Tout est déjà si lointain ! Il n'est pas du tout désagréable de le revoir.
A qui téléphonez-vous quand vous allez mal ? A votre mère ?
J'appelle ma mère et quelques amis. Il faut bien parler à quelqu'un, quand on est down, c'est tout à fait égoïste. On essaie de ne pas s'effondrer. Ces derniers mois et semaines j'ai senti pour la premières fois quels sont mes vrais amis, peu importe où, en Allemagne ou en France. Il faut parler à quelqu'un quand on est au fond... C'est très égoïste, mais on essaie de ne pas sombrer.
Ce Will Tremper, qui vous a écrit une lettre ouverte dans la Bunten («Nous t'aimons, espèce d'idiote.»), fait-il également parti de vos amis ?
Le tutoiement est une réminiscence de l'époque de Sissi. (Pas la peine de s'étendre sur ce sujet).
Tous les gens qui vous ont dit un jour : «Appelle-moi, quand ça ne va pas, jour et nuit», ceux-là on peut les oublier. Si on le fait, ils sont absents, ou font dire qu'ils le sont.
Les réservez-vous au moins pour plus tard, quand vous aurez surmonté la crise ?
Ce ne sont des amis que parce que je suis Romy Schneider. Je suis encore….
Et elle ne veut plus être mignonne, elle veut enfin retourner les coups ? Vous ne voulez plus vous laissez avoir par des bonshommes tel que votre mari actuel ?
J'essaie de me défendre, il me faut apprendre à le faire. Mais je ne dis rien à mon mari. Je dois me protéger. Je veux garder mes enfants. Je ne laisserai plus personne me faire du mal. Cela parce que je veux enfin vivre ma vie, si c'est encore possible….
N'avez-vous pas toujours vécu comme vous avez voulu ?
Il n'y a toujours eu que des moments et, puisque ma vie était déterminée à quatre-vingts pour cent par ma profession, il ne pouvait y avoir que des moments. J'ai longtemps accompagné Alain à ses tournages et je me suis dit : nom de D…, pourquoi est-ce que je ne pourrais pas travailler avec René Clément ?!
Et pourquoi êtes-vous toujours retournée à votre métier ?
Que pouvais-je donc faire ? Je n'ai rien appris d'autre.
Qu'est-ce que cela veut dire, vous n'avez appris rien d'autres? Vous êtes une bonne comédienne et avez fait de bons films ?
Je ne peux plus me voir. Qu'ai-je donné aux hommes en dehors de Sissi, toujours Sissi….?
Il existe des films de vous qui sont bien plus importants que Sissi. Lesquels, désigneriez-vous parmi les meilleurs ?
Leni, dans "Portrait de groupe avec dame", était un rôle très important pour moi. Parce que cette Leni était tellement allemande, est tellement allemande. Mais surtout parce que j'ai fait la connaissance de Böll. Il a un intérieur dépouillé, tout est à sa place. Quand je suis arrivée chez lui, il y avait une couronne de Noël. Il était tranquillement assis à sa table, et l'ai bien aimé immédiatement, ainsi que toute cette ambiance. Il se montrait tellement simple avec moi. Il disait: les toilettes sont là, à droite, Romy. Je crois qu'il m'aimait bien aussi. J'aimais en général tous les rôles qui étaient les plus horribles. "Le Trio infernal", par exemple, c'était bien. Parce que ces rôles ne me concernaient pas, parce que ce n'était pas moi, parce que je n'avais pas besoins d'être aimable. Puis "Le Procès" avec Orson Welles.
... à propos, que fait-il Orson Welles, à présent ?
Il fait de la publicité. Il est assis, gros et rond, à une table et lève son verre de vin. Il ne veut plus tourner de films. Il dit : «Ce que je voudrais, je n'ai pas le droit de le jouer, et je ne veux pas de ce que je pourrais jouer.»
Faites comme lui. Si vous ne pouvez plus supporter de vous voir, tournez moins de films !
Mais il faut que je tourne, j'ai besoin d'argent !
Ne dites pas que vous ne pouvez pas vivre de ce que vous avez gagnée jusqu'à maintenant ?!
Non, il faut que je tourne encore cette année, ensuite, je pourrai faire une pause. Après, je m'arrête. Pour me concentrer enfin sur moi-même, pour faire le point.
L'un de ces hommes avec lesquels vous avez vécu, n'aurait-il pas pu dire: arrête de faire des films, nous allons chercher un chez nous, un véritable chez nous, sans Renoir, juste normal?
J'aurais bien aimé. Mais personne n'en a jamais parlé !
Détruisez-vous vous-même ce qui vous détruit?
Pour l'instant, je suis trop foutue et à plat pour me défendre convenablement... Ce sont là des choses que vous ne pouvez pas comprendre, parce que ce n'est pas votre profession. S'y ajoute qu'en ce moment je peux vraiement difficlement me supporter.
Mais vous devez vous rendre compte que vous déclenchez quelque chose de positif chez les gens, comme chez ce M. Fischer hier soir, qui a cherché Sissi plein d'enthousiasme et a trouvé Romy Schneider.
Ah, vraiment ?! Dans ce cas-là, je devrais effectivement me reposer, puis faire du théâtre pendant quelques années dans une ville où je serais chez moi. Ce ne serait pas nécessairement Paris, ce pourrait aussi être Berlin ou Hambourg.
Où est votre “chez-vous” aujourd'hui ?
Chez moi ? D'abord, il n'y en a pas, ensuite, c'est seulement un endroit dans le quartier le plus chic de Paris où tout pue le décorateur, un chez-moi que je ne voudrais pas, et troisièmement, il est là parce que je ne trouve rien d'autre. Je cherche un logement pour moi et mes enfants.
Vous portez toujours sur vous un bout de papier de Max Reinhardt avec la citation de son discours adressé aux comédiens : «Mets ton enfance dans ta poche et sauve-toi car c'est tout ce que tu as à faire.» Vous avez mis trois points d'interrogation derrière cette citation. Pourquoi ?
Parce que ce n'est pas si simple de mettre les voiles, parce que jusqu'à présent je n'y ai jamais réussi.
Et si vous ne mettiez pas votre enfance dans la poche, et que vous l'acceptiez sans fuir...
Ce serait bien, je crois, mais je n'y parviens pas encore. Je me rappelle si peu de choses de mon enfance: elle consistait principalement en films.
Soit vous êtes très sauvage, très introvertie, ou alors vous aimez vous exhiber au monde entier. Comment peut-on vivre avec ces extrêmes ?
Mal. Il s'agit de simplement continuer à vivre — ou continuer à tourner. Je continuerai à vivre — et vraiment bien !